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                                     Blog de Jean Daumont                              

                                                       undefined                                                                                           Le site s'intitule "Convergences" parce que son but est de rapprocher les points de vue sur des sujets difficiles de l'actualité ou plus généralement des activités humaines... Chaque article - rédigé en fonction des circonstances - ne traduit que l'opinion de son auteur et peut appeler des commentaires...et il ne faut pas rêver : les avis seront parfois inconciliables... Mais au moins la discussion permettra de réfléchir et donc d'approfondir la connaissance des sujets.

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Samedi 21 juin 2008
   Non, il ne s'agit pas de pester contre les ...gendarmes !... Il s'agit bien de s'en prendre à nos paisibles ruminants ...

   Figurez-vous en effet que ces braves bêtes émettent des ...pets, qui n'ont rien des ...pets de nonne, et que leurs "flatulences" produisent dans le monde plus de gaz carbonique que l'ensemble du transport aérien !... Ainsi donc, le fameux "effet de serre" n'est que secondairement de la responsabilité des hommes ...C'est d'abord une histoire de vache ou, si vous préférez, un ...coup en vache ! Et la France, en ce domaine comme dans d'autres, n'est pas à la traîne ou plutôt ...à la queue des vaches, puisqu'à elle-seule, pays d'élévage par excellence, elle produirait 7,6 % des gaz à effet de serre issus d'une telle fermentation digestive ...Et encore on ne compte pas les Français eux-mêmes qui se considèrent pourtant et volontiers comme des vaches à lait, car ce serait à leur égard une ...vacherie !

   Mais rassurez-vous, bonnes gens ...Ce n'est peut-être qu'une histoire entre "Jean-qui-pleure" et ..."Vache-qui-rit" ... Une Société spécialisée dans la nourriture animale s'est attaquée au problème ...Et elle met au point des formules d'aliments "avec des matières grasses capables de réguler les micro-organismes responsables de la production de méthane dans le rumen" (sic) ...Avec ce régime, les vaches ne rejetteront plus que 11 grammes (?) par litre de lait contre 19 grammes en moyenne actuellement ...Cela n'a l'air de rien, mais pour l'ensemble de la France, cela représenterait une réduction d'au moins 40 %, soit environ 82.000 tonnes par an ... Ce serait ...vachement intéressant !

   Mais attention !... Pour le moment, il ne serait question que de la "nourriture animale", c'est-à-dire de la nourriture fabriquée par les hommes avec des "matières grasses insaturées"... Il resterait à créer ensuite des variétés d'herbes ayant les mêmes qualités, c'est-à-dire à constituer des "prairies écologiques" qui auraient ainsi de surcroît l'avantage d'améliorer la qualité de l'eau !... On n'en est pas là, et il est trop tôt pour boire déjà du ...petit lait ...Ah ! les vaches !... 
 

                                                                                                         
par Jean Daumont publié dans : Humour communauté : Le champ du monde
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Jeudi 19 juin 2008
   Il se trouve que le nom de Claudel revient ces jours-ci dans l'actualité...

   Le Figaro Littéraire du 19 juin 2008 évoque Paul Claudel, écrivain qui eut sa période de gloire dans la 1ère moitié du 20ème siècle, notamment avec ses drames "Le Partage de Midi" ou "L'Annonce faite à Marie", ...et dont l'opposition avec André Gide, auteur de "La Porte étroite" et de ..."L'Immoraliste", défraya alors la chronique ...Mais c'est en fait un autre Claudel qui est évoqué aujourd'hui, celui qui fut - paraît-il - un "diplomate hors pair", ayant été ambassadeur 14 ans en Chine, 8 ans aux Etats-Unis et surout 7 ans au Japon, où il laissa sa plus forte marque, fondant notamment la Villa Kujoyama (la "Médicis" nipponne) et l'Institut du Kansaï... Certains affirment même que, s'il était resté au Japon, il aurait pu,en raison de son prestige, empêché l'alliance de ce pays avec l'Allemagne de Hitler ...et que, par conséquent, "la face du monde en aurait été changée" ...Bref, une personnalité qui a fait honneur à la France, et qui entra d'ailleurs à l'Académie Française en 1946...

   Mais l'actualité se tourne également vers une autre personnalité portant le même nom ...Cette fois, c'est le journal La Croix du 18 juin 2008 qui évoque Camille Claudel qui fut sculpteur (ou sculptrice ?) ...mais aussi le modèle, l'amie et même "l'égérie" d'Auguste Rodin, et à laquelle, justement, le Musée Rodin de Paris consacre actuellement une exposition... Toutefois, cette artiste au talent remarquable alliant force et sensibilité a longtemps été méconnue... et même elle a connu la fin de sa vie dans le déshonneur, puisqu'elle a été enfermée dans un asile d'aliénés à Ville-Evrard de 1913 à sa mort en 1943...Qu'avait-elle fait ?... Elle n'avait certes pas un caractère très équilibré, et était plutôt neurasthénique... Mais sa mère lui reprochait surtout sa relation "immorale" avec Rodin, qui avait donné lieu à un avortement en 1892...En fait elle n'était certainement pas "folle", à en juger par une lettre de 1932, où elle écrit : "...En prison , et avec des folles qui hurlent toute la journée, font des grimaces, sont incapables d'articuler trois mots sensés, voilà le traitement que depuis 20 ans, on inflige à une innocente"... Or cette lettre est adressée à son frère, qui n'est autre que ...Paul Claudel... Un frère qui écrira plus tard à une femme qui s'était fait avorter : "Sachez qu'une personne dont je suis très proche a commis le même crime que vous, et qu'elle l'expie depuis 26ans dans une maison de fous"...

   Certes, Paul Claudel rendra visite à sa soeur une fois par an, ...et peu avant la mort de celle-ci, il notera dans son Journal :"Amer, amer regret de l'avoir ainsi longtemps abandonnée"...Mais il note aussi : "Le Directeur me dit que ses fous meurent littéralement de faim...", l'alimentation des aliénés n'étant pas jugée prioritaire en cette période de restriction (!)... Un autre témoin signalera d'ailleurs qu'elle avait alors un oedème provenant d'une carence alimentaire... Et pourtant, elle écrit alors une lettre affectueuse à son frère :"Je suis fâchée de savoir que tu es toujours souffrant "...Manifestement, elle n'intéresse personne, ni dans sa famille, ni dans le milieu des artistes, qui l'ont oubliée, ...puisqu'en 1955 - alors qu'elle est finalement re-découverte comme une "grande artiste" ...et que la "famille Claudel" se soucie tardivement de lui donner une sépulture "décente", ...le Maire de la commune répond :"Je suis au regret de vous faire connaître que le terrain en cause a été repris pour les besoins du service, les renseignements concernant la famille de la défunte n'ayant pas été fournis au service du cimetière"...

