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24 mai 2006 3 24 /05 /mai /2006 09:36

   Actuellement, il ne se passe pas de mois, et parfois de semaine, sans que les médias annoncent le renchérissement du pétrole, dont le gaz ne manque pas d'ailleurs de suivre la courbe exponentielle, grevant ainsi l'économie mondiale et accentuant encore l'écart entre les pays riches et les pays pauvres :

   - Le 1er scandale est de considérer ce renchérissement comme "normal" et de dire même que le monde doit se préparer à une montée inévitable du prix du baril des 60 dollars actuels à plus de 100 dollars, en prétextant l"épuisement des ressources dans un proche avenir... Certes, les réserves ne sont pas sans limite, mais il n'y a pas encore urgence dans la mesure où l'estimation des réserves mondiales monte depuis plusieurs années plus vite que l'accroissement de la consommation, compte tenu des gisements découverts et encore peu exploités de Sibérie, du Brésil et d'Afrique, sans oublier la possibilité d'une extension des des gisements "off-shore" dans l'immense étendue des océans...

   - Le 2ème scandale est que le renchérissement du pétrole profite "essentiellement" aux compagnies pétrolières qui réalisent des bénéfices colossaux : ex. Exxon Mobil 36 milliards de dollars en 2005, Total 12 milliards d'Euros... En fait, ce renchérissement a une explication surtout "conjoncturelle", à savoir l'insuffisance des possibilités de raffinage - notamment aux Etats-Unis, principaux producteurs - ainsi que l'augmentation rapide de la consommation - notamment en Extrême-Orient... Il suffit alors de jouer sur cette difficulté, par exemple à l'occasion de problèmes politiques (Irak, Iran, Bolivie...) pour faire monter les cours. Pire encore : à la seule nouvelle d'une catastrophe naturelle - comme en Louisiane en 2005, et sans même connaître l'étendue éventuelle des dommages, les prix augmentent, et pour autant les compagnies ne participent en aucune façon à l'aide aux victimes...

   - Le 3ème scandale est que les compagnies comme les Etats complices ont jusqu'à présent largement négligé les investissements nécessaires pour le raffinage comme pour toutes les techniques permettant de limiter le gaspillage... Comme le dit un spécialiste français, François-Régis Mouton (Figaro du 23 mai 2006), "quand le cours du baril est bas, on estime que l'investissement est trop coûteux...quand il est élevé, on le juge superflu...". Un exemple significatif est celui du gaspillage du "gaz associé" - celui qui est extrait en même temps que le pétrole et... alimente les torchères ("gas flaring") quand il n'est pas tout simplement dispersé dans l'atmosphère ("gas venting")... Quantité négligeable ?... Pas du tout... Cela représente 150 milliards de m3 par an, soit plus que la consommation réunie de la France et de l'Allemagne dans le même temps !... De surcroît, ce gaz "qui part en fumée ou en vapeur" expédie 400 millions de tonnes de gaz carbonique CO2 dans l'atmosphère, contribuant ainsi fortement à sa pollution...

   Néanmoins, il faut reconnaître que tout n'est pas perdu dans cette affaire, heureusement... La commission de l'ONU sur le développement durable s'est saisi du problème, et des premières initiatives sont prises, par exemple en Norvège ou au Nigéria... Par ailleurs, de nouvelles raffineries  sont prévues... hors des Etats-Unis, comme celle de Jubaï, venant de faire l'objet d'un accord entre Total et le groupe pétrolier Aramco de l'Arabie séoudite... Il est temps !...

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Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
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