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                                     Blog de Jean Daumont                              

                                                       undefined                                                                                           Le site s'intitule "Convergences" parce que son but est de rapprocher les points de vue sur des sujets difficiles de l'actualité ou plus généralement des activités humaines... Chaque article - rédigé en fonction des circonstances - ne traduit que l'opinion de son auteur et peut appeler des commentaires...et il ne faut pas rêver : les avis seront parfois inconciliables... Mais au moins la discussion permettra de réfléchir et donc d'approfondir la connaissance des sujets.

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Samedi 1 mars 2008
   Jules César disait déjà au 1er siècle avant JC que les Gaulois étaient "un peuple instable et querelleur" ... L'Histoire montre que, même avec l'apport des Francs, d'origine germanique, ou peut-être à cause de celui-ci, ce comportement ne s'est jamais arrangé, à en juger par la succession des dynasties règnantes (mérovingienne, carolingienne, capétienne, ...et napoléonienne) et des régimes de gouvernement (monarchie, empire ...et 5 républiques).

   On pouvait espérer qu'avec la 5ème République et la Constitution de 1958 assurant une indépendance relative entre les pouvoirs du Parlement et du Président, un certain équilibre se serait instauré dans la réflexion collective, et que des "débats" ouverts et productifs se seraient substitués à des "polémiques" constantes et stériles, génératrices d'instabilité et de conflit... Tel n'est pas le cas, puisque le Général De Gaulle lui-même a été confronté aux "événements" de Mai 1968, Giscard d'Estaing livré à des attaques personnelles en 1981, Mitterrand contesté dans son application d'un plan de rigueur et de l'intégration de l'école libre en 1983, et Chirac résigné à l'immobilisme après les grèves, notamment estudiantines de novembre 1995...

  Alors Zorro est arrivé avec Sarkozy, qui a d'abord séduit avec son langage direct et sa volonté de rassemblement
, et qui a bénéficié d'un soutien incontestable de l'opinion pour des réformes courageuses (Retraite, contrat de travail) ...Mais son "état de grâce" - même un peu plus long que les "cent jours" traditionnels - n'a pas duré, et les Français sont retombés dans leurs travers, avec des torts, il est vrai, partagés :
   - d'une part, "l'émetteur" - Sarkozy - a fabriqué "des verges pour se faire fouetter" : d'abord en cédant à son "goût de paraître", bien connu de ses anciens camarades de jeunesse, avec l'étalage incongru de sa vie privée et des vacances coûteuses ne pouvant qu'indisposer une large part de l'opinion préoccupée par la baisse relative de son pouvoir d'achat en raison de l'augmentation des loyers et des denrées alimentaires ...Ensuite, en confondant vitesse et précipitation, sans consultation préalable, pour des propositions saugrenues, comme le devoir de mémoire de la Shoah pour chaque enfant de l'école primaire... et en accréditant les propositions de la Commission Attali (314 !), esprit plus brouillon que brillant, qui, avec l'augmentation de la CSG et de la TVA,  le libre exercice de la concurrence, la suppression du numérus clausus pour certaines professions, entre autres mesures prônées sans précaution, a évidemment fait des dégâts...
   - d'autre part, les "récepteurs" - en l'occurrence les "médias" - ont eu leur part de responsabilité : loin de "calmer le jeu" en faisant le tri des propositions pour en "débattre" avec sérénité, ils ont mis de "l'huile sur le feu" en suscitant délibérément la "polémique" sur les sujets les plus discutables (sectes, détention de sûreté), non sans arrière-pensées en raison des échéances électorales, ...et ceci alors que des sujets intéressants méritaient une plus grande attention (rôle de la religion dans la société, modernisation de l'agriculture)...

   On peut donc s'interroger sur les moyens de parvenir en France à une "discussion raisonnable", c'est-à-dire à des "débats" qui ne tournent pas systématiquement à des "polémiques" : 
   - la condition préalable est de "prendre du recul" et, par conséquent, de ne rien décider sous le "coup de l'émotion", comme cela se fait souvent : un accident dans un tunnel, une explosion de gaz, des cris racistes dans un stade... et aussitôt les "conseilleurs" (qui ne sont pas les "payeurs"...) y vont de leur "Y-a-qu'à" ou "Y-faut-que", alors qu'il aurait été préférable de prendre auparavant les précautions nécessaires...
   - C'est pourquoi la condition essentielle pourrait être de constituer, à l'instar du Comité d'Ethique, un "Comité de la Prospective", composé de personnalités éminentes et désintéressées et disposant des moyens d'investigation, afin de réfléchir en tous domaines aux problèmes de la vie collective...Ses avis seraient soumis démocratiquement aux commissions parlementaires ouvertes sans discrimination à tous les partis afin que les décisions éventuelles soient prises par le pouvoir exécutif dans un assentiment général...

   "I've a dream"... Je fais un rêve... avait dit naguère Martin Luther King à propos de l'émancipation des Noirs aux Etats-Unis ... Ne peut-on pas rêver à ce que les Français, après 2000 ans d'Histoire, parviennent enfin à "débattre" sans "polémiquer" ?...
publié dans : Politique Intérieure
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Lundi 25 février 2008
   Et c'est reparti pour un tour !...Le Président Sarkozy, sortant une fois de plus des sentiers battus, a "osé" remettre en cause une décision du Conseil Constitutionnel refusant l'effet rétro-actif d'une loi sur la "rétention de sûreté"... Et aussitôt la "nomenklatura bien-pensante" a poussé des cris d'orfraie ...La République est plus que jamais en danger !...

   Il faut rappeler les faits : Nicolas Sarkozy, encore candidat à l'élection présidentielle, avait promis lors de sa campagne de 2007 d'empêcher la récidive de la part des criminels ...Et le Parlement, aussi démocratiquement élu que lui-même, a voté une loi permettant de retenir dans des centres médico-judiciaires, au terme de leur peine, les criminels considérés comme restant dangereux après un examen de leur cas : ce texte avait évidemment une portée générale, afin de protéger "en tout temps et en tout lieu" les citoyens contre des individus "déviants", certains ne cachant même pas leur intention de recommencer, d'autres étant manifestement des "psychopathes" atteints de troubles de la personnalité et pouvant à tout instant repasser à l'acte criminel ...Et en l'occurrence, quoi de plus criminel que le viol parfois suivi d'un assassinat, acte horrible pour lequel il n'y a pas de nuance à apporter mais qui est particulièrement intolérable quand les victimes sont des êtres sans éfense comme les enfants !...

