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10 décembre 2005 6 10 /12 /décembre /2005 15:05

   Qu'il s'agisse actuellement de l'esclavage, de la colonisation ou de la laïcité, ou naguère du racisme ou même du nationalisme, l'opinion - souvent sollicitée et parfois orientée par les médias - est constamment tentée de porter un jugement sur l'Histoire, c'est-à-dire sur les événements ou les comportements des hommes d'autrefois...

 

   Or cette démarche "moralisante" ne peut pas être celle de l'historien, dont le seul souci doit être de "relater les faits avec objectivité", en recherchant et confrontant toutes les sources disponibles, sans porter de jugement et ,bien entendu, sans pratiquer de censure quelle qu'elle soit.  Comme le dit Marc Bloch, dans son livre "Le métier d'historien" (Ed.Armand Colin), l'historien doit "s'effacer devant les faits" au nom de l'impartialité.

 

   Evidemment, certains "penseurs" peuvent objecter avec sincérité qu'il y a des "faits" méritant un jugement  "absolu" et indiscutable, soit pour les condamner (ex: le Nazisme), soit inversement pour les louer (ex: Les Droits de l'Homme). Le problème devient "philosophique" de savoir alors si un jugement peut être "absolu" ou s'il ne peut être que "relatif"... Si on prend l'exemple de la colonisation, on peut  concevoir dans l'absolu une condamnation sur le "principe", mais "pratiquement", il faut reconnaître qu'à côté d'aspects "négatifs" (ex : exploitation économique), il y a eu des aspects "positifs" (ex : progrès de la santé - réf : le Docteur Schweitzer). Néanmoins il est difficile et même périlleux de l'affirmer dans le "contexte " actuel...

 

   Et d'ailleurs, qui peut être qualifié pour porter un jugement sur un fait historique, quel qu'il soit ? Certainement pas les "acteurs de l'Histoire", comme les Assemblées politiques et les Gouvernements, qui ne peuvent pas être "juges" et "parties"... Mais certainement pas non plus tous les "moralisateurs" de notre époque, un peu trop empressés à juger les époques précédentes et à se donner "le beau rôle" en battant leur "coulpe" , au nom de la "repentance", sur le dos des ancêtres... Car ceux-ci, s'ils le pouvaient (mais précisément, il n'y a pas grand risque), pourraient leur répondre : "Certes, nous avons commis des erreurs, et nous avons été aveugles sur certains faits, mais nous vous avons quand même légué certains principes, comme les Droits de l'Homme... Et qu'avez-vous fait de notre héritage au 20° siècle, en élisant parfois des "dictateurs" (ex: Hitler en Allemagne), en soutenant des régimes totalitaires (ex : communisme soviétique) et en n'ayant pas su éviter deux guerres mondiales et de nombreux conflits locaux, avec leur cortège de massacres et de déportations ayant abouti à plus de 50 millions de morts, ce qui ne s'était jamais vu auparavant..."

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Published by Jean Daumont - dans L'Histoire
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commentaires

Jacques Heurtault 10/12/2005 15:35

Qui définit les programmes d'enseignement, aujourd'hui? Ce ne sont certainement pas les parlementaires (le cas du rôle positif de la colonisation est une exception).
Ce sont de hauts fonctionnaires du ministère de l'Education Nationale!
A qui ces personnes rendent-elles compte de leur travail (qui légitime le salaire qui leur est versé grâce aux impôts que nous sommes obligés de payer)? A personne!
Je soutiens que les programmes d'enseignement doivent être, au moins dans leur contenu général, VOTES par le Parlement.
Par contre, peut-on accepter qu'une majorité (surtout si elle est très courte) puisse décider seule? Certainement NON!
Comment résoudre cette contradiction? Très simple : instituer le vote à la majorité qualifiée ... Par exemple, dans le cas d'espèce de ce commentaire, un vote nécessaire d'une majorité des deux-tiers des parlementaires réunit en Congrès, représentant la moitié au moins des électeurs ayant exprimé un suffrage (on compte alors les bulletins blancs).