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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 00:08

   Au cours de toutes les Républiques qu'elle a connues - et elle en est à la 5ème - la France a toujours été ballottée entre trois tendances : la "gauche", la "droite" et le "centre" ...Mais la signification en a été très fluctuante :

 

   - sur un plan "géographique", elle n'a d'abord été qu'une simple question de disposition dans une salle ...Au cours de la Révolution de 1789, les représentants étaient réunis dans une salle rectangulaire, les "Montagnards" étant appelés ainsi parce qu'ils siégeaient sur les gradins les plus élevés, ceux du "Marais" étant au ras du sol, et les "Girondins" étant entre les deux...C'est plus tard seulement que les représentants s'installèrent dans une salle en forme d'hémicycle, à l'origine afin que les voix soient mieux entendues en l'absence de micros, à l'instar des amphithéâtres de l'Antiquité...

 

   - Sur un plan "idéologique", l'habitude s'est prise pour les députés jugés "progressistes" de s'installer à gauche tandis que les députés jugés "conservateurs" s'installaient à droite et les indéterminés au centre, ceci par rapport à la tribune, ce qui permet d'imaginer que les progressistes auraient pu être dénommés la "droite" et les conservateurs la "gauche", si le "point de vue" avait été établi à partir de l'hémicycle ...ce qui n'aurait pas été choquant, si on se rappelle que l'adjectif "gauche" est synonyme de ..."maladroit" et la qualification "droite" synonyme de "droit" ou loyal, peut-être en souvenir du texte évangélique où les élus étaient à la droite de Dieu, tandis que les réprouvés étaient à gauche...

 

   - Sur un plan "politique", il y a aussi beaucoup à dire au cours de l'histoire ...Car l'échiquier n'a cessé d'évoluer ...Ainsi, au début de la 3ème République, il y avait à "droite" les Républicains opportunistes attendant un rétablissement possible de la monarchie et à "gauche" les républicains radicalistes qui, comme le nom l'indique, voulaient un changement radical ...Mais avec le temps, sont apparus les socialistes et les radicaux sont devenus des représentants du "centre" ,voire de la "droite", à fortiori quand, à leur tour, les socialistes ont vu apparaître les communistes jugés "d'extrême-gauche" parce que, comme leurs collègues de l'Union Soviétique, ils attendaient le "grand jour" de la concorde universelle ...Vaine attente, puisque ce jour n'est pas venu - au contraire la Russie est maintenant "à droite" - et les communistes ne subsistent en France qu'au sein du "Front de gauche", laissant ainsi une large place aux socialistes ...Or, à "droite", il y a eu une évolution parallèle, puisqu'aux indépendants auxquels s'étaient ralliés des radicaux ont succédé, après la 2ème Guerre mondiale, des "rassemblements" : le Mouvement Républicain Populaire (MRP) inspiré du christianisme social, le Rassemblement du Peuple Français (RPF) de De Gaulle, dont le déclin a permis la montée de l'Union pour la Démocratie Française (UDF) de Giscard d'Estaing (1974-1981), puis, après le retour des socialistes au pouvoir avec François Mitterrand (1981-1995), le Rassemblement Pour la République (RPR) de Jacques Chirac (1995-2007), lequel, pour élargir pour élargir son électorat lors de sa candidature à une réélection en 2002, crée dès 2000 l'Union pour une Majorité Présidentielle devenant, avec les mêmes initiales en 2007,  l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP) avec d'anciens membres du RPR, de l'UDF et divers groupements1 minoritaires, union qui obtiendra l'élection de  Nicolas Sarkozy en 2007 mais échouera pour son renouvellement en 2012, permettant le retour au pouvoir des socialistes avec François Hollande...

 

   - Sur le plan "stratégique", il en est résulté pour les Présidents et les gouvernements un comportement différent suivant qu'ils étaient associés en cas d'identité de majorité, ou en "co-habitation" dans le cas contraire ...Pour avoir la majorité, les socialistes n'ont pas hésité à avoir le soutien des communistes, même sans participation au gouvernement, en 1981 comme en 2012, "l'extrême-gauche" -autrefois fustigée pour collusion avec leurs collégues russes ayant souscrit avec les nazis allemands en 1939 le pacte germano-soviétique - devenant donc fréquentable ...Mais telle n'a pas été l'attitude de la "droite", puisque Jacques Chirac, confronté en 2002 au 2ème tour à Jean-Marie Le Pen, préféra accepter le soutien des socialistes à une association avec celui-ci ...Et il en est encore de même pour l'UMP, car Nicolas Sarkozy en 2012 et maintenant François Fillon continuent à frapper le Front National d'ostracisme, même s'ils s'accommodent volontiers des voix de son électorat...

