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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 22:17

   Le Général De Gaulle étant entré vivant dans l'Histoire, il n'est pas surprenant que sa mémoire soit célébrée en ce mois de Novembre qui fut à  a fois celui de sa naissance le 22 novembre 1890 et celui de sa mort le 9 novembre 1970, ...et ceci d'autant plus qu'en France la tradition est de donner un éclat particulier aux commémorations "décadaires", ce qui est le cas en 2010 qui est le "quarantenaire" de sa disparition...

 

    Il est certain que le souvenir du Général De Gaulle reste vivace dans l'opinion des Français, où il a pris place définitivement dans la galerie des personnages qui ont fait, à tort ou à raison, l'histoire de la "nation", qu'il s'agisse, entre autres, de Clovis, Philippe-Auguste, François 1er, Louis XIV ...ou encore Danton, Robespierre, Napoléon 1er, Napoléon III, Clémenceau ...Et il n'est d'ailleurs déjà plus possible de dénombrer les livres, revues, articles, et émissions qui lui sont consacrés ...et qui, de presque tous les horizons politiques, lui rendent hommage ... 

 

   Mais il n'en a pas été toujours ainsi ...et il suffit, pour s'en rendre compte, de feuilleter l'excellent livre que lui consacre Michel Tauriac, avec son "Dictionnaire amoureux de De Gaulle" (Editions Plon 2010) :                                                                                                    Tauriac-Dictionnaire-De-Gaulle.jpg

   - Certains faits sont largement connus, comme le faible retentissement de son Appel du 18 juin 1940, affirmant que "La France a perdu une bataille, mais elle n'a pas perdu la guerre"..., les Français ayant alors surtout écouté avec soulagement l'allocution du 16 juin 1940 du Maréchal Pétain "qui avait fait à la France le don de sa personne pour atténuer son malheur" ...On sait moins que De Gaulle , cassé de son grade de Général de brigade "à titre temporaire" et condamné par un Tribunal de Vichy, et ayant dû renoncer à un hôtel dispendieux, vit alors dans un modeste pavillon de banlieue de Londres, à Petts Woods, où il n'a même pas de place suffisante pour héberger son épouse Yvonne et ses enfants, en particulier Anne, sa petite fille infirme...

   - Cette situation précaire n'a pas empêché plus tard certains de ses adversaires de stigmatiser le profit matériel que De Gaulle avait pu retirer de sa position éminente ...C'est oublier qu'en 1945, alors que sa maison de La Boisserie, à Colombey-les-deux-Eglises, avait été ravagée et incendiée, il refusa  la proposition d'Edmond Michelet, Ministre des Armées du gouvernement Gouin, de faire passer son grade à celui de Général d'Armée, avec les arriérés de solde correspondants depuis 1940... Il vivra donc d'emprunts successifs régulièrement remboursés jusqu'à ce que la parution de ses "Mémoires" lui permettent d'y mettre fin et ...de doter ses enfants... Le seul reproche qui peut lui être fait est de ne pas avoir prévu alors de dispositions pour sa chère épouse Yvonne qui, peu après sa mort, devra quitter La Boisserie pour aller dans une maison de retraite...

   - Pourtant les anecdotes sur la tendresse des sentiments entre Charles et Yvonne ne manquent pas ...même s'il y a eu parfois des anicroches ...Par exemple, Charles aimait la compagnie des femmes, ayant cité à leur propos la maxime de La Rochefoucauld : "Sans les femmes, les deux extrêmités de la vie seraient sans secours et le milieu sans agrément" ...et, un jour où il était reçu au Conseil d'Etat, un conseiller l'entendit murmurer, en voyant un groupe de sexe féminin, les vers de l'Esther de Racine :

   "Ciel ! quel nombreux essaim d'innocentes beautés

     S'offre à mes yeux en foule, et sort de tous côtés"  

  ... Et son Aide-de-camp Flohic rapporte qu'en juillet 1961, en recevant les époux Kennedy à l'Elysée, De Gaulle avait eu envers Jackie une attitude dépassant la simple galanterie...

   Par ailleurs, Charles est volontiers gourmand ...Mais, même devenu Président, il n'est pas ...maître de la cuisine, sur laquelle règne Yvonne .."Le pauvre Général", se plaint Honorine, car son épouse lui interdit les saucisses dont il raffole...Quant à la boisson, il ne boit pas de vin, ou si peu qu'une bouteille entamée doit souvent être jetée...Mais il aime déguster un apéritif ...et, après le repas, il trempe parfois subrepticement trois morceaux de sucre dans sa tasse à café ...et un quatrième dans un armagnac ...A l'étranger, où elle ne peut pas faire la loi, Yvonne fait comprendre sa réprobation de la gourmandise de Charles en laissant tomber bruyamment ses couverts dans son assiette...Et ainsi de suite...

