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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 16:02
   "Egon Zoon Politikon" ... "L'homme est un animal politique", disait déjà le philosophe grec Aristote au 4ème siècle avant JC pour signifier que l'homme étant  par nature un "être sociable" a toujours éprouvé le besoin d'organiser ses relations mutuelles ...

   Cette organisation a d'abord consisté pour les "premières" sociétés humaines à vivre en "clans", c'est-à-dire dans des familles le plus souvent nomades, associées pour des motifs économiques, notamment l'élevage ...Ensuite seulement, avec la sédentarisation et l'agriculture, les hommes construisent des huttes puis des maisons regroupées à proximité, donnant ainsi naissance à des "cités" ...en grec "polis", dont la gestion en commun a donné l'adjectif "politikos", dont vient le mot français "politique" ...Les cités les plus importantes se sont souvent élargies en "cités-états", comme celles des Cananéens en Palestine avant l'arrivée des Hébreux, ou celles  des ports de Phénicie - Sidon et Tyr - dans le Liban actuel, ou encore les métropoles - Athènes et Corinthe  en Grèce - et  bien entendu Rome en Italie, donnant elles-mêmes naissance à des "colonies" ou des "empires" sur tout le pourtour de la Méditerranée ...C'est ainsi que le mot "politique" s'étend progressivement à l'organisation des Etats, avant de s'étendre à l'époque moderne aux relations internationales...

   Cette organisation "politique" n'a cependant pas été homogène dans l'espace et dans le temps, car elle a donné lieu à des "régimes" variés : la forme la plus répandue a longtemps été la "monarchie" accordant la direction des affaires à un seul homme (rarement une femme...), à l'origine de façon élective, mais le plus souvent ensuite de manière héréditaire... Mais, à partir de la Révolution Française de 1789 et au cours des 19ème et 20ème siècles, malgré de nombreuses vicissitudes, la "démocratie", c'est-à-dire étymologiquement "le gouvernement par le peuple" (démos en grec) s'est progressivement installée - du moins en principe - dans une majorité de pays en Europe et dans le monde ...Toutefois, cette démocratie a pris des formes variées : un pays comme l'Angleterre, qui a eu un Parlement dès le 13ème siècle (Grande Charte 1215), a toujours eu une ...monarchie, même si le roi (ou la reine ...) n'a plus maintenant de pouvoir réel ...Inversement, d'autres pays ont été officiellement des "républiques" (latin républica: affaires du peuple) comme l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) , alors que le pouvoir appartenait en fait à un seul homme ...et il en est encore de même dans de nombreuses "républiques" d'Afrique, d'Asie et d'Amérique ...

   Dans ce contexte politique, le cas de la France est original, car elle a connu pratiquement tous les régimes, avec leurs nuances internes : d'abord la monarchie, successivement élective (Clovis sur le pavois), féodale (les Rois fainéants), absolue (de François 1er à Louis XVI), constitutionnelle (Louis XVI de 1789 à 1792, Le Consulat et le 1er Empire de 1799 à 1815, puis la Restauration et la Monarchie de Juillet de 1830 à 1848,  le 2nd Empire de 1852 à 1870, et ..L'Etat de Vichy de 1940 à 1944) ...mais aussi la démocratie dans ...5 républiques (1ère de 1792 à 1799, 2ème de 1848 à 1851, 3ème de 1870 à ...1940, 4ème de 1944 à 1958, 5ème depuis lors), soit ...12 régimes différents, dont 11 depuis seulement 2 siècles, et ceci bien entendu sans énumérer les gouvernements et les remaniements ministériels pratiquement incalculables...

   On peut évidemment s'interroger sur cette originalité politique de la France ...Certains historiens invoquent un "tempérament" remontant aux origines mêmes du pays ..."Peuple instable et querelleur", disait déjà Jules César à propos des Gaulois, et l'histoire montre que les Francs ont peut-être imposé un "ordre" inspiré de leur origine germanique et donné leur nom au pays, mais ne sont manifestement pas parvenus à y vaincre un goût immodéré de la "dispute" (Guerre de Cent Ans, Guerres de Religion, Fronde, Révolutions de 1789, 1830 et 1848, Commune  ...et Mai 1968) ... Néanmoins,  il faut aussi considérer les conditions économiques et sociales qui, par une opposition entre une minorité de "riches" (des privilégiés de l'Ancien Régime aux "200 familles" du 19ème siècle...) et une majorité de "pauvres", ont contribué largement à son instabilité politique...

