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13 décembre 2006 3 13 /12 /décembre /2006 15:26

   De nombreuses personnes intéressées par les problèmes de l'Education s'interrogent sur l'opportunité d'en faire l'objet d'un débat à l'occasion des prochaines élections...

   Il est certain que le "système éducatif" est en crise, et ceci à tous les niveaux : près de la moitié des élèves ne "maîtrisant" pas le langage et le calcul à la fin de l'école primaire, échec manifeste du collège unique, dérives des lycées - notamment des lycées d'enseignement général- masquées par des "records" illusoires de succès au Baccalauréat, inadaptation des universités dont la moitié des étudiants disparaissent après 2 années d'études, les autres ne trouvant d'emploi que dans des secteurs limités... Il est d'ailleurs significatif que les syndicats d'enseignants - les mêmes qui avaient favorisé naguère la "libéralisation " des études pour éviter qu'elles soient le seul apanage d'une "élite" - s'en préoccupent désormais, à l'image des pyromanes qui crient : "Au feu !"...

   Il est donc nécessaire de remettre en cause le "système éducatif", ce qui ne signifie nullement qu'il faille s'en prendre aux "enseignants"... Car on peut penser que la grande majorité de ceux-ci, malgré l'insuffisance notoire des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres - où domine encore un "pédagogisme" abusif - sont des enseignants dévoués et valeureux, la proportion de fumistes ou de paresseux n'y étant vraisemblablement pas supérieure à celle d'autres métiers... Malheureusement, par la "force des habitudes", ils sont encore rares à critiquer le système lui-même, leur demande - sans cesse réitérée - étant essentiellement d'obtenir des "moyens" supplémentaires... Certes, il faut donner à l'Education les moyens nécessaires - et il y a dans ce domaine des lacunes ou insuffisances à corriger - mais il ne faut pas pour autant en faire une "panacée" : ainsi, le nombre d'élèves par classe doit rester raisonnable - autour du chiffre "moyen" actuel de 25 élèves - qu'auraient bien voulu connaître les enseignants qui affrontaient entre 30 et 40 élèves dans les années 1950-1970 - mais il est ridicule de demander des effectifs en dessous de 20 élèves , sauf dans des cas difficiles... Des contrôles ont même montré que les "dédoublements" de classe donnant des groupes de 15 à 20 élèves n'avaient pas une efficacité à la hauteur de leur coût financier... De même, ce n'est pas en "suréquipant" les classes en matériel qu'on améliore le "rendement" des élèves, surtout si ce matériel - ex: l'informatique - est rapidement obsolète...

   C'est pourquoi il est intéressant de constater que des thèmes autrefois considérés comme "tabous" par la "gauche"...mais aussi par la "droite", tétanisée par la logomachie égalitaire (le collège unique a été créé par le "modéré "Haby...), ...sont désormais mis sur la place  publique, notamment dans le cadre de déclarations ou de programmes des candidats aux élections présidentielles :

  - l'aménagement de la "carte scolaire", contraire aux notions fondamentales de liberté et d'équité entre l'enseignement public et l'enseignement privé.

  - la suppression de l'interdiction des redoublements et , dans la mesure où ceux-ci ne constituent pas toujours le meilleur remède, la mise en place de "structures particulières" pour les élèves en difficulté.

  - La réhabilitation des notions d'effort et de mérite, l'acquisition d'un certain niveau d'études n'étant pas un "droit" mais le résultat d'un "devoir".

   - Le retour à des règles de politesse et de respect d'une autorité bien comprise, ne pouvant que contribuer à "l'honneur" souvent bafoué des enseignants.

  - La "remise à plat"" du service des enseignants, actuellement "inégalitaire" : nombre d'heures de cours variant ...suivant le "grade" et non suivant les élèves ((ex: 15 h Agrégés, 18 h Certifiés, etc...)... et complétés tout aussi inégalement par des services divers (conseils de classe, conseils d'enseignement, convocations diverses...)...Et ceci en fixant "à l'anglaise" un nombre fixe d'heures de présence (à définir par une application souple des ...35 heures, préparation des cours et correction des devoirs comprises), en dehors desquelles les enseignants disposeraient entièrement de leur temps.

  - La généralisation des stages dans les administrations, les sites culturels et les entreprises pour élargir l'information des élèves sur la "vie".

   Pour autant, de telles propositions doivent-elles faire l'objet d'u "débat" ?... Assurément, oui, car il serait impensable d'imposer des réformes sans consultation dans un domaine aussi "public"... Mais pas n'importe quel débat :

   ° Certainement pas une "consultation nationale" avec remontée "hiérarchique" de la base au sommet... Des expériences antérieures ont montré qu'en pareil cas les "consultés" de base ne retrouvent pas leurs propositions ou si peu quand elles sont passées "à la moulinette" des divers niveaux...

   ° Certainement pas davantage un "colloque national"... Là encore, des expériences antérieures prouvent qu'on a alors droit à de grands discours et à de grandes phrases du style "l'Ecole de la réussite" (parbleu...le contraire serait étonnant !), et ensuite rien ne se passe...

   ° Plutôt une définition simple et claire de quelques thèmes essentiels par des organismes qualifiés, soumis ensuite à l'avis des députés et sénateurs dont c'est la responsabilité dans le cadre de leur élection démocratique,  et qui devront alors recueillir l'avis de leurs mandants, puis veiller à l'application pratique des mesures en fonction des contingences locales...

   Ainsi, peut-être, obtiendra-t-on enfin que la France ne soit plus ...à la queue des pays européens pour l'efficacité de son système éducatif. En effet :

  - Les dépenses consacrées par la France aux collèges et lycées sont supérieures de 24 % à la moyenne des autres pays de l'OCDE pour un résultat le plus souvent inférieur,

  - La charge horaire des élèves est l'une des plus lourdes de l'Europe sans permettre pour autant l'assimilation de programmes excessifs.

  - Le taux de chômage parmi les 20-24 ans non-scolarisés et sans diplômes est de 23,7 %, soit la plus forte proportion après la Pologne et la Tchéquie...

   Tout bien réfléchi, il n'y a plus à discuter... Il faut agir !...

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Published by Jean Daumont - dans Education
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commentaires

Jacques Heurtault 20/12/2006 09:49

Oui, il faut agir ... L'éducation est en crise (mot d'origine grèque qui veut dire "décision"). C\\\'est évidemment aux parlementaires de décider de ce que doit être le cadre de fonctionnement de ce pilier de notre République.Aussi longtemps que les enseignants se croiront investis d'une mission messianique, on ne pourra pas avancer avec leur consentement. Il faudra avancer quand même ... On a le même problème au sein de l'Anpe. Beaucoup de mes colègues croient que c'est à eux de définir la politique de l'emploi que doit mettre en oeuvre le gouvernement (puisque ce sont eux qui "savent" ...!). Il faut le rappeler : les agents publics sont aux ordres de la puissance publique laquelle est aux ordres du Gouvernement, lequel est aux ordres du Parlement, lequel est aux ordres des citoyens qui exercent leurs pouvoirs par leurs bulletins de vote ... C'est la base de la démocratie.