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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 16:05

   Dès les temps reculés et incertains où il s'est exprimé dans un langage intelligible, l'homme a considéré qu'il se distinguait des autres êtres vivants par la pensée ...Mais cette distinction est sujette à caution, dans la mesure où les progrès de la biologie ont montré que les autres êtres vivants n'étaient pas dépourvus de pensée, même si elle n'avait pas la même importance ...du simple tropisme des plantes aux manifestations rationnelles d'un chimpanzé qui a 98,7 % d'ADN en commun avec l'homme...

 

   Si l'on s'en tient à l'homme, la pensée n'est manifestement pas chez lui une entité abstraite à laquelle il accèderait par la réflexion, une sorte de "noumène" comparable à d'autres notions comme "l'âme" ou "Dieu"...Elle est en effet propre à chaque individu, ce que le philosophe français Pascal a exprimé dans  ses ..."Pensées" par la formule : "L'homme est un roseau pensant" ...Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il a toujours la "liberté" de penser, c'est-à-dire la possibilité d'exprimer une opinion qui soit son idée personnelle...

 

   En effet, la pensée a longtemps été une expression collective que chaque individu ne pouvait pas transgresser ...D'abord intégrée à des pratiques magiques, elle a ensuite donné lieu à des "doctrines" religieuses : ce n'est pas par hasard que les religions "monothéistes" se fondent sur un livre de référence, la Bible pour le judaïsme et le christianisme, et le Coran pour l'islamisme ..., tout écart étant considéré comme une "hérésie", et les responsables comme de "mal-pensants"...

 

   Ce n'est que tardivement, et non sans atermoirements et souvent des luttes, qu'au moins dans l'Occident, la pensée s'est en quelque sorte "libéralisée" au profit de chaque individu ...A la suite d'un autre philosophe français, Descartes, qui avait affirmé la plénitude de la pensée chez chaque homme dans sa formule "Je pense, donc je suis", ...les philosophes du 18ème siècle ont exprimé leur pensée, autrement dit fait connaître leur opinion sur tous les sujets de l'activité humaine, au prix de tracasseries diverses de la part des autorités politiques ou religieuses alors en place...

 

   Car la liberté d'opinion n'a pas été un chemin bordé de roses...En France même, où la Révolution de 1789 avait proclamé la liberté sous toutes ses formes, et notamment celle de l'opinion, dans la célèbre "Déclaration des Droits", ...cette liberté sombre dans la Terreur de 1792 ...avant de connaître toutes sortes d'aléas dans la dizaine de régimes s'étant succédés jusqu'à la 5ème République actuelle ...Et il en est de même, à des titres divers, dans les autres pays du monde, notamment au cours du 20ème siècle, marqué par la multiplication d'Etats "totalitaires" excluant par définition et sanctionnant même toute opinion contraire au régime, à l'instar du régime nazi en Allemagne : "Ein volk, ein Reich, ein Fuhrer" ! ...ou du régime soviétique en URSS ..., comme de tous les régimes anciens ou - hélas - à venir , qui sont ceux de la "pensée unique"...

 

   Néanmoins - "mutatis mutandis" - il semble que la liberté d'opinion, malgré des reculs ou de nombreuses insuffisances, tend à progresser dans l'ensemble du monde, ...précisément en raison de la "mondialisation" ...Car celle-ci a pour effet de faire connaître rapidement ce qui se passe sur toute la Terre ...Le temps n'est plus - ou il est de moins en moins - où chaque Etat pouvait règler ses affaires en circuit fermé, car le progrès du "numérique" a pour effet que tout évènement est aussitôt connu et peut permettre une réaction "en temps réel" dans le monde des "médias", qu'il s'agisse des sites web, des réseaux sociaux, des blogs, et ceci, avec la généralisation des téléphones portables et autres "smartphones", de la part de chaque individu ...C'est ainsi que des pays comme la Tunisie et l'Egypte ont pu connaître une réaction en "traînées de poudre" de leurs ressortissants, exprimant de cette façon leur liberté d'opinion, même si celle-ci reste fragile...

 

   Car la liberté d'opinion reste fragile et peut sans cesse être remise en cause, dans la mesure où elle se heurte au principe "d'autorité" qui pousse des hommes  à vouloir en imposer aux autres, arguant même parfois que c'est "pour leur bien" ...La France est, comme toujours, un bon (?) exemple, où l'on veut sans cesse imposer des changements, même si les Français ont exprimé une opinion contraire ou ont refusé de l'exprimer...

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Published by Jean Daumont - dans Philosophie
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clovis simard 08/10/2012 01:45


Blog(fermaton.over-blog.com)No.8- THÉORÈME SANDWICH. - Structure de la pensée pensante.

Jacques 21/07/2012 12:29


En effet, j'avais oublié le vote blanc qui n'a rien à voir avec l'abstention.


Encore est-il pollué en France puiqu'il est coptabilisé avec les bulletins nuls.


