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                                     Blog de Jean Daumont                              

                                                       undefined                                                                                           Le site s'intitule "Convergences" parce que son but est de rapprocher les points de vue sur des sujets difficiles de l'actualité ou plus généralement des activités humaines... Chaque article - rédigé en fonction des circonstances - ne traduit que l'opinion de son auteur et peut appeler des commentaires...et il ne faut pas rêver : les avis seront parfois inconciliables... Mais au moins la discussion permettra de réfléchir et donc d'approfondir la connaissance des sujets.

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Dimanche 6 avril 2008

   La France est certainement un des pays les mieux placés pour discuter de l'immigration, même si les Français n'en ont pas toujours une vision cohérente par ignorance de leur histoire...

   En effet le territoire actuel de la France a été, dès l'origine des hommes, une terre d'immigration en raison de sa situation géographique à "l'Extrême-Occident" de l'Eurasie qui en a fait la zone finale d'installation des vagues de peuplement venues de l'Est ... Dès l'époque préhistorique, dans une nature encore largement forestière, elle est le théâtre du remplacement progressif de l'homme de Néandertal par l'homme de Cromagnon, il y a environ 30.000 ans ...Et ce n'est pas par hasard que des vestiges néolithiques
 se concentrent en "Bretagne" (Carnac...) et en "Grande-Bretagne" (Stonehenge...). Arrivent vers le 5ème siècle av.JC les Celtes, appelés "Galli" (Gaulois) par les Romains, qui occupent le territoire au 1er siècle av.JC ...Et après les Romains, surviennent les "Invasions Barbares" au 5ème siècle ap. JC : Burgondes (Bourgogne), Wisigoths (Aquitaine) et surtout Francs (dont la Francie Occidentale donnera son nom à la France... Les "Bretons" refluent des Iles "Britanniques" en Armorique (devenue ainsi la Bretagne), tandis que les "Normands" ("hommes du nord" venus par mer de Scandinavie) remontent les estuaires à partir du 9ème siècle avant de s'installer dans celui de la Seine (Normandie)... Plus tard, l'histoire lui rattachera encore la Flandre, puis l'Alsace et la Lorraine, d'origine germanique, et enfin Nice et la Savoie, venus d'une dynastie italienne... Et tout cela , comme disait naguère le chanteur Maurice Chevalier, a fait de "bons Français", si du moins on peut le croire...

   Car il est permis de s'interroger sur ce qui a fait "l'unité" de la France, alors que son peuplement a été largement "composite" ...Dans une autre région de l'Europe, la péninsule des Balkans, qui avait pourtant connu une certaine unité dans l'Antiquité avec les Grecs puis la période hellénistique, l'arrivée successive de peuples divers - Serbes, Croates, Bulgares, Hongrois, Turcs, etc - compliquée encore par les différences religieuses (catholiques, orthodoxes, musulmans), en a fait un "kaléidoscope", au point que l'ancien nom de "Macédoine" - à l'origine de l'empire ...unitaire d'Alexandre au 4ème siècle av.JC - est devenu maintenant synonyme de "mélange", notamment dans le domaine ...culinaire !... Par conséquent, si la France a réalisé son unité, c'est qu'elle a trouvé des éléments favorables dans son histoire : d'abord la politique "centralisatrice" de la monarchie capétienne, ayant rattaché autour d'un domaine royal initialement limité des "provinces", - politique reprisepar le comprtement "jacobin" de la Révolution et des régimes nombreux qui l'ont suivie jusqu'à la 5ème République ... Mais aussi un sentiment de "fraternité" issu d'une communauté d'épreuves, notamment les 3 guerres de 1870-71, 1914-18 et 1939-45...

   Pour autant, cette unité de la France n'est pas à l'abri de tout danger :
   - d'une part, pour des causes "internes" : s'il est bon d'avoir encouragé les anciennes provinces à préserver leurs particularités dans le cadre d"une "décentralisation" rapprochant les "citoyens" de leurs "responsables", il serait par contre dangereux d'ouvrir la porte à des comportements "séparatistes", et ceci d'autant plus qu'à l'image de la Région Parisienne, le peuplement s'est fortement mélangé dans tout le pays, et que "l'indépendance" de certaines provinces pourrait conduire à des "discriminations", voire à des expulsions "d'étrangers ...français", à l'instar des "déplacements ethniques" ayant endeuillé récemment l'ancienne Yougoslavie...
   - d'autre part, pour des causes "externes" : s'il est souhaitable que la France reste une "terre d'accueil" - comme elle l'est restée depuis plus d'un siècle (Italiens, Espagnols, Belges, Polonais, Nord-africains, Africains noirs...), il serait par contre regrettable qu'un afflux inconsidéré d'immigrés, dépassant les possibilités d'intégration, puisse continuer à susciter leur "ségrégation" dans certaines banlieues oiu certains quartiers urbains, ségrégation due à la fois à une propension naturelle des immigrés à "rester entre eux"  et à la réaction tout aussi naturelle des "hexagonaux" à "ne plus se sentir chez eux"...

   Dans ces conditions, il reste nécessaire d'appliquer en France une politique "raisonnée" de "melting pot" tant sur le plan interne que sur le plan externe ... Conformément à la devise républicaine et au-delà à des "valeurs" fondamentales, elle doit pratiquer non seulement la "liberté" et "l'égalité", mais aussi la "fraternité"...Et cela suppose un "accueil des autres" qui soit "réfléchi" et "maîtrisé", afin que ceux-ci ne soient pas livrés à la misère et à l'hostilité... Car, si la France peut paraître comme un "Eldorado" pour beaucoup de pays, il n'est pas possible pour autant, suivant la formule célèbre de Michel Rocard, "qu'elle accueille toute la misère du monde"...Et la "raison", dans ce domaine, est de mettre en correspondance "l'offre" et la "demande", notamment dans le domaine des emplois, et bien entendu en dehors de tout autre dicrimination d'origine, de "race", voire de religion... Une politique d'immigration "raisonnée" exclut donc à la fois l'immigration "sauvage" et l'immigration "choisie"...

