Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Convergences
  • : Réflexions sur l'actualité en tous genres.
  • Contact

Recherche

Archives

24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 16:25

   Le cas d'une veuve ayant saisi la justice en raison du refus du CECOS (*) de lui remettre des gamètes de son mari décédé en vue de se faire inséminer vient de défrayer la chronique ...Il ne s'agit pas d'un fait nouveau, mais il est tout de même fâcheux qu'une fois de plus ce cas ait été présenté comme un "fait divers" pour impressionner l'opinion de façon "spectaculaire", alors qu'il pose un problème "d'éthique" méritant à ce titre une discussion approfondie.

   En effet, présenter ce cas comme la volonté d'une veuve de garder ainsi un témoignage de la vie avec son ex-mari est certes "émouvant" et ne peut que conduire l'opinion plus sensible à "l'émotion" qu'à la "réflexion"...à l'approuver. Assurément, cette volonté est "compréhensible", et elle n'est donc pas à priori "condamnable" ...Mais elle n'en comporte pas moins des risques et ne peut donc pas être acceptée sans réserves, car l'être humain n'est pas seulement "individuel" ...il est "social", et le comportement d'un individu implique nécessairement la collectivité...

   Or la requête de la veuve a un caractère strictement individuel ...Elle veut projeter dans l'avenir un enfant pour le souvenir de son mari, ...et par conséquent elle choisit délibérément pour son bonheur personnel d'avoir un enfant "sans père vivant", ce qui est évidemment différent d'un enfant "orphelin" ayant perdu son père par suite d'un malheur (maladie, accident...) ...Même s'il devient banal d'évoquer la famille "monoparentale" - en raison notamment du relâchement des liens familiaux - on ne peut tout de même pas ériger cet état de fait en règle de vie familiale...

   D'autre part, l'acceptation d'une telle requête par la justice constituerait dans un Etat de droit comme la France un "précédent", qui justifierait ensuite l'acceptation d'autres cas similaires, au nom de la jurisprudence ...Et à partir du moment où on aura reconnu comme "licite" cette manipulation génétique, où s'arrêtera-t-on ensuite ?...Si, plus tard, avec les progrès scientifiques, on peut - inversement - disposer de l'ovule féminin, il se trouvera alors des veufs - au nom de l'égalité de l'homme et de la femme - pour revendiquer la possibilité d'avoir ainsi un enfant "sans mère vivante" ...par fécondation artificielle ...ou par mère "porteuse"...

   Certes, il y aura toujours le Comité d'éthique pour limiter ou bloquer les dérives ...mais que vaudra ce barrage ...si le barrage initial a été levé ?...Déjà on cite des Etats comme l'Espagne, la Belgique ou le Royaume-Uni où les veuves sont autorisées "dans certaines conditions" (?) à avoir ainsi un enfant ...Mais il y a de nombreux pays où il n'y a pas de contrôle efficace ...ou déjà, on peut par exemple "vendre un de ses reins pour avoir de l'argent" ...et où les facilités d'avoir un "enfant sans père vivant" peuvent donner lieu à un commerce lucratif...

   Non, vraiment...De grâce ...Pas d'enfant "post-mortem" !

(*) Centre d'Etudes et de Conservation des Oeufs et du Sperme

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Morale
commenter cet article

commentaires

Jacques Heurtault 25/09/2009 19:34


Je n'en sais trop rien ... Je ne manque pas d'idées mais de courage pour les formuler après une journée de travail ... d'autant plus harassante que j'ai repris mon activité à temps plein.


Jean Daumont 25/09/2009 09:39


Entièrement d'accord ...Mais le problème que je pose est celui d'une "campagne émotionnelle" pouvant aboutir à des "dérogations dans certaines conditions" comme dans les pays voisins...

NB Bien heureux de vous retrouver après 4 mois de silence ...A quand vos prochaines propositions audacieuses ?...


Jacques Heurtault 24/09/2009 19:12


La loi est très claire ...
1. La conception d'enfants post-mortem est interdite. C'est sans ambiguité dans la loi.
2. Un juge doit appliquer la loi et non pas sa vision personnelle des choses.
3. Il y a les Cours d'Appel
4. Les pouvoirs publics peuvent et DOIVENT saisir, le cas échéant, la Cour de Cassation "dans l'intérêt de la loi".
5. C'est le Parlement qui vote les lois et non les juges qui les font!