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4 juin 2006 7 04 /06 /juin /2006 11:42

   Une enquête du magazine L'Express, relayée par une grande partie de la presse nationale, stigmatise actuellement les profits indécents d'un certain Zacharias, qui vient d'être démis de ses fonctions de Président du Groupe Vinci.

   Le Figaro du 3 juin (rubrique Economie p.24)parle de "rémunération qui donne le vertige"... Qu'on en juge :

   - Patrimoine au titre d'actions Vinci : 167 millions d'Euros

   - Divers 2005 (salaire,primes,stock-options) : 30 millions d'euros

   - Retraite prévue : entre 1,4 et 2 millions d'Euros par an

   Et le journal ajoute que le conflit à la tête du Groupe Vinci a éclaté à propos de 8 millions d'Euros réclamés par "l'intéressé" (à tous les sens du terme) au titre de la réussite du rachat d'ASF... Un administrateur précise : "Il n'avait plus la notion de l'argent"...Evidemment, à ce niveau !... Mais le Président "déchu" avait tout de même eu l'audace d'affirmer à propos de la rémunération des patrons du CAC 40 (car il n'était pas le seul...) : "N'oubliez pas... que ces sommes sont avant impôt et que nous en versons la moitié au fisc !"... Peut-être espérait-il que l'opinion dise : "les...pauvres!...", alors qu'elle serait plutôt portée vraisemblablement à s'exclamer: "seulement !"...

   Bruno Frappat, dans son éditorial de la Croix du 2 juin intitulé "Culture Fric", parle "d'extravagance stratosphérique" des rémunérations attribuées à l'ex-Président de Vinci, et il en tire des conclusions : " Est-ce faire preuve de démagogie et de populisme que de s'indigner face à de telles situations ? Est-ce naïveté congénitale que de se taper la tête contre les murs (d'argent...) lorsqu'on contemple la liste des revenus des patrons du CAC 40 ( à quelques remarquables exceptions près) qui se comptent en millions d'Euros annuels ? Non, car si le fameux "populisme" monte dans ce pays, au point de déstabiliser la démocratie et de déliter le sentiment républicain, cela ne provient pas de ceux qui observent les anomalies, mais de ceux qui les concoctent. S'il devient de plus en plus difficile de faire comprendre à une partie de la jeunesse qu'il y a des règles de vie en société qui s'appellent le respect, la modération, la civilité, le travail, le désintéressement, l'altruisme, le goût du sacrifice, on ne saurait dire que "le haut du panier" ait, en ce sens, un rôle pédagogique"...

   Ceci dit, il faut reconnaître que le cas de ce Zacharias ne fait pas l'unanimité parmi les "patrons"... Certains le défendent en soulignant qu'il s'agit d'un personnage "charismatique" ayant construit un géant mondial de haute capacité et qu'il mérite la reconnaissance de la France...On croit rêver: il n'est tout de même pas une "gloire de la patrie" et un "bienfaiteur de l'humanité", alors qu'une partie de son succès est lié à des licenciements de personnels à la "faveur" de regroupements... La France a connu de véritables bienfaiteurs, mais comme par hasard, ils ne roulaient pas sur l'or, au contraire : Pasteur, Marie Curie... De Gaulle... et encore maintenant l'Abbé Pierre... D'autres patrons reconnaissent néanmoins la nécessité de corriger de tels excès, et notamment la Présidente du MEDEF Laurence Parisot a déclaré que "la décision du Conseil d'administration de Vinci a été formidable"...

   Elle a raison... Car il ne s'agit pas effectivement de faire de la "morale" plus ou moins "populiste"...Il s'agit d'établir enfin un "code de bonne conduite salariale" pour les responsables d'entreprises... à défaut duquel l'opinion populaire ne pourra que se détourner du "libéralisme", voire se retourner contre lui... Actuellement, les divers partis dits "de gauche" fourbissent leurs armes en exploitant à tort ou à raison diverses affaires : il ne suffit pas d'ironiser à propos de leurs programmes, en dénonçant des "recettes d'un autre temps"... il faut que le "libéralisme" balaie devant sa porte, sous peine que les prochaines élections n'amènent un retour du balancier politique - avec les conséquences pouvant en résulter - moins par "goût du socialisme" que par "dégoût du libéralisme"....

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Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
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commentaires

Daumont Jean 06/06/2006 08:29

   Nous sommes d'accord... Y compris pour les revenus des sportifs dits de "haut niveau" que j'égratigne sans méchanceté dans un de mes articles précédents intitulé " Revenus mirobolants" du 14 mai 2006... Par contre, j'avais oublié les "animateurs de la télévision", pourtant les moins "méritants", mais il faut supporter le fait que se montrer à la télé et faire monter "l'audimat" suffit pour avoir des revenus importants...

verel 05/06/2006 16:39

Je partage votre jugement
Il est cependant curieux de constater que les mêmes sommes gagnées par un Zidane ne suscite pas les mêmes commentaires 
Sans parler de ce que gagnent les vedettes de télé!
 
Pour ce qui est de l'élection de 93, elle a bien été perdue par le premier ministre sortant, Edouard Balladur
Srkozy veut jouer le même jeu que Chirac à l'époque: faire croire qu'il n'est pas du clan des sortants

Daumont Jean 04/06/2006 16:53

   Excusez-moi, mais j'ai l'mpression que, cette fois, vous "bottez en touche", ce qui n'est pourtant pas votre genre...
   Certes, le programme du parti socialiste aura une certaine importance, mais qui le lira en dehors des militants, et encore !... Quant à Sarkozy , il montre déjà sa "capacité" de plaire par sa force de conviction, mais aura-t-il celle de suivre Laurence Parisot dans sa condamnation des excès de rémunération ?
   En fait, le balancier politique fonctionne souvent "à fronts renversés": l'autre gagne parce qu'on a perdu... On l'avait déjà dit en 1981 quand Giscard avait perdu, ce qui faisait gagner évidemment Mitterrand... D'où la nécessité pour le libéralisme de balayer devant sa porte...
   Et ceci d'autant plus que le balancier peut marcher de travers, le dégoût populaire pouvant entraîner le populisme... Et si le scénario de 2002 se reproduisait ...à l'envers ? Le Pen au 2ème tour, en concurrence avec une socialiste qui prend déjà des accents militaires ?...

Jacques Heurtault 04/06/2006 13:09

L'Histoire très récente de notre pays nous révèle qu'à chaque consultation électorale, le phénomène du balancier a fonctionné. Sauf une fois : en 1993, les socialistes ont été battus puis en 1995. Il faut dire que la claque qu'ils avaient pris en 1993 était d'une telle ampleur qu'ils n'avaient pas eu le temps de se redresser. C'était l'époque où un député sortant s'était fait sortir avec brutalité puisqu'il n'avait même pas obtenu les 12,5% des inscrits nécessaires pour avoir le droit de se maintenir au second tour! Je le revois encore, pleurant (pour de vrai), sur la scène du théatre à partir duquel étaient annoncés les résultats. ...La droite républicaine sera-t-elle "sortie" cette fois-ci? Rien n'est moins sûr! Tout va dépendre de deux paramètres:- la crédibilité et le sérieux du programme du P.S.- la capacité de Sarkosy à démontrer qu'il incarne bien une rupture.