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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 08:59
   L'histoire de la femme est naturellement inséparable de celle de l'homme, mais elle n'est pas l'histoire d'une émancipation progressive d'un sexe réputé "faible" par rapport à un sexe "fort"...

   C'est même le contraire qui apparaît au cours de la Préhistoire, du moins dans la dernière période dite du néolithique qui, avec 15.000 ans environ, est à elle seule plus longue que l'Histoire : en effet les archéologues ont mis à jour des statuettes représentant des "déesses-mères", alors qu'il n'y en a pas d'équivalentes représentant des ..."dieux-pères", ce qui semble traduire l'existence d'une société "matriarcale" où la femme était plus honorée que l'homme en raison de sa "fécondité" et peut-être aussi de son cycle menstruel correspondant aux lunaisons...

   Cette "pré-éminence" féminine s'efface, il est vrai, dès le début de l'Histoire, c'est-à-dire à partir du 5ème millénaire avant J.C. autour de la Méditerranée et en particulier dans le Moyen-Orient ...On se perd en conjectures sur cette évolution, peut-être liée aux débuts de l'agriculture demandant à la fois plus de force physique et de disponibilité (nombreuses maternités des femmes) ...Toujours est-il que la "pré-éminence" masculine se manifeste dès les premières "civilisations", non seulement dans le "gouvernement" des sociétés, accaparé par les hommes, mais dans leur "panthéon" divin, où les dieux mâles prennent le pouvoir (Amon-Ra en Egypte, Mardouk en Assyrie, Zeus en Grèce ...et Jupiter à Rome), ravalant aux deux "niveaux" les femmes à un rôle secondaire ...Certes, plusieurs femmes de l'Antiquité sont restées célèbres, mais elles sont toujours associées à des hommes, comme Néfertiti avec Akhénaton, Néfertari avec Ramsès II, Cléopâtre avec César et Antoine, ou plus tard Théodora avec Justinien ...Une exception apparente , la "Pharaonne" Hatchepsout , mais elle s'est "affichée" en homme, portant pagne et barbe postiche ...et, après sa mort, son nom a été martelé sur ses monuments - en particulier à Deir-el-Bahari - signe manifeste de la réaction immédiate d'une société "patriarcale"...

   La marginalisatioin des femmes tourne même à la "misogynie" avec l'avènement des religions "monothéistes"...Est-il besoin de rappeler que dans l'Ancien Testament des Hébreux Eve est considérée comme responsable de la "Chute" ?... Il suffit de citer le texte du Siracide (Ch.25/V.24) : "L'origine de l'erreur est la femme et nous mourrons tous par sa faute" ...Et Paul en rajoute pour les Chrétiens : "L'homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu'il est l'image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l'homme ...En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l'homme...(Ep.Corinthiens II -7/11) et il précise même :"Le mari est le chef de la femme comme le Christ est le chef de l'Eglise"... Effacement que justifie Clément d'Alexandrie au 2ème siècle : "La conscience même de leur nature ne doit évoquer en elles qu'un sentiment de honte" (Paedogogus II-33/2) ...Quant aux Musulmans, en dépit de la sympathie manifestée par leur Prophète Mahomet, ils ne reconnaissent pas, à l'origine, de statut légal aux femmes qui doivent "restées soumises à la volonté de leur père ou de leur époux"...D'ailleurs, Yaveh, Dieu, et Allah sont des divinités "masculines" ...et les textes sacrés ne leur reconnaissent pas de "relations sexuelles", jugées "diaboliques", même dans la religion chrétienne où Jésus, le "Fils", est engendré du "Père" ...par l'opération du "Saint-Esprit"....Même dans les religions sans Dieu comme le bouddhisme, le corps féminin ne permet pas "d'atteindre l'Eveil"...Cette croyance  correspond à une notion persistante"d'impureté", le corps de la femme paraissant comme pollué par le sang, qu'il s'agisse des règles ou des naissances ...Même la "Vierge" Marie devra se "purifier" après la naissance de Jésus ...C'est d'ailleurs la raison essentielle justifiant que les femmes sont écartées de toute fonction "liturgique"...Un Concile a même au 6ème siècle discuté de l'existence d'une "âme" chez les femmes !...

   Néanmoins, au Moyen-Age, la "situation" de la femme s'améliore : non seulement le culte de Marie, mère de Jésus - jusque là marginalisée - se développe (nombreuses cathédrales consacrées à "Notre-Dame"), mais dans la société "laïque", au moins aristocratique, apparaît "l'amour courtois"...Et ce n'est pas par hasard que des femmes mystiques sont reconnues par l'Eglise, comme Hildegarde de Bingen au 12ème siècle ou Thérèse d'Avila au 16ème siècle ...La femme est honorée pendant la Renaissance, comme la chante Ronsard :
                                "Mignonne, allons voir si la Rose
                                  Qui ce matin avait déclose
                                  Sa robe de pourpre  au soleil
                                  N'a point perdu cette vêprée 
                                  Les plis de sa robe pourprée          
                                  Et son teint au vôtre pareil"...

   Mais cette période faste ne dure pas avec la rigueur de la Réforme protestante et la Contre-Réforme catholique ...En 1622, Marie de Gournay réclame un meilleur accès à l'instruction dans son ouvrage sur "L'égalité des hommes et des femmes", mais sous le Roi -Soleil, Molière ironise sur les "Femmes Savantes" :
   "Nos pères, sur ce point, étaient gens bien sensés 
    Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez
    Quand la capacité de son esprit se hausse
    A connaître un pourpoint d'avec un haut-de-chausse"...

   Au 18ème siècle, le rôle des femmes s'accroît avec les "salons" où se retrouvent les "Philosophes", mais même la Révolution de 1789 ne leur accorde pas l'égalité, puisqu'elle proclame la Déclaration des Droits de "l'homme" ...et qu'Olympe de Gouges n'obtient pas la reconnaissance de sa "Déclaration des Droits de la femme" , c'est-à-dire que "la femme naît libre et égale à l'homme en droits" ...Les femmes restent exclues du corps électoral et elles le resteront en France malgré trois nouvelles Révolutions (1830, 1848 -celle de la devise "Liberté, Egalité, Fraternité", et 1871-la Commune) ... 
 
   Et, malgré ses leçons de démocratie données au monde, la France sera l'un des derniers pays "occidentaux" à accorder le droit de vote aux femmes et donc l'égalité civique avec l'ordonnance du Général De Gaulle en 1944 ...Egalité de principe, qui, un demi-siècle plus tard, est loin d'être encore pratiquement respectée, même si en contrepartie la femme conserve une pré-éminence parfois douteuse dans la publicité...
                                  

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Published by Jean Daumont - dans La femme
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commentaires

Diatala 28/01/2009 20:54

Vous savez, l'homme aujourd'hui se marchandise et se galvaude par cupidité au même titre que la femme ; il devient une marchandise et son statut de protecteur s'efface et se distille à grands pas. Mais à quand l'ère matriarcale, ou à la véritable parité. Le véritable homme disparaît au profit d'étranges chimères ; mais nous n'avons pas le droit de le dire...