   Or le Conseil Constitutionnel a approuvé en apparence la loi sur la "rétention de sûreté", mais l'a rendue pratiquement inefficace en rejetant la "rétro-activité"... Comme la peine minimale pour un tel crime est de 15 ans, cela signifie en effet que la loi  s'appliquera "seulement" pour les "nouveaux" criminels en puissance à partir de 2008, donc pas avant 2023 !... Autant dire que d'ici là les violeurs pourront s'en donner "à coeur joie", s'il est permis de s'exprimer ainsi !...

   Dans ces conditions, la réaction de Nicolas Sarkozy est ..."légitime", même si elle n'est pas ..."légale", du moins dans une interprétation littérale du "droit"...En effet, comme Président, il est assurément chargé de "veiller au respect de la Constitution"...Mais, conformément à celle-ci, il est également en charge de "la protection des citoyens" et donc de prendre ou d'initier des décisions en ce sens : c'est "justement" ce qu'il fait en demandant au Président de la Cour de Cassation d'étudier les moyens d'éviter dès maintenant les récidives ...Car les dispositions déjà en cours (bracelet de sécurité, interdiction de certaines activités, visite médicale...) sont insuffisantes, comme seront insupportables pour les "futures" victimes ...ou leur famille les statistiques affirmant que le taux de récidive est en baisse.

   Finalement, il apparaît que le "Droit" ne saurait l'emporter sur les "Valeurs"... Et par conséquent - en cas de nécessité absolue, qui ne peut être qu'exceptionnelle - il peut être "juste" de ne pas appliquer le "Droit", voire de le transgresser : autrement dit, en un tel cas, mieux vaut un viol du droit que le viol des personnes !... 

   Au demeurant, si on élargit le problème à l'ensemble des activités humaines, on peut trouver des précédents historiques à une telle transgression :
   - Dans l'Antiquité, la Bible des Hébreux avait élaboré une "Loi" qui était pour eux celle de Dieu, et qui prescrivait l'obligation du repos le 7ème jour, c'est-à-dire le Sabbat...mais cette obligation  pouvait être transgressée si la "vie" - d'un individu ou de la communauté - était menacée. C'est à ce titre que les Israëliens n'ont pas hésité à mobiliser leurs soldats quand ils ont été attaqués le jour du Yom Kippour en 1973...
   - Dans l'histoire contemporaine, et en France même, un Français n'a pas hésité en 1940 à transgresser la règle de l'obéissance militaire et à s'opposer à l'armistice conclu par un vieux Maréchal ...régulièrement investi par une Assemblée qui avait été celle du Front Populaire...Il l'avait fait pour "l'honneur" du pays...Ce Français était le Général De Gaulle...
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Dimanche 24 février 2008
   Le conflit actuel du Kosovo est le dernier exemple du problème d'identité qui se pose quand des peuples différents se disputent l'occupation d'un territoire. L'Histoire est malheureusemen remplie de conflits semblables ayant abouti au pire à l'extermination d'un peuple par un autre, et au mieux à un partage généralement provisoire et instable... Mais y-a-t-il vraiment une solution ?...

   L'argument le plus souvent invoqué pour justifier le droit d'un peuple à un territoire est celui d'être le "premier occupant"... C'est le cas, bien connu, des Israëliens qui font valoir le mythe de la "Terre Promise" par Dieu entre la Méditerranée et le Jourdain ... alors même que leur Bible fait dire aux éclaireurs envoyés par Josué avant la conquête qu'ils ont vu un "pays de lait et de miel", celui des riches cités de Canaan installées avant eux ...En fait ce territoire a toujours été un lieu de passage où des groupes divers se sont installés, tombant le plus souvent sous la coupe des Empires voisins (Egypte, Assyrie, Babylonie, Perse,
 Macédoniens, Romains, Byzantins, Arabes etTurcs)... D'ailleurs, du temps des Hébreux, sous l'Antiquité, leur "terre" de Palestine (nom venu des Philistins de la côte) comprenait au nord la "Galilée des Nations" (appelée ainsi en raison de sa population diversifiée), au centre la Samarie dont les habitants étaient méprisés (car ils descendaient des colons assyriens), la seule province où ils prédominaient étant au sud le Pays de Juda, à l'origine de leur désignation ultérieure comme Judéens ou "Juifs" sous l'occupation romaine... Chassés par les Romains après leurs révoltes de 70 et 132 (Diaspora), en dehors de quelques communautés résiduelles, ils ne reviendront en nombre qu'après la Guerre 1939-45 avec le sionisme... mais ils se heurteront aux "autochtones" et, malgré des tentatives sans cesse renouvelées de partage, le conflit s'éternise entre "Israëliens" et "Palestiniens"...

   C'est un problème semblable qui s'éternise au Kosovo, même si les modalités ont été différentes... Ce pays du centre de la péninsule des Balkans, à peine plus grand (10.800 km2) que le département français des Landes (9300 km2) est peuplé à 90% par des Albanais au cours d'une histoire complexe à partir de l'Albanie voisine, dont les habitants sont considérés comme les descendants des Illyriens de l'Antiquité (Pyrrhus, Roi d'Epire au temps des Romains)... La "Dardanie" latine devenue "Kosovo" avec les Albanais n'est occupée par les Serbes, d'origine slave et donc orientale,qu'à partir du 11ème siècle... Poussés par l'Eglise orthodoxe, ils y multiplient les lieux de culte et monastères... Mais le Kosovo est conquis par les Turcs après la bataille du "Champ des des merles" (1389) et les Albanais se convertissent en grand nombre à l'Islam ...Libéré de cette occupation après le démembrement de l'Empire turc (Traité de Sèvres 1920), il est intégré dans le royaume de "Yougoslavie" puis (après 1945) dans la République communiste de Tito, en gardant un statut "autonome"... Mais le Président serbe Milosevic prétend ensuite intégrer le Kosovo dans le cadre d'une "Grande Serbie"(1989), en laissant faire des massacres et en faisant procéder à des "déplacements ethniques", au point que les forces de l'OTAN durent intervenir et assurer sa protection (médiation du français Kouchner).... La proclamation de l'indépendance du Kosovo en Février 2008, n'est donc que l'aboutissement d'un long processus où, au mythe invérifiable du "premier occupant", se superposent des considérations politiques, ethniques et religieuses...