   Et ceci ne signifie pas que la France devra se désintéresser des causes de l'immigration : puisqu'elle s'enorgueillit d'être "la patrie des droits de l'homme", elle doit montrer l'exemple, au sein des organismes internationaux, de l'aide aux pays dits , par un euphémisme incertain, "en voie de développement", ...en particulier pour le progrès de l'instruction, la lutte contre les maladies endémiques et leur insertion dans le "développement durable" de la planète... Car le seul moyen véritable de remédier "à terme" aux problèmes de l'immigration est d'en supprimer les causes...

  

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Mercredi 2 avril 2008

   La France a une réputation d'équilibre qui lui vaut l'intérêt du reste du monde, qu' il s'agisse de son relief, de son climat ou de sa population ...Pour la population, elle a même la chance d'avoir une "pyramide des âges" équitablement répartie, puisqu'à la différence de la plupart des autres pays dits "occidentaux" elle compense un accroissement du nombre des "vieux" par le maintien d'un taux de natalité relativement important ...On pourrait donc en déduire que les divers âges y trouvent leur juste place, en particulier les 3 catégories traditionnellement distinguées : les "jeunes" (de 0 à 25 ans), les "adultes" (de 26 à 60 ans) et les "vieux" (au delà de 60 ans )...Et pourtant tel n'est pas le cas...

   En effet, non seulement il est de bon ton dans l'opinion courante de critiquer la "jeunesse" en ne retenant que les excès commis dans des banlieues difficiles, mais il est désormais banal d'être hostile à la "vieillesse"; à un point qui confine parfois à une véritable "phobie"... Le "florilège" - qui tourne au "sacrilège" - des déclarations de soi-disant "experts" dans ce domaine est impressionnant : le Rapport de l'IFRI (club de réflexion de responsables politiques de droite comme de gauche) signale dès 1987-1988 "qu'il existe un excédent prévisible de personnes âgées par rapport aux capacités de financement des systèmes de protection sociale" ... Bernard Spitz, dans un article du Figaro du 22 septembre 2006 (Du Baby-boom au Papy-krach), déclare "qu'il faut cesser de donner aux retraités", au mépris du système de répartition où ils ont cotisé durant leur vie "active"...Et Richard Liscia, dans le Quotidien du Médecin, surenchérit en stigmatisant "ces poids qui font souhaiter que, du point de vue de la dépense publique
, il vaudrait mieux que meurent les gens qui veulent rester oisifs" (sic)... Ce que confirme l'économiste Alain Cotta, déplorant que la France dépense trop "pour entretenir ses vieillards impotents" ...et "pour le mantien en vie de cette population du 4ème âge" (démultiplication indulgente du 3ème...). Le Professeur d'économie Jean de Kervadsdoué va plus loin en dépeignant la France "comme une "nation d'hypocondriaques vieillissants"... Il est vrai qu'en contrepartie on est plein de sollicitude envers les retraités : avant même qu'ils ne reçoivent leur 1ère pension, les compagnies d'assurances leur proposent à un taux "avantageux" ...des "conventions d'obsèques" ...Et le philosophe Yves Michaud , certainement pour leur éviter toute fatigue inutile, va jusqu'à proposer, dans l'émission de France-Culture du 4 juin 2006, "d'établir une fin de vie citoyenne" en supprimant le droit de vote aux personnes de plus de 80 ans...

   Le comble est même en train de se produire, puisque maintenant la "détestation de la vieillesse" gagne aussi les personnes âgées ...S'il ne s'agissait que de "vieux" pratiquant le "jeunisme", il suffirait d'en rire ...Mais voilà que des vieux prennent aussi des dispositions contre les ...vieux... Comportement de quelques "illuminés"...âgés ? Pas du tout ...Ce sont seulement des personnalités ..."éclairées" - du moins on peut le penser - puisqu'ils'agit des membres de ...l'Académie Goncourt, qui viennent de décider que la "limite d'âge" pour être "juré" serait fixée à 80 ans (décidément une vraie obsession que cet âge !)... Cela signifie clairement qu'au delà de cet âge, le "jugement" des membres de cette Académie n'est plus valable...Néanmoins, cette docte assemblée a pris soin de préciser que les membres ainsi "frappés" pourraient continuer à déjeûner au Restaurant Drouant...Un reste de culture, certainement, car elle a dû se souvenir de Victor Hugo : "Donne-lui tout de même à boire..."

   Evidemment, cette dernière "anecdote" pose le problème de la "limite d'âge" ...Il ne peut assurément être question de nier les "effets de l'âge", qui sont dans la nature de tout être vivant... Mais l'âge reste néanmoins "relatif"... L'espérance de vie est passée en moins de 2 siècles de 40 à près de 80 ans, du fait des progrès de la médecine et de l'hygiène... Et la notion même de "l'âge" a évolué : autrefois "la Femme de 30 ans" d'Honoré de Balzac était déjà une vieille femme...Maintenant, elle est plutôt un "modèle" ...Si l'on s'en tient à la limite d'âge professionnelle, celle-ci est très variable suivant la nature des activités : 40 ans environ pour les sportifs, ...50 ans au maximum pour les métiers pénibles;   ...et 60 à 65 ans pour la majorité de la population active ...et, en l'occurrence, la France est avec l'Italie le dernier pays pour l'emploi des "55-65 ans" avec 37,9 % seulement , alors que ce taux atteint 69,5 %en Suède, 63 % au Japon, 59,9 % aux Etats-Unis, 56,9 % au Royaume-Uni, 45,4 % en Allemagne... On n'est pas pour autant "vieux" plus tôt en France, ...simplement, en dehors d'une proportion minoritaire de "retraités volontaires", on se débarrasse des "vieux" plus tôt  ...La "pré-retraite" est même un leitmotiv classique dans les licenciements et les compressions de personnels, au mépris des services que les travailleurs concernés pourraient encore rendre en raison de leur expérience, ne serait-ce que pour la formation ou le "tutorat" des "jeunes"... C'est si vrai que souvent les "retraités" continuent à s'investir dans des activités diverses, notamment associatives, et même parfois reprennent un "nouveau métier", quand ils ne sont pas sollicités par des entreprises "en mal de recrutement"... En fait, la limite d'âge professionnelle est de plus en plus une affaire "personnelle"...Il y a d'ailleurs des activités où cette limite n'existe pas, se confondant avec la limite même de la vie : les artistes et parfois les artisans, les écrivains, les prêtres... et les hommes politiques !...

