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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 22:53

   Ce n'est pas la première fois, et ce n'est pas la dernière, où un cas de maladie douloureuse relance la débat sur l'euthanasie, alors que le problème, chaque fois qu'il est évoqué, se révèle insoluble.

     En effet, il peut paraître "normal" de penser à "donner la mort" en cas de maladie douloureuse, à fortiori quand le pronostic médical est létal ...Mais le plus souvent, le but recherché n'est pas la mort en elle-même mais le souci d'arrêter une souffrance devenue insupportable ...Et la volonté de faire cesser la souffrance, de la part du malade ou de celle de ses proches, est assurément compréhensible ...Qui peut oser dire que, s'il était dans ce cas, il n'y penserait pas ?...

   Or, justement, il y a des moyens de plus en plus efficaces de réduire, voire d'abolir la souffrance... Et la médecine française, après avoir longtemps été en retard dans le traitement de la douleur - contrairement à d'autres pays, comme les pays scandinaves - a fait de grands progrès dans ce domaine. Et en fonction de ces progrès, la loi Léonetti du 22 avril 2005 "permet" maintenant  de soulager les souffrances du malade, d'éviter l'acharnement thérapeuthique et d'organiser ce qu'il est convenu d'appeler des "soins palliatifs"...

   Dans ces conditions, il est donc choquant qu'un cas douloureux soit pour certains l'occasion de faire de l'euthanasie un "principe" souverain et exclusif évidemment contraire à la "valeur" fondamentale qui est celle du respect de la vie et par conséquent du refus de donner la mort, valeur reconnue par les médecins, conformément au serment d'Hippocrate, et valable pour tous les hommes... Faut-il rappeler toutes les "dérives" qui pourraient résulter d'une "légalisation" de l'euthanasie ?... Qui osera dire qu'en dépit des précautions prises (conseil de médecins, voeu de l'intéressé, accord de la famille), il n'y aura pas d'excès ?... Qui empêchera, par exemple, des proches de penser à leur héritage sous couvert de bons sentiments ?... Et peut-on être sûr qu'il n'y aura pas des comportements abusifs de médecins ou d'infirmières, alors qu'il y en a déjà eu - certes rarement - dans le contexte actuel de l'illégalité ?... Déjà, une personnalité importante - dont il vaut mieux taire le nom pour ne pas donner lieu à des extrapolations politiques - a déclaré, à propos de la situation souvent difficile des hôpitaux français, "qu'on ne pourrait pas continuer longtemps à supporter la charge d'un trop grand nombre de malades incurables " ?...

   Alors, de grâce, qu'on en finisse avec cette "sur-exposition médiatique" d'un cas douloureux - incitant à la limite au "voyeurisme" - alors que, manifestement, pour ce cas, l'utilisation discrète des moyens prévus par la loi de 2005 était nécessaire... Le Docteur Axel Kahn, tout en reconnaissant avoir accompagné vers la mort 5 ou 6 malades, a prononcé cette phrase : "J'ai toujours poussé la seringue pour soulager, et jamais pour tuer"...

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commentaires

Daumont Jean 30/03/2008 08:43

Ce qui est excessif est sans importance... Dès le début de mon article, et conformément à mes articles antérieurs sur le même sujet, je rappelle que le problème est insoluble, car on ne maîtrise pas les problèmes de la souffrance et de la mort, à fortiori quand ils sont liés...

eric 29/03/2008 13:20

Laisser entendre que notre médecine peut abolir la souffrance est un argument qui ne tient pas une seconde. Quand Axel Kahn dit qu'il a toujours poussé la seringue pour soulager mais jamais pour tuer, de quoi parle t-il à votre avis ? La même phrase, débarrassée d'une langue de bois que l'on peut comprendree, signifie qu'il a tout simplement euthanasié 5 ou 6 patients pour lesquels la science et la chimie de pointe ne pouvaient plus anihiler les souffrances. Dans le cas de Mme Sébire, plus rien n'atténuait l'horreur. Se contenter de dire le contraire comme le fait Mme Boutin avec une affligeante naïveté, c'est se cacher derriere son petit doigt ( ou son crucufix... en ce qui la concerne)Quant aux théories catastrophistes et aux scénarios à la "Columbo" de l'héritier euthanasieur, c'est faire peu de cas de nos principes républicains et de la capacité de ce pays à se prémunir de lois irréfléchies ou immatures.Soyons sérieux..Si madame Veil et ceux qui ont ratifié son texte, avait cédé aux prédicateurs d'apocalypse et aux immobilistes indécrotables, nous en serions encore à regarder nos femmes remplir les cliniques de nos voisins pour y avorter.

Diatala 21/03/2008 16:44

Je suis comme Jacques, parfois j'ai l'impression d'être arriérée en étant contre l'euthanasie et ses dérives plus que certaines. Mais, ceux, qui sont pour, doivent avoir une peur terrible de la souffrance et de la mort. En voulant légaliser tous les procédés permettant d'abréger la vie et, pas seulement la fin de vie comme le cas de C.Sébire, ils se rassurent. Mais l'idée que l'on se fait est parfois pire à vivre que la réalité si, elle se produit en plus.

Jacques Heurtault 21/03/2008 08:45

Au risque de passer pour un abominable réactionnaire, je suis enclin à penser comme vous. La loi Léonetti est satisfaisante, au moins pour l'instant. Elle permet de provoquer un coma artificiel puis de suspendre les soins ce qui provoque la mort, inéluctablement.On est loin du cas d'une personne qui, se sachant atteinte d'un mal incurable, décide de mettre fin à ses jours ... mais n'en a pas le courage physique et veut qu'on l'aide.Le risque est grand d'une dérive exploiteuse et intéressée (héritage).je n'ai pas de réponse plus satisfaisante à fournir, du moins pour l'instant.