   On ne peut donc pas dire qu'on rassemble actuellement dans le même "honneur" le frère et la soeur, Paul et Camille Claudel ...Car c'est vraiment l'honneur de l'une qui est le déshonneur de l'autre...

   - Illustrations : Paul Claudel , par Félix Valloton
                          La Valse, par Camille Claudel

   - Sources : Article de Jean-Claude Perrier - Figaro-Magazine 
                     Article d'Alfred Grosser - Journal La Croix
                                                                
  
par Jean Daumont publié dans : Notes de lecture communauté : Le champ du monde
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Dimanche 15 juin 2008
   Qu'il s'agisse d'une nécessité naturelle de "communication" ...ou de la malédiction "divine" de la Tour de Babel ...les hommes ont multiplié leurs "langues" à la surface de la Terre, quitte à en perdre au cours de l'Histoire, ce qui entraîne pour celle-ci la distinction entre des langues dites "mortes" - comme le latin - et les langues "vivantes", comme les ...6703 langues officiellement recensées lors d'un Symposium réuni à Québec en l'an 2000...

   Ce nombre - étonnamment précis - comparé au nombre actuel de 194 Etats officiellement reconnus - montre déjà qu'il y a dans de nombreux Etats - sinon dans tous - ...beaucoup de langues ...Encore faut-il "s'entendre" sur les termes, car ces moyens, oraux ou écrits, de communication portent des noms divers : surtout "langues", mais aussi "dialectes, "parlers", "idiomes", patois", sans oublier l'expression "langages vernaculaires", terme ésotérique ...lui-même ésotérique signifiant simplement "propres au pays", ce qui reste fort ...imprécis !

   En fait, la plupart des Etats, tout en maintenant le plus souvent des langues de "pays", ont institué une ou plusieurs langue(s) "officielle(s)" ou "nationale(s)", afin de faciliter leur communication interne ...C'est le cas de la République Indienne qui comporte plus de 500 langues mais a décrété ...22 langues "institutionnelles", dont "l'hindi" est la plus importante (30 %), ce qui n'empêche pas l'anglais, langue de l'ancien pays colonisateur, de rester une langue "courante", au moins dans les classes (ou castes?) dirigeantes... En France, une enquête a dénombré en 2004 ...75 langues dites "régionales", mais, jusqu'à présent le français reste la seule langue "officielle", conformément à l'article 2 de la Constitution du 3 juin 1958 repris par la loi du 25 juin 1992 précisant que "la langue de la République est le français" ...En fait, il n'en a pas été toujours ainsi : au Moyen-Age, au cours de sa formation progressive autour du domaine capétien, la "France" comportait de nombreux "dialectes" regroupés plus tard en deux branches, les langues d'oïl (façon de dire "oui") à dominante franque, donc ...germanique au nord, et les langues d'oc à dominante latine, au sud... Et quand le Roi François 1er promulgue l'Edit de Villers-Cotterets en 1539, il ne cherche pas à faire du français ou "francien" une langue "nationale", il se soucie seulement d'avoir une langue "véhiculaire", c'est-à-dire "des affaires" ...Et, jusqu'au 19ème siècle - en dépit de la "défense et illustration de la langue française" assurées grâce à une brillante pléiade d'écrivains et à son renom à l'étranger comme langue diplomatique - le français n'est encore parlé que par une minorité de français ...Car la France est encore très rurale, et, dans "le fin fond des campagnes", les habitants continuent à parler couramment la langue locale, notamment les femmes ayant peu l'occasion de "sortir de leur trou", à la différence des hommes (règlement des affaires, service militaire)...

   C'est "l'école" - au sens générique du terme - qui va contribuer le plus au progrès du français : d'abord, avec l'action de l'Eglise (cours des jésuites pour les classes aisées, et des Petits Frères des pauvres)... puis avec l'action de l'Etat (écoles centrales de la Révolution et Lycées napoléoniens intégrant le primaire et le secondaire) ...Mais le progrès décisif est dû aux réformes de Jules-Ferry en 1881-1882 qui non seulement rendent l'école primaire obligatoire, mais interdisent l'emploi des langues "régionales" sous peine de sanctions ...Depuis lors, les langues régionales ont fortement reculé : d'abord à cause de l'urbanisation croissante où le mélange des gens venant issus de régions diverses a renforcé l'usage du français ...mais aussi à cause du manque de "structuration" des langues régionales le plus souvent privées de "grammaire" et n'ayant pas toujours des contours précis ...Ainsi, à l'ouest, le breton est en fait divisé en 5 dialectes au moins, sans compter le gallo du Pays de Redon, ...et la création d'un breton unifié dans des conditions douteuses sous l'Occupation n'a pas eu grand effet ...Au sud, l'occitan continue à séduire, grâce au souvenir de Frédéric Mistral, mais  il n'a pas fait ...école...

   Dans ces conditions, il apparaît que le souci actuel de certains responsables politiques attachés au prestige de leur Région de "reconnaître" les langues régionales n'est pas une manifestation "offensive" pour accroître leur audience, ...mais au contraire une préoccupation "défensive" pour enrayer leur disparition ... C'est ainsi qu'il faut comprendre - semble-t-il - l'amendement proposé le 22 mai 2008 dans le Projet de révision constitutionnelle : "Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France" ... Cet amendement affirme en fait une évidence, mais il ne constitue pas une "reconnaissance" qui pourrait créer des "droits nouveaux", comme celui de rédiger les documents administratifs ou de faire l'école seulement dans la langue régionale, ce que le Conseil Constitutionnel ne pourrait de toutes façons pas accepter, ayant déjà refusé en 1999 la Charte Européenne des langues régionales et en 2002 la mise en place d'un enseignement par "immersion" dans la langue régionale, même s'il admet son enseignement en option complémentaire ...Il est certain qu'une "reconnaissance" ne serait pas sans risque, puisqu'elle pourrait encourager le "communautarisme", dont on sait ce qu'il a pu engendrer dans certains Etats (ex : Ex-Yougoslavie, Liban), car tous les Etats n'ont pas la sagesse séculaire de la Suisse dont quelques soubresauts n'ont pas remis en cause la Confédération depuis le ...13ème siècle...