   Dans ces conditions, c'est la notion même de "limite d'âge" qui est en question ... Est-il vraiment nécessaire de fixer dans ce domaine des règles "collectives" ? Pourquoi établir une préemption où un individu est censé "n'être plus bon à rien", même s'il souhaite continuer à "travailler" et si rien ne s'y oppose sur le plan économique, social ou médical ?... Il s'agit ni plus ni moins d'une "discrimination", d'une sorte "d'exclusion" ...et une telle attitude est indigne d'un pays qui se veut aussi "équilibré" que la France...



Référence : Article de Jérôme Pellissier "Seniors et personnes âgées, de parfaits boucs émissaires"
                      dans le Journal La Croix du 1er avril 2008
                      www.agisme.fr

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Vendredi 28 mars 2008

   Les Français - ou du moins ceux qui manipulent leur  opinion - ont un goût immodéré pour les "commémorations", qu'il s'agisse d'anniversaire (du 1er au 29ème...), de trentenaire, de quarantenaire, de cinquantenaire, ...de centenaire, de bicentenaire... Ils n'ont pas encore inventé les étapes intermédiaires    ou "finales" (?) comme le millénaire, le bi-millénaire, etc ...mais cela viendra !

   En l'occurrence, les médias multiplient actuellement les évocations de "Mai 1968" en France, et ce n'est pas un hasard qu'ils s'y prennent maintenant, puisque les "événements" de ce mois "historique" ont en fait commencé le 22 mars de la même année à l'initiative de quelques étudiants de l'Université de Nanterre, notamment Daniel Cohn-Bendit, voulant obtenir ...quoi, au fait  ?... la démocratisation des études supérieures ?... Même pas ...Seulement la mixité d'accès dans les résidences universitaires !  Certains penseront : c'est une plaisanterie ...Non, ce n'est qu'une vérité, et elle est indéniable...

   Alors, pourquoi célébrer en France le "quarantenaire" de "Mai 1968" ?... Parce que la France, spécialiste des révolutions "réussies" (1789-1830-1848) ou "avortées" (1871) avait une fois de plus éclairé le monde au nom des "Droits de l'Homme" célébrés dans sa fameuse Déclaration du 26 août 1789 (inspirée par la Déclaration des Etats- Unis du 4 juillet 1776...) ? ...A nouveau, même pas !... Faisant suite à des mouvements sporadiques dès 1962, l'agitation commence en fait en janvier 1964 aux ...Etats-Unis, avec la dénonciation de plus en plus vive de la Guerre au Vietnam (conscription montant jusqu'à 500.000 hommes), notamment dans les Universités de Berkeley, Columbia et Yale, le mouvement étant relayé par la lutte pour l'égalité des Noirs (assassinat de Martin Luther King le 4 avril 1968)... En raison de l'extension des médias (progrès de la télévision), l'agitation se propage dans le monde : manifestations d'étudiants au Japon contre  ...les Etats-Unis dès la fin de 1967... Affrontements entre "gauchistes" et "néo-fascistes" en Italie en mars 1968 ...Manifestations à Berlin-Ouest après l'attentat contre Rudi Dutschke en avril 1968 ...Premiers craquements derrière le "Rideau de fer", en Tchécoslovaquie, avec le Manifeste des écrivains (dont le futur Président Vaclav Havel) et le "Printemps de Prague" (Alexander Dubcek)... La jeunesse manifeste aussi contre les régimes dictatoriaux en Espagne et au Mexique, et la répression finale en octobre 1968 traduit "à contrario" le courage de leur action ... En France, le mouvement parti de Nanterre s'amplifie : occupation de la Sorbonne ...Intervention des forces de police ... L'enchaînement "provocation-répression-solidarité"  se met en place ...On s'en prend à ce qu'on peut, même si ce n'est pas très glorieux ...On rejette ce qu'on appelle "l'ordre moral", à coup de grands slogans : "Il est interdit d'interdire" ..."L'imagination prend le pouvoir" ...mais aussi "Vivre sans temps mort, jouir sans entraves"...On connaît la suite...

