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10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 22:39

   La nécessité d'un logement a été de tous temps pour les hommes une nécessité primordiale, au même titre que la nourriture... Il est donc inconcevable que, dans une société aussi développée que celle de la France, il puisse y avoir en ce début du 3ème millénaire plus de 3 millions de gens sans logis ou logés dans des conditions précaires ou misérables... et il est déplorable qu'il faille un coup médiatique  de quelques pourfendeurs de moulins à vent - bien inspirés - pour réveiller les consciences et décider le gouvernement à prendre des mesures d'urgence...

   Car, bien entendu, la réaction quasi-unanime de l'opinion a consisté à se tourner vers l'Etat qui, par définition et conformément à la Condtitution, a pour mission de veiller à la protection des citoyens. Encore faut-il s'entendre sur le rôle - c'est-à-dire les moyens d'action - de l'Etat dans ce domaine :

   - L'Etat doit-il contrôler directement l'organisation du Logement en France - au moins pour les plus démunis - comme il assume celle des transports, de l'énergie ou de la défense ?... Il y a eu, sous tous les régimes, une aide aux mal-logés, mais celle-ci était très ponctuelle et elle n'est devenue institutionnelle qu'à partir de la fin du 19ème siècle avec les HBM devenus ensuite HLM (1894), la loi Loucheur (1928) et les mesures du Front Populaire (1936)...Elle a donné lieu à toute une administration dont il convient de souligner l'action (moyenne de 50.000 logements construits par an entre 1996 et 2000, soit 25 % de la globalité des constructions)... Mais il faut constater aussi qu'elle a été largement insuffisante puisqu'un ancien Ministre du ...Logement (1) estime que le retard accumulé depuis plusieurs décennies se situe entre 600.000 et 1.000.000 de logements sociaux... N'est-ce pas tout simplement que l'Etat, comme pour l'économie (cf les nationalisations...), ne peut pas "être à la hauteur" en se comportant en Etat-Patron et, faute de mieux ou à défaut tout court, en Etat-Providence ?...

   - Est-ce à dire pour autant que l'Etat doit se "désengager" du secteur du Logement , autrement dit être un Etat Libéral qui fait confiance à l'initiative privée ?... Il faut reconnaître que celle-ci a pu donner naguère la preuve de son efficacité, comme en témoignent les "corons" des mineurs, construits par les Houillères du Nord et du Pas-de-Calais, ou encore les cités édifiées par les usines De Wendel en Lorraine... Mais elle donne aussi, actuellement, le spectacle affligeant d'abus manifestes, avec une spéculation immobilière se développant dans les villes - surtout les plus grandes, comme Paris - où les prix, à la vente comme à la location, atteignent des sommets inaccessibles aux petits salariés et aux chômeurs, avec la conséquence perverse de multiplier les logements vacants dans une mesure qui doit d'ailleurs être nuancée (2)... Car l'Etat qui, paradoxalement (?), est cette fois un Etat Libéral n'intervient pas ou fort peu... Il y a même des cas où il contribue à la cherté des prix, à en juger par l'anecdote - citée  par une journaliste (3) - d'un père ayant logé sa fille chômeuse pour un faible loyer dans un petit appartement dont il était propriétaire et ayant subi ensuite un ...redressement fiscal pour "sous-estimation de la valeur locative par rapport aux prix pratiqués dans des locaux comparables" (sic)...

   Devant l'ampleur du problème, ...et à la faveur des prochaines élections, les responsables succombent évidemment à la tentation "démagogique" de "prendre des mesures" et de mettre en place une fois de plus - une "politique du Logement", c'est-à-dire de soigner à nouveau les conséquences et non les causes, bref de revenir à la formule de l'Etat Patron ou Providence... D'un côté, les socialistes, fidèles à leur doctrine "interventionniste", envisagent des dispositions drastiques comme les "acquisitions-réquisitions" ou des "services de la caution", c'est-à-dire - en l'absence de recettes spécifiques - de faire payer aux contribuables leur générosité... Mais les modérés ne sont pas en reste, avec cette proposition de "droit opposable au logement" qui permet d'impliquer l'Etat ou les collectivités territoriales, même si elles ne sont pas responsables...

   Et si, au lieu de tout ce charivari, on se contentait d'aider efficacement ceux qui sont "sur le terrain"- certains depuis très longtemps et avec des moyens limités - et qui savent ce qui se passe et où sont les véritables besoins, en particulier des Associations pratiquant la solidarité quotidienne pour le logement comme pour l'emploi ... et ne cachant pas actuellement leurs réserves vis-àvis d'un mouvement qui sera peut-être vite oublié avec le retour du printemps... Que l'Etat prenne actuellement des mesures d'urgence, on peut le comprendre, même s'il a manqué de prévoyance, mais pour une politique "à long terme", ne serait-il pas mieux qu'il se comporte en Etat garant qui fixe les règles en concertation avec toutes les parties concernées et se contente ensuite de veiller au respect de ces règles en sanctionnant, si besoin est, les insuffisances ou les abus...

(1) Mr Daubresse - Figaro du 6 janvier 2007

(2) Mr Verel - voir Blog http://verel.over-blog.com

(3) Mme Monique Girard - Ouest-France du 6 janvier 2007

Consulter également les articles de Mr Heurtault http://propositions-audacieuses.over-blog.com -Rubrique Fiscalité

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Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
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commentaires

Daumont Jean 12/01/2007 01:08

   Je pense très franchement que cette idée de "droit opposable au logement" est une aberration qui ne peut qu'engluer l'Etat et les Collectivités publiques dans un "'assistanat" contraire à une libéralisation des initiatives... Par contre, pour répondre à l'urgence, on peut concevoir, à mon avis, un "droit opposable à l'hébergement"...

Jacques Heurtault 11/01/2007 19:02

Cette "histoire" de "droit opposable" me turlupine un peu tout de même car, je ne vois pas comment ce droit peut être réellement mis en pratique ... Si l'Etat est responsable des mal-logés au point d'être contraint de leur fournir un logement, cela s'avère lourd de conséquences ... financières.L'objectif qui me parait plus raisonnable, consisterait à faire baisser le prix des logements neufs et, par conséquent, anciens (à terme, par effet de détente sur le marché).