   Malheureusement, comme Israël en Palestine, le problème n'est pas pour autant résolu ...Il risque même de s'aggraver, car la Serbie n'est pas disposée à accepter cette indépendance du Kosovo ...Elle en fait même une question "d'honneur", car le Kosovo est devenue pour elle en quelque sorte l'équivalent de "l'Alsace-Lorraine" des "Poilus" français de la Guerre 1914-1918... Et elle dispose de moyens d'action, comme celui d'encourager à son tour l'autonomie du nord du Kosovo où les serbes sont majoritaires (Mitrovica), à l'image de la "Republika Srpska" de la Bosnie voisine ...et ceci d'autant plus qu'elle est protégée par la Russie, officiellement au nom de la solidarité slave, et pratiquement en fonction d'intérêts économiques...

   Dans ces conditions, comment trouver une solution ?... Certainement pas en pérennisant la situation actuelle, où les "Kosovars", comme les Palestiniens, vivent "sous perfusion"... Alors ?... On peut imaginer l'intégration du Kosovo, comme des nombreux Etats de l'ancienne Yougoslavie (Croatie, Bosnie, Macédoine, Monténégro, ...à l'instar de la Slovénie), dans l'Union Européenne, où une communauté d'intérêts, avec la même monnaie de l'euro et une gestion concertée de l'économie, pourrait aider à l'effacement des différences... Même la Serbie pourrait la rejoindre, puisqu'elle a élu ...un Président pro-européen, malgré l'éclatement de passions "nationalistes" à propos du Kosovo... Mais, manifestement, il faut ...laisser du temps au temps... Après tout, c'est dans le cadre de l'Union Européenne que la France et l'Allemagne se sont réconciliés après un siècle de conflits...



Carte de l'ancienne Yougoslavie
L-ancienne-Yougoslavie-copie-2.pngDu Nord -Ouest au Sud-Est :
                                                                      - Slovénie
                                                                      - Croatie
                                                                      - Bosnie-Herzégovine
                                                                      - Monténégro
                                                                      - Macédoine
                                                                      - Serbie (en rouge)
                                                                      - Kosovo (en noir)

publié dans : L'Histoire
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Jeudi 21 février 2008
  C'est maintenant un "lieu commun" de dénoncer l'intervention de l'Homme dans la Nature, et l'Ecologie est d'ailleurs née du souci de défendre la Nature, s'il le faut contre l'Homme...

 

   En fait, l'intervention de l'Homme dans la Nature intervient dès son origine. Dès qu'il passe de la cueillette au "meurtre" des animaux, il agit déjà sur la Nature, mais ne se distingue pas en cela de certains animaux eux-mêmes... Il s'en distingue par contre quand il "domestique" certains animaux et cultive la terre, portant ainsi sa marque sur les paysages dans un espace qui s'accroît progressivement à la mesure de son expansion démographique...

 

   Néanmoins, un équilibre s'est longtemps instauré entre l'Homme et la Nature... Même s'il "exploite" la Nature pour assurer sa subsistance et fabriquer ce qui est utile à son existence, l'Homme reste largement soumis aux exigences de la Nature, à l'image des difficultés constantes que celle-ci lui réserve (famines, catastrophes, etc...). Cette soumission s'est d'ailleurs traduite sur le plan religieux par une "divinisation" des forces de la Nature... En quelque sorte, il y avait donc une "séparation" entre le "naturel" et le "culturel"...

 

   Le problème est que, désormais, l'équilibre est compromis par l'effacement de cette séparation... Car l'Homme ne se contente plus "d'engraisser la terre" et de "sélectionner les espèces" qui lui sont utiles, il intervient maintenant dans "l'existence" même des espèces, à la fois par des interventions incontrôlées entraînant leur disparition, et par des manipulations génétiques n'ayant d'autre but que de satisfaire ses propres besoins par une soumission "radicale" de la Nature, au mépris éventuel de son avenir... Pire encore, ces manipulations portent aussi sur sa propre ...nature, avec les greffes d'organes, la reproduction assistée, et les expériences "possibles" sur le clonage et les séquences de génomes... Bref, l'intervention de l'Homme dans la Nature l'atteint lui-même, et touche maintenant à son "cadre mental"...

 

   Le problème est donc de retrouver l'équilibre entre l'Homme et la Nature, c'est-à-dire d'assurer une "cohabitation" où l'Homme n'exercera les activités nécessaires à son existence que dans le respect d'une "Charte de la Nature" organisée et reconnue à l'échelle mondiale, avec les moyens de contrôle et d'intervention éventuelle, afin de préserver les espèces, rationaliser l'économie - qu'il s'agisse de culture, d'élevage, de pêche, d'industrie et de commerce - et de sauvegarder ainsi les "éco-systèmes" de la terre et de la mer, et finalement l'Homme lui-même...

publié dans : Nature
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Jeudi 21 février 2008
Les "experts" réunis à Paris le 14 décembre 2006 ont brossé un tableau inquiétant, voire dramatique, de la situation "prévisible" de la Terre au milieu du 21ème siècle... Ils évoquent notamment le tarissement des énergies dites fossiles (charbon, pétrole ou dérivés) et le réchauffement de la planète (accroissement de la température moyenne devant passer de 0,6 % au 20ème siècle à 2 % vers 2020)... Et ils en tirent des conséquences catastrophiques : fonte des glaces (inlandsis du Groënland et banquise polaire), montée du niveau général des mers et océans avec vallées et côtes noyées, dévoiement des courants marins, aggravation des tempêtes et cyclones, progrès des déserts, crises alimentaires et famines, développement des épidémies, etc... De quoi frémir !...

   Il est certes utile de tirer la "sonnette d'alarme", comme l'a fait la Conférence de Kyoto en 1997, en demandant notamment aux pays industrialisés de réduire l'émission de gaz dits "à effet de serre" de 7 à 8 % par an... et on peut légitimement s'inquiéter de ce que des pays "évolués" comme les Etats-Unis - principaux responsables - ou "émergents" comme la Chine et l'Inde, n'aient pas encore pris les mesures nécessaires à l'image de l'Europe responsable de seulement 14 % de cette émission... Néanmoins il ne faut pas exagérer : d'abord les énergies fossiles ne sont pas en passe d'être épuisées, même si elles ne sont pas inépuisables... Des études ont montré que les potentialités des derniers gisements de pétrole découverts (Sibérie et Off-shore) dépassent actuellement le rythme de la consommation... D'autre part, à l'image de la France, l'énergie nucléaire peut encore être largement développée et elle pourra être relayée par la combustion de l'hydogène et complétée par les énergies dites "nouvelles" (géothermie, éoliennes)... Quant au réchauffement climatique, même s'il est incontestable depuis une trentaine d'années, nul ne peut prédire s'il s'agit d'une évolution à court terme ou à long terme : une étude des climats en Europe du 13ème au 18ème siècles (1) révéle en effet qu'il y a eu en Europe une succession de périodes "chaudes" et de périodes "froides" suscitant alternativement des bonnes récoltes et des famines... Et les personnes actuellement âgées se souviennent qu'il y a eu des hivers très froids pendant la Guerre 1939-45... Dans ces conditions, qu'en sera-t-il vers 2020-2050 ?...

