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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 14:34

   Les instituts de sondage indiquent actuellement, de façon concordante et donc crédible, que l'abstentionnisme battrait un record aux prochaines élections présidentielles avec 32 % environ, ...et qu'il atteindrait même près de 50 % auprès des jeunes de 18 à 22 ans ...

 

   On ne répétera jamais assez que le droit de vote a été une conquête démocratique chèrement acquise au terme d'une histoire - ô combien tourmentée -  depuis la Révolution de 1789, ...et qu'il est donc absolument nécessaire que tous les citoyens l'utilisent assidûment pour exprimer leur opinion ...Et il est également salutaire qu'ils continuent à le faire librement, sans y être contraints par un obligation légale assortie de sanctions, à l'instar de certains pays comme l'Australie, la Belgique ou le Brésil ...C'est pourquoi une montée de l'abstentionnisme doit être considérée comme un danger pour la démocratie, danger d'autant plus grand s'il est le fait des citoyens les plus jeunes, c'est-à-dire ceux qui porteront l'avenir de la France...

 

   Comme toujours, quand un problème se pose, il convient d'en rechercher les causes ...Et celles-ci sont complexes, puisqu'elles se rapportent à la fois à la nature des institutions de la France et au comportement des Français eux-mêmes :

   - les institutions sont d'abord marquées par une multiplicité des scrutins puisqu'aux élections déjà anciennes - municipales, cantonales et législatives - se sont ajoutées dans la 2nde moitié du 20ème siècle les élections présidentielles, régionales et européennes ...Et cette multiplicité, à fortiori s'il y a des convergences, peut lasser les électeurs ...d'autant plus que certaines élections peuvent comporter deux tours, et qu'elles ne sont pas toutes organisées suivant le même mode de scrutin ...De surcroît, il peut y avoir des dissolutions, comme celles de l'Assemblée Nationale en 1968,1981,1988 et 1997 (*), impliquant de nouvelles élections législatives...

   - le comportement des citoyens est, de son côté, très variable : Il y a des élections plus prisées que les autres - municipales, législatives et présidentielles - où les électeurs se sentent apparemment davantage concernés, ...et des élections jugées secondaires - cantonales, régionales et européennes - pour lesquelles les assemblées correspondantes sont des entités mal perçues ...Toutefois cette "dichotomie" n'est pas toujours exacte, car les élections réservent parfois des surprises : ainsi, l'élection présidentielle de 2007a battu un record avec environ 85% de participation, ...mais elle a aussitôt été suivie d'un record inverse aux élections législatives avec seulement 60 %, le plus fort taux d'abstention étant parmi les jeunes  ...Déjà !...

 

   Et cette variabilité semble se confimer pour les élections de 2012, si les prévisions des sondages sont confirmées par le vote réel, ce qui reste évidemment à démontrer : en effet une participation d'environ 68 % à l'élection présidentielle serait sensiblement inférieure au pourcentage moyen de 75 à 80 % des 8 élections précédentes depuis 1965 ...La nature des élections - en l'occurrence celle de l'élection présidentielle - n'est donc pas suffisante, et il faut chercher d'autres explications :

   - Puisqu'il s'agit d'élire un(e) Président(e), la 1ère explication peut se rapporter à la "qualité" des candidat(e)s ...A en croire les médias, "çà ne plane pas haut" pour les 10 rescapés de l'épisode des soutiens, car "ils sont plus soucieux de se critiquer mutuellement que de faire des propositions valables" ...Et, en premier lieu, le "candidat-Président" Sarkozy a manifestement mauvaise presse avec 28 à 30 % seulement d'opinions favorables, et ceci du fait que certains éléments positifs de son bilan d'activité de 2007 à 2012 - politique étrangère, retraite, dette - sont largement occultés par ses erreurs initiales  - comme le fameux "bouclier fiscal" protégeant les "riches" alors que le chômage s'est aggravé - ...et par son "activisme" souvent désordonné qui a irrité de nombreux citoyens, y compris parmi ses partisans d'origine ...Mais le socialiste Hollande ne fait pas mieux pour les opinions favorables, ayant contre lui de ne pas avoir l'expérience d'une participation à des gouvernements, l'habileté de"négociateur" comme Chef de son turbulent parti ne lui conférant pas nécessairement "l'autorité" comme Président de la République...

   - Une autre explication tient aux circonstances, notamment à la crise économique : il est symptômatique que cette crise a entraîné en Europe le départ d'un certain nombre de Chefs d'Etat  - de droite ou de gauche -  qui n'avaient pas vraiment démérité (Grèce, Irlande, Espagne, Italie...) ...En France, le Président - n'étant pas constitutionnellement "responsable" - ne peut pas être écarté par un vote parlementaire, et rien ne l'oblige à démissionner, en dépit de l'exemple du fondateur de la 5ème République De Gaulle, qui n'avait pas hésité à "renoncer à ses fonctions" après le désaveu de son référendum en 1969 ...Il n'y a donc rien d'illégal à ce Sarkozy se soit maintenu au pouvoir, estimant même - à tort ou à raison, bien sûr - qu'il est le mieux placé pour sortir la France de la crise ...Mais la contrepartie est que l'opinion se détourne de lui, ...et, qu'à défaut elle puisse se réfugier dans l'abstention ...Certes, celle-ci vaut mieux que d'écouter les sirènes de "l'extrêmisme" ou du "populisme" qui peuvent proposer des solutions illusoires et dangereuses pour la démocratie ...mais elle a l'inconvénient ma jeur d'être un abandon du droit de vote...

 

    C'est pourquoi, il conviendrait de prendre en considération le "non-choix" des citoyens, c'est-à-dire d'encourager tous les électeurs à voter, tout en facilitant le "vote blanc" ...Certes, celui-ci a toujours été possible, mais il est jusqu'à présent confondu avec l'abstention et le vote nul, et les résultats électoraux ne tiennent compte que des "suffrages exprimés" ...Si les citoyens savaient que le vote blanc est pris en considération, avec des bulletins blancs préparés dans les bureaux de vote, certainement y auraient-ils recours pour manifester leur mécontentement de façon pacifique, et si le vote blanc est important, les "mal-élus" - notamment s"il s'agit du Président de la République - seraient bien obligés d'en tenir compte...

 

(*) Texte corrigé, suite au commentaire de Jacques

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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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commentaires

Inusable 16/04/2012 09:48


Agir pour la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs = Association pour la reconnaissance du vote blanc (www.vote-blanc.org)

Jean Daumont 13/04/2012 09:55


"Incident technique" dû au fait que j'ai supprimé, lors de la dactylographie de mon texte, une digression superflue se rapportant à 2002 et 2009 en oubliant de "bleuir" ces dates et de les
remplacer par celles des dissolutions effectives que j'avais pourtant retrouvées dans le texte suivant :


http://www.politiquemania.com/dissolution-assemblee-nationale.html


 


Ceci dit, je vous remercie d'avoir, une fois de plus, relevé une négligence due à un excès de précipitation, et je vous institue "correcteur en chef" !...

Jacques 13/04/2012 00:07


 


 


"il peut y avoir des dissolutions, comme celles de l'Assemblée Nationale en 2002 et
2009"


Vos deux dates sont fausses, Cher ami !


Vous imaginez Sarkozy, élu en 2007, dissoudre l'Assemblée en 2009 ????


Sur le reste, vous avez bien raison de dénoncer l'abstention !


 


jf.