   Du moins, on croit la connaître, et en fait, on va l'enjoliver... D'après une enquête réalisée pour la Revue hebdomadaire "Le Nouvel Observateur" du 27 mars 2008, 74 % des Français penseraient que "Mai 1968" a eu un effet utile pour la société... Mais, dans le détail , les aspects retenus sont pour le moins contestables :
   - 80 % d'opinions positives pour la répartition des tâches entre hommes et femmes ...Vraiment ?...Alors pourquoi encore maintenant les femmes revendiquent à juste titre l'égalité dans les fonctions, les promotions et les salaires ?...
   - 73 % pour le droit syndical ...Alors pourquoi moins de 10 % des salariés (record européen) cotisent à un syndicat ?...
   - 72 % pour la sexualité, 64 % pour les les rapports parents-enfants, 61 % pour les moeurs...Certes, à comportement analogue, il y a moins d'hypocrisie qu'auparavant... Mais la priorité accordée au "bonheur personnel" a ébranlé les rapports familiaux ...On peut paraphraser un slogan connu :"Les parents jouissent ..et les enfants trinquent "...
   - 50 % pour la vie politique ... Un comble ! Car, s'il y a eu un progrès dans la "gouvernance" - même relatif - c'est grâce au Général De Gaulle, contre lequel le mouvement de "Mai 1968" s'était dressé en priorité : " 10 ans, c'est assez !"...
   - 50 % encore d'opinions positives pour l'enseignement ...Le monde à l'envers...quand on pense que "l'autorité" y a été bafouée, que les "structures" ont été démolies, qu'on a oublié d'apprendre à lire, écrire et compter au nom de la prétendue liberté de l'enfant ...au point que l'enseignement français est devenu  ...le "dernier de la classe"...
  
   En fait, le mouvement de "Mai 1968, du moins en France, ne peut se comprendre qu'en "négatif", c'est-à-dire dans la mesure où il a été essentiellement une "réaction"contre l'incapacité ou le retard des gouvernements successifs à apporter , notamment dans le domaine de l'enseignement, les réformes nécessaires : la génération du "baby-boom" de 1945-1950 arrivant alors au niveau des études supérieures pouvait légitimement s'inquiéter des moyens d'y trouver à la fois sa place et les débouchés sur l'emploi... C'était en fait un mouvement de "jeunes bourgeois" (référence : "Après les pavés, la plage"...). D'ailleurs la CGT ne s'y trompe pas , qui ferme les portes des usines Renault à un rassemblement d'étudiants, ...mais en profite pour orchestrer une "grève générale", non pas en vue de défendre de "grandes idées" et de préparer "le grand Soir", ...mais pour négocier de substantiels avantages salariaux (les "Accords de Grenelle") avec un pouvoir gaulliste, bientôt conforté par une très large majorité des Français qui lui élit une "Chambre introuvable"...

   Telle est la vérité historique... Elle peut d'ailleurs être vérifiée par le témoignage d'une personnalité, qui a continué à "faire son chemin" - comme beaucoup d'autres - après sa participation au mouvement de "Mai 1968" :

   " Ce qui reste d'actualité, c'est l'allergie au changement de la société française"...

   " C'est ça, la France ! Une idée de changement fascinante ...la Révolution française ...mais en même temps un conservatisme incroyable"...

   Citations extraites de "Forget 68",  à paraître le 3 avril 2008 aux Editions de l'Aube, dont l'auteur est un certain Daniel Cohn-Bendit...

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Mercredi 26 mars 2008

   Ainsi donc, on est en pleine crise financière et les mauvais augures en font même le début d'une grave crise de l'économie mondiale...

   Une fois de plus, comme en 1929 et 1973 - pour ne citer que les cas les plus importants - la crise vient des Etats-Unis, habitués à exporter leurs problèmes économiques en raison de l'emprise persistante de leur monnaie - le dollar - sur le commerce du monde... Il a suffi, dans ce pays pratiquant le crédit à grande échelle, que des banques appâtées par le gain offrent des taux variables pour qu'une hausse, même conjoncturelle, oblige de nombreux américains "accédants à la propriété" à revendre celle-ci à bas prix ou fassent l'objet de saisie ( l'affaire des "subprimes" ) et entraîne ainsi,par perte de confiance, une crise boursière sur la place de New-York, et ensuite, par un effet de "château de cartes", sur celles de Londres, Paris, Tokyo et Francfort...

   Dans ce domaine de "l'économie politique" qui dépasse le consommateur de base, les explications des spécialistes ne manquent pas et, en l'occurrence, ils minimisent le risque en faisant valoir qu'il suffit de maintenir, voire d'augmenter les taux d'intérêt pour juguler la crise (*)... Mais ces explications ne sont pas convaincantes : si elles l'étaient, il y aurait eu des mesures communes des "autorités financières" de la planète... Or chacune d'entre elles a réagi à sa façon , c'est-à-dire sans concertation, en tirant à hue et à dia : la FED américaine, après avoir laissé grossir l'endettement malgré les risques, engloutit maintenant des liquidités avec la complicité du gouvernement fédéral... Mais, dans le même temps, la Banque Européenne, s'appuyant sur un sur-enchérissement de plus en plus fort de l'euro vis-à-vis du dollar, fait le contraire en donnant la priorité à la lutte contre l'inflation par une restriction du crédit, ce qui ne peut que faciliter encore plus l'importation des produits américains ...D'où des difficultés accrues pour les entreprises européennes et leurs conséquences en matière de délocalisation et chômage...

   Alors, comme il faut bien "sortir de la crise" ou empêcher du moins sa propagation, on va, comme d'habitude en France, se tourner vers "l'Etat" considéré comme une "Providence"... Mais comme l'Etat est lourdement endetté et doit consacrer une grande partie de son budget au remboursement de la Dette  ...et des intérêts de celle-ci, il va falloir trouver de l'argent... Et comme il ne peut pas être question, dans une économie restant en principe "libérale", de taxer les profits des grandes entreprises (Total, Paribas, Vinci, LVMH...)- même s'il s'agit de "super-profits" (**) - on oubliera les promesses électorales certainement sincères de "baisse des impôts" ...et on se tournera , directement ou indirectement - vers les contribuables ...Bref, une fois de plus, c'est le "cochon de payant" qui règlera la note !...
 