   Alors, dans le domaine des langues, il vaut mieux transiger sans se raidir dans des positions extrêmes : les langues régionales existent, et elles contribuent à la richesse du patrimoine, au même titre que les autres manifestations "folkloriques" au sens étymologique et non ironique (costumes, danses, cuisines, littératures, etc) ...Pourquoi les rejeter ?... Il suffit de préciser dans la Constitution que leur contribution au patrimoine de la France ne doit en aucun cas être un usage exclusif et discriminatoire ...Car le français est une langue vivante, qui ne peut que s'enrichir à cohabiter avec des langues régionales, comme le français de la francophonie (110.000.000 de "locuteurs") s'enrichit sans cesse de mots d'origine africaine, asiatique, ou créole...
par Jean Daumont publié dans : L'Histoire communauté : Le champ du monde
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Mercredi 11 juin 2008

  Décidément, les Français ne sont plus à un scandale près, et cette fois c'est la "République" qui ...n'est pas à la noce, suivant le "bon mot" de l'éditorialiste du Figaro-Magazine du 7 juin 2008...

   Cette fois, en effet, le scandale vient de la justice, qui n'en est plus, il est vrai, à sa première erreur de "jugement", - il s'en faut même de beaucoup... Certes, "l'erreur est humaine", à fortiori quand la décision a été partagée par un jury populaire ...Mais ce n'est ...justement ...pas le cas, dans cette affaire de divorce prononcé pour cause de "non-virginité" par une juge du Tribunal de Lille...Le problème n'est pas en l'occurrence dans la décision même de divorce, qui est un acte banal - il y a eu en 2006 parallèlement 274.084 mariages et 139.147 divorces officiels ! - ...Le problème est dans le motif invoqué de "non-virginité", qui n'a aucun fondement juridique...

   Car le divorce, comme toutes les affaires de justice, est règlé par la loi et son application pratique qui est la jurisprudence ...Or la loi est dans ce domaine celle du 26 mai 2004 qui a modifié les articles 229 à 246 du Code Civil comporte pour le divorce 4 causes possibles : le consentement mutuel, l'acceptation du principe de rupture, la cessation de communauté de vie ...et la faute, celle-ci étant limitée par l'article 232 à des cas graves comme des actes de violence ou ...le refus de "consommer le mariage" ! ...Mais il n'est pas question de "non-virginité", celle-ci étant du domaine "privé" - le plus souvent en fonction de traditions morales ou religieuses - et ne pouvant donc pas être invoquée, d'autant moins qu'elle serait discriminatoire pour la femme, ...ne pouvant pas être prouvée pour l'homme...

   Dans ces conditions, le jugement prononcé au Tribunal de Lille est d'abord illégal, ce qui est un comble de la part d'une juge chargée d'appliquer la loi "au nom du peuple français"... A la rigueur, on pourrait admettre que cette juge ait pu chercher dans la phase préalable et obligatoire de "conciliation" les causes possibles du désaccord en vue d'y remédier si possible, ...et qu'elle ait alors été informée de cette "non-virginité" par le mari ...Mais il lui incombait de faire savoir à celui-ci que ce motif ne pouvait en aucun cas être retenu dans le Droit français ... Or elle l'a retenu comme cause justificative du divorce...

   Ce jugement est d'autant plus inacceptable qu'il concerne un couple de musulmans et reprend manifestement à son compte une tradition "islamique" - ne figurant même pas dans le Coran - suivant laquelle une femme peut être répudiée ...s'il y a eu "tromperie sur la marchandise" ...Evidemment, il y aurait beaucoup à dire sur cette tradition de la "virginité avant le mariage" qui, dans l'histoire des sociétés, n'a pas été limitée aux seuls musulmans et a longtemps été courante dans les pays occidentaux sous l'influence de l'Eglise, mais aussi par un souci de ...limiter les naissances...C'est si vrai que la tradition s'y est relâchée en liaison avec le développement des procédés anti-conceptionnels... Mais de toutes façons, la France est régie par une Constitution fondée notamment sur la laïcité, qui signifie tolérance envers les opinions philosophiques ou religieuses mais aussi opposition à toute ingérence de celles-ci dans la "vie publique" ...La encore, on peut comprendre, sinon admettre, que la juge du Tribunal de Lille ait eu le souci "légitime" - mais non "légal" - de faire preuve "d'humanité", dans la mesure où - pour reprendre une phrase de l'éditorialiste de La Croix du 5 juin 2008 - "le mariage était de toutes façons mal barré" et qu'elle ait "moralement" prononcé le divorce à ce titre... C'est apparemment la même raison qui a poussé la Ministre de la Justice - à nouveau une femme - à réagir d'abord dans le même sens ...avant de faire appel en qualité de "Garde des Sceaux"... Car, au nom de la laïcité , cet appel n'est que ...justice, au sens d'une demande de réparation de procédure ...et il n'est en aucune façon une attaque contre l'Islam, puisqu'il se serait imposé également contre tout argument "privé" de catholiques, de protestants, d'évangélistes, ...voire d'athées !

   Il n'en est pas moins vrai que cette "erreur de jugement" est inquiétante, car elle s'inscrit dans une "dérive" de plus en plus envahissante, où la "tolérance" publique s'efface devant "l'intolérance" communautariste, qu'il s'agisse d'intégristes musulmans ou d'autres "prophètes de malheur"... Hier, c'était l'affaire du "voile à l'école" ou celle du refus "d'accouchement par des médecins-hommes" ...ou encore la séparation des filles et des garçons dans les piscines de certaines banlieues ...et la suppression globale de la viande porc dans les cantines ...Il s'est même trouvé un curé pour éviter de "sonner les cloches" afin de ne pas provoquer certains habitants de son quartier ...Et maintenant, c'est une juge qui invoque ouvertement un motif d'origine religieuse... Mais ou va-t-on ?...

   On ne va certainement pas, en tous cas, vers des sanctions contre les juges fautifs, puisque les juges sont apparemment "au-dessus des lois", à en juger par l'impunité dont ont déjà bénéficié ceux qui sont impliqués dans l'affaire d'Outreau, les sanctions disciplinaires prévues n'étant pratiquement jamais appliquées (*)... Par contre, l'épouse "incriminée" dans le jugement du Tribunal de Lille, et dont le "divorce" est suspendu en raison de l'appel, est dans l'immédiat à nouveau  - à son "corps défendant", c'est le cas de le dire -dans la situation d'épouse de son "ex-mari" ...et il ne lui restera plus, à défaut d'un "consentement mutuel", qu'à "refuser de consommer" pour obtenir son divorce, si son "ex-néo-mari" lui en laisse la possibilité ...Ou comment un scandale de la justice aboutit au "monde à l'envers"...

   Finalement, le dernier mot revient à la dernière manchette du Canard Enchaîné : "La justice n'est pucelle qu'elle était" ...


(*) http://www.ahjucaf.org/France-Cour-de-cassation,5930

par Jean Daumont publié dans : La Justice communauté : Le champ du monde
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Vendredi 6 juin 2008
   Après ...ou avec le scandale du pétrole, le scandale de l'eau...

