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15 novembre 2006 3 15 /11 /novembre /2006 17:40

   Depuis le retour du régime républicain en 1871, la France est régulièrement secouée par des affaires "politiques" : affaire de Panama, affaire Stavisky, affaire des fuites, affaire Urba, affaire Clerstream, sans compter d'autres affaires moins importantes et tombées dans l'oubli... Et tout aussi régulièrement, il en résulte des vagues "d'anti-parlementarisme", alimentant des courants extrêmes au nom d'une formule simpliste : "Tous des pourris" !...

   C'est pourquoi les développements actuels de la campagne présidentielle ne manquent pas d'intérêt, à en juger - avec les réserves habituelles - par les sondages qui révèlent une attention renouvelée des Français pour la "politique"... et ceci n'a d'ailleurs rien de bien ...nouveau : naguère il y a eu les "sursauts" du Front Républicain" avec Mendès-France en 1954 ou encore la "vague gaulliste" en juin 1968...

   Cette fois le sursaut qui s'annonce est manifestement lié à une attente... Après 12 ans de présidence de Chirac - où les promesses concernant la "fracture sociale" se sont diluées en raison d'échecs répétés (dissolution, CPE, Traité européen...)  dans un immobilisme prudent - les Français souhaitent un "renouveau", même s'ils en ont une conception très diverse.. Et il faut reconnaître, sans le moindre...parti-pris, qu'effectivement le paysage politique est dans une phase de renouvellement, qui se développe d'ailleurs curieusement à "fronts renversés" entre ladite "gauche" et ladite "droite" :

   - A "gauche", le parti socialiste - et accessoirement les autres petits partis (communiste, trotskyste...) en sont encore à la vieille tradition du "programme", ...même si tous les programmes antérieurs, à l'image du fameux "programme commun" de 1972, n'ont jamais été réellement appliqués... Mais, alors qu'il y avait jusqu'à présent un candidat "naturel" et indiscutable (Mitterrand, Jospin...), le parti socialiste est cette fois confronté à la nécessité d'une "élection primaire" où les tenants du "programme" (Fabius, Strauss-Kahn) sont dépassés par une candidate jouant sur un "contact direct" avec les Français (Ségolène Royal)...

   - A "droite", l'UMP - qui est un "rassemblement" (gaullistes et modérés) - rompt avec la vieille habitude de la division pratiquée après De Gaulle (Poher contre Pompidou, Giscard contre Chaban, Barre contre Chirac...) en réalisant une unité assez large au tour d'un chef reconnu (Sarkozy), les autres prétendants possibles (Villepin, Alliot-Marie, ...et  Bayrou) étant  - semble-t-il - déjà "marginalisés"... Mais inversement, un "programme" - qui n'était pas jusqu'à présent une pratique prioritaire de la "droite" - est proposé par son candidat potentiel, qui substitue la notion de "rupture" à celle de 'fracture" et propose un équilibre - difficile - entre le libéralisme et l'interventionnisme...

   Cette opposition politique "à fronts renversés" est d'autant plus intéressante qu'elle se double d'une opposition entre deux personnalités au "profil" diamétralement différent :

   - D'un côté, Sarkozy est ... un homme, et cela peut compter auprès des personnes - même des femmes - habituées à confier les responsabilités au sexe "fort"... D'autre part, il a une "carrure" politique incontestable, en raison de son expérience supérieure, et il symbolise déjà - sans même avoir été 1er Ministre - "l'autorité de l'Etat"... C'est un homme "d'action"...

   - De l'autre côté, Ségolène Royal est ...une femme, ce qui compte aussi - y compris auprès des hommes - dans un contexte où, en France comme à l'étranger (ex: en Allemagne), les responsabilités sont désormais confiées de plus en plus souvent à des femmes... D'autre part, elle manifeste des qualités "personnelles" importantes, comme l'écoute et la concertation... Elle n'apparaît peut-être pas comme une ..."femme d'Etat", mais elle "parle au peuple"... C'est une femme de "relation"...

   Alors, qui sait ce qui peut se passer ?... surtout dans un pays comme la France, où l'opinion a toujours été très versatile...et les camps opposés souvent proches du 50/50, comme l'ont prouvé les récentes "alternances"... L'incertitude est d'autant plus grande qu'il ne s'agit plus d'un choix "classique" entre un soi-disant "progrès" et un réputé "conservatisme", mais d'un choix entre deux types de "renouvellement"... Le "suspense" est entier...

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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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commentaires

Daumont Jean 24/11/2006 10:58

  Je suis d'accord avec votre analyse... Nicolas Sarkozy est, à mon avis, non un "modèle", mais un "moindre mal" pouvant être heureusement modéré s'il choisit comme 1er Ministre François Fillon, homme compétent et courageux, ayant déjà mené...à bien des réformes difficiles, et dont vous avez vous-même souligné les qualités dans l'un des derniers aricles de votre blog (à l'intention d'autres internautes: http://propositions-audacieuses.over-blog.com/)... Encore faut-il que Nicolas Sarkozy soit élu, et l'exercice est difficile car il doit faire le "grand écart" entre un certain "autoritarisme" (aux dépens du Front National) et un certain "populisme" (aux dépens des socialistes)

Jacques Heurtault 24/11/2006 10:17

Il est heureux, pour le Parti Socialiste, que son actuel "projet" rejoigne assez vite les oubliettes. Il s'agit d'un lamentable galimatias qui en fait une sorte d'auberge espagnole où tout le monde peut y trouver ce qu'il y cherche.Il me semble avoir compris que Ségolène Royal avait l'intention de le revoir ... en profondeur. Attendons pour voir!Nicolas Sarkozy, lui, a un programme dont la solidité (économique notamment) est bien supérieure à l'actuel projet socialiste.Il souffre d'un handicap : à chaque renouvellement majeur, il y a eu alternance. Rien ne permet d'affirmer, aujourd'hui, que cette "règle" (qui n'en est pas une, bien entendu) sera transgressée. Elle a , à mon avis, plus de chances d'être "respectée" que "transgressée". Si elle devait être transgressée (autrement dit,si Nicolas sarkozy devait être élu), il s'en suivrait probablement une explosion du Parti Socialiste suivi d'une recomposition de toute la gauche. On y verrait plus clair. Cela fait trop longtemps que d'invraisemblables retards idéologiques plombent la gauche française. Si, bien au contraire, elle devait être "respectée", il faudrait alors étudier avec minutie les résultats et, notamment, le score de la gauche dite "anti-libérale" . Une atomisation de celle-ci ouvrirait des perspectives de recomposition.1. Une possible alliance entre le Parti Socialiste et l'Udf (recomposée en la circonstance)2. Une souhaitable réduction de l'influence néfaste du Front national afin d'ouvrir des perspectives de recentrage de la droite républicaine sur des valeurs, assumées et républicaines, de droite. Nicolas Sarkozy assume clairement ce rôle. S'il parvenait à ramener l'influence réelle du Front National sous la barre des 10%, il faudrait le remercier chaleureusement.