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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 20:16
 La France n'est certainement pas un pays où tout va mal, et, sans être le "pays de cocagne" dont rêvent de nombreux candidats à l'immigration, elle reste une des grandes puissances du monde, où elle brille dans des domaines aussi variés que les techniques de pointe (TGV...), l'activité culturelle ou le tourisme...

   Il n'en est pas moins vrai qu'elle traîne "comme une casserole" une incapacité permanente à trouver l'équilibre nécessaire entre l'économie et l'emploi... En effet l'économie française est très active, même si elle connaît actuellement un ralentissement qui n'est peut-être que conjoncturel (progression de 2 % seulement en 2006, l'une des plus faibles de l'Europe)... Mais, à la différence d'autres pays, elle conserve l'un des plus hauts taux de chômage, malgré une légère baisse, avec environ 2 millions de personnes "officiellement " sans emploi, et "pratiquement" beaucoup plus en ajoutant celles qui, à des titres divers, sont retirées des listes (*)... Or les entreprises - surtout les plus grandes - réalisent depuis plusieurs années des "bénéfices historiques" alors qu'elles reçoivent déjà une aide indirecte de l'Etat par une exonération au moins partielle de charges sociales... Mais l'effet sur l'emploi reste limité, puisqu'en 2006 environ 200.000 emplois nouveaux ont été créés, ce qui est un progrès insuffisant ... car , dans le même temps, des emplois ont été supprimés, parfois massivement, pour cause de "rationalisations" ou de "délocalisations"...

   Néanmoins, il convient de ne pas considérer de façon simpliste les entreprises comme les seules responsables du "Mal français"... Car la France est un pays singulier - qui étonne d'ailleurs sur ce point les autres pays - par une "co-habitation contradictoire" entre un chômage massif et un grand nombre d'offres d'emploi non satisfaites... Contradiction qui doit d'ailleurs être nuancée suivant les secteurs puisque les offres d'emploi non satisfaites concernent surtout le bâtiment (25.700), les conseils et assistances (11.500), les transports (8.300), l'industrie des biens intermédiaires (6.300), les services aux particuliers (4.900), le commerce de gros (4.300), etc ...alors que le chômage sévit dans les services opérationnels (14.600), les hôtels et restaurants (7.500), l'industrie automobile (3.900), le commerce de détail (2.800), etc... (**)

   Le Mal français a donc des origines "structurelles" qui dépassent le comportement des entreprises... La tentation est alors grande de s'en prendre à la formation professionnelle, et plus largement à l'Education Nationale qui, assurément, ne fournit pas toujours - tant s'en faut - à l'économie les jeunes qualifiés dont elle a besoin... Mais si l'Education Nationale fait preuve incontestablement d'une trop grande inertie, c'est certainement aussi parce qu'elle n'est pas suffisamment renseignée sur l'évolution des besoins, et notamment sur "l'économie du futur"... Que fait-elle actuellemant par exemple en matière de bio-technologie, nanotechnologie, etc... alors que l'économie française va inévitablement continuer à perdre du terrain dans les activités "traditionnelles" en raison de la concurrence des pays dits "émergents" ?... Forme-t-on des professeurs à ces techniques?... A-t-on prévu les équipements et leur renouvellement régulier dans les établissements de formation ?...

   Mais la formation n'est certainement pas le seul problème à résoudre pour guérir le Mal français... Au moins aussi important, et peut-être même fondamental, est celui d'assurer une coordination "organique" entre "l'économie" et le "social"... En l'occurrence, il ne s'agit pas simplement d'augmenter les salaires, car les entreprises doivent réaliser des bénéfices pour assurer leurs investissements  ...et pour payer les salariés et les charges sociales inhérentes... Certes, il n'est pas normal que les "super-profits" obtenus par certaines entreprises ne soient pas taxés... et que certaines d'entre elles préfèrent même racheter leurs propres actions pour diminuer le paiement des dividendes en partie au dépens de leurs salariés petits actionnaires... Mais, au delà de ces cas d'espèce, il faut aller plus loin et chercher des solutions plus "générales"...

