Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Convergences
  • : Réflexions sur l'actualité en tous genres.
  • Contact

Recherche

Archives

17 octobre 2005 1 17 /10 /octobre /2005 00:00

   Il est actuellement de bon ton de pratiquer la repentance pour les "fautes" réelles ou supposées de nos ancêtres, - notion "collective" à distinguer du repentir qui concerne plutôt la volonté d'un individu de réparer ses propres fautes... Et le thème en vogue est l'esclavage.

   Bien entendu, il n'est pas question de justifier l'esclavage, qui est attentatoire à la liberté individuelle et a été condamné au niveau mondial par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme adoptée le 10 Décembre 1948 par l'ONU.

   Mais ce n'est pas une raison pour demander aux générations actuelles d'effectuer une repentance pour un "état de fait" concernant l'histoire de leurs ancêtres :

   - d'abord la repentance doit être associée à la notion de responsabilité. Or les générations actuelles ne sont pas "responsables" de la pratique ancienne de l'esclavage.

   - ensuite l'esclavage n'était pas considéré depuis l'Antiquité - et certains disent dès la Préhistoire - comme une anomalie sociale : il était pratiqué à l'égard des vaincus lors des guerres mais aussi pour diverses raisons comme l'endettement. La Bible ne le condamne pas, la loi juive se contentant de recommander la générosité, et Jésus lui-même prônant l'amour du prochain sans demander sa suppression.

   - la critique de l'esclavage n'apparaît vraiment qu' à partir du 18°siècle - "Siècle des Lumières" - dans la mesure où les Européens ont développé le "Commerce triangulaire" comportant la "Traite des Noirs" achetés en Afrique et revendus en Amérique, - "esclavage de masse" particulièrement cruel qui va entraîner sa condamnation dans les pays occidentaux non sans tergiversations : seulement 1848 Victor Schoelcher en France et...1861-1865 Guerre de Sécession aux Etats-Unis. Mais pour autant il ne faut oublier que les Européens n'allaient pas chercher les Noirs à l'intérieur de l'Afrique : ils les achetaient à des trafiquants noirs de la côte ...

   - il n'en est pas moins vrai qu'on veut "culpabiliser" unilatéralement les pays occidentaux avec cette proposition de repentance. Or ils n'étaient pas les seuls, ni les plus importants dans cette pratique de l'esclavage. Des recherches ont permis d'évaluer qu'il y avait eu environ 15 millions de Noirs transplantés d'Afrique en Amérique par la "Traite"... Mais dans le même temps les Arabes ont fait un trafic d'environ 30 millions d'esclaves - d'ailleurs à la fois noirs et blancs - dans l'arc Afrique-Asie Occidentale...

  Conclusion : il vaut mieux - dans ce domaine comme dans d'autres, ne pas mêler la Morale et l'Histoire...

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans L'Histoire
commenter cet article

commentaires

DAUMONT Jean 19/10/2005 15:30

Le hasard fait que la Revue L'Histoire consacre son n° spécial d'Octobre 2005 à la "Colonisation en procès" et que les articles illustrent de façon remarquable la "nature changeante" de l'histoire ...
Il ne faut certes pas confondre la "colonisation" avec "l'esclavage", même si un Directeur d'Etudes d'origine africaine compare dans cette revue les "travaux forcés" imposés par les colonisateurs au 19° et 20° siècles à une forme d'esclavage : le sort des africains noirs était particulièrement dur et non seulement il donna lieu à de nombreuses révoltes mais il fut dénoncé par les Européens eux-mêmes (ex: André Gide dans le Voyage au Congo); néanmoins les travailleurs n'étaient pas la propriété de leurs maîtres et restaient "libres"... Ces travaux forcés furent de toutes façons supprimés à partir de 1946 dans l'Empire français à l'instigation d'Houphouët-Boigny, ministre du gouvernement français et futur Prédident de la Côte d'Ivoire...
Il y eut en effet un renversement complet des valeurs concernant la colonisation à partir de la 2° guerre mondiale : alors que la France n'hésitait pas de 1877 à 1931 à "exhiber" les populations de son Empire dans des jardins zoologiques ou des expositions - en "toute bonne conscience" - l'affirmation du droit des peuples à partir de 1946 conduit à l'indépendance des anciennes colonies... "L'histoire" peut-elle dans ces conditions faire un bilan "objectif ?

Jacques Heurtault 13/10/2005 23:09

Certe, il ne faut pas mêler la morale et l'histoire. D'autant que la morale, est, par nature, changeante avec les époques. Vérité en deça des Pyrénées, erreur au dela! Je ne me souviens plus qui a dit cela mais je suis sûr qu'il s'agit d'un intellectuel français éminent.
En principe, il ne devrait pas en être ainsi pour l'Histoire puisque c'est un ensemble de faits qui sont, par nature, vrais. Or, on constate qu'elle est, elle aussi, susceptible d'être changeante avec les époques!
Le paradoxe atteint son comble quand on constate qu'un certain Voltaire, autre éminent intellectuel français, participait, au moins financièrement, au commerce "triangulaire" aujourd'hui appelé "traite des noirs" (Ah! Qu'en termes galants ces choses-là sont dites).