   - On devine aussi que pour le jeune Charles De Gaulle, quand il était élève de l'Ecole Militaire de Saint-Cyr, "Napoléon perçait déjà sous Bonaparte" ...Pourtant, suivant la règle de l'époque, en 1909, l'élève officier devait faire un an de service chez les conscrits : il est certain que Charles ne devait pas apprécier particulièrement les corvées de patates, de balayage ...ou d'autres choses ...Comme ensuite il n'apprécia pas que sa compagnie soit envoyée pour mater une grève de mineurs ...ou doive défiler sous les huées de la population d'Arras ameutée par Jean Jaurès... Mais déjà, dans la chambrée, le "Double-Mètre" ou "La Grande Asperge" se faisait remarquer en tenant des conférences improvisées ... Et quand il fut nommé caporal, alors que le grade supérieur de sergent paraissait à certains plus juste, son capitaine rétorqua : "Pourquoi nommer sergent un garçon qui ne se sentirait à sa place que connétable !" Cette répartie lui colla à la peau pour la vie ...Même Churchill l'utilisera en 1940 à son propos...

   - On connaît De Gaulle aussi comme un écrivain brillant. La preuve en est dans la haute tenue littéraire de ses "Mémoires", ainsi que de ses "Discours et Messages", en particulier ceux, appris par coeur en raison d'une mémoire remarquable, qu'il a prononcés durant ses conférences de presse ...Mais, pour autant, il restait un militaire pratiquant volontiers un langage de "corps de garde", parfois en public : pour l'auto-détermination, qu'il prône un moment dans la Guerre d'Algérie, il résume : "Piège à cons !" ...Il lui arrive aussi d'utiliser de vieux mots comme "Farfadet", "Ganache" ou "Volapuk" ...ou il en invente comme "Politichiens" ou "Couche-toi-là" ...Quant aux Français ce sont des "Veaux" ...mais les Français seulement, car, lorsqu'on lui demande à la BBC le 18 juin 1940 de faire un essai de voix, il ne prononce que deux mots : "La France !"...

   - Pour un homme ayant accédé à ...l'immortalité, il n'est pas inutile de relever aussi ce qu'il pensait de Dieu ...On pourrait imaginer que, s'identifiant à la France, il se prît également pour un "envoyé de Dieu", le Président des Etats-Unis Roosevelt étant allé jusqu'à dire qu'il se prenait pour Jeanne d'Arc ...Mais "l'homme du Destin", comme le surnomma de son côté Churchill, fut toujours d'une totale discrétion dans son comportement religieux  ...Il était un croyant convaincu, mais sa foi était intérieure, à l'image de sa déclaration concernant sa petite fille : "Anne est ma joie et ma force. Elle est une grâce de Dieu dans ma vie. Elle m'aide à demeurer dans la modestie des limites et des impuissances humaines. Elle me garde dans la sécurité de l'obéissance, la souveraine volonté de Dieu. Elle m'aide à croire au sens et au but éventuels de nos vies, à cette maison du Père où ma fille Anne trouvera enfin toute sa taille et tout son bonheur"...

 

   Finalement, en juxtaposant l'homme public et l'homme intime, on en arrive à poser une question sans réponse : Qui était vraiment Charles De Gaulle ?...

 

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Published by Jean Daumont - dans Personnalités
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commentaires

Jean Daumont 10/11/2010 00:56



Que voulez-vous ...à côté d'un Géant, les autres ne peuvent apparaitre que comme des nains !...



jacques 08/11/2010 23:29



Eh oui, de Gaulle, paraît-il, allait à la messe tous les dimanches alors qu'il était Président de la République.


Et lui, au moins, le faisait sans les caméras de télé, contrairement à un "éminent" gaulliste qui convoquait ces télés une fois par an, le 15 août à Bormes les Mimosas.....


On imagine encore moins le Général singeant des signes de croix à répétition du coté du Vatican, ou réclamant, comme un goujat,  un deuxième chapelet après celui que le Pape venait de lui
offrir, comme un autre "gaulliste" qui va avoir le culot d'aller sur sa tombe demain.....


 


jf.