Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Convergences
  • : Réflexions sur l'actualité en tous genres.
  • Contact

Recherche

Archives

5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 14:50

     "I've a dream" ..."Je fais un rêve" ...Le nouveau Président des Etats-Unis Barack Hussein Obama, un "métis" élu le mardi 4 novembre 2008 - un jour qui compte - avait seulement 2 ans ...et son père, "noir" d'origine kényane, n'avait même pas le droit de monter dans la même autobus que les "blancs" ...quand le pasteur Martin Luther King, à l'occasion d'une "Marche sur Washington" le 28 août 1963 commença ainsi son discours pour l'égalité des droits des "noirs"...

      45 ans après ...soit presque un demi-siècle, le rêve est maintenant réalisé, même si des résistances subsistent encore dans certains milieux des Etats-Unis ...Et il l'est au delà de toute espérance, car les Etats-Unis , encore peuplé de 75 % de "blancs", ont ainsi élu le représentant d'une "minorité de couleur", ce que l'Afrique du Sud, à majorité noire, n'a pas encore su faire pour les blancs après "l'apartheid" ...Etrange pays que celui des Etats-Unis, capable de montrer l'exemple de l'ouverture et du courage ...avec la Déclaration des Droits de 1787 ayant servi de modèle à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 en France et à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme en 1948, ...avec l'abolition de l'esclavage des noirs par Lincoln en 1863, à l'origine de la Guerre de Sécession, ...avec le sacrifice de leurs soldats dans le monde en 1917-1918 et en 1941-1945 ...Mais aussi pays capable d'engendrer ou de ne pas savoir empêcher des crimes à l'égard de ses citoyens émérites comme ...l'assassinat du Président Lincoln le 14 avril 1865, ...celui du Président John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963, celui de son frère, candidat à la présidence le 5 juin 1968, ...et encore celui, peu auparavant, de Martin Luther King lui-même le 4 avril 1968, les "services secrets" (CIA ou FBI) étant pour le moins coupables de passivité ...Pays où le "port des armes" est revendiqué comme un droit, ...et où la "peine de mort" est encore légale dans de nombreux Etats...

  C'est pourquoi une tâche immense attend le nouveau Président Obama, car il n'est pas seulement " le Président des Etats-Unis", il est aussi "le Président du pays encore le plus puissant du monde", dont les initiatives ne peuvent qu'avoir des répercussions internationales ...et l'accueil largement favorable de son élection ne peut cacher l'urgence des problèmes à résoudre :

   - Le 1er problème sera d'assurer d'abord ...sa propre sécurité, et ce ne sera pas une mince affaire...Déjà, comme candidat, il a fait l'objet d'une protection exceptionnelle, ...et il est évident que, devenu Président, il va devenir une cible encore plus importante, car ses projets ambitieux et même parfois radicaux ne manqueront pas
de déranger les intérêts de certains "loobies", comme il en avait été des projets du Président Kennedy, dont les circonstances de l'assassinat n'ont jamais été clairement élucidées...

   - Le problème le plus important sera ensuite de redresser une situation intérieure devenue déplorable ...au terme des huit années calamiteuses du soi-disant "le plus mauvais Président de l'histoire des Etats-Unis" - Georges "W" Bush - élu de façon douteuse en 2000 sur la réputation ...de son père, l'ancien Président, qui l'avait pourtant qualifié de..."nullard" dans sa jeunesse; ...et même réélu de façon inconsidérée en 2004 dans un réflexe "d'unité nationale" et une volonté de "lutte contre le terrorisme" après les attentats du 11 septembre 2001...Résultats : un pouvoir présidentiel impopulaire en raison de l'application abusive de "l'executive unitaire" permettant de passer outre ou de ne pas parapher les décisions du Congrès ...Une crise financière suscitée par un "capitalisme dérégulé" ayant négligé d'apporter l'aide nécessaire au remboursement des prêts immobilier à taux variable (crise des "subprimes") ...Une crise économique, où la réduction du budget et du pouvoir d'achat pèse sur tous les secteurs d'activité routes et ponts mal entretenus, réseau électrique hoes d'âge, dette "abyssale de 10 milliards de dollars) ...Crise morale enfin, où l'image même des Etats-Unis est ternie par un comportement scandaleux vis-àvis des prisonniers à Guantanamo ou en Irak...

   - Car un dernier problème, aussi grave, est de rétablir le prestige des Etats-Unis dans le monde, amoindri par le comportement du Président George "W" Bush et de son aministration, qui ont déployé des milliers de soldats américains en Irak, en mentant sur la réalité "d'armes à destruction massive" et en écartant la médiation de l'ONU ...et qui ont trouvé le moyen de susciter une guerre nationale en Afghanistan par la maladresse de leur action contre les "talibans", le but annoncé - celui d'éliminer Ben Laden (dont la famille avait naguère renfloué les affaires du futur Président...), n'étant pas atteint...Politique du bâton, qui lui vaut une méfiance internationale, permettant à l'Europe de prendre le "leadership", comme l'illustre la prochaine réunion prévue, à l'initiative du Président français Sarkozy, le 15 novembre 2008 à Washington, pour prendre les mesures financières rendues nécessaires par la récente crise bancaire, notamment élaborer une nouvelle monnaie de référence, en remplacement ...du dollar américain, en usage depuis les accords de Bretton Woods en 1944...