   La France aurait pu, certes, faire le choix, après la chute du 2nd Empire en 1870, d'une démocratie à "l'anglaise " ou à "l'américaine", avec un exécutif assez fort pour assurer la stabilité politique ...mais les "républicains" ont alors préféré, avec la Constitution de 1875, un régime "parlementaire" à un régime "présidentiel", non sans raison puisque les deux premières républiques avaient débouché sur des dictatures ...L'ennui fut que, faute d'un système électoral "majoritaire", l'Assemblée et le Sénat s'émiettèrent en de nombreux "partis" correspondant grosso modo aux intérêts particuliers des divers groupes sociaux : grands propriétaires, paysans, commerçants, ouvriers, employés... Et, même si les responsables politiques ne manquèrent pas de qualités et contribuèrent fortement au développement du pays ainsi qu'à sa défense lors de 3 grandes guerres (Thiers, Gambetta, Caillaux, Poincaré, Clémenceau, Blum...), ce régime montra ses limites après 1945 face à des crises graves (guerre d'Indochine, affaire de Suez, Guerre d'Algérie), ce qui conduisit à l'instauration d'un exécutif fort par le Général De Gaulle en 1958, encore accentué en 1962 par l'élection du Président de la République au suffrage universel ...Exécutif assurément fort, sans être cependant un régime présidentiel en raison des pouvoirs importants laissés à l'Assemblée devant laquelle le gouvernement nommé par le Président restait responsable : on a pu parler de régime "semi-présidentiel", comme on aurait pu parler de régime semi-parlementaire, puisqu'en pratique il y a un équilibre ...équilibre à "géométie variable" assurant une relative stabilité puisque, à la faveur des "cohabitations" (majorité parlementaire différente de la majorité présidentielle) la réalité du pouvoir a pu passer du Président à l'Assemblée, et inversement...

   C'est pourquoi le projet de révision constitutionnelle déposé par le gouvernement et actuellement en discussion au Parlement a un intérêt d'autant plus grand qu'il se présente de façon étonnante "à fronts inversés" ...En effet, on aurait pu penser qu'en raison de "l'activité", voire "l'activisme", du Président Sarkozy, présenté volontiers comme un "hyper-Président", cette révision aurait conduit à un renforcement de ses prérogatives déjà étendues ...Or ce n'est pas le cas, puisque le Projet prévoit une limitation des pouvoirs ...présidentiels (limitation à 2 mandats et encadrement des nominations aux hautes fonctions) ...et un accroissement des pouvoirs du Parlement (ordre du jour partagé, restriction du 49/3, réforme du Collège électoral du Sénat, et autorisation nécessaire pour prolonger une intervention à l'étranger) ...Certes, ce n'est pas énorme, ...mais ce n'est pas rien non plus ...Et on peut même s'interroger sur les motivations du Président Sarkozy dont le "prestige" n'a pas grand chose à gagner en cas de vote du Congrès, mais peut au contraire subir une perte sensible en cas d'échec ...Il est vrai que l'affaire devient cocasse dans la mesure où l'opposition socialiste - décidément "impayable" - a décidé de voter contre ce projet empruntant une partie de ses propositions, sous le prétexte factice que les autres ne sont pas satisfaites... Belle (?) illustration de la "politique politicienne", dérive fâcheuse de la politique, que le Général De Gaulle avait naguère dénoncée comme celle des ..."Politi...chiens"...

   ...Le Général De Gaulle, qui est justement le dernier exemple du dernier "vecteur" de la politique, à savoir  le rôle des personnalités "charismatiques" capables de transcender les "institutions", quelles qu'elles soient, à l'instar d'un Louis XIV, d'un Napoléon, ou d'un Clémenceau, quitte à encourir l'ingratitude de leur pays...