 

   Le problème est que, maintenant, les mentalités ont évolué ...et qu'à l'instar de l'extrême-gauche communiste devenue fréquentable au sein du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, ...l'extrême-droite du Front National le devient à son tour en raison du comportement de Marine Le Pen, universitaire devenue avocate qui s'écarte délibérément des attitudes excessives de son père et se débarasse de divers sectateurs indésirables et, après avoir obtenu un score honorable de 17;90 % aux élections présidentielles de 2012 et divers mandats locaux à Hénin- Beaumont, a entrepris une "dédiabolisation" de son parti, ayant même déjà déposé une demande de changement de nom de son parti, qui deviendrait ...le Parti Bleu-Marine (!) en vue des élections présidentielles de 2017...Il apparaît donc que les Français, las des "anciens centres" qu'étaient à gauche les socialistes et à droite l'UMP - en raison de leur incapacité à résoudre les problèmes économiques et sociaux - se tournent vers des  ..."extrêmes recentrés" ...D'un côté Mélenchon a ses chances ...et , de l'autre, Marine Le Pen engrange des élections partielles favorables à son parti, la dernière étant celle de Brignoles dans le Var, où l'UMP a sensiblement reculé ... et les socialistes éliminés dès le 1er tour  ...tandis qu'avec 37 % d'opinions favorables, elle est maintenant en tête des "personnalités ayant un avenir"...

 

   Qui disait que "la France avait vocation à être gouvernée au centre" ?...Un certain Giscard d'Estaing ...Il est vrai qu'il n'a pas été réélu en 1981 ...Alors, on s'y perd !...

 

   

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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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commentaires

Jacques Heurtault 15/10/2013 16:11


D'accord pour sanctionner l'abstention! Je préconise, pour ma modeste part contibutive, que toute personne qui s'abstient est purement et simplement :


1. radiée de la liste électorale


2. tenue de faire les démarches nécéssaires pour se réinscrire (si elle le souhaite!)


Cela suppose que, en cas de radiation, la personne en soit informée (en recommandé avec avis de réception envoyé à l'adresse figurant sur la carte d'électeur).


Reconnaissez que cette manière de faire ne priverait personne du droit de voter mais que cela permettrait de mettre "un peu" d'ordre dans les listes électorales ... dont tout démontre qu'elles en
ont bien besoin!

loubomyr 14/10/2013 22:46


Le centrisme n'a souvent été en France que l'expression déguisée et respectable de la droite honteuse. Et le rève de JF Khan d'une "révolution centriste" n'était qu'un plaisant fantasme. L'homme
de droite va à la messe et soutient les finances de l'évèque. L'homme du centre va à la messe et sa femme s'occupe de ses bonnes oeuvres pour les pauvres. L'homme de gauche rève de la grande
messe des lendemains qui chantent. Avec tout cela, la messe est dite. Si on passait à autre chose? Perso, je ne suis ni de droite, ni de gauche, ni du centre ... je suis ailleurs!!!!

Jean Daumont 12/10/2013 15:56


   Pure illusion, qui consiste à laisser s'esxprimer les autres en se retirant sur son Aventin, ce qui est une négation du civisme indispensable au fonctionnement d'une démocratie...
Donc :


   1. Il faut voter. L'abstention est inacceptable et, sauf cas de force majeure, elle doit être sanctionnée, comme certains pays le prévoient.


   2. Il est possible alors de voter blanc, pour manifester, s'il y a lieu, son désaccord avec toutes les candidatures. Une majorité de votes blancs (peu probable) ou (du moins) un
grand nombre aurait une signification et ferait réfléchir gouvernants, candidats et électeurs ...Encore faudrait-il que le vote blanc soit légalisé (bulletins blancs sur les tables dans les
bureaux électoraux) et non pas simplement "de fait"...

Jacques Heurtault 12/10/2013 11:52


Je suis en effet partagé : faut-il se recentrer sur les extrêmes ou s'extrêmiser sur le centre?


En France, une proportion élevée des scrutins se déroule selon une logique dite "des deux tours" ... Au premier tour, on choisit; et au deuxième tour, on élimine.


Rien n'interdit de choisir l'abstention au premier tour et d'éliminer tous les candidats au second ... en votant "blanc"!

Jean Daumont 12/10/2013 09:34


Si je comprends bien, vous me donnez finalement raison : vous vous recentrez sur l'extrêmisme...