   La France a la chance de ne pas avoir de problème de consommation d'eau en raison de son climat tempéré et humide ...Chance qui est loin d'être partagée par de nombreux pays du monde, notamment ceux qui sont situés dans des zones de steppes ou de déserts actuellement en extension à cause d'un réchauffement climatique de durée incertaine ...C'est d'ailleurs un des thèmes centraux de l'Exposition Internationale sur l'Eau, prévue en Espagne à partir du 14 juin 2008.

   Et pourtant, il y a un scandale de l'eau en France ...On pourrait penser en effet qu'en raison d'une régularité  rarement mise en cause - sécheresse en 1976 ou inversement inondation en 1995 - l'eau fasse partie des "produits" facilement disponibles et donc peu coûteux ...Or ce n'est pas le cas : non seulement l'eau distribuée après traitement pour la rendre "potable" est chère, mais elle donne lieu à de nombreuses disparités ...Car le prix de l'eau potable varie du simple au ...double, à en juger par une enquête réalisée pour 2004 par l'Institut Français de l'Environnement (IFEN), suivant laquelle le prix de l'eau allait de 1,80 euro le mètre cube (Massif Central, Alpes) à 4,20 euros (Bretagne), ce qui est plutôt paradoxal puisque l'Ouest est plus arrosé que l'Est ...Enquête largement dépassée d'ailleurs, puisqu'une enquête personnelle révèle un prix de 6,77 euros dans une petite bourgade près de Dieppe (Seine-Maritime) et de 4,60 euros à Redon (Ile-et-Vilaine)... Le prix augmente en effet beaucoup plus rapidement que l'inflation, puisqu'il est monté en moyenne de 3,6 % en 2007 par rapport à 2006, alors que l'inflation n'a été dans le même temps que de 1,5 %...

   Comment expliquer cette situation ?... A nouveau on peut penser qu'en vertu de la loi bien connue de l'offre et de la demande le prix de l'eau augmente parce que la consommation se développe en raison de l'accroissement de la population et de ses besoins ...Mais à nouveau ce n'est pas le cas ...car la consommation ne cesse  de ...baisser - oui, de baisser ! - pour des motifs divers : progrès techniques permettant surtout aux industries de réduire leur utilisation, comportement plus "écologique" des usagers ...encouragé, il est vrai, par la hausse rapide du prix... Et cette baisse de la consommation devrait même s'accentuer, car il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine, en cessant par exemple d'utiliser l'eau "potable" pour  les sanitaires, les nettoyages divers ou les arrosages de jardins (cf vogue actuelle des citernes d'eau de pluie) ...Néanmoins les "professionnels de l'eau" justifient leurs prix en faisant valoir que leurs "charges fixes" (façon de parler...) représentent 80 % du prix de revient : construction et entretien des réseaux, stations d'épuration, etc..., pour lesquels le coût des ouvrages augmente plus vite que l'inflation ...et s'accélère encore depuis 2007 avec la montée des prix des matières premières, et notamment du pétrole (encore lui !) ...Et ils ajoutent que ces charges sont accentuées par les directives européennes faisant obligation de traiter les eaux usées au nom de l'environnement, en limitant au maximum les rejets de phosphate et d'azote...

   Même en acceptant ...ou du moins en prenant acte de ces arguments, il reste alors à expliquer pourquoi les prix peuvent varier du simple au double... Pour cela, il faut rappeler que le service de l'eau est à la charge des communes (ou des syndicats intercommunaux) et qu'elles ont la possibilité de choisir entre 2 types de gestion : soit la "Régie" consistant en une gestion directe (au moins pour la distribution), soit la "Délégation de Service Public" confiant la gestion à une Compagnie privée... Or il n'y a pratiquement que 3 grandes Compagnies - Véolia, Suez et Saur - ne laissant pas de place à de petites entreprises locales et dont les parts de marché restent stables, ce qui jette un doute sur la sincérité des appels d'offres réglementaires ...Le résultat est illustré par un rapport de l'organisme  EAU (Elus-Associations-Usagers) donnant l'exemple de la petite commune de Venelles, près d'Aix-en-Provence, qui, après une hausse de 60% pratiquée par la Saur au début des années 90 n'avait pas renouvelé le contrat en 2001 à la faveur d'un changement de municipalité ...Dès 2002, le prix avait baissé de 21 %, ce qui avait permis à la municipalité de faire une économie de 350.000 euros...

   Sans commentaire...
par Jean Daumont publié dans : Economie et Société communauté : Le champ du monde
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Dimanche 1 juin 2008

   De nombreux médias "titrent" actuellement sur les problèmes posés à l'économie du monde et par conséquent à l'équilibre social de nombreux pays par le renchérissement considérable du pétrole passé de 60 dollars le baril (*) en mai 2007 à 150 dollars en mai 2008 ... et ils parlent à juste ...titre d'un 3ème choc pétrolier, survenant après ceux de 1974 et 1980.

   Le moins que puisse ressentir l'opinion publique est que ce 3ème choc pétrolier - plus encore que les deux précédents dûs à des causes externes (guerre du Kippour en 1973 et Révolution iranienne en 1979) - est particulièrement ..."choquant", parce qu'il ne relève que de causes internes en faisant l'objet d'un scandale à l'échelle mondiale...

   En effet, même si, à l'instar du charbon et du gaz, les réserves de pétrole ne sont pas inépuisables, il est impossible d'admettre que l'augmentation du prix du pétrole, à son rythme actuel, est dû à l'éventualité prochaine de son épuisement ...En 2005, les réserves "prouvées" de pétrole dans le monde étaient de 160 milliards de tonnes (*), et la consommation a été d'environ 5 milliards de tonnes dans l'année... L'échéance de son épuisement n'est donc pas prochaine, d'autant moins qu'il faut tenir compte des réserves "potentielles" dans des régions aux ressources naturelles encore largement inexplorées comme l'Amazonie, le Bassin du Congo, le nord de la Sibérie, diverses contrées de l'Asie du Sud-Est et de l'Océanie, ...auxquels on peut ajouter les découvertes possibles et l'exploitation - il est vrai, plus coûteuse - de réserves dans l'Antarctique et l'Arctique (cf la dorsale de Lomonossov ayant justifié une expédition russe)... L'augmentation du prix du pétrole n'a donc pas actuellement de cause "structurelle"...

   A-t-elle, par contre, une cause "conjoncturelle" ?... Certainement, mais il est nécessaire d'en limiter la portée, qui ne justifie en aucune façon le doublement du prix depuis un an...En effet, le développement économique de certains pays dits "émergents" comme la Chine, l'Inde ou le Brésil pousse à une certaine "pression" sur les prix, accentuée par une insuffisance chronique du raffinage, en particulier aux Etats-Unis ...Mais les pays producteurs de pétrole, notamment l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) qui contrôle environ 70 % de l'exportation, ont la capacité d'augmenter la production ...Or ils ne l'augmentent pas, ou fort peu, trop heureux de profiter de la hausse pour accroître leurs investissements qui, paraît-il, leur coûtent cher, l'exploration de certains "champs" leur revenant à 60 dollars le baril... Dès lors, évidemment, suivant la loi du marché entre et la demande, les prix ne peuvent que monter...

