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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 15:22

   Ainsi, il a suffi que François Fillon Premier Ministre, affirme que "la réforme des régimes spéciaux de retraite est prête et n'attende qu'un signe du Président Nicolas Sarkozy"   ...et que celui-ci, soucieux de la nécessité d'une concertation avec les syndicats, fasse savoir "qu'un peu de méthode ne nuit pas à la solution des problèmes" ...pour que les médias parlent de "cacophonie" à la tête de l'Etat....

 

   Ce n'est assurément pas la 1ère fois - ni certainement la dernière - que "l'incertitude" règne dans le partage des responsabilités entre un Président et son Premier Ministre... Cette incertitude tient son origine dans la Constitution même de la 5ème République, puisque celle-ci confie la "direction de l'Etat" au Président conformément à l'article 5 mais prévoit aussi à l'article 20 que "le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation", ...instituant ainsi un régime mixte mi-parlementaire mi-présidentiel... L'élection du Président au suffrage universel à partir de 1965 a certes renforcé la "présidentialisation" en cas de concordance électorale avec l'Assemblée, ...mais les "cohabitations" ultérieures - dans les 2 sens - ont montré qu'une majorité non concordante à l'Assemblée ramenait alors le pouvoir réel vers le 1er Ministre...

   Mais la collaboration entre le Président et le 1er Ministre n'est pas seulement une question d'institutions, elle est aussi une question de "personnes"... Au début, avec le Général De Gaulle, il n'y avait pas d'ambiguïté, en raison de la "dimension historique" de l'homme du 18 juin, ...et lui-même avait déclaré un jour à Alain Peyrefitte, Ministre de l'information,  : "Arrêtez de me dire que le 1er Ministre est le chef du gouvernement...le chef du gouvernement, c'est moi !" (CQFD...). Plus tard, Georges Pompidou a la même attitude quand il "démissionne" Jacques Chaban-Delmas, dont la "Nouvelle Société" l'importunait... Et, plus tard encore, François Mitterrand s'entendra fort bien avec l'ondoyant Edouard Balladur, du camp opposé au sien, alors que la cohabitation avait été difficile auparavant avec Michel Rocard, socialiste "comme lui" (?)...Et s'il ne s'accorde pas avec Jacques Chirac, il apprécie néanmoins en lui un "animal politique" à sa ressemblance, au point de favoriser discrètement son élection contre Lionel Jospin en 1995...

   La collaboration entre le Président et le 1er Ministre ne peut donc pas relever de la "théorie", puisqu'elle est essentiellement une "pratique" . Quoi qu'il arrive, les deux "partenaires" doivent trouver un terrain d'entente pour cause de "raison d'Etat" :

   - Le Président assure la direction de l'Etat qu'il représente, mais il ne doit ...ni concentrer tous les pouvoirs - tous ceux qui, à des niveaux divers, ont exercé des responsabilités savent qu'il faut toujours laissé aux "mandants" une possibilité d'appel à une autorité supérieure, sous peine de blocage - ...ni déléguer abusivement ses pouvoirs, ce qui peut être un facteur d'intrigues et d'immobilisme...

   - Le 1er Ministre assure la gestion des affaires courantes, et il doit donc être le "collaborateur" privilégié du Président : cela signifie d'une part qu'il ne doit pas être supplanté dans ce rôle par "l'entourage" du Président... mais aussi, d'autre part, qu'il ne doit pas considérer sa fonction  comme un marchepied  pour devenir à son tour Président, l'expérience ayant toujours montré jusqu'à présent qu'un 1er ministre en exercice échouait dans une telle candidature, étant le "fusible" canalisant les mécontentements...

   C'est à cette "aune", et non sur de simples propos, qu'il faut donc apprécier les relations entre le Président Sarkozy et le 1er Ministre Fillon...

   Conclusion : "Chef" et "Sous-Chef"...Chacun à sa place... Et les "vaches" (pardon, les Français...) seront bien gardées !...

  

 

 

 

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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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commentaires

Jacques Heurtault 20/09/2007 16:29

Je n'entrerai pas dans cette querelle ... François Fillon a toute ma confiance même si son rôle est particulièrement ingrat! Toutefois, Nicolas sarkizy serait bien inspiré de le ménager un peu ... s'il veut éviter une crise. L'essentiel du programme politique du Président élu, c'est François Fillon qui en est l'architecte!Si François Fillon se sent mal à l'UMP, il sera le bien venu au Modem... Quiconque connait François Fillon sait que c'est un "chrétien social" convaincu.