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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 10:58

   "Dieu, après avoir achevé son oeuvre, se reposa le septième jour. Il en fit un jour béni qui lui est réservé, car lui-même avait chômé après tout son travail de créateur" (Genèse Chapitre 2 - Verset 3) ...Ainsi fut institué le "Sabbat"  - c'est-à-dire le "repos" - pour les Juifs, à l'image de Dieu, le premier des ...chômeurs... Ensuite l'évolution du calendrier à travers l'Histoire fit que ce jour fut fixé pour les Juifs au samedi (en fait, du vendredi soir au samedi soir, le coucher du soleil servant de référence) ...et plus tard pour les Chrétiens le "Dimanche" (dies dominicus - le "jour du Seigneur", c'est-à-dire du repos dominical)...

   Si le respect du Sabbat pour les Juifs - y compris non pratiquants - reste une règle pratiquement intangible, il s'en faut de beaucoup que les Chrétiens aient toujours respecté le repos du dimanche ...Certes, cette pause hebdomadaire fut longtemps imposée par l'Eglise en Occident, pour des raisons d'ailleurs plus religieuses (assistance à la messe "dominicale") qu'humanitaires ...mais le recul de son influence combiné à l'avènement dune société industrielle avait abouti dans la 2ème moitié du 20ème siècle à des horaires de travail couvrant toute la semaine, soit en moyenne 10 heures par jour donnant 70 heures hebdomadaires (le double de 35 heures...). Et, en France, il fallut attendre la Loi du 13 juillet 1906 pour que soit institué le "repos hebdomadaire" fixé alors le dimanche, sauf dérogations nécessaires... Il en fut de même progressivement dans le reste du monde, du moins dans le monde dit "occidental...

   Dans ces conditions, est-il concevable d'autoriser maintenant en France le "travail du dimanche", en n'ayant d'autre argument qu'une raison "conjoncturelle" - l'actuelle "crise économique" - alors que le repos dominical est devenu depuis longtemps un élément "structurel" de la société, c'est-à-dire une pratique passée dans les moeurs ?... Il est intéressant de citer sur ce point fondamental l'article publié par Jacques Le Goff, sociologue émérite, dans un éditorial du 30 octobre 2008 du Journal Ouest-France :

   "Voilà l'idée du travail le dimanche relancée par le gouvernement qui entend la faire débattre à l'Assemblée avant la fin de l'année. L'idée serait de multiplier les dérogations dans les zones touristiques et les "zones d'attractivité commerciale exceptionnelle", notamment dans l'Ile-de-France et dans le Sud. Objectif : activer le commerce, réveiller l'épargne endormie, bref stimuler la demande pour compenser le déficit dû à la crise. Le bon citoyen sera le consommateur, le pousseur de chariot qui se déplace, même le dimanche !...  
   Examinons les arguments avancés, faibles à l'exception de ceux concernant les services indispensables. L'argument économique de création d'emplois ?...Maintes études ont démontré que non seulement ce n'est pas certain, mais c'est l'inverse qui pourrait l'être en raison de la destruction d'emplois dans le petit commerce... Une majorité de Français disposés à travailler ce jour-là ?...oui, du bout des lèvres et à condition que cela concerne les autres "volontaires" !... Rien de très convaincant, par conséquent.
   En revanche, on pressent l'impact d'une telle mesure qui annonce, sans aucun doute, via quelque 180 dérogations, la mort prochaine du Dimanche, prié de rentrer dans le rang des jours ordinaires.
   Les Chrétiens ont de bonnes raisons de demeurer attachés à ce jour, même si la pratique dominicale n'excède plus 5 %. C'est pour eux l'instant de la suspension de l'oeuvre divine, du travail et des objets pour se rendre disponible à autre chose, pour se retourner sur le chemin parcouru les jours précédents. Comme ils sont moins nombreux, on pourrait être tenté de laisser à chaque religion le choix de son jour de repos...
   Mais imagine-t-on une société privée de la parenthèse collective pendant laquelle on met l'activité en veilleuse ? Cela voudrait dire que les besoins de l'individu et du secteur marchand l'emporteraient sur le reste...
   D'abord, le jour de repos deviendrait flottant, au gré du désir de chacun et de la souplesse de l'activité. Plus de repère fixe, pour distinguer un temps où l'on se refait, avant de "ré-attaquer la semaine" , comme on dit souvent. Tout le monde se retrouverait sur une vaste mer, surfant sur sa petite vague. Le temps serait déréglé, éclaté, au gré d'un travail qui n'aurait plus de cadre général...
   Qui ne voit les conséquences sur le social, et pour commencer, sur la vie familiale? Comment assurer des relations régulières avec conjoints, parents et enfants, si l'organisation du temps hebdomadaire annule les différences de rythme, d'occupation ? Faut-il rappeler que l'invention d'un temps réglé (ce fut celui des moines...) a permis le développement de la civilisation ?
   Autre conséquence de l'évolution annoncée : il n'y aurait plus de moment qui échapperait à l'emprise de l'activité productive et marchande. Avons-nous réellement besoin d'acheter sept jours sur sept ? Si oui, sommes-nous prêts à renoncer à ce moment de tranquillité, de repos, d'échange avec les proches, que permet le dimanche ? Si non, cela voudrait dire qu'être sans activité extérieure nous est devenu insupportable... Et ne parlons pas d'une disposition à la contemplation, à "l'état de poésie" dont parle Georges Haldas, qui serait à ranger au rayon des antiquités...
   Au moment où tout nous invite à reconsidérer un mode de vie basé sur la consommation, la banalisation du Dimanche - même au nom de l'emploi - prendrait la direction exactement opposée
..."

