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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 10:59

   L'homme est un "animal social" - au sens générique de l'expression - c'est-à-dire qu'il partage avec les animaux le besoin de "vivre en société" ...Et ce besoin s'est toujours manifesté au cours de son histoire, du plus près au plus loin : famille, tribu, quartier, cité, pays ...jusqu'à l'organisation internationale actuellement en cours mais encore inachevée ...

   Mais il y a une nécessité constante pour le bon fonctionnement de cette vie en société : celle d'une "acceptation réciproque" de leurs droits et de leurs devoirs par les gens concernés ... Sinon, même dans un pays comme la France qui se flatte d'être le "pays des Droits de l'homme", et à fortiori dans les autres pays, il y a inévitablement un phénomène de "rejet"... C'est pourquoi on a pu dire qu'une discrimination sociale peut naître d'une "auto-discrimination" : un sémitisme excessif peut engendrer - sans le justifier - de l'antisémitisme, comme l'anti-islamisme peut résulter d'un islamisme extrêmiste... Et ce problème de l'acceptation réciproque se pose à tous les niveaux :

   - Les familles existent par définition pour l'éducation des enfants, et elles ne s'arrêtent pas à une simple relation héréditaire puisqu'il y a encore dans certains pays une vie en "famille élargie" et que la pratique de l'adoption est encore fréquente ...C'est la base incontournable de l'intégration sociale, et c'est le plus souvent l'incapacité de certaines familles à assurer cette éducation qui aboutit à l'existence des "a-sociaux"...

   - Il en est de même pour les groupes sociaux intermédiaires (quartiers, cités, banlieues...) dont les responsables ont la mission d'assurer l'encadrement de la population de tous âges, qu'il s'agisse des établissements scolaires ou des organismes "socio-culturels" ...Mais là aussi, il peut y avoir des insuffisances ou des défaillances : comment expliquer en effet, même en tenant compte de la faiblesse de certaines familles, que, dans des villes ayant une certaine identité "populaire", il y ait eu en 2007 une proportion d'agressions et violences de 31,27 pour 1000 habitants à Saint-Denis (93) ou de 19,49 à Aubervilliers (93) alors qu'il y en a eu seulement 1,89 à Carmaux (81) ou 1,90 à Decazeville (12) ?... Manifestement, dans le 1er cas, il y a une mauvaise gestion des flux migratoires - avec la formation de "ghettos" dans des immeubles ou des quartiers - favorisant un comportement "communautariste" (qu'il s'agisse de pays d'origine, de religion ou de motifs plus complexes) à l'opposé d'une politique de "melting pot" favorisant l'intégration...

   - Il est vrai que cette intégration -qui avait pourtant été réussie avant la 2ème guerre mondiale, malgré des réticences initiales, avec les Italiens et les Polonais en raison de leur souci d'assimilation - n'a certes pas été favorisée dans la 2ème moitié du 20ème siécle par l'incohérence de la politique gouvernementale, de "gauvche" comme de "droite" : d'abord un appel massif à des immigrés maghrébins pour la reconstruction ...et pour le développement industriel, souvent en raison - il faut en convenir - du refus des "hexagonaux" d'effectuer certaines tâches ...C'est d'ailleurs l'époque où certains proclament 'l'Algérie française" qui aurait comporté une libre circulation entre la France et l'Algérie ...Puis, après la décolonisation, arrivent, les Africains noirs ...à la fois une élite issue de "grandes familles" fréquentant les Universités ...et une masse souvent misérable venant chercher en France une "vie meilleure", même si elle aboutit souvent dans des "bidonvilles" ...Arrivée mal contrôlée - ou pas contrôlée du tout - de "sans-papiers", que les socialistes à partir de 1981 acceptent de "régulariser" au nom des "Droits de l'homme", bien que certains d'entre eux aient manifesté leurs réserves, comme Michel Rocard déclarant que "la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde", en ajoutant néanmoins "qu'elle doit y prendre sa part"... "Appel d'air" qui a eu pour effet d'accroître encore l'immigration, le nombre d'immigrés atteignant environ 5.000.000 en 2004, dont 1.500.000 ayant acquis la nationalité française, pour une population totale de 65.000.000 habitants en France... Nombre considérable, représentant le tiers des 15.000.000 d'immigrés recensés en Europe... Mais il est exagéré de dire qu'il s'agit d'un vaste mouvement de la population des pays pauvres vers les pays "riches" - et notamment la France - car l'immigration des pays pauvres vers d'autres pays pauvres, même s'ils sont désormais considérés comme "émergents", est également considérable, souvent en lien avec des problèmes politiques : 3.000.000d'Afghans au Pakistan, 1.500.000 Irakiens en Syrie, camps de réfugiés de l'ex-Indochine en Asie du Sud-Est (boat-peoples), etc...

