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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 09:08

   S'il est bien deux pays au monde qui n'ont pas cessé d'avoir des relations - bonnes ou mauvaises - ce sont la France et l'Allemagne ...C'est d'abord une question de géographie, puisqu'ils sont situés l'un et l'autre au nord-ouest du continent européen de part et d'autre de la zone du Rhin moyen ...Mais c'est surtout une question d'histoire : du côté occidental,  la France qui tient son nom de l'occupation de l'ancienne Gaule romaine à partir du 5ème siècle par les Francs, peuplade ...germanique venue du côté oriental ...Et de ce côté oriental, l'Allemagne, ainsi appelée en souvenir d'une autre peuplade germanique, les Alamans, se substituant ainsi à l'appellation de "Germanie" donnée par les Romains ...Appellation qui se retrouvera plus tard dans le "Saint Empire Romain Germanique", héritier de l'Empire du souverain franc Charlemagne, dont la capitale était Aix-la -Chapelle, près de Cologne, dans la Rhénanie ... Et, durant des siècles, les deux "entités" historiques s'opposeront , les "Capétiens" contre les "Hohenstaufen", puis les "Habsbourgs", et ensuite la "France" contre la "Maison d'Autriche" - en particulier avec les guerres menées par Louis XIV - et plus tard l'Empire de Napoléon contre la "Sainte-Alliance", ...avant que la France ne devienne l'adversaire privilégié et le champ de bataille principal des Guerres de 1870-71, 1914-18 et 1939-45 ...Et tout cela pour aboutir enfin à une réconciliation au sein d'une union d'abord économique, puis politique, de l'Europe, marquée par les rencontres successives, à partir de 1958, de De Gaulle et Adenauer, Pompidou et Brandt, Giscard d'Estaing et Schmidt, Mitterrand et Kohl, Chirac et Schroeder, et Sarkozy et Angela Merkel, celle-ci jugée tellement solide et efficace qu'elle a même donné lieu au terme de "Merkozy" pour souligner la prédominance du "couple franco-allemand" en Europe (*) ...

 

   Réconciliation définitive ?...On pouvait le penser, et s'en féliciter au regard du passé, depuis  plus d'un demi-siècle ...Mais voilà ...On parle maintenant, depuis l'élection de François Hollande à la Présidence de la République Française, d'un "affrontement démocratique" ...Certes, l'affrontement n'est pas la guerre - loin de là - mais c'est tout de même une brouille sérieuse, et il est nécessaire d'en connaître les causes :

 

   - La 1ère cause peut paraître dérisoire ...François Fillon, ancien Premier Ministre de Nicolas Sarkozy, est bien placé pour savoir que François Hollande en veut à Angela Merkel de ne pas l'avoir reçu quand il faisait campagne ...Vexation d'amour propre qui devrait pourtant être oubliée au nom de la "raison d'Etat" quand on est devenu Président...Et les choses ne risquent pas de s'arranger s'il est vrai que, maintenant, comme Président socialiste, il va soutenir le concurrent SPD d'Angela Merkel aux prochaines élections allemandes de septembre 2013...

 

   - La 2ème cause est plus importante, car elle résulte d'un désaccord sur les problèmes économiques issus de la crise de 2007 ...Angela Merkel estime que la solution est dans une "cure d'austérité" qui devrait permettre une réduction des déficits et par conséquent le retour progressif de la croissance porteuse de recul de chômage, et elle ne manque pas de courage car les sacrifices éventuels en matière de partage du travail et de blocage de salaires ne peuvent pas être populaires, même si le SPD se montre plus compréhensif que le Parti Socialiste en France ...Car celui-ci soutient la thèse de François Hollande qui juge, lui, que la croissance est prioritaire et apportera la solution à tous les maux, en permettant "l'inversion de la courbe du chômage" ...Jugement qui serait valable si la croissance remontait au moins à 2% ...mais celle-ci stagne autour de 0,1 - 0,2 %, ce qui n'empêche pas François Hollande d'engager des dépenses comme la suppression de la RGPP ou le recrutement de nouveaux fonctionnaires, alors que les Français supportent de plus en plus mal "l'overdose fiscale" ...Ce n'est pas par hasard que sa cote de popularité s'est réduite de moitié en un an, passant de 51,6 % des élections de mai 2012 à 24 % au dernier sondage d'Avril 2013, ce qui est un record...

 

   Dans ces conditions, on comprend que le Rapporteur du Budget Gilles Carrez, membre de l'UMP connu pour tous les partis comme un homme impartial et rigoureux, puisse s'inquiéter que "l'Allemagne devienne le bouc émissaire de l'échec économique et social de François Hollande", ce qui est d'autant plus risqué que son attitude envers Angela Merkel met en danger "l'Union Européenne" et peut ainsi conduire à un repli "nationaliste", la remontée des extrêmistes de droite comme de gauche étant significative ...Ce n'est plus la France qui doit supporter les excès de l'Allemagne, comme il y a près de trois quarts de siècle ...C'est maintenant l'Allemagne qui doit maintenant supporter les excès de la France...