(*)Article de J.L. Caccomo du 25 mars 2008 http://caccomo.blogspot.com cité par Initiative Européenne (voir liens)

(**)Figaro-Economie du 13 mars 2008 - page 22 - Rubrique Entreprises

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Dimanche 23 mars 2008

Les-Moa-s-de-l-Ile-de-P-ques.jpgIle-de-P-ques-dans-l-Oc-an-Pacifique-copie-1.png   Il est surprenant que les publications - relayées par les médias - s'intéressant actuellement à l'exploration de l'Océan Pacifique, avec les voyages de l'anglais James Cook et du français Jean-François de la Pérouse au 18ème siècle, n'aient pas songé, en cette période "pascale", à évoquer l'histoire de l'Ile de ...Pâques, pourtant très symbolique du comportement des hommes.

   Il s'agit d'une île "perdue" dans le sud de l'Océan Pacifique, à 4000 kms de l'île de Tahiti et 3700 kms de la côte du Chili, auquel elle est politiquement rattachée depuis 1888. Elle tient son nom de sa découverte par le néerlandais Jakob Roggeveen le 5 avril 1722, qui était un dimanche jour de Pâques ...Elle fut ensuite annexée à l'Espagne par l'explorateur péruvien Haedo en 1770, ...puis abordée par James Cook qui, peu enthousiaste, déclara "qu'aucune nation ne combattra jamais pour l'honneur d'avoir exploré l'Ile de Pâques", ...avant d'être cartographiée en 1785 par Jean-François de la Pérouse à la demande du Roi Louis XVI, plus passionné par la découverte du monde que ...par le gouvernement de la France... et d'être inventoriée en 1882 par l'allemand Geiseler  qui a laissé une description détaillée sur les coutumes pascuanes...

   Les études menées depuis lors ont révélé que l'île , d'abord inhabitée aux temps préhistoriques, et alors couverte de forêts (recherches au carbone 14), avait été découverte et peuplée par des Polynésiens vers 3000 av.JC... Puis il y aurait eu, avec les progrès de la navigation (les "catamarans"...) plusieurs "vagues" de peuplement venant d'un transfert d'île en île à partir de l'Asie : Formose, Philippines, Indonésie, Nouvelle-Guinée, Iles Marquises... Et une civilisation originale se serait alors épanouie, celle des "Rapanui" : elle est à l'origine des célèbres "Moaïs", blocs de basalte de 2 à 2O mètres (environ 900), taillés dans le sol, sculptés en visages géants et dressés la face vers l'océan... La population a alors atteint plus de 10.000 habitants... Malheureusement, elle a alors exploité sans discernement les ressources agricoles et forestières, provoquant une inéluctable érosion des sols et un appauvrissement certainement à l'origine de guerres tribales ...Première illustration de l'inconséquence des hommes, sur un territoire qui était pourtant isolé de tout... 

   Pas pour longtemps, il est vrai ... Car les Européens arrivent à partir du 18ème siècle, et non seulement ils y amènent leurs rivalités mais ils apportent aussi leurs maladies, comme la tuberculose et la syphilis...Ils mènent même des expéditions, comme celle des Péruviens qui, au 19ème siècle, viennent chercher des esclaves pour l'exploitation du "guano" (déjections d'oiseaux servant d'engrais)... La population est alors pratiquement anéantie : 111 personnes en 1877 !... Depuis lors, elle est remontée : 3304 en 2002 ...Mais l'ïle de Pâques ne représente plus une civilisation originale, elle n'est plus maintenant qu'une province autonome du Chili, avec un Gouverneur et un fort contigent militaire... Toutefois, l'île est exemptée de droits de douane et cette "franchise" permet un certain essor touristique, encore limité à cause de son isolement... Ce n'est pas par hasard qu'un aérodrome a été construit par la NASA des Etats-Unis en 1970 ...Deuxième illustration, venue cette fois de l'extérieur, de l'incapacité des hommes à sauvegarder une civilisation... Car l'Ile de Pâques est maintenant "banalisée" dans un contexte mondial ... Malgré son nom, elle ne connaîtra pas de ..."Résurrection" !



En  noir, leCarte-de-l--le-de-P-ques.pngs emplacements de "Moaïs"  sur la côte de l'Ile de Pâques

publié dans : L'Histoire
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Jeudi 20 mars 2008

   Ce n'est pas la première fois, et ce n'est pas la dernière, où un cas de maladie douloureuse relance la débat sur l'euthanasie, alors que le problème, chaque fois qu'il est évoqué, se révèle insoluble.

     En effet, il peut paraître "normal" de penser à "donner la mort" en cas de maladie douloureuse, à fortiori quand le pronostic médical est létal ...Mais le plus souvent, le but recherché n'est pas la mort en elle-même mais le souci d'arrêter une souffrance devenue insupportable ...Et la volonté de faire cesser la souffrance, de la part du malade ou de celle de ses proches, est assurément compréhensible ...Qui peut oser dire que, s'il était dans ce cas, il n'y penserait pas ?...

   Or, justement, il y a des moyens de plus en plus efficaces de réduire, voire d'abolir la souffrance... Et la médecine française, après avoir longtemps été en retard dans le traitement de la douleur - contrairement à d'autres pays, comme les pays scandinaves - a fait de grands progrès dans ce domaine. Et en fonction de ces progrès, la loi Léonetti du 22 avril 2005 "permet" maintenant  de soulager les souffrances du malade, d'éviter l'acharnement thérapeuthique et d'organiser ce qu'il est convenu d'appeler des "soins palliatifs"...