  Et dans ces conditions, comme pour la réclame du Loto en France, "cela ne coûte pas (trop) cher et ça peut rapporter gros"...comme le prouvent les profits records des compagnies pétrolières en 2007 :
              Exxon Mobil .......40,6 milliards de dollars 
                                                soit + que le PIB des 2/3 des pays du monde
              Chevron .............27,6 milliards de dollars
              Total ..................12,2 milliards de dollars
              etc...
   Néanmoins, les compagnies pétrolières ont beau jeu de dire qu'elles ne contrôlent plus le prix du baril et que celui-ci fait l'objet d'une spéculation effrénée qui s'étend aux matières et aux denrées dont la production et la consommation dépendent fortement des sources d'énergie et des transports ... Et elles soulignent non sans raison que le prix de l'essence ou du fuel à la pompe comporte souvent une part importante de taxes (entre 18 et 64 % de TIPP en France suivant les produits), mais en oubliant de préciser que ces taxes permettent de limiter l'impôt sur le revenu dans le cadre des recettes publiques et servent en partie à reverser des aides aux professions en difficulté, comme c'est le cas actuellement pour les pêcheurs...

   Or les pêcheurs ne sont que la "partie émergée de l'iceberg", dont l'ampleur et la rapidité des réactions correspondent au fait qu'ils sont immédiatement concernés par la part des dépenses de fuel dans le budget de leur pêche... En fait, la "grogne" est en train de "gagner le monde", notamment en Europe, non seulement dans les diverses branches de métiers, mais dans l'ensemble de la population, surtout, et comme toujours en cas de crise, les plus pauvres - petits salariés et retraités ainsi que chômeurs - affectés prioritairement par une baisse du pouvoir d'achat...

   Il est donc nécessaire d'en finir avec cette "frénésie pétrolière" qui peut désormais engendrer des troubles graves... Et comme il n'est pas possible, dans une "économie mondialisée", à des pays comme la France d'agir isolément, il faut recourir d'urgence à des organismes internationaux... Déjà, le 1er Ministre britannique Gordon Brown annonce que "l'augmentation de la production internationale de pétrole sera au programme du prochain "Sommet Européen" (mi-juin) et du "G8" (juillet)" ...Mais cette mesure d'urgence ne suffira pas, car il faut se garantir contre tout nouvel excès... L'Union Européenne a déjà donné l'exemple en créant une "Commission Européenne de l'Energie" ...Il faut aller plus loin en mettant en place un organisme international à l'image de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ayant le pouvoir de réguler les cours de l'énergie, notamment celui du pétrole et des produits dérivés ...et, au delà, de préparer l'avenir en temps utile par un développement des recherches en matière d'énergies nouvelles (en particulier l'hydrogène qui, entrant dans la composition de l'eau - H2 0 - est réllement inépuisable), ceci pour éviter de tomber avant la fin du 21ème siècle dans une crise "structurelle" liée à la raréfaction du pétrole...

(*)  1 baril = 159 litres    et 1 tonne = 7,3 barils

   
  

par Jean Daumont publié dans : Polit. internationale communauté : Le champ du monde
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Jeudi 29 mai 2008
   Depuis la Révolution de 1848, la France a adopté la devise "Liberté, Egalité, Fraternité", du moins quand elle a été sous le régime d'une "République", et elle en est déjà à la 5ème...

   Devise généreuse, inspirée de la Déclaration des Droits de l'Homme du 26 août 1789, et dont la France peut à juste titre s'honorer, car il n'y a pas à priori d'objectifs plus nobles dans une société que de permettre à chacun de faire ce qu'il désire, d'avoir les mêmes droits ...et devoirs que les autres, et d'être secourable pour ses concitoyens...

   Il n'en est pas moins vrai que ces objectifs ont leurs limites, ne serait-ce que dans la mesure où ils sont parfois contradictoires... C'est une banalité de rappeler que "la liberté de chacun s'arrête où commence la liberté des autres", sous peine de compromettre la fraternité ...Et de même, l'égalité peut mettre en cause la liberté quand elle devient de "l'égalitarisme"... La discussion actuelle d'un Projet de révision constitutionnelle à l'Assemblée Nationale en donne un exemple à propos de "l'égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles et sociales"...

   Chacun comprend évidemment que, dans cette formulation générale, ce sont non pas les hommes mais les femmes qui sont concernées ... Et il paraît effectivement ...équitable que la France - qui a déjà traîné jusqu'en 1945 pour donner le droit de vote aux femmes - veille enfin, un demi-siècle plus tard, à leur assurer un "accès égal" à celui des hommes pour toutes les responsabilités, ce qui est loin d'être le cas actuellement, le rapport étant environ de 1 à 5 avec de écarts positifs ou négatifs suivant les activités...

   Est-ce à dire pour autant qu'il y a une lacune dans les textes constitutionnels ?... Apparemment non ...Car le Préambule de la Constitution, conformément à la Déclaration des Droits de ...l'Homme, proclame que les hommes (au sens mixte des humains, bien sûr) "naissent libres et égaux en droits" et que "la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme"( précision signifiant néanmoins implicitement qu'ils étaient donc en cause) ...Les textes constitutionnels ont donc tout prévu ...Alors ?

   Alors le problème est qu'il ne suffit pas dans la législation française d'affirmer des "principes"...Encore faut-il veiller à leur "application" !... Cette nécessité est bien connue dans le "Droit", où une Loi, quelle qu'elle soit, et même si elle est votée à l'unanimité et sans réserve, reste "lettre morte" s'il n'y a pas de décret d'application... Pour cette raison, il y a dans le recueil (très abondant) des lois des centaines de textes - souvent occasionnels et inutiles - qui n'ont jamais été réellement appliqués ...Et il y a d'autres textes qui n'ont jamais été publiés parce qu'ils ont été "censurés" par le Conseil Constitutionnel estimant qu'ils n'étaient pas conformes à la Constitution... C'est ainsi qu'en 2006 le Conseil Constitutionnel a censuré les lois instaurant des règles de composition contraignantes entre sexes aux élections professionnelles, dans les conseils d'administration et les comités d'entreprise...