   Le jugement de Jacques Le Goff est sans appel... Il est évident qu'il faut trouver des solutions aux problèmes actuels et certainement imposer des sacrifices aux citoyens français - à condition qu'ils soient équitablement partagés - mais certainement pas en remettant en cause un des fondements de la société qu'est le repos du dimanche...                                                                                                                                  

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Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
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commentaires

duval 21/11/2008 10:34

certains français sont devenus fou, c'est pas possible.
pour toutes les personnes qui avis, jalouse un RMI, un Chômeur. Que se soit pour une prime ou autre chose. Echanger donc votre place, plutôt que de casser du bois sur leur dos. Aujourd'hui si tout va bien pour vous, protégé peut être professionnellement ou financièrement, tant mieux pour vous. Moi, je ne suis pas envieux. Mais, demain vos enfants ? Parler comme vous le faites ce n'est pas bien. Beaucoup de gens sont devenus indifférents à cette misère grandissante. Plus facile et sans risque de montrer du doigt les gens dans le caniveau. Mieux encore, des personnes comme vous en joue. Le vrai courage, c'est de dire (OUI, NON), mais pas de pousser les autres devant pendant, que vous faites un pas en arrière. Vous ne voulez pas travailler le dimanche, il suffit de dire NON. Prendre les autres comme bouc émissaire, c'est de la lâcheté.

Diatala 03/11/2008 11:37

Faire travailler les Rémistes le dimanche coûterait moins d'argent à la société et remettrait en cause le RSA qui ponctionne les petits épargnants. Pour les chômeurs de longue durée cela éviterait qu'ils perdent le goût du travail avec une réinsertion progressive. Tant qu'à l'antisocial, si, tout ce qui heurte certains , doit être évité, aucune réforme profonde ne se fera. Le but étant d'aider en premier ceux qui n'ont pas de travail et non ceux qui travaillent déjà.

Jacques 03/11/2008 10:23

Extrait de mon Bloc-Notes:

“Banalisation” des dimanches et jours fériés. Vous avez dit “banalisation” ?????


A coup de sondages plutôt bidons et de discours z’officiels z’et ronflants, on essaye de nous faire croire que la “grande” majorité des Français est pour bosser le dimanche  et jours fériés ainsi que pour faire ses courses ces jours-là….
Admirez la contradiction au passage…
Mais qu’en est-il des commerçants ???
Eh bien il  semble que ce soit une toute autre partition qui se joue de ce coté-là !
Demain, samedi 1er Novembre, jour férié, la plupart des magasins vont être ouverts…
Bon, comme un samedi ordinaire pourrait-on dire…
Seulement voilà, ce n’est peut-être pas aussi évident qu’on voudrait nous le faire croire.
Voilà le courrier que j’ai reçu hier:
         
Ainsi, en dépit des “sondages”, les commerçants ne sont pas sûrs du tout d’avoir de la clientèle.
Alors, ils en sont à la racoler….
Admirez là encore l’intelligence de l’affaire: ils payent le racolage en question, pas certain que ça va marcher. Ils vont avoir des frais à ouvrir leur magasin et payer le personnel en conséquence…pour un résultat qu’ils ne sont même pas certains d’obtenir.
On est vraiment tombé sur la tête dans ce Pays !

Jacques 03/11/2008 10:22

Extrait de mon Bloc-Notes:

Les Députés et Ministres UMP jouent vraiment “petit bras”. !


Vu la crise (financière, économique, du CHOMAGE),
Le Gouvernement et sa majorité ne sont vraiment pas à la hauteur des enjeux.
Car enfin, travailler le dimanche et les jours féries, n’y suffira pas. Il faut travailler 365 jours par an. Le seul jour de repos concédé étant le 29 février tous les quatre ans.
Vu le nombre de salariés foutus à la porte entre 50 et 58 ans (la quasi totalité),
Vu l’augmentation de l’espérance de vie, 
Ce n’est pas jusqu’à 70 ans qu’il faut “autoriser” les gens à continuer de travailler. Il faut mettre l’âge de la retraite à 100 ans.
Sinon la France est foutue.
Honte aux Députés et au Gouvernement UMP qui sont incapables de nous mettre en place la vraie “rupture” promise par leur ex-futur président, Nicolas S.
        jf.

Jacques Heurtault 03/11/2008 00:08

Absolument hors de question!