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11 octobre 2006 3 11 /10 /octobre /2006 10:12

   Il y a 20 ans - le temps symbolique de la "jeunesse"...- il n'était pas de bon ton de parler de la "vieillesse"... Car les "vieux", dont le nombre commençait déjà à croître en raison de la prolongation moyenne de la vie, étaient considérés comme un poids de plus en plus lourd à supporter par un nombre de "jeunes" lui-même en diminution mais appelé, en raison de l'arrivée du "papy-boom" issu du "baby-boom" de 1945-1950, à une contribution de plus en plus forte pour financer les retraites des parents... Les "jeunes" pestaient contre les rentiers - forcément vieux - qui "s'enrichissaient en dormant"... Et même les ...vieux s'en mêlaient, du moins "ceux qui ne se croyaient pas si vieux", en pratiquant dans leur comportement un "jeunisme" de mauvais aloi... Car, pour être heureux, l'idéal était d'être "jeune, beau et riche", en utilisant, si besoin était, la chirurgie esthétique ...ou la pilule pharmaceutique.

   Il faut reconnaître que les mentalités ont changé, alors que ceux qui avaient 20 ans en 1968 et rêvaient d'un "avenir radieux" passent désormais le cap des 60 ans, c'est-à-dire l'âge moyen de la retraite... Et ceci certainement parce qu'il y a une meilleure "prise de conscience" des réalités de la vie :

   - D'abord le "seuil de vieillissement " n'a cessé de reculer depuis près de 2 siècles... Vers 1850, on était "vieux" à 50 ans ...et un "vieillard" à 60 ans. Un centenaire était un phénomène exceptionnel... et un père ne vivait plus longtemps en moyenne quand son fils avait atteint 20 ans... Les études sociologiques ont montré depuis lors que la "notion de vieillesse" s'est cristallisée vers 62 ans dans les années 30, vers  67 ans dans les années 70, vers 75 ans dans les années 90... et, en prolongeant la courbe, le seuil sera repoussé à 82 ans en 2040... Ainsi, même si les "plus de 60 ans" deviennent la majorité, il n'y aura paradoxalement pas plus de "vieux" que maintenant... CQFD !

   - Ensuite les "seniors" de plus de 60 ans - expression donc préférable à "vieux" - apparaissent de moins en moins comme des ..."parasites" à la charge des "jeunes"... Le temps est fini des personnes âgées cantonnées dans un bâtiment ou une pièce à l'écart de la ferme, ou envoyées délibérément "à l'asile", même s'il y a encore - hélas ! - des exceptions... Car les études sociologiques montrent que les "seniors" participent désormais largement à l'équilibre de la société par leur esprit de solidarité : c'est parmi eux qu'on trouve le plus grand nombre de "bénévoles"... pour une raison évidente de "temps libre", mais aussi tout simplement par un souci de rendre "librement" service... D'autre part, les "seniors" aident de plus en plus les "jeunes", notamment en cette période de chômage larvé : on estime qu'ils donnent actuellement 6 % de leurs revenus courants à partir de 60 ans, et 12 % à partir de 80 ans... Par ailleurs, de plus en plus de "seniors" règlent leur héritage "de leur vivant", parfois d'ailleurs sans trouver beaucoup de reconnaissance et même en suscitant malgré eux des divisions entre héritiers... On peut penser que la proportion de cette aide va augmenter du fait du plus grand nombre de femmes à avoir eu une "vie active" (au sens salarial...). Et ceci à fortiori si l'Etat continue à alléger la fiscalité pour la transmission des biens aux enfants et même aux petits-enfants...

   - Enfin, il y a même actuellement une tendance à utiliser les ..."jeunes vieux" (si l'on peut dire...) pour pallier les insuffisances des recrutements ou des compétences... Il y a des "seniors" qui recherchent d'ailleurs des emplois - au moins à mi-temps - pour compléter une retraite insuffisante, et la législation prévoit même des "plafonds"... Mais il y a aussi des entreprises qui recherchent délibérément des "seniors" pour la formation, l'encadrement des stages, etc... Au point qu'on peut y voir, à juste titre, un risque, sinon un danger, car il appartient aux responsables publics et privés  de faire les réformes qui s'imposent sans miser indéfiniment sur les "seniors" comme des ...rustines.

   De toutes façons, même si le seuil de vieillissement recule et si les "seniors" participent de plus en plus à la "vie sociale", il n'en reste pas moins vrai qu'il y a une limite -  plus ou moins tardive - où les personnes âgées deviennent dépendantes... Et pour elles,  un effort important et sincère est nécessaire, afin qu'elles ne soient pas la "proie", comme c'est parfois le cas, de "maisons de retraite" qui les exploitent (un placement financier dans cette activité est considéré actuellement comme un des plus rentables...).  Car il n'y aura de "retraités heureux" que si les "jeunes", comme les "vieux", ne refusent à l'avenir, ni leur âge, ni l'idée de la mort, fatale pour tous...

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Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
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commentaires

Daumont Jean 14/10/2006 09:44

   Je ne suis évidemment pas qualifié pour parler de l'angoisse de la mort, car, comme la plupart des gens, je n'y pense pas, alors qu'elle peut m'attendre à n'importe quel moment... Par contre, alors que je pensais que cette angoisse devait obséder les "grands vieillards", j'ai observé non sans étonnement leur "sérénité", certains allant même jusqu'à dire - souffrant, il est vrai, peut-être de leur déchéance physique - "mais qu'est-ce que je fais encore sur cette terre ?"...

Jacques Heurtault 13/10/2006 19:57

Et moi qui croyait que les seniors, c'était ceux qui avaient plus de dix-huit ans! Les juniors, eux, ayant entre 16 et 18 ans tandis que les cadets avaient entre 14 et 16 ans. Faut que j'révise, moi!
Blague à part, le problème auquel auront à faire face les générations futures (pas si futures que cela, d'ailleurs!), c'est bien la gestion de l'angoisse de la mort. Autrefois, c'était une des fonctions de la religion. Qu'en sera-t-il dans l'avenir?