   C'est pourquoi, à défaut d'une organisation internationale encore déficiente malgré les efforts de l'UNESCO, il apparaît légitime que les pays d'immigration comme la France cherchent à "canaliser" le flux dans ce qu'il est convenu d'appeler "l'immigration choisie"...Encore faut-il que les conditions d'une telle pratique soient clairement définies :
   - D'abord, établir les besoins en fonction du marché de l'emploi et des qualifications, car il n'est pas possible et il est même choquant d'accepter des immigrés - et à fortiori leurs familles - s'ils n'ont pas d'emploi ou si cet emploi est dissimulé avec des salaires permettant leur embauche au dépens des "autochtones"...
   - Ensuite, souscrire des conventions avec les pays d'origine, afin que ceux-ci puissent "réguler" les départs sans être privés des "forces vives" indispensables à leur développement...
   - Egalement, organiser l'accueil des immigrés retenus par une action concertée entre l'Etat et les Collectivités locales, prévoyant une affectation de logements sans considération de "communautés", des aides diverses à l'installation (primes, prêts à taux zéro, cours du soir pour les adultes...) en contrepartie d'un engagement de respecter les lois françaises et , si besoin est, d'apprendre le français...
   - Inversement, prendre les dispositions nécessaires pour le "retour au pays" des immigrés en situation irrégulière, dans des conditions réellement "humanitaires", ce qui signifie qu'en dehors de cas de violences justifiant une expulsion immédiate, les immigrés doivent être traités avec respect, car le fait d'entrer illégalement dans un pays pour aspirer à une "vie meilleure" n'est tout de même pas un crime, et ne justifie pas une "rétention " prolongée dans des centres spécialisés relevant plutôt de la "détention"...
   - Enfin, participer de façon active à l'aide internationale pour le développement des pays pauvres, suivant le principe que le meilleur moyen de remédier aux problèmes de l'immigration clandestine n'est pas de s'attaquer seulement aux conséquences dans les pays d'accueil mais de s'en prendre aux causes qui sont le plus souvent l'incapacité des pays d'origine à subvenir à des besoins croissants...

  A ce titre, on ne peut que se réjouir de la mise place d'un Pacte Européen de l'Immigration, et des efforts entrepris par un Français, Jacques Barrot, Commissaire européen à la Justice, à la Liberté et à la Sécurité, pour assurer une politique cohérente et humaine... Comme on ne peut que se réjouir de l'application exemplaire de la Constitution française prévoyant que "Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur le territoire de la République" ...

 

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Published by Jean Daumont - dans Population
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commentaires

Dracip 29/06/2008 23:13

Bonjour Jean.Un petit tour de Dracip pour vous remercier de votre présence parmi nous ,et vous encourager pour la qualité de votre blog.Bonne semaine.

Daumont Jean 26/06/2008 08:25

   C'est toute l'ambiguïté du slogan "Algérie Française" qui, bien entendu, pour les "français d'Algérie", signifiait le maintien de leur domination de fait, mais dont l'effet induit aurait été une "communauté" des "Algériens" et des "Français" d'Algérie et de la "Métropole" dans un même ensemble... De Gaulle l'avait "compris" avant même son retour au pouvoir en 1958, ...d'où ...l'ambiguïté de son discours "Je vous ai compris !" à Alger ...Lire les témoignages de ses "proches" dans le livre de Michel Tauriac "Vivre avec De Gaulle" plein d'anecdotes souvent surprenantes sur toutes sortes de sujets rangés par thèmes...

Jacques Heurtault 25/06/2008 23:10

Je pense que bon nombre des partisans de l'Algérie française étaient avant tout soucieux de préserver leurs intérêts ... coloniaux.Il eut été techniquement facile de réaliser la fusion politique de l'Algérie et de la métropole. Cela aurait eu pour conséquence de permettre, aujourd'hui, que 40 millions d'Algériens soient Français comme vous et moi ... C'était politiquement inacceptable pour une écrasante majorité de Français, de gauche comme de droite. D'où la seule solution viable : l'indépendance.