   A ce titre, le débat actuel sur la "TVA sociale", repris à l'occasion des élections présidentielles, a le plus grand intérêt (*)... Le principe serait d'augmenter la TVA et en contrepartie de baisser d'un montant équivalent les charges sociales des employeurs, ce qui permettrait en particulier de faire face aux dépenses "familles" et "maladies" de la Sécurité Sociale . L'avantage serait évidemment de diminuer le coût du travail, et d'améliorer la compétivité des entreprises ...non seulement parce que les produits "devraient" être moins chers... mais parce que les produits importés de l'étranger seraient également taxés... Mais l'inconvénient, souligné par les syndicats des salariés, est que cette TVA sociale péserait sur le pouvoir d'achat de tous les Français, notamment sur les plus défavorisés... On peut y répondre qu'il n'est pas anormal de répartir l'effort éventuel sur tous les Français, plutôt que de continuer à demander à une partie seulement d'entre eux de toujours payer pour l'autre... En contrepartie, l'allègement des charges sociales "pourrait" être modulé pour les entreprises en fonction de leurs créations d'emplois - notamment pour les PME - afin de contribuer efficacement à la résorption du chômage, ...et il ne serait pas anormal que celles-ci prévoient une hausse "raisonnable" des salaires... Chacun y trouverait son compte... et la France y trouverait l'avantage de bâtir ainsi une "éco-socialité" où l'opposition traditionnelle entre "patrons" et "salariés" serait au moins atténuée... La France, certes...mais il faudrait encore que la France ne soit pas le seul pays à la pratiquer... A noter qu'une expérience d'augmentation de la TVA a déjà été tentée sans difficulté majeure en Allemagne, mais son taux normal initial de TVA n'était que de 16 %.. En France, il est déjà de 19,6 %...

 

* Voir lien / http://propositions-audacieuses.over-blog.com    /Rubriques Fiscalité (Article de la Croix du 4 avril 2007 sur la TVA sociale), Allocations et Anpe-Assedic

                                                                                                              ** Article Ouest-France 6 avril 2007

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Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
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commentaires

Daumont Jean 16/04/2007 09:40

   Je constate que votre texte sur un "Contrat Républicain" ne constitue pas une réponse à mes modestes réflexions, puisque je le retouve en "commentaire" sur d'autres blogs...  Néanmoins, je reconnais qu'il contient des idées intéressantes, dont on peut souhaiter l'application, notamment pour le Chômage ou l'Education... Mais seules les "idées" m'intéressent, et certainement pas les "idéologies" toutes faites rattachées à des partis politiques, quels qu'ils soient d'ailleurs... Je ne suis partisan que d'une "politique pragmatique" tenant compte essentiellement des gens et des circonstances, sur le "terrain"...