   C'est la raison pour laquelle Marie-Jo Zimmermann a déposé le 28 mai 2008 un amendement au Projet de Constitution stipulant que "la loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles et sociales", sans attendre l'avis d'un Comité de réflexion prévu par le gouvernement et présidé par Simone Veil, avec la mission "de s'interroger sur l'opportunité d'inscrire un certain nombre de droits et principes fondamentaux nouveaux dans le Préambule de la Constitution" ... Et le plus ...piquant est que cet amendement a été adopté par une majorité ...confidentielle de 126 voix contre 88 ...Autrement dit ...un "couac" lié à l'absence de nombreux députés en séance, ...d'autant plus "bruyant" que Marie-Jo Zimmermann est une "députée" suspendue par l'UMP pour indiscipline lors des récentes élections municipales...

   Certes, il est permis de penser que cet amendement sera finalement rejeté en seconde lecture après avis du Sénat... Mais dans l'hypothèse toujours possible de son adoption par les 2 assemblées puis par le Congrès avec une majorité des 2/3 laissant une marge de manoeuvre à l'opposition, il y aurait alors une "incompatibilité" dans la Constitution avec le principe de "l'universalisme républicain" impliquant, comme l'a déjà rappelé le Conseil Constitutionnel, l'égalité devant la loi de tous les citoyens "également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents" !!!... Et, "pratiquement", à en juger par les difficultés récentes à assurer la "parité" entre hommes et femmes dans les listes de candidatures aux dernières élections municipales, il ne sera pas évident d'imposer cette parité dans tous les domaines... Question de pratiques ou question de principes ?...

   Questions sans solution... Tout cela "en vertu des grands principes", comme disait le chanteur Guy Béart, qui ajoutait cependant qu'on peut aussi "faire élégamment en vertu des grands sentiments"...


par Jean Daumont publié dans : L'Histoire
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Dimanche 25 mai 2008

   La retraite est naturellement associée à la vieillesse, et comme la vieillesse est un sujet d'inquiétude plus ou moins latente pour beaucoup de gens, le problème de cette retraite est souvent reporté à plus tard, ...quand ce n'est pas trop tard.

   Il est donc utile de s'interroger sur la notion même de retraite, afin d'avoir à son sujet des idées claires et objectives, ce qui n'est pas toujours le cas dans l'opinion publique à en juger par les réactions diverses à l'occasion de la journée de manifestations du 22 mai dernier :

   - La retraite est d'abord une affaire personnelle. Il y a pour chacun un déclin inéluctable de la vie qui n'obéit pas à une règle fixe, puisqu'il survient plus ou moins vite et plus ou moins fort sur le plan physique et sur le plan moral. Il est donc normal que certaines personnes éprouvent le besoin de ralentir ou d'arrêter leur "activité", parce que celle-ci leur est pénible ou simplement parce qu'elles en ont envie...Inversement, il est tout aussi normal que d'autres personnes ne ressentent pas la nécessité de "prendre leur retraite", parce qu'elles trouvent dans leur "activité"- parfois "jusqu'au bout" ...ou presque - un équilibre qui devient même pour elles une "raison de vivre", notamment dans les professions dites libérales où il n'y a pas de contraintes collectives...En quelque sorte, il s'agit donc d'une équation propre à chaque individu...

   - Mais la retraite est aussi une affaire sociale. Il y a effectivement pour la plus grande partie de la population des contraintes collectives, résultant de la "pyramide démographique" - se traduisant par la division, d'ailleurs contestable, entre "jeunes", "actifs" et "vieux"... - ainsi que le  développement "massif" des métiers (ouvriers, fonctionnaires, employés divers), ayant conduit à établir des règles "communes" : d'abord un "âge légal de départ à la retraite", fixé en France à 60 ans (1) depuis la loi du 1er avril 1983, ce qui a été alors considéré comme une "grande conquête sociale", au même titre que les lois fixant en 1998 et 2000 la "durée hebdomadaire du travail à 35 heures"...Ajoutées à des "départs anticipés à la retraite", ces dispositions devaient permettre de résorber le chômage... Malheureusement, il n'en a rien été - ou fort peu - et ces dispositions ont surtout servi à améliorer la vie de la génération alors concernée ...au dépens de la génération suivante, c'est-à-dire les plus jeunes, ...alors que que les raisons d'un tel échec étaient pourtant prévisibles...

   En effet, l'évolution démographique était telle que, dès les années 1945-1950 avec le "baby-boom", on pouvait prévoir qu'il y aurait une proportion de retraités 60 ans après, c'est-à-dire à partir de 2005, dépassant les capacités de la population "active", tant sur le plan des tâches à accomplir que du financement des pensions... Et ce dépassement était d'autant plus prévisible que les progrès de la médecine et du bien-être (les "30  glorieuses") ont fait progresser "l'espérance de vie" d'environ 60 ans à environ 80 ans en un demi-siècle... ce qui justifie qu'il y ait actuellement une proportion importante de gens capables de prolonger leur activité jusqu'à 70 ans, sinon plus, sans que cela soit choquant, au contraire...

   Quoi qu'il en soit, il faut désormais faire face à une situation de crise devenue incontournable dans le domaine des retraites... Il y a des solutions radicales comme le relèvement des cotisations des actifs, ou la création d'une taxe sur les bénéfices des entreprises à l'instar de l'imposition des produits pétroliers (TIPP), mais "le remède peut être pire que le mal", surtout dans le contexte actuel de difficultés économiques mettant en cause le pouvoir d'achat... Il faut néanmoins "faire quelquechose", mais quoi ?...
   - Le gouvernement, poussé par l'urgence, est tenté de s'en prendre d'abord aux "effets", c'est-à-dire à l'insuffisance prévisible du financement... Et, comme il lui est difficile d'augmenter les cotisations des actifs, c'est-à-dire d'agir sur le"multiplicande", il envisage d'agir sur le "multiplicateur", sur le nombre des "actifs" cotisants en rallongeant la durée de "l'activité" qui passerait par étapes à 41 années en 2012... Les syndicats ont déjà réagi par leurs manifestations du 22 mai, car on peut comprendre que "la pilule soit difficile à avaler", mais ils ne peuvent ignorer les échéances...Tout au plus peuvent-ils chercher - non sans raison - à retarder ces échéances, en demandant de développer le "travail des seniors", pour lequel la France, en raison de la pratique antérieure des "pré-retraites" et du refus des entreprises de les engager, a la proportion la plus faible d'Europe (37,6 % de seniors de 55-65 ans au travail en 2006 alors que l'Union Européenne prescrit 50 % en 2010) ...Mais l'arbre, même s'il est planté (ce qui reste à démontrer) , ne pourra pas cacher longtemps la forêt...
   - Le gouvernement n'aura donc pas d'autre solution que de s'attaquer aux "causes", c'est-à-dire à la durée du travail dans tous ses aspects : d'abord un relèvement progressif de la durée hebdomadaire de travail aux normes antérieures de 39 ou 40 heures , avec augmentation parallèle des salaires à titre de compensation - ce qui ira dans le sens d'une amélioration du pouvoir d'achat - ou, à défaut, un large recours aux heures supplémentaires ou au rachat des RTT... Ensuite, un relèvement de l'âge de départ à la retraite, en faisant sauter "le verrou "des 60 ans, ce qui n'aurait rien d'extraordinaire et permettrait une juste équité avec les autre pays de l'Europe, puisque l'âge de 65 ans est pratiqué dans la plupart des pays de l'OCDE et que le Danemark et la Norvège montent même jusqu'à 67 ans, avec un système de départ anticipé 2 à 5 ans avant cet âge pour faire face aux situations particulières...


