Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Convergences
  • : Réflexions sur l'actualité en tous genres.
  • Contact

Recherche

Archives

20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 23:14

       Le jeu de mots ...ou de maux ...est peut-être mauvais, mais il n'est vraiment pas possible d'exprimer une opinion favorable sur la grève pratiquée actuellement par certaines catégories sociales - notamment les cheminots - alors que tant de gens dans la société française sont, parfois depuis longtemps, ...sur la grève !

   Le problème n'est pas de discuter de la "légalité" de la grève, dont l'affirmation est devenue une litanie ...Il est de réfléchir à sa "légitimité", et sur celle-ci il y a beaucoup à dire :

   - D'abord, la grève ne doit pas être invoquée "à tout propos et hors de propos". La définition normalement retenue est qu'elle est "un arrêt collectif et concerté du travail" pour les salariés, qu'il s'agisse du domaine public ou du domaine privé... Il est donc regrettable, et même irritant pour les salariés, que le terme soit galvaudé pour des étudiants ou des lycéens qui non seulement n'ont pas de "salaire" mais sont à la charge des familles et des collectivités, c'est-à-dire globalement des contribuables...
   - Ensuite, la grève n'est pas une "fin en soi" et doit donc n'être que le "dernier recours", quand une concertation préalable entre toutes les parties concernées n'a pa permis de trouver les solutions nécessaires...
   - Par ailleurs une grève doit être "juste", c'est-à-dire correspondre à des problèmes concernant tous les citoyens, comme par exemple la baisse du pouvoir d'achat engendrée par la hausse du coût de la vie (essence, loyers, produits alimentaires, etc) ...Ce n'est pas le cas quand il s'agit de défendre des intérêts corporatifs et catégoriels, et à fortiori des privilèges particuliers qui n'ont plus de raison d'être comme les "régimes spéciaux" (exemple à la SNCF où la conduite des trains n'a plus rien à voir avec la "bête humaine")...
   - De même, la grève doit être "égalitaire", au sens qu'elle ne doit pas être l'apanage réservé de certains métiers ayant un pouvoir de "blocage social" (comme les transports, l'électricité ou le gaz) et l'exerçant alors sur le reste de la population, à défaut de pouvoir s'en prendre directement aux responsables... Cette attitude est d'autant plus mauvaise qu'elle s'exerce souvent aux dépens des catégories sociales en difficulté
...


  En effet, il faut rappeler que la pauvreté est loin d'être endiguée dans un pays comme la France, pourtant classée dans les pays les plus "riches" du monde. Si on prend comme référence le "seuil de pauvreté" fixé  par l'INSEE à 817 E par mois, il y aurait 7.136.000 pauvres en 2006, en hausse par rapport aux 6.867.000 de 2004... Et on peut utiliser d'autres références, comme le nombre des chômeurs atteignant officiellement 2.500.000 en 2006 mais montant en réalité à environ 5.800.000, en raison de divers dispositifs (exemple : travail intérimaire) permettant des radiations... ou comme le nombre de "bénéficiaires" du Revenu minimum d'insertion (RMI ... entre 300 et 400 E par mois) s'élevant à 1.119.000...

   Or, quand on arrête les trains, c'est d'abord cette population en difficulté que l'on gêne, en l'obligeant à perdre son temps sur les quais de gare ou de métro... ce qui peut signifier perdre des heures de travail, quand ce n'est pas perdre de l'argent aussitôt en utilisant des transports de remplacement... Le comble est alors que certains grévistes osent réclamer le paiement de leurs journées de grève... Certes, certaines personnes se montrent "compréhensives" en affirmant que les grévistes ont raison de défendre leurs conditions de travail et que, n'est-ce pas, "on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs" ...mais la véritable solidarité est une solidarité "voulue" et non une solidarité "imposée"...

   Il est évident qu'une telle situation, où la grève ne sert qu'à défendre des intérêts particuliers contre l'avis d'une majorité de la population, comme c'est le cas avec la défense des régimes spéciaux contraire à "l'égalité", comporte un risque grave pour l'équilibre social en France et peut même conduire à des "explosions de mécontentement" ou des "conflits", et ceci d'autant plus que les syndicats sont divisés et parfois "dépassés" par leur base... C'est pourquoi, puisqu'il est question d'organiser à partir du 23 novembre 2007 un "Grenelle de l'insertion", il serait utile de l'élargir à un "Grenelle social" où seraient revues et définies dans une concertation générale les relations sociales- et notamment l'usage du droit de grève - ainsi que les moyens de lutter contre la pauvreté...

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Jacques 02/01/2008 19:42

Je découvre par hasard votre billet sur la grève....permettez-moi de vous suggérer de vous rendre sur mon propre Bloc-Notes, où je ne défend pas les même thèses que vous à ce sujet...Bien cordialement,jf.www.lamauragne.blog.lemonde.fr

Jacques Heurtault 08/12/2007 15:53

Bonjour Nadine!Je suis l'échange avec un peu de retard car je suis aller aux Etats Unis depuis. Je confirme que certains agents de l'Anpe, peu soucieux de l'intérêt qu'ils doivent porter aux publics concernés, participent outrageseusement à la falsification des chiffres statistiques ... tout simplement en basculant dans une catégorie politiquement peu sensible (la catégorie 2 et la 3, principalement) des gens qui devraient être inscrits en catégorie 1, celle dont on nous rebat les oreilles chaque fin de mois (avec un mois de décalage!).

Daumont Jean 29/11/2007 07:59

   Il faut se souvenir que les fonctionnaires, naguère, n'avaient pas le "droit de grève"... Et comme celui-ci est devenu un "acquis social" inscrit dans les textes institutionnels, autant dire que votre voeu est ...pieux !

Nadine 28/11/2007 18:58

Jacques, je me demande même si l'ANPE possède les bons chiffres...quand je vois comment s'y prennent certains agents avec les demandeurs ou chercheurs d'emplois.Quant à la légitimité de la grève, posée par Mr Daumont, je serais assez favorable d'interdire le droit de grève à ceux qui sont payés par les deniers publics.  C'est un comble tout de même....Le beurre et l'argent du beurre....Pour sûr que là ils vont faire grève !

Jacques Heurtault 21/11/2007 18:51

Il y aurait quantité de choses à dire .... Quelques éléments statistiques, tout d'abord.1. Le nombre de "bénéficiaires " du RMI ne compte que les "chefs de famille". Pour évaluer l'impact total sur la population, il faut prendre en considération les conjoints et les enfants avec un coéfficient correcteur de 2,8 environ. Il y a donc environ 3,2 millions de personnes qui sont concernées par le dispositif du RMI, soit environ 5% de la population totale. Or les étrangers en situation irrégulière et les ceux résidant en France depuis moins de trois ans en situation régulière ne peuvent y avoir droit.2. Le seuil de pauvreté de 2007 n'est pas le résultat de l'indexation sur les prix du seuil de pauvreté de 2004. Il est plus élevé ... Mécaniquement, le nombre de pauvres est donc en augmentation si dans le même temps le nombre de riches est en nette augmentation. C'est ainsi ...3. Le nombre de chômeurs est sous-évalué mais tous les gouvernements utilisent les mêmes "ficelles", les plus grosses n'étant pas celles que vous évoquez ... Je pourrai en parler plus longuement, étant un professionnel du secteur.4. La question se pose d'une interdiction pure et simple de la grève dans les transports de personnes attendu que quelques milliers de grèvistes peuvent, sans effort particulier, paralyser tout le pays. Un TGV sans conducteur est inconcevable ... Et la SNCF n'a pas de concurrent.