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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 23:16

   En France, comme dans le reste du monde, reviennent régulièrement des vents mauvais sous la forme de tentatives d'imposer la volonté d'un homme, d'un groupe, voire d'une ethnie, pouvant conduire à la privation de droits et parfois même à des massacres dont l'Histoire garde le souvenir, comme les massacres de populations dans le Moyen-Orient pendant l'Antiquité, l'anéantissement des civilisations précolombiennes au début des Temps Modernes, les pogroms répétés contre les juifs - notamment la Shoah au cours de la 2nde Guerre Mondiale ...Mais la France s'était elle-même tristement illustrée par l'épisode de la Terreur en 1793, dont l'un des épisodes les plus sanglants a été le "génocide vendéen" ...

 

   Ce "génocide" - terme contemporain peu approprié puisqu'il ne désigne pas une race, mais une population qui s'était alors révoltée en Vendée après l'exécution de Louis XVI - est évoqué par François-Régis Hutin dans son éditorial du 20 avril 2013 du journal Ouest-France pour expliquer comment il a alors été possible de passer de la violence au pardon et de parvenir ainsi à la paix :

 

Editorial

samedi 20 avril 2013

Le jardin du pardon

« Nous ne pouvons nous opposer à la violence que si nous y renonçons. » M. Bruno Retailleau, sénateur de Vendée, rappelait ce mot de Lech Walesa qu'il avait invité, jeudi, aux Lucs-sur-Boulogne, là où, avec quelques milliers de personnes, il commémorait les terribles massacres qui y furent perpétrés.

 

On inaugurait le « Jardin du pardon » : 4 000 arbres plantés par la jeunesse des écoles, représentant les 4 000 prisonniers « bleus » républicains libérés par les Vendéens après la bataille de Fontenay. Lech Walesa empoigna une pelle et planta son arbre avec autant d'ardeur qu'il montra quand il animait Solidarnosc en lutte contre les forces qui brimaient les libertés polonaises. Mais cette ardeur, si elle fut particulièrement offensive, fut aussi non violente. L'idéal de liberté et de solidarité était l'émanation de « cette flamme fragile qui vacille dans la nuit la plus noire ». Cette flamme, c'est l'homme et son mystère, et comment pourrait-on faire grandir l'homme et l'épanouir si, pour y parvenir, on s'autorisait à recourir à la violence qui le détruit ?

Le combat de Walesa et de Solidarnosc, c'était le « combat contre la tentative prométhéenne de fabriquer artificiellement un homme nouveau », comme le dit Bruno Retailleau. Ce combat ne finit jamais. On l'a vu avec les totalitarismes du XXe siècle qui prétendaient faire le bonheur des peuples, au besoin malgré eux. On le voit aujourd'hui dans le monde, à travers les organisations technocratiques lorsqu'elles remettent en cause et menacent la liberté des personnes, y compris leur liberté de conscience.

Le pardon toujours aussi nécessaire

Dans ce combat, savoir respecter l'adversaire est une nécessité absolue. Après les blessures, cela appelle le pardon. C'est ce pardon qui fut évoqué aux Lucs-sur-Boulogne où l'on a rappelé le geste de Bonchamps, le chef vendéen mourant qui, le 27 mai 1793, fit épargner les prisonniers voués au massacre : « Je rendrai à leurs familles les pères qui leur sont nécessaires chaque fois que, par le sort des armes, ils tomberont en mon pouvoir. Jamais je ne serai barbare, tous les prisonniers trouveront en moi un ami, un protecteur ».

Pour parvenir à cette attitude, il fallait livrer un autre combat, intérieur celui-là, « contre la soif de vengeance ». « Et qui dira les murs de haine et de ressentiment qu'il faut abattre pour pardonner l'inexpiable ? », disait Bruno Retailleau qui citait aussi Hannah Arendt, philosophe juive allemande, durant la Seconde Guerre mondiale : « Le pardon est certainement l'une des plus grandes facultés humaines et peut-être la plus audacieuse des actions, dans la mesure où elle tend à l'impossible ¯ à savoir défaire ce qui a été fait ¯ et réussit à inaugurer un nouveau commencement là où tout semblait avoir pris fin. »

À partir de ce jardin du pardon, Lech Walesa s'adressait à quelques centaines de jeunes. Il les incitait à reprendre le flambeau pour aller de l'avant sur les chemins de l'humanisme. Il évoquait cette Union européenne que Solidarnosc a tellement contribué à transformer en abattant les murs qui la coupaient en deux, une Europe qui exige que l'on partage les valeurs profondes qui nous unissent. Et cette Europe justement est née du pardon que se sont donné les nations après s'être si violemment combattues. Le pardon toujours aussi nécessaire dans les affrontements d'aujourd'hui.

Oui, en Vendée, ces jours derniers, une grande leçon d'humanité nous fut donnée.

 

François Régis Hutin
   Une leçon qu'auraient dû retenir tous ceux qui sont responsables des guerres s'étant succédé pendant les deux siècles suivants - dont les deux Guerres Mondiales - et que peuvent méditer ceux qui, encore maintenant, attisent les rancoeurs au mépris de la paix  ...

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Published by Jean Daumont - dans Morale
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commentaires

LOUANCHI 04/05/2013 17:51


HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE:


lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news


En
1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24
heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200
harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société
française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.


 


35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser
le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.


 


Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de
ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi
joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)
Interview du 26 mars 2012
sur radio-alpes.net

Loubomyr 27/04/2013 10:02


Après avoir exercé avec VIOLENCE ses diatribes anti gouvernementales, le sinistre maire de Meaux espère t il le PARDON de ses tripatouillages électoraux en renonçant (enfin) au conflit d'intérèt
permanent que représentait son cumul de diférentes fonctions électorales et d'avocat d'affaires ?????

Loubomyr 22/04/2013 09:40


Le sénateur de Vendée, grand ami et second du Vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon ferait bien de répéter son prèche de tolérance à ses copains de la droite toxique pour les
rammner à un peu de décence. Ne pouvant critiquer le programme économique des sociaux libéraux (qu'ils aurraient appliqué eux mêmes avec plus de violence sans doute), leur magasin d'idées étant
désespéremment vide, ils ont saisi la contestation d'une mesure sociétale pour essayer d'exister un peu en faisant monter la mayonnaise. Et puisque vous parlez de "grandeur d'âme" à reconnaitre
une défaite, il faut croire que les bataillons hurlants de l'UMP n'en n'ont aucune puisque, un an après, ils ne reconnaissent pas encore la leur, allant même jusqu'à contester la légitimité de
ceux que le suffrage universel a porté au pouvoir ; Pour ces brailleurs, lorsque le score de 52/48 est favorable à la droite, c'est l'ordre républicain ; le même score favorable à la gauche
devient sinonyme de captation frauduleuse d'héritage!!!! Une telle argumentation est le fait de factieux, de cagoulards, de nostalgiques de l'action française ; en aucun cas celui de démocrates
respectueux d'institutions que leurs pères (et pairs) ont promulgué. Encore une fois, si nos institutions et constitution sont contestées et contestables, il devient urgent d'en changer : vive la
sixième république.

Jacques Heurtault 22/04/2013 00:14


Eh oui! Il faut, impérativement, prendre sur soi pour accorder le pardon!


C'est plus facile quand on a vaincu l'ennemi ... Mais c'est aussi de la très haute, très noble et très belle politique