   Comme "on ne sait jamais", on a inventé opportunément en France le "principe de précaution", et à ce titre on peut donc se laisser tenter par "l'écologie", dans la mesure où celle-ci défend le "milieu naturel" où l'homme a vécu depuis des siècles... Mais le problème se pose alors de savoir comment cette défense doit être assurée :

   - Il y a l'attitude de la "contrainte" consistant à pratiquer "l'interdiction", qu'il s'agisse des problèmes collectifs de production et communication ou des problèmes individuels de comportement et de consommation... C'est l'attitude "donneuse de leçons" adoptée par des mouvements plus ou moins "intégristes" qui confondent d'ailleurs souvent la condamnation d'une économie "productiviste" avec celle du "capitalisme", renouvelant ainsi la vieille nostalgie d'un âge pré-industriel et communautaire...

   - Mais il y a aussi l'attitude de la "raison", celle qui prend acte des dangers réels des activités humaines, si elles sont incontrôlées, et recherchent par la négociation les moyens de parvenir à une "gestion concertée" de la planète... Et, à ce titre, il faut reconnaître que l'Europe, en dépit de ses insuffisances,  montre le bon chemin par une politique associant l'information et l'incitation fiscale aux économies d'énergie...

   Finalement, dans ce domaine comme dans d'autres, on peut se souvenir de l'adage de l'écrivain romain Horace au 1er siècle av JC : "Est modus in rebus"... De la mesure en toutes choses...

 

(1) E. Le Roy - Ladurie  Histoire du Climat - Canicules et Glaciers 13°-18° siècles - Editions Fayard

 

publié dans : Nature
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Mardi 19 février 2008

   Il n'y a pas si longtemps - de 1966 à 1996 - l'Australie, rivale de l'influence de la France en Océanie, avait dénoncé ses essais nucléaires de Mururoa et Fangataufa, en parlant même de "relents de colonisation"... Le gouvernement français avait alors eu beau jeu de répondre que l'Australie n'avait pas de leçon à donner, en raison de la politique de "discrimination" qu'elle avait pratiquée envers les Aborigènes depuis près de deux siècles...
  
   En effet, l'Australie avait été occupée pendant des millénaires par des tribus de race noire, dont l'histoire est encore controversée : des historiens évoquent l'hypothèse d'un peuplement venu de l'Asie en vagues successives depuis au moins 40.000 ans, leur installation ayant été favorisée à l'origine par la dernière glaciation (Wurm) qui avait entraîné l'émergence d'un "pont" entre Asie et Océanie en raison de la baisse du niveau des océans.                                                             
Aborig-nes-copie-1.jpg                                                    

   Il s'agit donc d'une population "première" - au sens des "premiers occupants" - dont on trouve par ailleurs d'autres vestiges en Asie même, avec les Veddas de Ceylan, les Ainos du Japon, les Lolos du Yunnan en Chine, ou encore des groupes dispersés dans l'Inde... Cette population, estimée à 750.000 individus au 19ème siècle, vivait essentiellement de la chasse et de la pêche, dans une société "égalitaire" d'environ 500 clans, où les hommes et les femmes avaient leurs propres undefinedtâches... Pour eux, la Terre était plate et avait été créée par des "Génies" habitant la "Montagne sacrée" (Uluru - le "Centre Rouge") , et ils y étaient profondément attachés, en ce sens que "la Terre ne leur appartenait pas"  et "qu'ils appartenaient à la Terre"...
 
   Arrivent des "intrus" à partir du 17ème siècle, qui, en raison de leurs techniques plus évoluées,(bateau, agriculture, armement...) considèrent cette population comme "primitive", avec ce que ce terme comporte de mépris et d'ignorance de ses pratiques ancestrales : d'abord les "Bataves" - Janszoon au nord(1605) et Tasman dans l'île méridionale (1642) - ce qui explique que les 1ers portulans représentent une île aux contours mal définis sous le nom de "Nouvelle Hollande"... Puis l'Anglais Cook (1770), venant de la "Nouvelle Zélande" voisine à l'est...Enfin le Français Louis de Saint-Allouarn, ancien compagnon de Kerguelen, débarque à l'ouest (1772), mais sa prise de possession - dont on a retrouvé des traces - n'est pas confirmée par Louis XV, le roi qui avait déjà abandonné les "arpents de neige" du Canada... Ainsi va l'Histoire, qui aurait pu être totalement différente, notamment pour les Aborigènes, car la "colonisation française", en dépit de certains excès, a le plus souvent été une "protection paternaliste" envers les indigènes, que ce soit en Amérique, en Asie ou en Afrique...

   Tel n'a pas été le cas des Anglais avec les Aborigènes ...Car ils ont délibérément occupé et exploité les territoires "sacrés" - surtout les plus riches au sud et à l'est - en repoussant ou en massacrant la population d'origine, quand elle n'était pas décimée par les épidémies qu'ils avaient apportées... Et pourtant les "colonisateurs" anglais n'avaient pas eux-mêmes une origine glorieuse, puisque l'Australie fut longtemps pour eux un pénitencier où on installait des colonies de "convicts", c'est-à-dire de condamnés dont ils voulaient se débarrasser (1788-1840)...

    Néanmoins, au 20ème siècle, le gouvernement de l'Australie, devenue indépendante dans le cadre du Commonwealth (1901) restitue aux Aborigènes - qui ne sont plus que 450.000 - certaines terres  sous le nom de "homelands" (à l'instar des réserves indiennes des Etats-Unis) et leur donne le droit de vote (1967) même s'ils restent des citoyens de "seconde zone"... On pratique aussi à leur égard une "politique d'assimilation" ...en enlevant par milliers les enfants à leurs parents, afin qu'ils soient confiés à des "blancs" chargés de les élever dans la culture occidentale... Les bienfaits de la civilisation moderne, en interface du mépris persistant pour une civilisation qui avait survécu avec intelligence et créativité pendant des millénaires dans une nature parfois hostile !... En 2000 encore, un journaliste  français de l'Humanité s'indigne de la place réservée aux Aborigènes, "condamnés à la nullité, à l'illettrisme et à l'alcoolisme"...