MERENGUE 13/04/2007 18:53

UN CONTRAT REPUBLICAINLes relations entre les politiques et les citoyens se désagrègent au fil du temps , notamment du fait des échecs répétés des gouvernements de Droite comme de Gauche. Il est grand temps de restaurer des relations saines entre le politique et les citoyens. Il est grand temps d'affronter les problèmes en face, de dire clairement où on en est, où l'on veut aller et avouer que cela ne va pas être facile pour y arriver.J'entend de nombreuses personnes dire qu'elles sont exclues, qu'elles ne peuvent rien faire seules, que l'Etat les a abandonnés. Alors, je dis banco, créons un contrat républicain entre l'Etat et les citoyens où chacun sera mis devant ses responsabilités et ses devoirs. Un contrat implique deux parties et chacun devra faire des efforts pour que le pays s'en sorte.Je propose un contrat républicain qui se déclinera en plusieurs points. Je précise que ces propositions sont personnelles, qu'elles s'inspirent de points pour certaines présents dans le programme du Front National, élaborées pour d'autres par mon inspiration.1.Il est temps d'en finir avec les territoires abandonnés de la République. Les services publics de première nécessité doivent être présents aussi bien dans les zones urbaines que les zones rurales. Il est inconcevable de faire plus de 20 kilomètres pour déposer un courrier ou aller se soigner. La question des dégradations des services publics est un problème sécuritaire cité plus bas. Il est inconcevable que des milliers d'habitants soient privés d'un service public par la faute de semeurs de trouble ou d'obscures raisons de rentabilité financière pour les zones rurales. Ce ne sont pas les services publics qui doivent abandonner le terrain mais les raclures.2.La politique sécuritaire vis-à-vis des délinquants qui perturbent la vie de la cité doit être claire, ferme et appliquée. Tout jeune qui casse ou détériore doit immédiatement être utilisé à des travaux d'intérêt général et saisine sur les aides sociales des parents en cas de récidive. Retour d'un service civil ou militaire à déterminer sur 6 mois au plus pour les jeunes qui quittent le système scolaire. Les délinquants plus sévères doivent être éloignés de leur zone d'influence  et se voir aplliquer une justice ferme servant d'exemple. Les mesures d'application du Code de la Nationalité et en faveur de la Justice sont celles proposées par le Front National. La société doit être pacifiée et se fonder sur une justice respectée et respectable.3.Ecole : Organiser au plus tôt ( en 5ème ) un bilan des savoirs et des capacités  de l'élève et favoriser l'apprentissage pour les enfants dont cette voie semble la meilleure. Une mesure du contrat républicain est le conseil d'orientation des enseignants à divers stades ( 5ème, 3ème, Terminale ) et notifié aux parents, le jeune ne pourra pas dire qu'il ne savait pas s'il se lance dans une voie de garage. Il conviendra enfin d'établir courageusement des quotas dans certaines filières universitaires et d'adapter le flux d'étudiants avec les capacités réelles du marché de l'emploi.Il conviendra aussi de former nos enseignants au monde de l'entreprise dont ils sont totalement déconnectés pour la plupart, les premières expériences de ce genre ont reçues un accueil favorable des enseignants.4.Urbanisme : il est indispensable de revenir à un urbanisme plus rationnel. Le service civil doit permettre aux jeunes d'une remise à niveau scolaire mais d'oeuvrer pour leurs quartiers par exemple dans les opérations de réhabilitation ou de petits travaux. Il y aurait ainsi une implication des jeunes dans la vie locale.Les clandestins seront expulsés de même que les polygames ( 30 000 Familles en France ).5.Emploi : je propose une mesure inédite : un recensement des jeunes et des moins jeunes en recherche d'emploi et en situation d'exclusion, une sorte d'audit des exclus qui sont bien plus nombreux que les statistiques officielles le prétendent. Le contrat républicain est d'offrir une première ou une nouvelle perspective pour ceux qui respectent la loi et s'engagent vers une situation saine : le service civil cité plus haut pour les jeunes jusqu'à 25 ans; remise à niveau des connaissances, des savoir-être frein à l'emploi par le biais de moyens supplémentaires aux ANPE ; un suivi régulier des progressions et un accompagnement au retour à l'emploi comme il se fait pour les contrats Borloo actuellement mais en ciblant le secteur privé seul pourvoyeur de croissance. Préférence nationale par ailleurs pour les emplois et les aides sociales. Les logements laissés par les clandestins serviront aux SDF et un investissement doit être fait dans des structures d'accueil temporaires jusqu'au retour à l'emploi.Ces mesures peuvent s'emboiter aux mesures économiques du programme FN qui sont incitatives à l'emploi des entreprises et à une relance de la croissance.Il est grand temps de tout remettre à plat, de réaliser un audit de la situation du pays, de considérer chaque personne qui veut s'en sortir et libérer les énergies, et de siffler la fin de la récréation. Tout le monde doit se remettre en cause : le politique et les citoyens. Repartons sur de bonnes bases en réalisant ces contrats républicains qui concerneraient enfants, parents, services publics, entreprises.Une main sera ainsi tendue vers ceux qui veulent vraiment s'intégrer, se réintégrer et participer à l'unité de notre pays. Les autres ne pourront plus venir pleurer et il adviendra pour eux de creuser leur exclusion vers laquelle il souhaite sans doute aller.