Introduction
John Paul MEIER Un certain Juif - Jésus - Les données de l'Histoire Ed. Cerf
Catherine NAY Un pouvoir nommé désir - Ed. Grasset
Alain DUHAMEL La Marche Consulaire - Ed. Plon
Christine CLERC De Gaulle - Malraux , une histoire d'amour - Ed. Nil
Alain SOUCHON Ecoutez d'où ma peine vient - Parachute doré - Texte Laurent Voulzy - Coll. Opendis
Jacques TENIER Faire la paix dans les régions du monde - Ed. L'Harmattan
Olivier AMEISEN Le dernier verre - Ed.Denoël
Frédéric LENOIR Le Christ philosophe - Ed. Plon
La revue "Sciences et Avenir", dans son numéro de janvier 2006, évoque la découverte ou plutôt la "re-découverte" d'un texte pouvant remettre en cause la version traditionnelle de l'arrestation de Jésus, et par conséquent des conditions de sa condamnation : un Evangile attribué à Judas l'Iscariote, l'apôtre censé avoir "trahi" son Maître et devenu pour cette raison le modèle des traîtres...
A priori, il n'y a rien de surprenant à ce que Judas ait pu écrire un "Evangile"... A l'époque, c'était en Judée une forme "littéraire" courante pour faire connaître la foi (le terme signifie d'ailleurs "Bonne Nouvelle"), au même titre que le "sermon" (plutôt destiné aux lettrés) et la "parabole" (récit imagé pour les gens simples) dont Jésus avait usé... Dans la 2ème moitié du 1er siècle, il y eut ainsi 34 Evangiles, dont 4 seulement furent reconnus au 3ème siècle sous l'appellation de "canoniques" (Marc, Mathieu, Luc et Jean), les autres ayant pour diverses raisons été écartés et tenus secrets comme non authentiques sous le nom "d'apocryphes" (les plus célèbres étant ceux de Thomas et Philippe)... Il est donc possible qu'il y ait eu un Evangile de Judas, et certains exégètes pensent même qu'il aurait inspiré un courant "gnostique" développé au 2ème siècle en Egypte : les "Caïnites"...
Cet Evangile n'aurait pas été reconnu parce qu'il mettait en scène le Diable, apparaissant donc comme un "Anti -Dieu", ce qui l'apparentait à une tradition "dualiste" ayant longtemps perduré dans la monde oriental et méditerranéen (du Mazdéisme...au Catharisme...)... mais, après tout, Jésus lui-même est présenté aux prises avec Satan dans les Evangiles canoniques... De surcroît, il était difficile, pour l'Eglise des premiers siècles, de reconnaître un texte émanant ou inspiré de l'apôtre ayant trahi Jésus suivant la tradition...
Or, "justement", cet Evangile dit de Judas donnerait une autre version de l'histoire de cette "trahison", à savoir que Judas n'aurait fait "qu'appliquer l'Ecriture", et n'aurait donc été "que l'instrument d'un dessein divin" où le sacrifice de Jésus était indispensable au rachat des hommes... Et dans ce sens, on peut même avoir de la commisération pour Judas, condamné ainsi à un mauvais rôle, alors que, somme toute, il avait été choisi par Jésus qui, en raison de sa double nature (divine et humaine) connaissait l'avenir et donc la future "trahison" de Judas, de même qu'il annonce plusieurs fois sa propre "Passion"...
D'autres exégètes donnent aussi une autre explication : Judas était "l'Iscariote", ce qui pourrait signifier qu'il était à l'origine un "sicaire", à savoir un ancien membre des "Zélotes", c'est-à-dire des "extrêmistes" de l'époque qui voulaient chasser les occupants romains en multipliant les actions terroristes et les contraignaient ainsi à exercer une justice sévère... Judas aurait donc suivi Jésus en croyant qu'il serait le "Messie"...devant rétablir le "Royaume juif", alors que Jésus avait annoncé que "son royaume n'était pas de ce monde " et qu'il était venu préparer le "Royaume de Dieu"... Il l'aurait donc soit "livré" comme "traître à sa cause" - version retenue par l'Eglise-, soit... au contraire présenté comme un "libérateur", ce qui rendait Jésus dangereux - aussi bien pour les Romains que pour l'aristocratie juive plus ou moins "collaboratrice"... Et c'est Jésus qui aurait ... "trahi" son espoir en ne confondant pas ses détracteurs... D'où le suicide de Judas quand il s'aperçoit de son erreur...
Judas n'aurait-il donc été "qu'une victime sacrificielle" dans le "dessein divin" de la rédemption du monde ? On peut au moins en conclure qu'il mérite l'indulgence...
Commentaires