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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 15:03

   S'il y a bien une réalité qui s'impose à tous parce qu'elle est évidente, c'est pour les êtres vivants la distinction assortie de la complémentarité entre le "mâle" et la "femelle", et en particulier pour notre espèce entre "l'homme" et la "femme"...

 

   C'est donc un sujet d'étonnement que puisse se répandre actuellement    une opinion niant cette réalité dans le cadre de ce qu'il est convenu d'appeler l'Occident, à l'exclusion des autres régions du monde ...Comme s'il y avait maintenant un monde à l'endroit et un monde à l'envers, ce que n'avait manifestement pas prévu Aldous Huxley dans son livre d'anticipation "Le meilleur des mondes"...

 

   A ce titre, le Professeur de Génétique et ancien Ministre français Jean-François Mattéi a publié le 1er juillet dernier un article (*) où il s'interroge sur le fait de savoir s'il est réellement possible qu'il n'y ait plus un genre masculin et un genre féminin, mais seulement un genre neutre...

 

   "La Cour suprême des Etats-Unis vient d'invalider la loi qui limitait le mariage à l'union d'un homme et d'une femme. Cette loi a été jugée inconstitutionnelle car elle privait "l'accès à la liberté des personnes" protégé par le 5ème amendement de la Constitution. Les couples homosexuels mariés auront donc les mêmes droits que les couples hétérosexuels et, selon le Président Obama, il n'y aura olus de "discrimination inscrite dans la loi".

   Cette décision semble accroître les libertés sous couvert d'une égalité de traitement entre les hétérosexuels et les homosexuels. Mais on peut y voir, en restant sur le plan juridique, une entorse au 1er alinéa de l'article 16 de la Déclaration universelle  des droits de l'homme : "A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille" ...Le même alinéa précise que l'homme et la femme ont "des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution" ...Il n'est pas fait mention d'une égalité qui concernerait les personnes du même sexe ...Et l'alinéa 3 relie de façon stricte le mariage et l'engendrement des enfants : "La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat" ...L'ONU devra-t-elle réécrire cet article de la Déclaration universelle et le soumettre à la Russie, aux pays musulmans et au monde asiatique ?...

   La rapidité avec laquelle nombre de pays légifèrent sur le mariage homosexuelsouligne le processus de décomposition des principes les plus stables des sociétés occidentales. Tout se passe comme s'il y avait péril en la demeure et comme si les revendications minoritaires des LGBT devaient s'imposer à la société tout entière . C'est l'idée d'une norme universelle, issue de la nature, qui fait l'objet d'une contestation susceptible d'effacer les différences sexuelles jugées discriminatoires . Le sociologue Eric Fassin écrivait (**) : "Ce qui est en cause, c'est l'hétérosexualité en tant que norme. Il nous faut essayer de penser un monde où l'hétérosexualité ne serait pas normale" ...La messe est dite : il ne s'agit pas de penser un monde où l'hétérosexualité serait "normale", mais un monde où l'hétérosexualité, fondée en nature selon la Déclaration de 1948, serait "anormale". C'est la nature elle-même qui perd sa normalité à une époque où chacun , les militants écologistes en tête, se réclame d'elle. Or, le déni d'hétérosexualité, devenu déni de nature, dissimule en dernier ressort  un déni de réalité. Dans "Simulacres et simulation, en 1981, Jean Baudrillard faisait remarquer que le monde contemporain était emporté dans une spirale irrésistible de simulation : "l'ère de la simulation s'ouvre donc sur une liquidation de tous les référentiels"...

   Et quel est le plus universel des référentiels, sinon celui de la conjugalité de l'homme et de la femme qui, seule, permet à l'humanité de se reproduire ? Dans un monde désormais voué aux simulacres, l'apparition, non d'une union homosexuelle, laquelle ne fait pas problème, mais d'un mariage homosexuel, qui désormais fait institution, souligne à quel pointnous vivons dans un monde virtuel. La puissance du virtuel tient à ce qu'il ne nie pas le réel, mais se substitue à lui sous la forme d'un excès de réalité. Nous sommes conviés à "la réhabilitation fantômatique et parodique", selon Baudrillard, "de tous les référentiels perdus. On se souvient du mariage parodique de Coluche, la "mariée", et de Thierry Le Luron, le "marié", en 1985, mariage virtuel qui était déjà la parodie du mariage réel d'Yves Mourousi avec une femme alors qu'il était gay. Il anticipait la légalisation du mariage homosexuel qui est une simulation du mariage hétérosexuel puisqu'il ne peut fonder une famille sans l'apport d'enfants issus d'un mâle et d'une femelle. Dans cette course à l'abîme du virtuel, tout devient simulacre, aussi bien le mariage que la famille.

   Que le droit positif suive l'évolution des moeurs quand il a perdu son ancrage dans le droit naturel ne doit pas étonner. Toute pratique peut être justifiée dès lors qu'une minorité exige du droit qu'il légaliseses fantasmespour éviter la discrimination. Baudrillard voyait dans ce "nihilisme" où rien n'a de sens, un effet de la neutralisation des oppositions traditionnelles. "La précession du neutre", écrivait-il, "c'est-à-dire le fait que la neutralité précède les opposés, conduit certains pays, comme l'Australie, ou certaines institutions, comme l'école, à refuser la distinction du masculin et du féminin au profit du genre "neutre" : en anglais, on ne dira plus "he" ou "she", mais "it"...Quand l'humanité n'est plus homme et femme, mais ni l'un, ni l'autre, il faut changer son nom et parler de la neutralité de la chose ... Il est temps de rédiger la Déclaration universelle des droits du neutre"...

 

   Etre neutre ?...Le dictionnaire le définit comme "être asexué" ...P uisqu'il est question d'école, les élèves n'ont pas fini de rire avec des histoires  de "zizi" dans les cours de récréation après les cours de "Sciences Nat" ...Mais il y a plutôt de quoi pleurer en imaginant qu'avec des être asexués, il faudra recourir à des tubes de laboratoire avec des couveuses artificielles pour avoir des enfants privés du besoin fondamental de filiation ...Aldous Huxley s'est trompé : il aurait dû écrire ; "Le pire des mondes"... 

 

  (*) Figaro - 1er Juillet 2013

 (**)  Eric Fassin - Homme, femme, quelle différence ? - Ed. Salvator 2011

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Published by Jean Daumont - dans Actualité
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