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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 14:26
   Après avoir créé l'homme le 6ème jour - "sacré" travail, il faut en convenir - Dieu se reposa le 7ème jour ...Et même si les jours de la Création ne sont que symboliques dans le récit de la Bible (Genèse I -1/30), le principe d'un jour de repos au terme de 6 jours de travail - le "dimanche", mot issu de latin "dies dominicus", le jour du Seigneur - reste solidement ancré dans la tradition populaire, notamment en France...

   Et pourtant il y a "belle lurette" que le dimanche n'y est plus "sanctifié", comme il l'avait été en raison de l'influence de l'Eglise du Moyen-Age à la Révolution de 1789 ...En effet, celle-ci avait porté un coup fatal à cette "sacralisation", non seulement par hostilité envers le Clergé mais en application de la "Philosophie des Lumières" qui, au 18ème siècle,  avait mis en cause l'oisiveté du dimanche au nom de l'économie ...Et, en dépit des des tentatives de "re-sanctification" sous la Restauration, les impératifs de la révolution industrielle avaient même conduit au 19ème siècle à un travail tous les jours de la semaine, soit 70 à 90 heures hebdomadaires ...du moins pour les hommes, car les femmes restaient alors surtout astreintes aux tâches ménagères ...la fréquentation des églises à la messe dominicale devenant "l'affaire des femmes" tandis que les hommes fréquentaient le soir, après leur dur labeur, les tanières, cabarets ou estaminets, ...ce qui contrevenait à la morale "bourgeoise" de l'époque et à l'efficacité économique ...Et c'est ainsi que le repos du dimanche, sorti par la porte "religieuse", revint par la fenêtre "laïque" : diverses lois "sociales" limitèrent le temps de travail à partir de la fin du Second Empire ...jusqu'à l'institution généralisée du congé du dimanche par la loi du 13 juillet 1906...

   Et voilà qu'environ un siècle plus tard, un projet remettant en cause le congé dominical va être discuté à l'Assemblée Nationale en juillet 2009 ...Déjà l'opinion s'inquiète et les syndicats se mobilisent contre une mesure jugée aussitôt "anti-sociale" et destinée "au seul profit des entreprises et de leurs dirigeants ou actionnaires" ...En fait le problème n'est aussi simple et même "simpliste", car l'organisation du "repos hebdomadaire" est devenue complexe avec l'évolution des conditions sociales :
   - d'abord, le nombre de personnes appelées à travailler le dimanche n'a cessé d'augmenter depuis un siècle, surtout à partir de 1945, en raison des progrès du niveau de vie (les "trente glorieuses") entraînant le travail des uns pour le loisir des autres : développement des transports (ferroviaires, routiers et aériens), des services d'hébergement (hôtels et restaurants), des services de santé (hôpitaux et cliniques) dont l'activité maximale a lieu en fin de semaine ...
   - d'autre part, le repos hebdomadaire s'est lui-même dilué et assoupli ...Même si le repos du dimanche reste le cas majoritaire, il y a de plus en plus d'étalement sur d'autres jours : le samedi, le lundi ..ou le mercredi, jour de pause scolaire au moins pour l'école primaire ...Et la généralisation des RTT a permis bien des accommodements, au même titre que les aménagements annuels (semaines "alourdies" pour les périodes d'activité intense, notamment en fin d'année, en compensation d'un allègement dans le cas contraire)...

   Dans ces conditions, une révision de la Loi de 1906 sur le repos dominical perd de sa gravité dans la mesure où elle est loin de concerner maintenant l'ensemble de la société ...A en croire Robert Maillé, député UMP chargé de rapporter le projet à l'Assemmblée Nationale au nom du Ministre du Travail Brice Hortefeux, ...certaines dispositions seraient même très positives, puisqu'elles permettraient non seulement de sauvegarder des emplois mais d'en créer de nouveaux ...et que, par ailleurs, en raison du doublement du salaire le dimanche, elles permettraient aux personnes concernées de "gagner plus" ...et contribueraient donc à développer la consommation, condition indispensable à une reprise économique ...Mais c'est peut-être aller vite en ...besogne, car le petit commerce, bénéficiant jusqu'à présent du plus grand nombre de dérogations le dimanche (ou s'en passant ...illégalement) n'y trouverait pas son compte et pourrait être obligé de licencier du personnel, voire à disparaître à plus ou moins long terme suivant les spécialités, ...ce qui pourrait conduire à un monopole de la Grande Distribution, avec les risques possibles pour les producteurs  ...et les consommateurs ...Est-il vraiment nécessaire, en cette période de crise, d'ajouter encore une nouvelle source de difficultés, alors que les problèmes économiques pèsent sur le pouvoir d'achat, notamment des plus pauvres, suscitant déjà un climat délétère de tension sociale ?...

   Ne suffit-il pas de "régulariser" la situation actuelle résultant d'un jeu naturel de l'activité économique à tous les niveaux, en recensant les dérogations existantes correspondant aux besoins et en veillant seulement à leur harmonisation sur le territoire en fonction des différences régionales (la Corrèze n'est pas la Côte d'Azur...) et des inégalités résultant du fait que les autorisations sont données par les maires des communes sous la tutelle préfectorale ?... Faut-il vraiment tout "uniformiser" et donc "déshumaniser" ?...Dans le passé, il y avait ...et il y a encore souvent dans la France "profonde" ...une vraie convivialité le dimanche entre l'église ...ou le temple ...et le café du coin ...Dans l'avenir, n'y aura-t-il plus que des croisements anonymes avec des caddies dans les galeries marchandes et les parkings ?...

  

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Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
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commentaires

Jacques 03/05/2009 21:50

Moi qui ai travaillé samedis, dimanches et jours fériés toute ma carrière professionnelle (et qui en connait donc tous les avantages et inconvénients), je souscris, à peu près totalement, à votre propos ci-dessus.jf.