   Dans ces conditions, il est donc choquant qu'un cas douloureux soit pour certains l'occasion de faire de l'euthanasie un "principe" souverain et exclusif évidemment contraire à la "valeur" fondamentale qui est celle du respect de la vie et par conséquent du refus de donner la mort, valeur reconnue par les médecins, conformément au serment d'Hippocrate, et valable pour tous les hommes... Faut-il rappeler toutes les "dérives" qui pourraient résulter d'une "légalisation" de l'euthanasie ?... Qui osera dire qu'en dépit des précautions prises (conseil de médecins, voeu de l'intéressé, accord de la famille), il n'y aura pas d'excès ?... Qui empêchera, par exemple, des proches de penser à leur héritage sous couvert de bons sentiments ?... Et peut-on être sûr qu'il n'y aura pas des comportements abusifs de médecins ou d'infirmières, alors qu'il y en a déjà eu - certes rarement - dans le contexte actuel de l'illégalité ?... Déjà, une personnalité importante - dont il vaut mieux taire le nom pour ne pas donner lieu à des extrapolations politiques - a déclaré, à propos de la situation souvent difficile des hôpitaux français, "qu'on ne pourrait pas continuer longtemps à supporter la charge d'un trop grand nombre de malades incurables " ?...

   Alors, de grâce, qu'on en finisse avec cette "sur-exposition médiatique" d'un cas douloureux - incitant à la limite au "voyeurisme" - alors que, manifestement, pour ce cas, l'utilisation discrète des moyens prévus par la loi de 2005 était nécessaire... Le Docteur Axel Kahn, tout en reconnaissant avoir accompagné vers la mort 5 ou 6 malades, a prononcé cette phrase : "J'ai toujours poussé la seringue pour soulager, et jamais pour tuer"...

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Dimanche 16 mars 2008
   En cette soirée des élections municipales 2008, même s'il convient d'attendre les résultats définitifs pour affiner l'analyse, il est clair que la "Gauche" a confirmé au 2ème tour sa progression du 1er tour - du moins dans les communes moyennes et importantes - compensant ainsi le recul parfois excessif qu'elle avait subi aux élections municipales 2001 ...Il y a donc un retour à l'équilibre qui est salutaire et même rassurant sur le plan "territorial"...

   Il n'en est pas moins vrai que, sur le plan "temporel", les Français contredisent la progression de la "Droite" qui s'était traduite notamment par le succès incontestable de Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de mai 2007, et ceci seulement après un délai de 10 mois... Certes, cette "inversion" doit être relativisée : d'abord, elle n'est le fait que d'environ 10 % de l'électorat, qui suffisent à faire la décision dans un sens, puis dans l'autre ...Ensuite, elle n'est qu'une "pratique" très habituelle depuis les débuts de la 5ème République, où tous les gouvernements de droite comme de gauche ont connu ce "choc en retour" dans l'année suivant leur installation ...dans la mesure où l'opinion trouve toujours que les promesses électorales, confrontées aux réalités du pouvoir, ne vont pas assez vite, ce qui est le cas actuellement, notamment pour le pouvoir d'achat... Enfin, il est certain que le "style" de Nicolas Sarkozy, comme Président, rompant avec une tradition "protocolaire" de sa fonction, a eu un effet "aggravant" en dérangeant les habitudes des Français, ce qui revient à dire - de façon humoristique - que la progression de la "Gauche" est due en partie ...à un certain "conservatisme" !

   Est-il donc possible de remédier à cette "incohérence" ? ...La réponse est évidemment difficile, car ...s'il y avait une "recette miracle", il y a longtemps - du moins on peut le penser - qu'elle aurait été trouvée... Il faut d'abord tenir compte d'une versatilité "viscérale" de l'électorat qui n'est pas seulement en France une affaire de "choix d'élus", puisqu'elle s'est manifestée aussi pour des "choix de projets", par exemple dans des référendums en acceptant dans un premier temps  le "Traité de Maestricht" (1992), puis en refusant le "Traité Européen" (2005)... Aussi pourrait-on essayer de limiter l'effet de cette versatilité, ne serait-ce que par deux dispositions :
   - d'une part, un regroupement de toutes les élections (présidentielles, législatives, cantonales et municipales) dans un même délai raisonnable qui pourrait être "tous les 5 ans"...Les Français auraient ainsi un "grand rendez-vous quinquennal" (à l'instar du calendrier quadriennal des Etats-Unis) qui pourrait engendrer une certaine cohérence électorale (SGDG ...c'est le cas de le dire !)...Entre temps, il n'y aurait que des élections partielles pour pallier les circonstances particulières (ex : décès), les élus finissant alors les mandats...
   - d'autre part, une interdiction de tout cumul des mandats, qu'il s'agisse des Ministres qui ne pourraient pas avoir de mandat électif pendant la durée de leurs fonctions, ou des Députés ou Sénateurs qui ne pourraient être ni Maires, ni même Conseillers municipaux, départementaux ou régionaux, pendant le temps de leur mandature ...Ainsi l'électorat serait moins tenté de "faire payer" ou inversement "d'avantager" des Ministres, Députés ou Sénateurs ayant des mandats "nationaux" pour les élections "municipales"... De surcroît, davantage de Français pourraient assumer des responsabilités, ce qui éviterait le recours à des "grands barons" cumulards...

   "Simples" suggestions... Il peut y en avoir d'autres !
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Lundi 10 mars 2008
   Ce titre peut surprendre alors que les journalistes et les experts de tous poils s'accordent à constater une "progression de la Gauche", ...que Ségolène Royal, ancienne candidate socialiste battue aux élections présidentielles de mai 2007, parle de "vote-sanction", ...et que la Droite elle-même concède sa défaite en ce 1er tour des élections municipales de mars 2008, tout en soulignant "qu'elle a résisté mieux que prévu"...

