Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Convergences
  • : Réflexions sur l'actualité en tous genres.
  • Contact

Recherche

Archives

14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 14:45

   Le Figaro-Magazine du 5 mai 2006 a établi un palmarès particulièrement édifiant des revenus annuels des "stars" du milieu sportif : 70 millions d'euros pour le golfeur Tiger Woods, 65 millions pour le coureur automobile Michael Schumacher, 37 millions pour le tennisman André Agassi... De quoi rêver !... Il est vrai que le footballeur français Zinedine Zidane "ne gagne que" 15 millions d'euros devant le basketteur franco-américain Tony Parker 10 millions 500 : on a presque envie de pleurer pour eux, car l'esprit cocardier en prend pour son grade... Par comparaison, les revenus de Bernard Arnault, PDG de LVMH, traînent à 4 millions, et ceux de Maurice Lévy, PDG de Publicis, plafonnent à 3 millions ... de vrais salaires de misère: c'est certainement la raison pour laquelle les PDG des grandes entreprises, qui réalisent actuellement des profits colossaux, n'ont rien de plus pressé que d'augmenter leurs salaires à la faveur des regroupements ou des "progrès de productivité"... en clair des licenciements de cadres et d'employés, engendrant ainsi la misère des autres... Ainsi va le monde !

   Il est évidemment inutile de se livrer à des réflexions "moralisantes" sur ce sujet... Et ceci d'autant moins que les vedettes du sport sont aimés du public, qui est toujours prêt à leur pardonner beaucoup de choses et estime même souvent que leurs revenus sont légitimes, car ces vedettes "mouillent leur maillot", ce qui n'est pas le cas des organisateurs des compétitions... L'ennui est néanmoins que ces "grands arbres" cachent la forêt, et que, derrière eux, il y a une foule d'athlètes et d'associations sportives souvent à court de ressources... Sans compter que leur réussite "exceptionnelle" entretient des rêves illusoires chez une majorité de jeunes jouant dans des terrains vagues...

   C'est pourquoi - qu'il s'agisse de sport ou de tout autre activité - il serait souhaitable de fixer des limites "raisonnables" aux revenus individuels, de préférence par la concertation, car l'utilisation de la contrainte - notamment par l'impôt - peut susciter des pratiques frauduleuses... Mais il resterait alors à définir ce qui est raisonnable, ce qui n'est pas une mince affaire, le bon sens n'étant pas - contrairement à l'adage - la chose au monde la mieux partagée... Pourtant, il est désormais de plus en plus dangereux de laisser s'agrandir le fossé entre les "riches" - de plus en plus riches - et les "pauvres" - de plus en plus pauvres - dans un monde qui n'obéirait plus qu'à la recherche insatiable d'un profit toujours plus grand...

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
commenter cet article

commentaires

Vanessa 21/08/2015 12:39

Je pense que ce sont des revenus bien mérités. Ils ont certainement beaucoup travaillé pour en arriver là. Je connais un sportif et il s'entraîne beaucoup pour monter de niveau. Donc j'imagine que ceux qui sont devenus des étoiles du sport ont travaillé mille fois plus.

Jacques Heurtault 21/05/2006 12:30

Si le nombre de smicards augmentent, c'est précisément dû à la hausse importante de ce SMIC, qui va bien au delà du rattrapge de l'inflation.Rappelons les faits :- Au début était le SMIG (avec un "G" signifiant "garanti"). C'était le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti. Nécessairement défini sur la base d'un taux horaire. Il n'y a pas de SMIG ni de SMIC mensuel pour la bonne et simple raison que cela n'a aucun sens. - Il ne concernait que l'industrie, le commerce et les services. L'agriculture avait le sien. C'était le SMAG. Salaire Minimum Agricole Garanti. - En 1969, un certain Jacques Chaban Delmas, Maire de Bordeaux (Tiens donc ... comme Alain Juppé il n'y a pas si longtemps) crée le SMIC. Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance. Non seulement, sur simple décision administrative (un arrêté suffit), le SMIG est revalorisé afin de maintenir son pouvoir d'achat, mais encore, il est "sur-revalorisé" pour tenir compte de la croissance économique (à l'époque, elle frisait assez souvent les 5%, voire 6% par an!). D'où son changement de nom. - On prend donc en compte des indicateurs qui mesurent cette croissance globale, variable d'un secteur industriel à l'autre. Comme tous les secteurs industriels ne sont pas en croissance, en tout cas pas à ce niveau, cela provoque une augmentation mécanique du nombre de smicards car certaines branches industrielles ont du mal à suivrecette progression et ne revalorisent pas les salaires "contractuels dans la même proportion.- Les luttes sociales n'étant pas à un niveau  suffisant du fait de la trop faible représentativité des syndicats, on voit poindre la revendication "politique "des coups de pouces" qui s'ajoutent aux revalorisations automatiques (dérive des prix + prise en compte de la croissance).- Succès garanti! Aujourd'hui encore, que n'entend t-on pas : "Comment voulez vivre avec 1.000 euros par mois?". C'est pourtant le niveau "net" du SMIC actuel ramené à 35 heures par semaine. Nous avons le privilège (encore une exception française ...) d'avoir le Smic horaire le plus élevé du monde! - Il s'en suit donc, une nouvelle augmentation du nombre de smicards car c'est non seulement certaines branches industrielles qui peinent à suivre mais encore presque toutes! Cela provoque un écrasement de la hiérarchie des salaires. Aujourd'hui, non seulement le manoeuvre balai est payé au SMIC, mais encore beaucoup d'ouvriers qualifiés. Cette situation n'est pas saine.   

Daumont Jean 15/05/2006 09:38

   Je vous accorde que mon article est un peu ...simplificateur. Mais si le pouvoir d'achat des "smicards" a augmenté, il faut préciser que le nombre de ceux-ci, à ma connaissance, a lui aussi augmenté, ce qui est donc globalement une ... paupérisation. Et que dire des chômeurs, dont le nombre réel (derrière des faux-semblants divers) est d'au moins 5 millions, dont beaucoup sont, comme on dit,  "de longue durée" et "en fin de droits" ?...

Jacques Heurtault 14/05/2006 16:13

Nous sommes assez souvent d'accord mais, il faut le dire, nous ne le sommes pas. Je crois qu'il ne sert tout simplement à rien de vouloir mettre en oeuvre ce que vous proposez. Tout d'abord,  s'il est exact que les riches deviennent de plus en plus riches, il est, par contre, faux de dire que les pauvres deviennent de plus en plus pauvres. Le phénomène de paupérisation absolue a disparu de notre univers en tant que phénomène de masse. Par contre il est exact que l'accroissement de richesse (en terme de fortune ou bien, sion préfère, de capital) des plus riches augmente. Autrement dit, l'écart entre les riches et les pauvres augmente; mais, en moyenne, les pauvres sont moins pauvres maintenant qu'il y a 10 ou 20 ans. Le pouvoir d'achat du smicard a nettement augmenté pendant ces 10 dernières années et le nombre de personnes ayant des revenus proches du smic a lui aussi augmenté.; surtout pour la tranche de revenus comprise entre 1 et 1,6 fois le smic. Cela amène certaines couches moyennes a penser qu'elles se paupérisent car, semble-t-il, il est psychologiquement important de maintenir les écarts.