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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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commentaires

Julien Lecomte 22/07/2008 14:04

Très bon article, et très beau débat en guise de commentaires (dans lequel je ne m'aventurerais pas, connaissant moins la politique française. Je dirais juste que je trouve le reproche que l'on fait souvent à Sarko (l'hyper-présidence) doit être tempéré par cet acte dont une des logiques est de diminuer le pouvoir d'un président qui avait depuis trop longtemps trop de prérogatives, au point qu'il semble mille fois plus important, en France, d'élire un représentant exécutif, qu'un Parlement tout entier)Je suis aussi très honoré de figurer parmi vos liens.J'aimerais vous rendre la pareille : je le fais dans mon dernier article de blog (lien sur la page principale) ainsi qu'ajouter une Newsletter, mais dans ce dernier cas, la manoeuvre est fastidieuse, éclatant totalement ma mise en page actuelle...Cordialement

Jacques 21/07/2008 11:10

Notez bien que je ne me suis jamais permis, pas plus pour ce billet que pour d'autres de vous accuser de mauvaise foi.Je lis avec intérêt ceux-ci car, je me repête, votre ton est posé. Cela n'empêche évidemment pas des désaccords.Mais cette fois-ci nous sommes arrivés à une conclusion identique. C'est très bien ainsi.Bonne journée.jf.

Daumont Jean 21/07/2008 09:20

Permettez-moi de vous répondre très ...posément que je suis au contraire très cohérent :   - le projet de loi comportait bien une clause concernant la représentation du Sénat en fonction de la population (cf : mon 1er commentaire) et il a été adopté en 1ère lecture par l'Assemblée ...sauf erreur, car je n'ai pas pu retrouver, ni dans la presse, ni sur le web, le détail de ce vote...J'en étais là quand j'ai écrit mon article...   - Le projet est alors passé au Sénat et il a fait l'objet de "compromis" dont ...manifestement la suppression de la clause en litige ...(cf ci-après le discours du 1er ministre lors de la 2nde lecture à l'Assemblée)   Je ne fais pas porter le chapeau aux socilalistes puisque, de toute évidence, le gouvernement et la majorité de l'Assemblée ont cédé devant l'opposition du Sénat... pour avoir quelque chance (non certaine, d'ailleurs) de faire passer le projet par un vote des 3/5 ème au Congrès... J'affirme seulement qu'ils ont raté le coche, en préférant un refus "politicien" à une acceptation intelligente, assortie de réserves légitimes, comme le souhaitait Jack Lang, qu'ils avaient pourtant désigné pour les représenter à la Commission Balladur...   Donc je maintiens que j'étais de bonne foi lors de la rédaction de mon article, même si je reconnais volontiers que vous avez finalement raison...http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/interventions_premier_ministre_9/allocutions_parlement_496/deuxieme_lecture_projet_loi_60574.html

Jacques 20/07/2008 16:13

Vous le faites exprès ou quoi ????Ce ne sont pas les socialistes qui se sont opposés au projet quant au Sénat mais bel et bien sa majorité de droite. Je suis quand même étonné de votre aveuglement persistant, vous qui, d'habitude, êtes plus posé.Et je suis étonné que -déjà- vous vouliez, avant le vote de demain, faire porter le chapeau d'un éventuel rejet de la réforme aux socialistes alors que ceux-ci ne disposent pas de la majorité et/ou minorité de blocage.jf.

Daumont Jean 20/07/2008 15:18

   J'ai effectivement été "utopiste" en pensant qu'un accord "minimal" pouvait être trouvé sur la base de la Commission Balladur à laquelle siègeaient des représentants de l'Assemblée et du Sénat , à la fois de la majorité et de l'opposition (Jack Lang)...   Le projet ayant été une main tendue aux Socialistes - même si Sarkozy espérait en tirer gloire et remontée de la confiance - ceux-ci auraient été mieux inspirés et auraient pu tirer bénéfice de voter le Projet dans son état initial - tout en exprimant de légitimes réserves et en promettant de l'améliorer encore à la prochaine alternance, ...ce qu'ils n'avaient pas fait du temps de Mitterrand, l'auteur du "Coup d'Etat permanent", qui s'était fort bien accommodé des pouvoirs du Président de la République ...Par leur obstruction et leur refus de voter le texte au Congrès (empêchant ainsi une large majorité et donc toute manoeuvre ou concession pour l'avoir), ils partagent (sauf Lang...) les responsabilités dans cette politique "politi ...chienne.