Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Convergences
  • : Réflexions sur l'actualité en tous genres.
  • Contact

Recherche

Archives

6 octobre 2006 5 06 /10 /octobre /2006 18:24

   Sous ce titre, dans le journal La Croix du 4 octobre 2006, l'éditorialiste Guillaume Goubert évoque le problème "moral" posé par l'initiative d'une société mutualiste d'assurances de créer une "Complémentaire Santé" qui s'écarte du principe de mise en commun des risques entre tous les souscripteurs.

   A priori, cette initiative est séduisante, puisqu'elle doit permettre à un assuré d'être remboursé au maximum de 50 % de sa cotisation annuelle, si ses dépenses de santé sont faibles. Chacun peut y trouver une sorte de transposition du système "bonus-malus" bien connu des automobilistes. Mais...

   ... Mais nul ne peut ignorer qu'une société d'assurances, même sous la forme de "mutuelle" - c'est-à-dire d'une entreprise ayant des "sociétaires" et non des "actionnaires" - reste un organisme commercial affronté à la concurrence et devant assurer au mieux un "juste bénéfice" et au pire sa "solvabilité"... Et par conséquent les "bons risques" doivent servir à couvrir les "mauvais risques"... En clair, l'avantage consenti aux "bons adhérents" doit équilibrer la perte due aux "mauvais adhérents"...

   La société d'assurances en cause se défend en soulignant que "ce produit est 15 % plus cher qu'une assurance complémentaire santé classique, et que ce sont ces 15 % qui doivent permettre de faire face à des ristournes aux "bien-portants". Et elle ajoute que ce produit pourrait amener à s'assurer sans crainte des personnes qui actuellement ne se couvrent pas "en pariant sur leur robuste constitution"(sic)... Enfin il y a un 3ème aspect inavoué, mais implicite : les assurés seront tentés de ne pas se faire rembourser des "petits frais médicaux" pour préserver leur ristourne... A nouveau, on peut penser aux automobilistes...

   Il n'en est pas moins vrai que les personnes "en mauvaise santé" - passagère ou durable - ou en "santé déclinante" - notamment les personnes âgées - ne pourront que s'écarter d'un "produit" où elles savent d'avance qu'elles paieraient le prix fort sans espoir de ristourne... Or, dans l'étymologie même du mot "mutualisme", il y a un principe de "solidarité" en vertu duquel le "faible" est aidé par le "fort"... et non le "fort" avantagé par rapport au "faible"...

   On peut donc comprendre la conclusion de l'éditorialiste affirmant que cette initiative d'une société "mutuelle" d'assurances "illustre une tendance forte de l'évolution sociale, celle d'une "individualisation" des intérêts de chacun au détriment d'un intérêt plus collectif"... Certes, il peut en résulter pour chaque individu une plus grande "lucidité", et donc davantage de "responsabilité"... Mais il apparaît aussi que "l'économie de marché" ne peut pas garantir la "solidarité", celle-ci ne pouvant relever que de toute la collectivité...

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
commenter cet article

commentaires

Daumont Jean 11/10/2006 10:09

   Bonne idée, en théorie... Mais en pratique, il y a l'éternel problème de "l'estimation" des revenus... En dehors des fonctionnaires et assimilés " et des "retraités" - qui ne peuvent rien cacher - combien de revenus restent cachés ?

Jacques Heurtault 10/10/2006 22:24

Peut-être faut-il voir le problème sous l'angle "petits risques " et "gros risques"? Est-il aberrant d'envisager une franchise de remboursement annualisée et modulée selon les revenus? Cette idée me trotte dans la tête depuis un moment ... Qu'en pensez-vous?

xav 08/10/2006 12:49

Bonjour,
Félicitations pour votre site qui est vraiment bien conçu! J'ai créé un annuaire de blogs et si vous souhaitez vous y inscrire voici l'adresse: http://netblog.site.cx  !
Bonne continuation