   Le nouveau Président Obama n'est donc pas "au bout de ses peines" ...Mais, en dépit des prophètes de mauvais augure soulignant son "inexpérience, il semble prêt à les surmonter, ses premiers propos dès les résultats des élections étant des paroles "d'ouverture", d'ailleurs saluées par son honnête et valeureux concurrent Mac Cain ... Car il a clairement annoncé qu'il n'y a pas d'un côté les "démocrates", de l'autre les "républicains ...ou, d'un côté les "blancs" et de l'autre les "gens de couleur" ...mais qu'il y a seulement les "Etats-Unis" .. Et cela a une signification à la fois intérieure  ...et extérieure ...Encore deux mois d'attente - bizarrerie américaine après les élections - et le monde ne tardera pas à s'en apercevoir ...

  

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Polit. internationale
commenter cet article

commentaires

Daumont Jean 07/11/2008 08:47

   Il faut effectivement rester objectif ...Mais, à ce titre, il est "juste" de reconnaître que, dans sa campagne il n'a pas cherché à "défendre les minorités" (il n'est d'ailleurs pas un descendant des anciens esclaves noirs du Sud) ..Il a prôné "l'unité" des Etats-Unis..., qui sont tout de même maintenant un pays où une population aux 3/4 "blanche" a élu un "noir" (la notion de "métis" ne fait pas partie de la psychologie américaine)...

rachid 06/11/2008 14:08

Comme disait l'aveugle....D’un point de vue strictement symbolique, Barak Obama a raison. Le changement a déjà eu lieu puisque, pour la première fois, un Noir (en fait un métis) vient d’être élu dans une grande démocratie issue d’une ancienne société esclavagiste. Est-ce la revanche de Cimendef (le vrai, celui de l’Histoire) ? Oui. Et l’on voit bien que cette nouvelle prend un relief particulier (trop ?) en Afrique, notamment au Kenya pays du père d’Obama. Elle prend également du relief en France où l’on a suivi avec enthousiasme (trop ?) cette élection. Cette victoire symbolique aura à n’en pas douter des répercussions symboliques. Leçon numéro un : les partis politiques français doivent aujourd’hui s’ouvrir d’avantage sur la société. Ne serait-ce que pour dépasser définitivement la notion de race, de couleur, de communauté au bénéfice du seul débat sur les idées. La victoire d’Obama réjouira donc tous ceux qui militent en faveur d’une société post-raciale (et non pas communautariste). Elle ne doit pas nous transformer en apôtres du « rêve américain » pour autant. N’en déplaise, le « rêve américain » s’est fait sur le génocide d’un peuple : les Indiens d’Amérique, parqués dans des réserves. Qui en a parlé pendant la campagne ? Obama les a-t-il visités ? Qui a pensé à sabler le champagne avec eux, hier, ou à les inviter sur les plateaux de télévision ? Pour terminer, au risque d’être trouble-fête, je rappellerai cette évidence. Les civils qui meurent sous les bombes en Afghanistan ou en Irak, ceux qui meurent de faim en Afrique se moquent que les ordres soient donnés par un Noir ou un Blanc. Alors attendons pour voir, comme disait l’aveugle à sa femme qui était sourde.

bria 06/11/2008 10:12

Les subprimes ...Le gourvernement Clinton a admis son erreurInutile de critiquer Bush pour cette crise financiereIl a fait pas mal de bourdes, pas la peine de lui en rajouterD'ailleurs le seul qui s'opposait a tout ca c'etait Mc Cain

rachid 06/11/2008 08:25

Obama, la fin de la "ségrégation" positive en France ? A ce propos, selon un sondage du Journal du Dimanche, 80 % des Français seraient prêts à voter pour un président noir, 72 % pour un président d'origine asiatique, 58 % pour un président d'origine maghrébine. Prenons acte de cette bonne nouvelle, mais ne perdons pas de vue pour autant que l'élection américaine n'est pas notre élection, contrairement à ce que pourraient laisser penser nos élites médiatiques qui se pâment au seul nom de l'Amérique. Comme le dit fort bien Dominique de Villepin dans le même Journal du Dimanche, “n'allons pas réinventer l'atlantisme (...). L'Amérique n'est plus le centre de l'Occident qui n'est plus le centre du monde. Obama comme McCain défendra les intérêts de son pays qui ne seront pas exactement les nôtres”. Pour résumer les choses, la vraie révolution aux Etats-Unis ne sera pas le jour où un président Noir sera élu. Mais le jour où un président, quelle que soit sa couleur, dira “Que Dieu bénisse la planète” au lieu de “Que Dieu bénisse l'Amérique” !