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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 11:16

   Dans la quête de "l'Au-Delà", il ne suffit pas d'évoquer les religions , et notamment la Bible judéo-chrétienne qui, avec les Prophètes de l'Ancien Testament et Jésus-Christ dans le Nouveau Testament,  témoigne de son "Existence" ...Il faut en venir à "l'Essence", c'est-à-dire à "Dieu" lui-même ...En venir ...peut-être ...mais y parvenir ...c'est une autre affaire, car l'humanité n'a jamais cessé de s'interroger à son  propos sans parvenir à y répondre, étant écartelée entre "l'Etre" et le "Néant"...

   Le nom même de "Dieu" en français vient du latin "Deus", issu lui-même de la racine indo-européenne "Dei-wo", signifiant "la Lumière du Ciel" ...Etymologie révélatrice, car elle montre que la notion de "Dieu" est liée à la "conscience humaine", c'est-à-dire à la perception du monde par les hommes. Et les exégètes s'accordent à penser que cette perception ne s'est établie que progressivement au cours des temps...

   Aux Temps Préhistoriques, les hommes étaient largement soumis aux "forces de la nature", et ils avaient donc cherché à se les concilier, non par une recherche "abstraite" dont ils étaient individuellement incapables, mais par une action "concrète" et "collective" consistant à les représenter sous la forme de "dessins" - comme les peintures de taureaux dans l'art pariétal - ou de "sculptures" élémentaires" comme les statuettes de "déesses-mères" attestant d'un culte primitif où les femmes tenaient un rôle majeur en raison de l'importance fondamentale de la "fécondité", permettant d'en induire à la possibilité d'une société "matriarcale"...

   C'est néanmoins une société "patriarcale" qui apparaît à l'aube de l'Histoire, peut-être en rapport avec le rôle prédominant pris par les hommes dans les travaux agricoles et les conflits guerriers ...Et les hommes n'organisent pas seulement leur propre "Cité"..., ils organisent parallèlement la "Cité divine" avec des "dieux" représentés sous des formes diverses empruntées à la nature, soit "animales", soit "anthropomorphes", soit "mixtes"..., le "panthéon" étant le plus souvent dominé par un "Dieu" plus puissant : Amon-Râ en Egypte, Mardouk en Babylonie, El chez les Cananéens, Baal chez les Phéniciens,  ...jusqu'à Zeus en Grèce ..et Jupiter à Rome...Les femmes n'y sont pas absentes, mais dans ce monde "machiste" elles ne sont que des "épouses" ou des "acolytes" comme Athèna à Athènes ou Cybèle à Ephèse ...Et, dans tous les cas, ce ne sont que des dieux "nationaux" ou "dynastiques" dont le culte est "monolâtrique", avec le seul souci de la protection du peuple adorateur, sans prétention à gouverner l'ensemble du monde...

   Cependant, les hommes ne se satisfont pas d'un culte "de leur vivant" et ils s'interrogent sur ce qui peut leur advenir après la mort, s'élevant ainsi peu à peu de la vie "concrète" à une immanence "abstraite"... Cette recherche ne débouche pas nécessairement sur la notion d'un "Dieu suprême", puisque dans l'Extrême-Orient elle a pu donner une religion "sans Dieu" comme le Bouddhisme à partir du 6ème siècle av.JC, où "l'âme" peut gagner le "Nirvana", c'est-à-dire un état de sérénité totale au terme de diverses incarnations ...Mais dans la région méditerranéenne, et d'abord au Moyen-Orient, elle se concentre sur la notion d'un Dieu "unique", qui n'est plus seulement le protecteur d'un peuple mais s'élève au rang d'un Dieu "universel" tout puissant : c'est notamment le cas d'un petit peuple inconnu au début du 1er millénaire av.JC, les Hébreux", dont le dieu "Yaveh" d'abord en concurrence avec d'autres dieux (réf."le Veau d'or") devient finalement le seul Dieu "omnipotent", "immatériel" et "Créateur de toutes choses" (monothéisme), à la différence des dieux divers et hiérarchisés des autres peuples dont le culte est jugé "idolâtre" (polythéisme)...