   Mais heureusement; il ne faut pas désespérer des hommes... Comme l'Afrique du Sud (autre colonie hollandaise, puis anglaise...) ayant, au terme d'un long conflit, aboli "l'Apartheid" (1993-1994), des hommes de bonne volonté ont eu en Australie le courage de dénoncer le sort réservé aux Aborigènes... Et, en ce début d'année 2008, un événement "extraordinaire" (au sens étymologique du terme) s'est produit :le nouveau 1er Ministre Kevin Rudd a demandé pardon au cours d'une cérémonie solennelle :
   "Nous demandons pardon pour le chagrin profond, les souffrances et les disparitions que nous leur avons fait subir en enlevant les enfants à leur famille, à leur communauté, à leur pays. Pour la douleur et les souffrances subies par ces générations volées, nous demandons pardon aux mères, aux pères aux frères et aux soeurs. Pour avoir séparé des familles, nous demandons pardon. Pour l'atteinte à la dignité et l'humiliation infligée à un peuple fier de lui-même et de sa culture, nous demandons pardon. Nous faisons aujourd'hui ce premier pas en reconnaissant le passé et en allant vers un avenir qui englobera tous les Australiens"...

   En France, les médias ont peu parlé de cet événement, éclipsé par des préoccupations "franco-françaises" autrement importantes comme les élections municipales riches de petites ambitions locales, ou encore le n-ième chapitre "people" de la saga présidentielle... Et pourtant, c'est finalement un réel bonheur pour les Français que ce "retour à l'honneur" des Australiens, dont ils ne peuvent ignorer par ailleurs le sacrifice de nombreux soldats lors des deux guerres mondiales...                                                                              

publié dans : L'Histoire
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Vendredi 15 février 2008

   L'arrivée précoce de jours de "beau temps" en ce début de février 2008  - même si elle fait suite à deux mois d'un hiver plutôt froid et humide - a suffi pour relancer le leitmotiv actuel de "réchauffement climatique", avec son cortège habituel des "prophéties" - au sens biblique des prophéties de malheur - annonçant des catastrophes avant la fin du 21ème siècle...

   Il est certes incontestable que, depuis un demi-siècle, se produit un réchauffement climatique, ressenti par l'opinion et attesté par des mesures scientifiques montrant que la température "moyenne" de l'atmosphère de la Terre s'est élevée d'environ 1 degré, ce qui est relativement important, à fortiori si cette élévation devait se pousuivre... Mais, justement, il est pour le moins hâtif et hasardeux de tirer des conclusions en ce sens pour l'avenir proche et
lointain... Car rien n'est sûr dans ce domaine, où la Terre a connu des variations nombreuses et complexes, qu'il s'agisse de variations de grande ampleur à l'échelle géologique ou, à l'intérieur de celles-ci, de variations plus courtes à l'échelle humaine...

   En effet, au cours des temps géologiques, il y a eu de grandes variations - souvent répétées - de la température moyenne de l'atmosphère ... Pour la seule période de l'ère quaternaire, 4 "glaciations" - Gunz , Mindel , Riss et Wurm, cette dernière entre 120.000 et 10.000 avant JC - se sont succédées, en étant séparées par des périodes "interglaciaires"... et actuellement, si l'alternance continue - ce qui n'est qu'une hypothèse - on serait dans une nouvelle période interglaciaire et par conséquent dans une période de réchauffement du climat... Mais cela ne signifie pas pour autant que le réchauffement va continuer ... Il peut aussi, en vertu de l'alternance, se mettre à ...refroidir en vue d'une nouvelle glaciation... Néanmoins, comme ces variations s'étalent sur des dizaines, voire des centaines de milliers d'années, pas d'affolement : il n'y a pas le "feu au lac", ni la glace d'ailleurs...

   Ce n'est pas le cas des variations à l'échelle humaine... A leur sujet, il est utile de se reporter aux études du français Emmanuel Leroy-Ladurie (*) sur l'évolution des undefinedglaciers, en particulier sur l'évolution du glacier d'Aletsch en Suisse, qui a pu être reconstituée grâce à la datation "dendrologique"(croissance des bois soit déracinés, soit revenus en force en fonction de l'avancée ou du recul du glacier), et qui, de surcroît, a pu être mise en relation avec des événements "humains" :
  - Recul des glaces, donc réchauffement, autour de 1000 avant   JC , à un stade tel que le glacier était encore moins important qu'aujourd'hui... L'arrivée progressive d'un climat chaud et sec dans l'axe actuel Sahara-Arabie-Iran peut expliquer les migrations de tribus ou de peuples comme les Hébreux...
  - Avancée des glaces, donc refroidissement, entre 900 et 500 av JC : c'est l'époque des civilisations de l'Orient ancien (Egypte, Assyrie, Babylonie, Palestine, Grèce) qui, plus au sud, devaient donc connaître un climat plus tempéré qu'aujourd'hui...
  - Nouveau recul, donc réchauffement, entre 300 av JC et 150 ap JC : c'est l'époque romaine, où la Méditerranée avait donc un climat tempéré chaud certainement semblable à son climat actuel...
  - Nouvelle avancée, entre 250 et 750 : c'est l'époque des "invasions barbares" venues du nord et de l'est de l'Europe et de l'Asie, et il est possible de les associer à un problème de "survie" à cause du froid...   
  - Nouveau recul, entre 750 et 1300, avec un réchauffement vraisemblablement important ayant correspondu avec l'ampleur des défrichements et la formation d'Etats puissants, comme la France...
  - Avancée apparemment assez rapide , entre 1300 et 1400 : c'est l'époque de la "peste noire" (1347-1348) et de troubles politiques...
  - Et de nouveau, un recul après 1400 : c'est l'époque de la "Renaissance" en Italie (Quattrocento) et en France...
  - Ce n'est pas fini : avancée et donc refroidissement du 16ème siècle au début du 19ème siècle, marqués par des disettes fréquentes en Europe... Le refroidissement est aggravé en 1815 par l'explosion du volcan de Tambora en Indonésie : écran de poussières autour de la Terre... mais tout de même pas de quoi expliquer la chute de Napoléon 1er !...
  - Et depuis la  2ème moitié du 19ème siècle, c'est le dernier réchauffement, qui dure encore, avec des "hauts" et des "bas" intermédiaires que  les mesures permettent dès lors de préciser : hivers très froids entre 1956 et 1963, mais aussi étés chauds de 1976 (avec sécheresse) et canicules de 2003 et 2006, dont la répétition semble traduire une aggravation du réchauffement...