Or, d'expérience des dépuillements auxquels j'ai participé, les bulletins nuls sont bien plus nombreux qu'on ne l'imagine.


On ne saura donc jamais combien de bulletin Sarkozy ou Hollande auront été affublés de noms d'oiseaux......


Cepndant, je ne trouve guère de vertu à ce votre blanc....C'est un peu facile de décréter que le choix proposé ne convient pas.......


 


Je me reconnais plutôt dans ce etxte qui n'est pas de moi mais d'un dénommé "autheuil":



Je suis contre la reconnaissance du vote blanc comme un "suffrage exprimé" et devant être décompté à part des bulletins nuls. Cette reconnaissance serait un dévoiement du sens du vote et
une atteinte à la démocratie. Le but d'une élection est de désigner des représentants, chargés de gérer la chose publique pendant un temps donné, avec une liberté de mandat. Et puis c'est
tout ! La reconnaissance du vote blanc comme suffrage exprimé viendrait affaiblir ce pilier de la démocratie.


Le but de l'élection est la désignation du représentant, et il est nécessaire de la faire "proprement", c'est à dire en ce concentrant sur cet aspect. Or, de plus en plus, on veut faire du
vote autre chose que cela. On veut notamment en faire un moyen pour le citoyen de "s'exprimer" et surtout, de pouvoir se reconnaitre pleinement dans son élu. Bien évidemment, le vote est aussi
un moyen pour le citoyen d'exprimer des préférences partisanes, des opinions, par le choix de la personne à qui il accorde son suffrage. Oui, il y a clairement une dimension "d'identification"
dans le vote. On est rarement satisfait à 100% d'un candidat, il y a toujours des défauts sur lesquels il faut passer et l'identification est parfois assez floue, avec un choix qui peut parfois
se résumer à "la peste ou le choléra". Or, le problème que je vois à la reconnaissance du vote blanc est justement de refuser de dépasser ce stade, et de faire passer en priorité l'aspect
"identification", au détriment du reste.


Reconnaitre le vote blanc, c'est permettre à un électeur de dire "je ne suis satisfait d'aucun candidat" et faire que cette voix, qui ne désigne personne, puisse peser sur la désignation.
J'y vois une dérive consumériste, où le citoyen voit l'élection comme un supermarché, où il faudrait qu'il trouve une offre à son goût, sinon, il n’achètera rien. C'est une attitude d'enfants
gâtés, de citoyens qui ne se rendent plus compte de la chance qu'ils ont, et qui demandent de la perfection, là où ce qu'ils ont fait l'envie de bien des citoyens dans d'autres pays. Le citoyen
participe à la désignation des élus, c'est à dire qu'il intervient à un moment d'un processus qui le transcende et où il n'est pas le centre, où il ne doit pas l'être.


Ce serait une erreur, car en plus de cette dérive narcissique qui entrainerait forcement des déceptions, on affaiblirait la légitimité des élus et donc la force des institutions. La
légitimité d'un élu, c'est son élection. Plus elle est mauvaise et étriquée, plus sa légitimité, et donc sa marge de manœuvre politique est faible. On le voit bien quand un élu est désigné lors
d'une élection où la participation est très faible. Il ne peut pas se targuer d'avoir été "investi" pour sa mission. De ce fait, il aura plus de mal à s'imposer, et pourrait chercher à recourir
à d'autres moyens de légitimation de son pouvoir. Georges W Bush aurait-il déclenché la guerre en Irak s'il avait été "mieux" élu en 2000 ? A l'inverse, l'élu mal désigné peut être
paralysé et finalement ne rien faire, car on lui rappelle sans cesse qu'il est à la limite de l'usurpateur.


Une élection doit se contenter de désigner un élu, et le faire en lui donnant une légitimité, au moins apparente. Si pour être légitime, un élu doit susciter la totale adhésion des
citoyens, on va vers un très gros problème de fonctionnement de nos démocraties. Entre faire tourner la boutique de la "res publica" et permettre au citoyen de satisfaire son ego en jouant à
"Narcisse va voter", il faut choisir. Personnellement, j'ai choisi...


 


jf.

Jean Daumont 21/07/2012 09:49


   En matière de "refus d'expression", il faut faire la distinction entre "l'abstention" qui est le non-respect du devoir de voter (qui a été conquis naguère de haute lutte et devrait
faire l'objet d'une obligation sanctionnable) et le "vote blanc" (qui est le refus des options ou candidatures proposées et doit donc rester un "droit")

Jacques 20/07/2012 19:37


Ceux qui refusent de s'exprimer ne trouvent aucune grâce à mes yeux.


Si ils refusent de s'exprimer lorsqu'ils en ont la possibilité ( sinon le devoir !) ils n'ont plus qu'à fermer leur g...le reste du temps !!!


Quand à ceux qui se seraient  exprimés de façon contraire, si ils sont minoritaires, ils n'ont plus qu'à prendre leur mal en parience ....


 


jf.