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12 novembre 2005 6 12 /11 /novembre /2005 00:00

   Le débat qui rebondit actuellement à propos de l'apprentissage procède d'une conception devenue largement obsolète de cette formation.

 

   A l'origine, conformément à son étymologie, "l'apprentissage" était tout simplement "le fait d'apprendre", c'est-à-dire de s'initier à des connaissances, quelles qu'elles soient... Mais le terme a pris en France, à la différence d'autres pays, une connotation péjorative en rapport avec l'histoire même de l'enseignement. En effet, celui-ci y a d'abord été une formation "intellectuelle" - essentiellement "abstraite" - réservée à une élite (on parlait d'études classiques et "d'humanités") avant de s'élargir aux classes moyennes (études appelées modernes non sans une certaine dérision). Quant à l'enseignement "manuel", il a longtemps été traité "d'apprentissage" dans un sens fâcheusement réducteur.

 

   Même si, maintenant, l'initiation à un métier "manuel" a revêtu le mot plus "noble" d'enseignement "technique", la notion "d'apprentissage" n'a pas pour autant disparu, et elle se maintient notamment pour les jeunes qui sont rebutés par un enseignement abstrait ou préfèrent par goût personnel le travail pratique. Cela ne signifie nullement qu'ils soient nécessairement "moins intelligents", car ils peuvent avoir une intelligence plus tournée vers le concret, alors que d'autres jeunes ont un esprit plus conceptuel... Il n'en est pas moins vrai qu'on continue à parler d'apprentissage pour les élèves jugés "inaptes" à l'enseignement général, même si cette "inaptitude" a souvent des causes plus sociales qu'intellectuelles... Et de "bonnes âmes" s'indignent alors qu'on puisse parler d'un retour à l'apprentissage qu'elles jugent contradictoire avec la notion "égalitariste" d'un "collège unique" créé naguère sans considération du fait que les individus ont par nature des structures mentales différenciées...

 

   Il est donc nécessaire de rappeler que "l'apprentissage", conformément à son sens d'origine, existe pour toutes les formations, quel que soit le niveau : un étudiant de l'ESSEC fait une période d'apprentissage à la sortie ou dans le cadre de l'Ecole, au même titre qu'un élève de CAP ou BEP... Et d'autre part, à notre époque marquée par une évolution rapide des métiers et par conséquent une nécessité de "re-formation" permanente, on apprend ou ré-apprend ou on complète ou modernise ses connaissances à tout âge... et il n' y a donc rien d'infâmant à faire de l'appentissage à partir de 14 ans, ni plus ni moins qu'à 30 ou 40 ans...

 

   Finalement, il y a surtout un problème de "vocabulaire", qui devrait  être facilement "surmonté"...Comme il ne peut être question maintenant de généraliser le terme "d'apprentissage" malheureusement "plombé" dans l'opinion (un étudiant en apprentissage...Fi donc !), il suufirait de changer le mot, en le remplaçant par exemple par l'expression simple et claire de "formation pratique" applicable aux professions de tous niveaux... Quant à la notion "d'études", elle pourrait être utilement être définie comme une formation nécessairement polyvalente comportant - de façon corrélative et pas nécessairement successive - une partie théorique, une partie pratique et une partie continue...

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Published by Jean Daumont - dans Education
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Jacques Heurtault 24/11/2005 15:56

Vous soulevez, là, un formidable problème qui trouve son origine dans les tréfonds de l'histoire du mouvement ouvrier français.
Si on prend le temps de demander à un ouvrier français quelle est son aspiration la plus profonde, il vous répondra simplement ceci : sortir de sa condition ouvrière.
Si le travail manuel a toujours été mal considéré dans l'opinion, c'est tout simplement parce qu'il a souvent, pour ne pas dire presque toujours, été mal payé! Ni plus ni moins ...
Tel n'est pas le cas en Allemagne ...pays où le nombre d'apprentis est très élevé, au point que bon nombre des patrons allemands ont eux-mêmes été apprentis avant de grimper dans les responsabilités.
D'autre part, ce qui rebute souvent certains enfants, c'est de ne pas voir à quoi peuvent servir, VRAIMENT, les études que l'on fait.
Je puis moi-même en témoigner : j'ai appris quantités de choses qui ne m'ont jamais servi à rien ...
Faisons le choix sociétal (et par conséquent politique) de bien payer nos ouvriers et vous verrez que les métiers "manuels" s'en trouveront grandement revalorisés ...