   Mais y-a-t-il pour autant une aggravation définitive?... Pour en juger, il faut d'abord rechercher les causes éventuelles du réchauffement...  Or celles-ci ne sont ne sont pas certaines :
   - L'explication généralement donnée est l'augmentation du taux de dioxyde de carbone (CO 2 - gaz carbonique) dans l'atmosphère, estimée à environ 1/3 en un demi-siècle... Il est certain que l'homme y a contribué par ses activités (industries mais aussi élevage et déforestation) ayant entraîné une production excessive de "gaz à effet de serre"... Mais les terres émergées ne représentent qu'environ 1/3 de la surface du globe, et 1/10ème seulement de ces terres donnent lieu à une exploitation intensive, et il est donc permis de penser que la responsabilité de l'homme, même si elle est regrettable et nécessite des mesures de sauvegarde, est partagée avec d'autres causes... D'ailleurs, comment expliquer les périodes antérieures  de réchauffement à l'ère quaternaire, et plus précisément les précédentes séquences "historiques" où, manifestement , l'homme ne produisait pas beaucoup de gaz carbonique ?...
   - Il y a donc d'autres causes ...mais lesquelles ?... Le volcanisme ? Certainement, mais il n'y a pas beaucoup de volcans en activité, même si certains sont en activité constante (ex: Etna)... L'évolution du rayonnement solaire, notamment avec les phases d'accroissement ou de réduction des "taches" ?... Peut-être, mais l'effet en est mal connu... L'action d'un rayonnement cosmique ?...Mystère...

   Quoi qu'il en soit, il est difficile de tirer des conclusions... Mais cela ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire ...Un adage dit :"Dans le doute, abstiens-toi"...en l'occurrence, il faut s'abstenir de produire du gaz carbonique sans contrôle... Et l'homme doit donc agir pour protéger son "environnement"..., cette action ne pouvant qu'être utile, même si elle n'est pas suffisante, pour lutter contre le réchauffement... Des analyses sur la population africaine révèlent en effet que le réchauffement du climat dans le Sahel a déjà fait environ 2 millions de victimes directes ou indirectes à cause de la désertification, et 5 millions de personnes déplacées... Et on ne peut donc que saluer les conclusions de la Conférence de Janvier 2008 sur l'environnement, tout en regrettant que certains pays ne soient manifestement pas pressés de les appliquer... A cet égard, il est bon de citer l'appel du représentant de... la Nouvelle-Guinée-Papouasie - un "petit Etat" - au "Grand Etat" que sont ...les Etats-Unis : "Nous aurions voulu que vous soyez le chef de file dans la lutte contre le réchauffement climatique...Au moins, ne vous mettez pas en travers de notre chemin..."

     undefined   Le Pôle Nord de 1979 à 2007          
 
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                                                                                       ?............

  

(*) Emmanuel Leroy-Ladurie
     - Histoire humaine et comparée du climat   Edition Arthème Fayard
     - Article "Les glaciers vont-ils disparaître ?" Revue L'Histoire Février 2008 

publié dans : Nature
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Dimanche 10 février 2008
   En intitulant ainsi son numéro de février 2008, la Revue L'Histoire reprend un débat récurrent ...depuis un siècle et demi, mais connaissant actuellement un regain d'intérêt : celui opposant le "créationnisme" et "l'évolutionnisme" pour expliquer l'origine des espèces, dont l'homme ...Mais le débat ne s'arrête pas là, car il oppose plus largement et une fois de plus les deux registres de la Connaissance : la "Religion" et la "Science"...
   

   Avant Darwin, le débat pouvait paraître relativement simple : il y avait l'explication séculaire des textes religieux, en particulier la Bible et le Coran, suivant lesquels le monde avait été créé par Dieu et ne pouvait donc pas changer : c'était la thèse du "fixisme de la Création", autrement dit du "créationnisme", inspiré par la notion fondamentale de la "Providence divine"... Mais cette thèse était déjà battue en brèche depuis le 18ème siècle par les héritiers de la "Philosophie des Lumières", notamment par le français Lamarck qui, dans son livre "La Philosophie Zoologique" (1809) défendait contre son concitoyen Cuvier, connu pour sa classification définitive des espèces, la notion d'une "évolution des espèces" : celles-ci seraient à l'origine nées de la matière inerte pour aboutir à des organismes de plus en plus complexes, dont l'homme serait l'aboutissement... Au "providentialisme religieux", il substituait donc le "progressisme scientifique"...

   Or l'anglais Darwin, avec la parution de son livre "L'origine des espèces" (1859), remettait tout en question : non seulement il niait l'explication "religieuse" - s'attirant les foudres de l'Eglise et des milieux conservateurs de l'époque ( presse satirique exploitant l'interprétation fausse de "l'homme descendant du singe") - mais il mettait également à mal l'explication "scientifique" en niant toute progression dans l'évolution... En effet, il introduisait la notion de "sélection naturelle", celle-ci étant assurée non pas par une action délibérée - et donc "scientifiquement explicable" - mais par le "hasard" - évidemment indémontrable par la science ...Selon lui, les espèces sont assujetties à des "variations" dépendant de leur "milieu", c'est-à-dire des conditions d'existence : celles qui trouvent des conditions favorables se reproduisent plus facilement et arrivent à "survivre", et au contraire, les autres sont appelées à disparaître... On imagine pourquoi il y eut alors "l'affaire Darwin" tout au long du 19ème siècle...
   
   Néanmoins, les esprits s'étaient apaisés au 20ème siècle, et l'Eglise elle-même, suivie sur ce point par les musulmans éclairés, avait admis, notamment avec les encycliques du Pape Pie XII, qu'il fallait se tenir non plus à une lecture "littérale" mais à une lecture "symbolique" de l'Ecriture... Et les exégètes juifs et chrétiens de la Bible, surtout après le Concile Vatican II (1962), avaient reconnu, en raison même de l'écriture relativement tardive de la Genèse sous l'époque perse (5ème- 3ème siècles), que les "histoires" de Création en 7 jours, d'Adam et Eve, du Déluge, etc... n'étaient pas des récits ...historiques, mais des explications "merveilleuses", plus ou moins empruntées aux vieux "fonds" de l'Orient ancien, en particulier aux civilisations de la Mésopotamie (Epopée de Gilgamesh - 4ème et 3ème millénaires avant JC)... D'ailleurs l'Eglise, renonçant à faire descendre l'humanité d'Adam et Eve, se contente désormais d'affirmer que le monde, quelle qu'en soit l'origine, "vient de Dieu"... Et de leur côté les savants ont depuis longtemps assumé la notion de sélection, en montrant que celle-ci a conduit à la supériorité de l'homme "sur les autres animaux" en raison d'un développement plus important de son cortex cérébral...