   Qu'il y ait eu une progression de la Gauche, c'est évident ...Mais passer de 42 % en 2001 à 47 % en 2008 au niveau national, c'est important bien sûr, mais ce n'est pas un "raz-de-marée", et la droite peut inversement estimer qu'avec 40 % elle a "endigué le flot"... Certes elle a perdu quelques "places fortes" comme Rouen, Alençon ou Laval, mais elle en a gagné d'autres comme Angers, Chaumont ou Le Puy, et surtout - remarque significative - la plupart des ministres ou secrétaires d'Etat du Gouvernement Fillon sont élus ou ré-élus ou en ballotage favorable... Et ceci sans compter le "Modem", dont les électeurs "anti-sarkozistes" ne sont certainement pas disposés à voter en masse pour la Gauche au 2ème tour
 ...Enfin il y a une très grande majorité de  petites communes (31.927 de plus de 2000 habitants sur 36.782) avec des "divers-Droite" - comme d'ailleurs des "divers-gauche" - qui ne sont certainement pas des pionniers de la Révolution sociale !...

   En fait, il faut comparer ce qui est comparable ...Et, sans remonter loin, il suffit d'établir un parallèle avec les élections municipales de 2001 ...Les socialistes étaient alors au pouvoir avec Jospin comme 1er Ministre... Et, comme d'habitude, au terme d'environ 2 ans de ce Ministère, une majorité de Français était mécontente pour des raisons diverses et parfois contradictoires ...de sorte que la Droite l'avait emporté aux élections municipales de 2001, plus largement que la Gauche au 1er tour en 2008, avec quelques résultats "inespérés", sans que néanmoins il y ait de "raz-de-marée"...Arrive 2008 et le Gouvernement Fillon, sous l'égide du Président Sarkozy, subit lui aussi un "choc en retour" de la part d'un électorat toujours versatile, et la Droite recule, perdant surtout le surcroît de gains de 2001... Et en remontant plus loin, on constaterait les mêmes variations opposées en 1995, 1989, 1983, etc...

   Donc, pour utiliser une allégorie ...climatique, c'est finalement une relative stabilité, "en données corrigées des variations saisonnières" ...Et cette stabilité n'a rien de surprenant, car elle se rapporte à la "gestion locale", c'est-à-dire au niveau où les électeurs connaissent le mieux leurs représentants et n'hésitent pas à les élire ou ré-élire - ou à les rejeter...- beaucoup plus en fonction du travail accompli dans la commune qu'en fonction de considérations politiques plus générales... A la limite, cette stabilité peut même poser un problème, car elle signifie que les citoyens de la commune s'en remettent (parfois au sens de se débarrasser des difficultés éventuelles...) à leurs représentants qui, s'ils ne font pas trop de "vagues", sont assurés, qu'ils soient de Gauche ou de Droite ou ...d'ailleurs, de leur maintien pour 1, 2 , 3 etc ..élections. Il arrive même qu'il y ait des "dynasties", comme naguère les "Médecin" à Nice ... ou encore des "hobereaux" qui conservent leur prédominance dans certains coins de Bretagne...

   Des lecteurs vont objecter : "Attention ! Il va y avoir un 2ème tour !" ...Mais faut-il attendre des surprises ?... Oui, bien sûr, il y en aura ...comme d'habitude... Un "retour de manivelle" ?... Pourquoi pas ?...La stabilité, encore et toujours...dans le changement !...
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Vendredi 7 mars 2008

   Ce n'est certainement pas par hasard que la Revue "Monde de la Bible" publie dans son numéro de Mars-Avril 2008 un dossier spécial consacré à Ponce Pilate... Car il y a des personnages ou des faits historiques qui connaissent ainsi des regains d'intérêt ...et, en la circonstance, l'évocation de Ponce Pilate, connu pour "s'en être lavé les mains" lors de la condamnation de Jésus, fait quelque peu écho à la campagne municipale où de nombreux candidats se livrent à de "médiocres lâchetés" vis-à-vis d'un pouvoir central actuellement en mal de popularité...

   Pourtant, s'il est un personnage qui, à son époque, n'avait rien de populaire, c'est bien Ponce Pilate ...et on aurait bien étonné les Romains ...et l'intéressé lui-même si on avait pu alors lui prédire le souvenir durable qu'il laisserait encore 2000 ans plus tard. Car, au 1er siècle de l'ère qui deviendra justement chrétienne, il n'avait été qu'un obscur "Préfet" dans la province récemment acquise et mal connue de Judée, où il avait laissé condamner un "prophète" également obscur du nom de Jésus qui, parmi d'autres, avait par son enseignement - faisant de lui un "Roi-Messie" - ranimé l'espoir des Juifs de retrouver leur indépendance...


     Mais chacun sait que l'enseignement de cet obscur prophète fut repris par ses apôtres ..., ainsi que par un persécuteur - juif et citoyen romain - des premiers "nazaréens" du nom de Saül, qui prit le nom de Paul après sa "conversion" et se fit alors, comme souvent avec les néophytes, un propagateur passionné et efficace, notamment auprès des "païens",  du nouveau culte bientôt appelé "christianisme" ...Et l'obscur Ponce Pilate devint ainsi un personnage essentiel de la "Passion" de Jésus, ...évoqué dans les Evangiles et figurant même dans la profession de foi chrétienne (Jésus ..."qui a souffert sous Ponce Pilate")... Il fut même à travers les siècles l'objet de toute une "littérature" regroupée dans ce qu'on appelle le "Cycle de Pilate", avec des textes apocryphes comportant toutes sortes de "gloses" où il a tantôt le rôle du "lâche" et tantôt celui d'un homme plein de "mansuétude" qui ne voulait pas la mort de Jésus...

