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25 février 2007 7 25 /02 /février /2007 10:11

   Montesquieu, dans "L'Esprit des Lois" (1748), a énoncé le principe de la "séparation des 3 pouvoirs" - exécutif, législatif et judiciaire - qui est devenu le fondement du régime démocratique, notamment en France... En fait, il n'avait pas prévu l'importance que devait prendre un 4ème pouvoir, celui de la "communication" qui, sous des formes diverses sans cesse plus développées - presse, radio, télévision, internet...- est désormais désignée sous l'appellation de "médias"... Et pourtant, en son temps, Montesquieu, comme les autres "philosophes" Voltaire, Diderot, Rousseau, D'Alembert..., avait participé aux premières manifestations de la liberté de l'information, qu'il s'agisse de la discussion dans les "salons" à la mode ou de la rédaction de l'Encyclopédie... Certes, cette liberté n'était alors l'apanage que d'une "élite intellectuelle"..mais elle contribua néanmoins par la force des idées à la chute de l'Ancien Régime et marqua ainsi la naissance de ce qu'on appela, au 19ème siècle, après maintes péripéties, la "liberté de la presse" illustrée notamment par l'Affaire Dreyfus et le fameux "J'accuse" d'Emile Zola dans "L'Aurore"... Sauf pour l'intermède de Vichy (1940-44), elle n'a plus ensuite été remise en cause...

   Mais alors s'est posé le problème de l'utilisation de cette liberté, avec l'apparition de moyens ajoutant successivement à "l'écrit" de la presse, la "voix" de la radio et la force des "images" de la télévision et d'internet... Les responsables politiques le comprennent rapidement, à l'instar du Général De Gaulle lui-même qui, après son "Appel du 18 juin 1940 " à la radio de Londres, multipliera ses interventions et ses conférences de presse à la télévision entre 1958 et 1969... Et il faudra ensuite une multiplication des chaînes pour institutionnaliser, avec le CSA, une "ouverture" pratiquement sans limite... Au point que, désormais, les Français s'interrogent en sens inverse sur l'usage abusif qui peut être fait de cette liberté...

   A ce titre, il est utile de relever les conclusions d'un sondage effectué en commun par la SOFRES et le journal La Croix dans son numéro du 14 Février 2007 :

   - La 1ère conclusion est que la demande d'information reste forte : enregistrée à 62 % au 1er sondage de 1987, elles reste stable entre 70 et 75 % pendant les 20 éditions suivantes (à noter qu'elle est plus forte chez les hommes que chez les femmes ...et plus forte chez les "jeunes" que chez les "vieux"). Néanmoins, on peut s'étonner du maintien d'une minorité de 25 % - plus importante qu'un simple "noyau" - de gens indifférents aux médias...

   - La 2ème conclusion est que les Français n'ont qu'une confiance limitée dans les médias. En particulier 60 % doutent que les journalistes soient indépendants à l'égard des pouvoirs de la politique et des pressions de l'argent, et cette proportion a peu varié depuis 1987 où l'éditorialiste Noël Copin évoquait déjà "la crise de confiance envers les médias"... Dans le détail, en 2007, ils estiment que les médias ont trop parlé ...du "coup de boule de Zidane" (81 % !), de la Guerre en Irak (51 %), des caricatures de Mahomet (48 %), du CPE (48 %) et de l'Affaire Clearstream (43 %) ... et pas assez parlé ...du réchauffement climatique (52 %) ...et de l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'Union Européenne (49 %).

   Ces conclusions sont intéressantes parce qu'elles ne vont pas dans le sens des idées toutes faites prêtées aux Français par les médias... Alors même qu'on les assomme de certaines émissions de variétés plus ou moins racoleuses - pour cause "d'Audimat" ! - ils sont demandeurs d'émissions scientifiques et littéraires repoussées - quand elles existent - après 22 heures (sauf Arte)... Et alors que les médias veulent encore aller dans le sens du vent - toujours pour "l'Audimat" ! - à propos des élections présidentielles, ils estiment avec sagesse qu'on accorde une place trop importante à Nicolas Sarkozy (58 %) et Ségolène Royal (50 %) ...et pas assez importante à tous les autres candidats, de Corinne Lepage (43 %) à François Bayrou (51 %)... Façon très claire de refuser la manipulation ...et avertissement salutaire à ceux qui oublient qu'en 1995 et 2002 les résultats des élections n'ont pas du tout été conformes aux "prévisions" des médias...

   Il apparaît donc désormais nécessaire de tisser une nouvelle confiance entre les médias et le public... Et, à ce titre, les journalistes, en raison d'une compétence leur permettant d'exercer un rôle de "médiateurs", ont intérêt à revoir leur attitude dans le sens d'une plus grande rigueur envers les "puissants" et d'un plus grand respect pour un public pas aussi  "vulgaire" qu'ils peuvent le croire... A cet égard, le recours de Ségolène Royal à une "démocratie directe" auprès d'un public n'ayant pas pourtant toutes les compétences doit être pour eux une "sonnette d'alarme"...

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Published by Jean Daumont - dans L'information
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commentaires

Jacques Heurtault 25/02/2007 17:53

Oui! Mille fois oui!  Les journalistes ne font pas correctement leur métier ... Ce n'est que trop évident!J'exige de leur part qu'ils cessent de me dire ce qu'il faut penser de telle ou telle chose! Je n'ai pas besoin de leurs analyses ... Je veux juste qu'ils aillent à le recherche de la vérité des faits et qu'ils cessent de se comporter comme des militants lorsqu'ils sont dans l'exercice de leur métier!