   C'est d'ailleurs pourquoi il conviendrait d'appliquer de telles mesures avec circonspection, en ne tombant pas , une fois de plus, dans 'l'égalitarisme"...et en permettant, compte tenu du fait que le départ à la retraite est d'abord une "affaire personnelle", la plus grande liberté possible dans leur application... Une "retraite choisie" vaudra toujours mieux qu'une "retraite imposée", et la vieillesse n'en sera que plus facile à accepter...

 

(1) Expression résumée, étant entendu qu'il s'agit de l'âge à partir duquel on peut prendre sa retraite et recevoir sa pension, le départ à la retraite devenant obligatoire 5 ans plus tard, à 65 ans.



   
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par Jean Daumont publié dans : Economie et Société
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Jeudi 22 mai 2008

   Suivant l'actualité - et donc suivant "l'humeur" du moment - les "pauvres" ou les "riches", et parfois les deux catégories à la fois, font l'objet de ...spéculations ...intellectuelles de la part des spécialistes de l'économie...
 
   - Il y a quelques semaines, à l'occasion d'émeutes de la faim ayant éclaté simultanément dans divers pays du "Tiers-Monde" (1), le problème de la Pauvreté a été posé pour l'ensemble de l'humanité, dans la mesure où un nombre croissant de personnes y sont dans l'impossibilité de se procurer en quantité suffisante les denrées de base ...Et il est apparu que le problème ne se limite pas à un déséquilibre entre le volume des ressources et la croissance démographique dans ces pays, mais correspond à une spéculation sur les prix de la part des "riches", - qui affecte le pouvoir d'achat des "pauvres" dans tous les pays...

   - Ces jours-ci, à propos d'indemnités de départ accordées à des "PDG", ce sont à leur tour les "riches" qui ont fait l'objet de l'attention des médias ...Il faut dire que cette attention n'est pas ...gratuite, car les "patrons" ou du moins certains d'entre eux en  ...rajoutent et même abusent totalement en matière de rémunération ...En février 2005, le PDG de Carrefour  Daniel Bernard a été "remercié" pour insuffisance de bénéfices de l'entreprise : un vrai ...remerciement, en effet, car il est parti avec une indemnité de 9.800.000 euros et une "retraite-chapeau" équivalent à 40 % de son dernier salaire, soit 29.000.000 euros ...En juin 2006, le PDG de Vinci Zacharias est parti avec une indemnité de 13.000.000 euros et une rente à vie de 2.500.000 euros par an,  en disposant de surcroît de 173.000.000 euros de "stock-options", et cela ne l'a pas empêché d'assigner son ancien groupe devant le tribunal pour le préjudice subi (!) ...Et on pourrait multiplier les exemples en France et dans le monde, en citant par exemple Stanley O'Neal, patron de la Banque américaine Lynch, parti avec 100.000.000 euros d'indemnités, alors que son entreprise avait enregistré 5 milliards d'euros de perte en 2007 (crise des "subprimes")...

   Evidemment, l'opinion "populaire" ne peut pas admettre une telle opposition entre les revenus des "riches" et ceux des "pauvres"... Le syndicat CFTC vient de publier une étude où il estime qu'un couple avec 2 enfants a besoin de 3400 euros par an pour asuurer ses "besoins essentiels", c'est-à-dire 2000 fois moins que la rémunération "moyenne" (!) d'un PDG du CAC 40 ...Ce n'est plus un écart - qui, à la rigueur (?), pourrait se justifier s'il était par exemple de 1 à 1O - ...c'est un fossé, justifiant qu'on puisse parler d'un retour à une caste de "privilégiés" dans un pays qui reste - du moins en principe - une démocratie !...

   Les "patrons" en cause se défendent
en faisant "valoir" qu'ils ont le mérite de développer leur entreprise et de donner ainsi du travail à la population... Certes, mais d'abord, beaucoup d'entre eux ne sont pas les "créateurs" mais les "héritiers" de leur entreprise ...et leur altruisme a ses limites quand ils licencient du personnel ou - pire encore - quand ils délocalisent leur entreprise ...D'autre part, à en croire Charles Beigbeder, PDG de Powéo-Electricité et membre du Conseil exécutif du MEDEF, "il n'est pas indispensable de sur-payer les patrons pour les attirer" ...on peut se tourner vers des "candidats moins chers  et pas nécessairement moins talentueux" ... qui ne demanderont pas ...mieux !... Enfin, même s'ils ne sont qu'une "goutte d'eau" dans le budget des grandes entreprises, les salaires mirobolants de certains patrons ne peuvent que nuire à l'activité de celles-ci, en démotivant les collaborateurs...

   Est-ce à dire pour "autant" que les "petits", les "sans-grade", bref les "pauvres" ...risquent de se révolter, et que les "opulents", les "privilégiés", bref les "riches" ... doivent prendre garde ?... Certains le pensent, en affirmant que dans le contexte actuel du chômage et de la baisse du pouvoir d'achat , "cela va mal finir"...Mais le problème n'est pas si simple, et le comportement du "peuple" n'est pas nécessairement ce que l'on croit, à en juger par les leçons du passé :

   - les "révoltes populaires", au sens d'un "soulèvement des pauvres", ont le plus souvent échoué en raison de leur caractère spontané et anarchique, qu'il s'agisse de la révolte de Spartacus  contre Rome en Italie en ...71 av.JC, ou des "jacqueries" en France ou en Allemagne au Moyen-Age ...Les pouvoirs en place ont d'ailleurs généralement évité de tels troubles en veillant, à l'image des anciens patriciens romains vis-à-vis de la "plèbe", à assurer "le pain et les jeux" (panem et circences)... Hitler n'a pas fait autrement en conjurant une inflation galopante en 1933 et en réussissant à organiser les ...Jeux Olympiques de Berlin en 1936... ce qui fait, bien sûr, penser aux ...Jeux Olympiques de Pékin en 2008, même s'il faut relativiser la comparaison...