   Toutefois, alors que, pour les Hébreux de l'Ancien Testament devenus les Juifs, Dieu était un "Souverain du Ciel" plus ou moins "masculin" et "tyrannique" - leur imposant son soutien ou sa sanction dans le cadre d'une "Alliance" privilégiée (cf.le "peuple élu"),  ...pour leurs héritiers Chrétiens, il ne s'agit  avec Jésus-Christ dans le Nouveau Testament que d'un Dieu "terrestre" à la fois plus "féminin" et "miséricordieux" ...Et comme Jésus-Christ se proclame "Fils de Dieu", apparaît alors la notion de "Dieu le Père", représenté comme un vieillard barbu , ce qui avec le complément du Saint-Esprit, "humanise" Dieu, ainsi divisé en "trois personnes"...

   Il est vrai que l'Eglise trahit ensuite le message de Jésus-Christ (cf."Aimez-vous les uns les autres") en organisant une religion "chrétienne" fondée sur le dogme fondamental de la "culpabilité" des hommes, avec tous les excès qui en résultent du Moyen-Age aux Temps Modernes ...de la théocratie pontificale à l'Inquisition et ses tortures ...au nom de Dieu.


   C'est d'ailleurs pourquoi, en réaction contre l'autoritarisme "totalitaire" de l'Eglise, se développe en Europe à partir du 16ème siècle, à la faveur des progrès de la science, le courant "philosophique" : Il s'agit d'abord d'une réflexion critique avec Montaigne , puis d'un souci de soumettre Dieu à l'analyse de la raison humaine, avec Descartes, Spinoza et Kant ...Mais, à partir du 18ème siècle, Dieu lui-même est mis en cause, par une sorte de contrecoup de sa puissance antérieure : les guerres permanentes et des évènements comme le tremblement de terre de Lisbonne le jour ...de la Toussaint 1755 contribuent alors au "déclin de Dieu", jugé incapable d'assurer "l'ordre du monde" ...Voltaire ironise dans Candide" sur le "meilleur des mondes" ...et s'en prend à l'Eglise qui trompe l'humanité : "Ecrasons l'Infâme !" ...Et ensuite la Révolution Française ne se gênera pas pour confisquer les Biens de l'Eglise ...et installer dans la cathédrale Notre-Dame de Paris le culte de la déesse Raison, comme Robespierre organisera une cérémonie pour le culte de "l'Etre suprême" ...La déesse Raison ...l'Etre suprême ...Assurément Dieu n'est pas loin, même par dérision...

   Et au 19ème siècle, malgré la "Restauration", le "Concordat", la "Sainte-Alliance"...la situation de Dieu ne fait qu'empirer ...Car "l'Union du Trône et de l'Autel", prétendant associer la souveraineté de Dieu à celle des Rois, engendre au contraire la négation de Dieu, c'est-à-dire, au sens étymologique, "l'athéisme" : Auguste Comte, avec le positivisme, rejette toute préoccupation "métaphysique", ...Darwin, avec sa théorie sur l'Evolution des espèces - dont l'homme - démolit l'idée même de la Création intangible du monde par Dieu ...Marx parle de "l'opium du peuple" ...et Nietzsche déclare tout bonnement que ..."Dieu est mort"....

   En fait, Dieu n'est pas mort ...mais il change de "forme", surtout à partir de la 2ème moitié du 20ème siècle avec l'ébranlement religieux du Concile Vatican II (1962-1965) qui "libéralise" la foi ...et avec la contestation du principe d'autorité initiée par les évènements de Mai 1968 ...On passe alors d'un Dieu "extérieur" et "personnifié" à l'image d'un homme   ...à un Dieu "intérieur" et "immanent" propre à chaque homme ...Ce n'est pas par hasard que la fréquentation du culte ne cesse de baisser alors que se développe la "quête spirituelle" où le "croyant" veut dépasser le conformisme religieux en s'impliquant à la fois dans une recherche individuelle de Dieu et dans un souci d'oecuménisme où Dieu devient une "entité" commune à l'ensemble du monde ...Ainsi, après un temps immémorial où "Dieu a créé l'homme" ...c'est maintenant  "l'homme qui crée Dieu" ...

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Published by Jean Daumont - dans Religion
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