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7 mars 2006 2 07 /03 /mars /2006 00:42

   Il n'y a pas de notion plus...internationaliste que la notion de ...nation, car une nation, par définition, se différencie par rapport aux autres nations. Mais il reste à savoir quel en est le contenu...

   D'abord la nation est une notion relativement récente... Sans refaire toute l'histoire, on peut rappeler que l'humanité est passée, depuis son origine, des "clans" aux "empires", ceux-ci étant constitués de façons diverses, soit par des personnalités marquantes (ex: Alexandre), soit par des cités-états, comme Athènes ou Rome... L'Empire Romain, même après sa chute à l'ouest, reste longtemps le "cadre" de la politique "occidentale" : les "Barbares", dans un premier temps, n'aspirent qu'à s'y intégrer... Charlemagne se fait couronner "Empereur" à... Rome... Et ensuite une partie de son Empire subsistera sous le nom de Saint-Empire-Romain-Germanique... Mais des "royaumes" indépendants se sont néanmoins créés, comme la Francie occidentale devenue la France, sans pour autant être des "nations", car il s'agissait de "monarchies" ne se définissant que par rapport à l'Eglise avec le sacre lui conférant un "droit divin"...

   En effet, il faut attendre la Révolution Française de 1789 et, paradoxalement, l'Empire Napoléonien pour assister à "l'éveil des nationalités" qui aboutit au 19ème siècle à "l'unité allemande" et à "l'unité italienne"... Malheureusement, ces "nations" ne se sont pas constituées dans un souci de concorde "internationale", mis au contraire se sont "posées en s'opposant" aux autres, en particulier en Allemagne où le "pangermanisme" est à l'origine de la 1ère Guerre mondiale, comme "l'espace vital" de Hitler pour la 2ème Guerre mondiale... Le résultat est que la notion de nation a reculé dans l'opinion, surtout en Europe où les progrès de "l'unité" sont largement la conséquence des excès antérieurs des "nationalismes"... Est-ce à dire que la "nation", en France comme ailleurs, est condamnée ? Pour répondre à cette question, il faut d'abord savoir à quoi correspond au juste une "nation"...

   - Elle n'est certes pas la simple traduction de la "géographie"... Elle s'inscrit dans un "territoire", mais ce territoire n'est qu'un "cadre" où son histoire l'a située... Il y a des territoires homogènes correspondant à des nations, - surtout des îles plus ou moins grandes (ex: Australie, Madagascar...), mais inversement il y a des nations qui englobent des territoires séparés et parfois disparates (ex: Philippines, Indonésie...)

   - Elle n'est pas davantage le regroupement d'une "ethnie" (terme préférable à celui très incertain de "race"). Car, s' il y a des pays à la population relativement homogène donnant son nom à des "nations ( ex: Arabie, Niger ou Nigéria...), combien d'autres "nations" se sont formées par des apports variés (ex: la France ou les Etats-Unis...)

   - Elle n'est pas non plus un regroupement linguistique... Même si certains pays n'ont qu'une seule "langue" (ex: France ou Allemagne...), d'abord cette langue "officielle" recouvre des dialectes régionaux, et ensuite elle ne se limite pas à leurs frontières (ex: la "francophonie")... et inversement d'autres pays ont plusieurs langues tout en restant des "nations" (ex: la Suisse...mais aussi l'Inde )

   - La tentation est alors grande, en raison du développement actuel des "extrêmismes", d'affirmer que la religion est un facteur important de "nationalisme" (on parle de "républiques islamiques")... Mais il s'en faut de beaucoup que la religion soit un facteur réel d'unité... Elle est même le plus souvent un facteur de division (ex: L'Irlande, la Bosnie...ou l'Irak)

   A défaut de trouver un facteur dominant, on doit donc en venir à une notion complexe, même si elle paraît simple, qui est celle de "vivre ensemble", avec des droits et des devoirs communs, ce qui ne signifie nullement "l'uniformisation"... On peut être un "bon français", même si par ailleurs on défend l'originalité de sa province (ex: la Bretagne), et on peut l'être aussi ...si , ancien immigré ou enfant d'immigré, on accepte de s'intégrer dans la "communauté", comme l'ont fait malgré les difficultés initiales de la 1ère génération les Italiens, les Polonais ou les Espagnols avant la 2ème Guerre mondiale, mais aussi de nombreux nord-africains dans la 2ème moitié du 20° siècle... Car l'esprit de tolérance doit permettre que l'intégration ne se fasse que progressivement, dans la mesure où il n'est pas évident pour certains immigrés ayant vécu des coutumes très différentes de s'adapter rapidement au pays d'accueil... Le seul danger est justement que les immigrés refusent d'accepter les règles du pays d'accueil et pratiquent le "communautarisme", qui peut être le germe de conflits majeurs (à l'exemple récent du Liban ou de la Bosnie...). Il doit donc y avoir une "double volonté" d'intégration, celle des immigrés d'abord, mais aussi celle du pays d'accueil : à ce titre les responsables ont commis une grave erreur en "parquant" ou en laissant parquer les immigrés dans certaines banlieues, voire dans dans des immeubles, suivant leur origine... et, à fortiori, en pratiquant à leur endroit une "discrimination négative", notamment pour l'emploi... Ce qui ne signifie pas d'ailleurs qu'il faille procéder maintenant à une "discrimination positive" (ex: accès aux grandes Ecoles, places réservées aux concours...), car il y a alors une atteinte au principe d'égalité... Les immigrés doivent être traités "normalement" à partir du moment où ils veulent être "français", ce qui pose d'ailleurs le problème de l'acquisition de la "nationalité" : il faut "vouloir" être français, et le "droit du sol," à ce titre , est un "non-sens"...

   En conclusion, la "nation" doit être "une communauté", ouverte et tolérante, à l'abri de toute dérive "nationaliste"... et les responsables politiques seraient bien inspirés de la remettre "à l'honneur" !

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Published by Jean Daumont - dans L'Histoire
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commentaires

Jacques Heurtault 07/03/2006 18:56

Pendant la Révolution Française,  il était possible d'adopter la nationalité française sur simple adhésion aux valeurs de cette révolution. Je ne sais plus où j'ai lu cela.