   - Pae contre, les "révolutions" ont réussi, quand elles n'ont pas été menées seulement par les "pauvres" : en France, la Révolution de 1789 est d'abord une "révolution bourgeoise", où la classe moyenne naissante et de plus en plus "éclairée" (cf la Philosophie des Lumières) s'est dressée contre les "Privilégiés" de l'Ancien Régime, avant d'être dépassée par les exçès des artisans et boutiquiers du quartier Saint-Antoine à l'origine de la "Terreur"... Et il en est de même pour la Révolution Russe de Février 1917 avec Kerenski dépassée par celle de Novembre 1917 où, là encore, les extrêmistes "bolcheviks" comme Lénine, Trotsky et Staline - qui n'étaient pas des ..."prolétaires" - ont profité de l'anarchie née de la défaite militaire pour installer un régime soi-disant "communiste", où le "peuple" n'avait en fait rien à dire...

   Finalement, une conclusion s'impose : l'opposition entre les "pauvres" et les "riches" ne conduit pas nécessairement à une révolte des "pauvres" contre les "riches"...C'est le cas actuellement en France, où l'Observatoire National de la Pauvreté et de l'Exclusion Sociale (ONPES) fait ressortir dans son Rapport du 29 avril 2008 que le "fossé" s'élargit en intensité, les "riches" devenant de plus en plus riches, et les "pauvres" de plus en plus pauvres, avec un glissement dans le contenu démographique (moins de "vieux et plus de "jeunes")... Mais les "masses populaires" ne donnent aucun signe d'un prochain soulèvement, et se contentent, comme actuellement, de manifestations ..."classiques". En fait, à en croire l'INSEE, le "pouvoir d'achat" global des Français - à l'exception  justement (ou plutôt ...injustement)  des plus pauvres - ne baisse pas... C'est seulement le rythme de la hausse qui se ralentit !... Cela signifie que, dans l'immédiat, les "classes moyennes" ne sont pas encore menacées de pauvreté, même si elles doivent surveiller davantage leurs achats (hausse des produits alimentaires, baisse des  équipements et des loisirs) ...Mais le danger est qu'une évolution vers la pauvreté se produise à cause du renchérissement injustifié et scandaleux des produits pétroliers, entraînant celui des matières premières et des denrées alimentaires, ce que le Président du Sénégal Abdoulaye Wade dénonce dans le Nouvel Observateur du 22 Mai 2008 en parlant d'un "oligopole du pétrole" qui ne s'occupe que de ses propres intérêts, alors quil faudrait créer un fonds "pétrole-pauvreté"... Car, si les "classes moyennes" bougent - en France et ailleurs - tout deviendra possible, notamment à l'égard des "riches"... Autant dire que les gouvernements, à l'instar des instructions données par l'Union Européenne, seraient bien avisés de prendre des mesures sauvegardant le pouvoir d'achat, en particulier pour les plus pauvres, ...et en limitant les abus insensés de rémunération des certains patrons d'entreprise, conformément aux conseils de modération données par ...la Présidente du MEDEF...


(1) Voir mon article sur "La Faim dans le Monde"

(2) Voir mon article sur 'Les Revenus mirobolants"


Référence : Journal La Croix du 19 mai 2008 - Pages 2 et 3

 

par Jean Daumont publié dans : Economie et Société
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Vendredi 16 mai 2008

   ll n'y a aucune raison de croire que les députés ne sont pas attachés au bien-être des Français, quel que soit leur parti politique... Et, de même, il n'y a aucune raison de critiquer l'importance de leurs indemnités parlementaires s'élevant par mois  à un total brut mensuel de 6952,91 euros (*), compte tenu des services qu'ils rendent à la Nation, à l'Assemblée Nationale ...et ailleurs...

   Néanmoins, il convient de rappeler que la charge de député est "élective", donc par définition "précaire", et que la perte de ces indemnités parlementaires en cas de non-réélection ou de non- renouvellement de candidature est "dans l'ordre des choses" ... Il est également dans l'ordre des choses que l'ex-député retrouve alors son ancien métier et son salaire antérieur tenant compte éventuellement de la progression de celui-ci durant le temps de son mandat ... Et, s'il n'avait pas de métier, il n'y a aussi aucune raison à ce qu'il reçoive autre chose que des indemnités de chômage ...comme tout le monde, ou du moins comme le monde restreint des chômeurs qui les touchent, ...puisque la charge de député n'est pas un métier...

   Mais les députés ont bien sûr le sens de la solidarité, ...sinon ils ne seraient pas députés...Ils ont donc pensé, à l'initiative de leur ancien Président Jean-Louis Debré au début de l'année 2007 (donc avant les dernières élections législatives), à l'avenir de leurs collègues susceptibles de ne pas revenir dans la nouvelle Assemblée, et ils ont alors voté à l'unanimité - tous partis confondus - une Loi prévoyant que chaque député non-réélu continuerait à toucher pendant 60 mois (c'est-à-dire 5 ans...) , au lieu des 6 mois prévus antérieurement, son indemnité parlementaire de façon dégressive, soit 100 % les 6 premiers mois, 70 % les 6 mois suivants, etc... jusqu'à 20 % pour 6 derniers mois de la 5ème année, ces 20 %  - soit 1390 euros par mois - continuant alors à être payés à vie... Par conséquent, tout député non-réélu coûte désormais 417.180 euros sur 5 ans pour les contribuables, et ensuite un montant incertain dépendant de ...son espérance de vie ... Pas mal pour un "chômeur", d'autant plus que l'indemnité n'est assortie d'aucune condition, et que ce chômeur n'aura pas besoin de prouver qu'il cherche un nouvel emploi, de répondre obligatoirement à des convocations d'un conseiller de l'ANPE ...ou de justifier de revenus "annexes" ou de revenus de membres de sa famille (par exemple, il ne sera pas privé d'indemnités parce que son épouse a un revenu jugé "suffisant" pour le foyer)...

   Pour autant (facon de parler...), il ne faut pas avoir mauvais esprit et admettre que les députés ne font que donner l'exemple, suivant le dicton : "Charité bien ordonnée commence par soi-même"...Et on peut légitimement s'attendre à ce qu'ils prennent maintenant des dispositions similaires pour l'ensemble des chômeurs... L'ennui est que ceux-ci risquent d'attendre longtemps, ne serait-ce que parce que de telles dispositions dervront passer, comme disait La Fontaine, par le "chemin montant, sablonneux, malaisé" et plein d'impasses, des commissions parlementaires...


(*) Indemnités mensuelles brutes des députés au 1er février 2007 :
     - Indemnité de base : 5400,32 Euros
     - Indemnité de résidence : 162,01 Euros
     - Indemnité de fonction (25 % du total) : 1390,58 Euros - notamment pour "secrétariat"
      + divers avantages "en nature" comme la gratuité des transports, du téléphone, du courrier, d'internet, etc...
     

publié dans : Politique Intérieure
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