   Tout au plus peut-on exprimer des réserves sur ce "développement", manifestement insuffisant à en juger par la persistance de la "sauvagerie de l'homme", qu'il s'agisse de crimes individuels ou de conflits collectifs... Peut-être aussi, faut-il mettre sur le compte de ce développement insuffisant la persistance d'une pensée "extrêmiste" - dans le domaine d'un créationnisme sans fondement, malgré son succès actuel aux Etats-Unis, comme dans d'autres domaines (ex: l'eugénisme...), de la part de fanatiques incapables d'admettre non seulement l'évolution des espèces, mais ...l'évolution des esprits, pourtant de plus en plus disposés à admettre la co-existence de la science et de la religion...
publié dans : Philosophie
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Mercredi 6 février 2008

   Paris, capitale de l'art..., capitale de la mode..., capitale du bon goût..., Paris une des grandes capitales du monde...

   Il est certain qu'on ne peut imaginer la France sans Paris... et la Tour Eiffel, et que Paris a pris en France une importance disproportionnée par rapport au reste du pays (environ 1/10 ° de la population) à la différence de nombreux autres pays du monde, où la capitale n'est qu'une grande ville parmi d'autres
...

   Cette situation exceptionnelle de Paris est due à une politique de "centralisation" remontant à l'Ancien Régime et reprise par tous les régimes qui se sont succédés de la Révolution à la 5ème République... Et tous les efforts qui ont pu être entrepris depuis un demi-siècle avec la "décentralisation" n'ont pas permis d'y remédier, malgré la création de "Régions" et le transfert de compétences de l'Etat à ces nouvelles Régions et aux anciens Départements... Car la décentralisation a été limitée par le maintien d'un domaine "régalien" (gouvernement non fédéral, armée, justice et police à caractère national) et par la "tutelle" exercée sur les pouvoirs locaux (ne serait-ce que par l'octroi des subventions de fonctionnement)... Même dans le contexte actuel de Régions et Départements électoralement aux mains de l'opposition au Gouvernement, les Présidents locaux ne peuvent pas aller au-delà de réserves ou récriminations ...y compris dans les grandes ...Métropoles régionales comme Lyon ex-Capitale des Gaules, Marseille Capitale de la Provence (avec Aix...), Bordeaux Capitale de la Guyenne, Lille Capitale des Flandres, ou Rennes Capitale (controversée) de la Bretagne...

   Et puisque, décidément, Paris reste l'incontestable Capitale de la France, il vaut mieux s'en accommoder, ...tout en laissant aux "Provinciaux" la satisfaction d'avoir des "Capitales de quelquechose"... A ce titre, Alain Rémond a fort bien mis en valeur cette manie de la Capitale dans son éditorial de La Croix du 5 février 2006 :

   "J'étais le week-end dernier à Panissières. Où ça ? A Panissières, charmante bourgade du Département de la Loire, perchée sur les contreforts des monts du Lyonnais, qui compte quelque chose comme 3000 habitants. J'imagine que la plupart d'entre vous en ignoraient jusqu'à l'existence. Confidence pour confidence : moi aussi. Or, Mesdames et Messieurs, Panissières n'est pas n'importe quelle ville, fût-elle petite. Voici en effet ce que proclame une pancarte, à l'entrée : "Panissières, Capitale de la cravate"... car la cravate a sa capitale, et Panissières est cette capitale ... Même si la cravate est en voie de raréfaction, il n'y a qu'une capitale de la cravate...et c'est Panissières... Telle est la France, pays des mille capitales. Il y a la capitale de la pipe, la capitale du couteau, la capitale du boudin, la capitale de l'andouille, la capitale du nougat, la capitale des rillettes, la capitale du pneu, la capitale de l'horlogerie, la capitale de la dentelle, la capitale de la porcelaine...Et donc, la capitale de la cravate...On voit par là que Paris n'est pas grand-chose"...

   Evidemment, il est tentant de jouer à la "devinette" pour toutes ces capitales : la pipe ...Saint-Claude, le couteau ...Thiers (ou Laguiole ...prononcer Layole !), l'andouille ..Vire (ou Guéméné?), le nougat ...Montélimar, les rillettes ...Le Mans, le pneu...Clermont-Ferrand, la dentelle ...Le Puy (ou Alençon?), la porcelaine...Limoges (ou Sèvres?), le cristal ...Baccarat, l'horlogerie ...Morteau (déjà capitale de la ...saucisse) . Manque la capitale du boudin, car on est là dans le noir...Mais ce n'est pas grave, car on peut en trouver d'autres : la choucroute ...Strasbourg, la fraise ...Carpentras (ou Plougastel ?), la faïence ...Sarreguemines, le mouchoir ...Cholet, la chaussure ...Fougères (ou Romans pour les modèles de luxe !), la moutarde ...Dijon, sans oublier que Lyon, actuelle capitale du football, a été capitale de la soie, suivie par Lens, ancienne capitale du charbon...

   Mais oui, il y a de la place pour tout le monde en France... Même pour des capitales qui n'ont de "capitale" que leur vertu locale...

publié dans : Humour
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Dimanche 3 février 2008

   " Le 21ème siècle sera religieux ou il ne sera pas "...Il est évidemment trop tôt pour juger de cette ...prophétie - controversée - d'un agnostique du 20ème siècle, André Malraux... Mais il est déjà certain que la religion, loin d'être bannie par les progrès de la science depuis le 19ème siècle, connaît un regain d'intérêt en ce début du 21ème siècle, notamment pour l'étude de la Bible...

   La Bible est en effet un ensemble de textes religieux à la fois le plus ancien et le plus répandu dans le monde, devant le Coran... Mais, à la différence du Coran qui est plus tardif (7ème siècle après JC) et a toujours été considéré par les musulmans comme "dicté par Dieu (Allah)" au prophète Mahomet et donc "intangible", la Bible est pour les croyants juifs et chrétiens une "oeuvre humaine" même si ses auteurs leur paraissent "inspirés par Dieu"...

