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5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 09:23

  Dans notre pays qui prétend être la "patrie des droits de l'homme", on affirme de plus en plus le souci de la "transparence", au nom d'une liberté conçue comme un principe absolu... Et on l'applique notamment aux institutions dans la mesure où, conformément à un propos récent du Président de la République, "la démocratie doit toujours progresser dans le sens de davantage de transparence, afin de satisfaire une aspiration légitime des Français à plus de participation à la vie publique"...

   Il est tout-à-fait légitime de souhaiter que les Français participent à la "politique" de leur pays, au sens noble du terme, et ils ont la possibilité de le faire dans les multiples élections qui leur sont proposées (présidentielles, législatives, régionales, cantonales, municipales...) ainsi que, le cas échéant, à des référendums... Et il est également légitime de regretter que leur participation aux divers scrutins soit parfois insuffisante...

   Pour autant, il ne faut pas confondre "participation" et "voyeurisme", et considérer que tout doit être "montré" et "contrôlé" suivant l'adage que "toute vérité est bonne à dire"... A ce titre, l'actualité donne l'exemple d'excès où le "danger" confine avec le "ridicule" :

   - Les "jurys citoyens" de Ségolène Royal ont certes une apparence de démocratie. Dans un pays parfois accablé par des "affaires" et tenté par un certain "antiparlementarisme", il peut paraître utile de soumettre les élus à des "jurés tirés au sort" devant surveiller l'application de leurs promesses électorales et, plus largement, l'utilisation de leur mandat... Mais c'est oublier que l'élection "suivante" est le meilleur moyen de contrôle, assuré par le suffrage "universel" et non par un conseil "restreint" et aléatoire... C'est oublier aussi que, conformément à l'article 27 de la Constitution, un élu doit garder la liberté de son vote (et peut donc éventuellement se tromper et en répondre...), tout mandat impératif étant (théoriquement...) nul... C'est oublier enfin que la plus grosse partie du travail d'un élu est de recevoir ses électeurs et de tenir ainsi le plus souvent un rôle "d'assistant social"... pour appuyer des demandes de secours légitimes... mais aussi pour "pistonner" des demandes personnelles ou professionnelles... On imagine le "bazar" si ce travail était soumis à la curiosité populaire...

   - La "télévision du Conseil des Ministres" proposée par Dominique de Villepin est un autre "avatar" de cette transparence "clinquante"... Apparemment quoi de plus séduisant que de permettre au "bon peuple" de voir son gouvernement fonctionner... Mais en fait une telle publicité ne pourrait être que "formelle" et "partielle" : la 1ère partie du Conseil consacrée aux Lois et Décrets aurait vite fait de "raser le public"... La 2ème partie réservée aux décisions générales ne pourrait pas le plus souvent être publique, quand il s'agirait de "mesures de sécurité nationale" ou des "intérêts stratégiques de la nation", comme l'a d'ailleurs rappelé le Président de la République responsable... Enfin la 3ème partie se rapportant à la nomination à de "hauts postes" ne concernerait que les personnalités en cause ou, tout au plus les "corps" auxquels elles appartiennent...

   Malheureusement, il y a aussi des exemples où le "ridicule" n'amusera plus, mais pourra ..."tuer", conformément cette fois à l'adage... Il s'agit cette fois des excès des "médias" :

   - Puisque les responsables de la télévision (publique...) ont cru devoir présenter un film en 6 épisodes de l'affaire Vuillemin, il est bon de rappeler - 22 ans après le drame - que le "battage" des journaux avait alors pousser le père de l'enfant martyr à tuer son beau-frère... et qu'ensuite sa mère avait fait l'objet d'un "lynchage médiatique" qui persiste encore malgré son acquittement après emprisonnement... Et tout cela parce qu'à l'époque "l'affaire" était devenue un "business" où la soi-disant "vérité" n'était que du "vérisme" sans réelle "véracité"...

   - De même, on nous inflige actuellement le spectacle des autobus brûlés dans les banlieues de Paris.. et on nous refait même le coup des jeunes désoeuvrés que la "société" ne prend pas suffisamment en compte... En fait les "fauteurs de troubles" sont souvent des adolescents que la loi ne permet pas de garder en prison parce qu'ils sont encore "mineurs"...et rien ne peut les empêcher de continuer, sauf une forte emprise de la police qui ne manquera pas d'être rapidement dénoncée... Et alors les voyous seront ravis de voir le résultat de leurs "exploits" à la télévision qui les montrera complaisamment au nom d'un pseudo-devoir de "tout montrer" et parfois même de faire un "scoop"... Et ainsi d'autres voyous voudront en faire autant à Marseille, quitte à brûler une pauvre jeune fille...

   Il y a pourtant un proverbe ancien et fort simple affirmant que "la liberté de chacun s'arrête où commence celle des autres".. Rousseau parlait déjà de "Contrat social"... Quand, dans le domaine public, saura-t-on en France fixer enfin une "déontologie de la transparence" ?...

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Published by Jean Daumont - dans L'information
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commentaires

Jacques Heurtault 05/11/2006 13:35

Je n'ai jamais lu chez Ségolène Royal une quelconque volonté de soumettre les élus à un jury populaire. J'ai , par contre, compris que les politiques publique pouvaient être soumises à un examen critique avant leur élaboration puis après leur exécution ...