   En fait Ponce Pilate n'a été qu'un "fonctionnaire" romain parmi beaucoup d'autres, au temps de l'Empereur Tibère, successeur d'Auguste... Il appartenait à une famille alors connue à Rome, celle des "Pontius", faisant partie de l'ordre équestre, c'est-à-dire de l'ordre venant après celui des Patriciens, auquel avait appartenu Jules César... Il était devenu en 26 Préfet de Judée, au terme d'une carrière militaire, d'où lui vient peut-être le surnom (cognomen) de "Pilatus" (habile au javelot)... Et ce n'était pas ...un cadeau, dans cette province indocile et agitée, ayant des croyances originales, où la caste des prêtres ou "sadducéens", en échange de sa collaboration avec les Romains, veillait au respect de la "Loi" par les Juifs ainsi qu'au maintien de privilèges particuliers accordés naguère par Jules César et Auguste.... Et Ponce Pilate fut souvent contraint de "composer" avec cette caste puissante, à l'occasion d'incidents divers comme le retrait d'enseignes avec le portrait de l'Empereur qu'il avait voulu placer à l'intérieur de Jérusalem, contrairement aux usages dans ce lieu "sacré"... Le procès de Jésus situé en 30 n'est alors qu'un "incident" parmi d'autres, ou le Grand-Prêtre Caïphe, après avoir fait condamner Jésus par l'Assemblée du Sanhédrin pour "sacrilège" (prétention à être le "Messie" envoyé par Dieu),est trop heureux de le traduire devant Ponce Pilate, seul détenteur du pouvoir judiciaire, parce qu'il avait annoncé aussi le "Royaume de Dieu"...Or, même si Jésus avait précisé que "ce Royaume n'était pas de ce monde", un Préfet de Rome ne pouvait que condamner "un prétendant à la Royauté", comme cela s'était déjà fait dans d'autres provinces... Et la sanction était la mort... La suite est connue : la foule prise à témoin ("Ecce Homo"), Ponce Pilate qui s'en lave les mains (en fait rite de purification après une condamnation) et le Crucifixion (avec l'inscription I.N.R.I : Jésus de Nazareth Roi des Juifs)...

   Donc finalement Ponce Pilate fut surtout un homme médiocre, soucieux de durer dans un fonction difficile... Il ne sera pas le seul dans l'Histoire à manquer ainsi de courage, vertu qui n'a jamais été largement partagée... Les "historiens" de l'époque Philon d'Alexandrie (13 av.-54 ap JC) et Flavius Joséphe (37-100) rapportent qu'il eut encore des difficultés avant d'être révoqué en 36 par son supérieur hiérarchique Vitellius, gouverneur de la Syrie voisine... On perd alors sa trace, certains spécialistes affirmant qu'il finit sa vie en ...Gaule.

  

 

 

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Mardi 4 mars 2008
   L'être humain est "sociable" par définition, et il paraît donc naturel que la société, en France comme ailleurs, puisse "l'évaluer", c'est-à-dire juger de la qualité de son activité ... Encore faut-il que cette évaluation soit faite par des représentants qualifiés, sur des critères aussi objectifs que possible...

   En l'occurence, puisqu'elle est d'actualité, la "notation des professurs par les élèves" ne mérite qu'un ..."bonnet d'âne". Les élèves, comme ce nom l'indique, sont des enfants que l'école initie aux règles de la vie en société, et ils n'ont évidemment pas la compétence de "noter", c'est-à-dire d'utiliser des critères qu'ils ne "maîtrisent" pas ... Car la "notation" s'apprend, et cet apprentissage est difficile, puisque souvent les adultes eux-mêmes ne la pratiquent pas correctement...

   Il y a en effet déjà beaucoup à dire sur l'évaluation des adultes par eux-mêmes... Dans la plupart des cas, du moins en France, ils en sont encore à donner ou recevoir des "notes chiffrées" -généralement de 0 à 20 - c'est-à-dire à utiliser le même système que pour les élèves, fabriquant ainsi "les verges pour se faire fouetter" par ces derniers... Ils sont donc plutôt mal venus de  se plaindre...

   L'activité des adultes, et en particulier des professeurs, est en effet trop complexe pour se résumer à une "note" : il y a toutes sortes de critères d'évaluation, variant suivant les professions et à l'intérieur même des professions : intelligence, efficacité, assiduité, sociabilité, rayonnement, etc... et en faire une "moyenne" synthétisée dans une note relève de ...la "bouillie pour les chats". Et ceci d'autant plus que se pose le problème de la "qualité" du "notateur", forcément inégale, pouvant aller de la bienveillance, voire de la complaisance, à la sévérité, si ce n'est à l'injustice, et créant inévitablement un rapport "d'autorité", générateur de dérives comme d'un côté l'oppression, et de l'autre la servilité... Et puisqu'il est question des professeurs, on ne peut que constater que leur notation n'a plus depuis longtemps aucune signification, dans la mesure où elle est encadrée dans des "barêmes"farouchement défendus par leurs syndicats, qui en font leur "grain à moudre" pour l'avancement...

   Y a-t-il alors un moyen d'évaluer ?... Peut-être, si l'on sort de cette logique - ou plutôt de cet illogisme - des notes et des barêmes... Au nom de la liberté individuelle, on pourrait en premier lieu demander d'abord à chacun de donner son avis sur son propre comportement, autrement de s'appliquer un "auto-contrôle"... Des expériences ponctuelles ont montré que , danc ce cas, les intéressés sont loin de s'attribuer des appréciations mirobolantes... Au nom de la solidarité, il serait également concevable d'organiser des séances de "brain-storming", où chacun des membres d'une "équipe" donnerait un avis sur les autres comme sur lui-même, ce qui n'a rien d'extraordinaire, puisque cette pratique existe dand de nombreuses entreprises, à défaut d'être utilisée dans les administrations... Se jauger soi-même est plus efficace que de recevoir une "note" infantilisante...

   Rien n'empêchera d'ailleurs d'apprendre aux élèves à s'évaluer mutuellement... Charité bien ordonnée commence par soi même ...et il faut bien commencer par ...le commencement !
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