   Les conditions de l'écriture de la Bible ont longtemps été ignorées puisque, jusqu'au milieu du 19ème siècle, on pensait que les textes avaient été rédigés au fur et à mesure des événements racontés, c'est-à-dire dans l'ordre à peu près "chronologique" où ils sont rangés, de la Création au Début du christianisme... C'est ainsi que Moïse - vers le 13ème siècle - était considéré comme le principal auteur des 5 premiers livres (Pentateuque ou Torah), bien que le dernier décrive ...la mort de Moïse... En fait, il faut simplement s'en tenir à l'histoire même de l'écriture, qui a été en partie empruntée par les Hébreux aux Phéniciens - à partir du 9ème siècle - et les textes ne peuvent qu' être postérieurs à l'apparition de "scribes" dans la société hébraîque... Auparavant, il y avait eu, comme dans toutes les sociétés anciennes, une transmission "orale" qui avait gardé le souvenir de "grands événements" (ex: l'Exode), mais ne pouvait conserver les "détails de l'histoire", qui ont donc le plus souvent été "ré-inventés", à la manière de "contes" dans un souci d'édification religieuse...

   Cette origine de l'écriture explique que la Bible ne constitue pas un ensemble homogène et peut même être considérée comme un empilement  complexe où chacun peut trouver "à boire et à manger"  en fonction des aléas de l'histoire... C'est d'ailleurs pourquoi la Bible n'a pas le même contenu suivant les cultes qui y font référence :

   - La Bible Hébraïque comprend les 5 premiers Livres sous le nom de Torah (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome), les Livres des Prophètes (Josué, Juges, Samuel, Rois, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et petits prophètes) et les Ecrits ( une dizaine, dont Psaumes, Proverbes, Cantiques...), et elle a été écrite à l'origine en Hébreu. L'ensemble constitue l'Ancien Testament.
   - La Bible Catholique a repris la Bible Hébraïque en la classant autrement : Les 5 premiers Livres sous le nom de Pentateuque, les Livres Historiques (Josué, Juges, Rois, etc), les Livres des Prophètes (Isaie, Jérémie, Ezéchiel, etc) et les Livres Sapientiaux (Psaumes, Proverbes, Cantiques, etc)... Mais elle a ajouté à cet Ancien encore appelé Premier Testament des Livres connus mais non intégrés par les Juifs (Tobie, Judith, Maccabées, Sagesse, Siracide)... et surtout le Nouveau ou Second Testament relatif à Jésus et ses apôtres, évidemment rejeté par les Juifs qui n'ont pas cru en ce Messie qui, pour eux, ne doit venir qu'au Jugement dernier à la fin des temps (4 évangiles de  Marc, Mathieu, Luc et Jean - Actes des Apôtres, Epitres de Paul, Pierre, Jude et Jacques et Apocalypse).
   - Les Bibles Protestantes qui ont repris  la Bible Catholique mais en excluant certains textes du Nouveau Testament (Epitres de Jacques et Jude, Apocalypse)

   Si l'on s'en tient dans cette étude à l'Ancien Testament, so écriture peut être répartie en 3 périodes :

   1. Les écrits de la période royale (8ème- 6ème siècles avant JC) : après les règnes de David et Salomon (10ème siècle), le Royaume hébreu s'est divisé en 2 Etats, Israël au nord et Juda au sud... L'Etat d'Israël où les Juifs sont mélangés à d'autres ethnies (la Galilée des "nations"...) relâche plus ou moins le culte traditionnel envers Yahvé, le Dieu unique, suscitant la colère des  Prophètes Amos et Osée - premiers écrits recensés - avant de sombrer sous la conquête assyrienne... Datent aussi ce cette époque les Annales des Rois qui serviront de base aux futurs Livres des Rois... Enfin, sous le règne du Roi de Juda resté indépendant Josias (640-609), aurait été découvert un Livre de l'Alliance écrit dans le siècle antérieur et préfigurant le Deutéronome...

   2. Les écrits de la période perse (6ème- 4ème siècle avant JC) : le Royaume de Juda ayant été conquis à son tour (597-587 - Nabuchodonosor), les Juifs riches et lettrés sont déportés à Babylone ("l'Exil")... Ne pouvant plus exercer leur culte au Temple de Jérusalem qui en était le centre, ils se mettent à élaborer des textes leur servant de "patrimoine culturel et religieux", en remontant l'histoire ...car les livres les plus faciles à composer sont ceux relatifs aux événements les plus récents :
 - D'abord Les livres des Rois, les Juges, Samuel et Josué
 - Puis les Livres des Prophètes (Isaie, Jérémie, Ezéchiel) dont     les proclamations avaient jusqu'alors négligées et même parfois rejetées en raison de leurs menaces contre les déréglements religieux et leurs annonces de châtiment ( d'où l'expression : Prophètes de malheur)... mais qui deviennent "exemplaires".
 - Enfin les textes concernant les origines lointaines, reprenant souvent, faute de témoignages précis - et pour cause - , des thèmes anciens remontant aux civilisations de Mésopotamie (4ème et 3ème millénaires avant JC) comme la Création, les Géants, le Déluge, le berceau de Moïse emprunté à Sargon l'Ancien, etc... c'est-à-dire les 5 "premiers" Livres (en fait, les avant-derniers, pour la rédaction...)
   C'est  à cette époque également que les Juifs - dont le nom issu de Juda se substitue à celui des Hébreux - réorganisent leur culte avec des éléments "identitaires": circoncision, sabbat, Pâque...
 

   - 3. Les écrits de la période hellénistique (4ème- 1er siècle avant JC) : L'Empire Perse ayant été détruit à son tour par la conquête d'Alexandre (333 avant JC), les Juifs qui avaient été autorisés par l'Empereur Cyrus à revenir en Palestine ("Le Retour de l'Exil") sont soumis aux successeurs d'Alexandre, d'abord les Ptolémées ou Lagides d'Egypte, puis les Séleucides de Syrie... Le roi Antiochos IV Epiphane ayant prétendu anéantir leur culte, les Juifs se révoltent, d'où les récits des Maccabées... Et divers écrivains défendent alors l'identité juive contre l'hellénisme : l'Ecclésiaste ("Vanité des Vanités, tout est vanité"), le Siracide, le Livre de la Sagesse (2ème et 1er siècle)... C'est également l'époque où un courant juif "intégriste" (les Esséniens) s'isole à Qumran(les "Manuscrits e la Mer Morte...)

   Ainsi, l'écriture du seul Ancien Testament s'étale sur environ 8 siècles (l'équivalent de la période de Philippe-Auguste 1200 à nos jours en France)... Il n'est donc pas surprenant d'y trouver des textes divers, parfois contradictoires, et dans des genres très variés (récits,légendes, poèmes, proverbes, études philosophiques, prescriptions rituelles, etc)...

   Or il reste à étudier, à propos des chrétiens, le Nouveau ou Second Testament, qui est profondément lié au Premier... Mais c'est une autre histoire...

publié dans : Religion
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