 

(*) Terme utilisé par François Kalfon, Secrétaire National du Parti Socialiste - Voir Figaro du Samedi 27 avril 2013

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Published by Jean Daumont - dans Polit. internationale
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commentaires

Jean Daumont 05/05/2013 10:04


Texte d'essai, suite à panne

Jacques Heurtault 02/05/2013 17:40


Dans le couple France/Allemagne, qui joue le rôle de l'homme et qui joue le rôle de la femme?

Loubomyr 02/05/2013 11:25


Une homogéinisation des standards fiscaux, sociaux et économiques a bien pour but de permettre à certains etats "à la traine" de se mettre à niveau. Pour autant cette coopération suppose
l'absence du jeu d'un partenaire dominateur imposant son dictat aux autres. Dans l'idéal, il en résulte la nécessaire explosion (ou implosion) de la zone Euro avec la sortie non pas des pays à
faible productivité, mais plutôt celle de l'Allemagne. l'Allemagne n'est pas un pays qui va si bien que cela (démographie en berne, intégration manquée des emigrés, création de travailleurs
pauvres ...) En fait ce sont les organismes financiers et bancaires allemands et les chefs d'entreprises allemands qui vont bien gràce au "modèle"(***) suivant :


- Exploitation des sous traitants dans les pays de l'est pour les processus industriels à faible valeur ajoutée.

- Exploitation sur place et maintien d'une classe ouvrière pauvre sacrifiée au nom de la réunification et cultivée dans l'obsession de payer pour les pays européens les plus pauvres. Cette
classe de travaillurs pauvres participe à une certaine valeur ajoutée pour ce qui suit.

- Réalisation sur place des processus industriels à grosse valeur ajoutée, finançant rechercherche, développement et formation pour maintenir ainsi une avance technologique.

- Commercialisation primordiale, vitale, avec les pays les plus riches de l'Europe grâce à un marketing agressif vantant la qualité allemande.

- Commercialisation mondiale secondaire pour l'effet de masse après l'effet de marge obtenu en Europe.



Bref nos experts et économistes distingués, lorsqu'ils mettent en avant le succès apparant du modèle allemand oublient soigneusement de signaler que ce modèle n'est pas reproductible (ou
difficilement) et surtout qu'il est facteur de compétition et pas de coopération. On nous a vendu depuis des décennies l'europe havre de paix, grâce au couple franco allemand. Il s'avère
maintenant qu'il s'agit plus de l'alliance de la carpe et du lapin. Notre histoire est commune, certes, mais nos cultures, nos écomomies, nos philosophies sont trop différentes. Cela pouvait
marcher tant que les trente glorieuses permettaient de lisser les écarts, mais devant les difficultés dues à la mondialisation, l'alliance du géant allemand et des "petits hommes" du reste de
l'europe n'est plus viable. Cette alliance n'est pas équilibrée, c'est bien pourquoi il faut trouver autre chose. Ajoutons à cela qu'en l'état, les politiques allemands ne voudront jamais d'une
europe fédérale, hantés qu'ils sont par la solidarité induite pour les petits pays et l'explosion consécutive de leur système financier et bancaire, garant du paiement des retraites dans un pays
en train de vieillir.


Alors par quoi commencer pour créer en Europe une réelle coopération et en finir avec une confrontation destructrice et créatrice selon le modèle capitalistique?(par exemple si l'industrie
automobile allemand va bien, c'est bien parceque les mêmes industries en France, Italie et Espagne vont mal : ou est l'accord gagnant/gagnant dans l'affaire?)


Eh bien, si on commençait par s'attaquer réellement aux actifs financiers pourris détenus par toutes les banques européennes? Et si on continuait en imposant aux banques européennes de consacrer
un peu plus de leurs actifs au financement de l'activité industrielle et de service et un peu moins au casino mondial?


Actuellement, moins de dix pour cent de leur argent est consacré au financement d'acticvités economiques réelles, le reste allant au casino. Car nous vivons dans un "drôle" de monde : les riches
ne savent plus quoi faire de leur fric mais ne veulent surtout pas en perdre et les pauvres n'ont jamais été aussi nombreux, et tous les ans, c'est pire .....


NB (***) Renault a copié ce modèle avec la création Dacia - Toutes ls entreprises françaises doivent elles s'y mettre?

Jean Daumont 01/05/2013 17:00


   Je souscris à votre commentaire, notamment en ce qui concerne l'organisation d'une Europe fédérale avec intégration fiscale, financière et économique, mais je m'interroge sur les
conditions d'intégration d'un certain nombres d'Etats à la traîne...

Loubomyr 01/05/2013 10:45


Donc le couple Merkholland**, mal fiancé et mal marié, serait au bord du divorce? D'un coté la RheinGauleiter est la championne de l'austérité et de l'autre Lou Ravi du Consensus est le champion
de la relance. Deux visions opposées, certes, mais qui dans l'économie mondialisée (avec les champions de la planche à bilettes -USA, Japon, Chine - d'un coté et Zone Mark*** fort de l'autre)
sont aussi improductives l'une que l'autre pour la survie de l'Europe. En effet l'excès de rigueur ne peut conduire qu'à la déflation et à la récession - même les économistes de l'OCDE le disent
dans un récent rapport - et l'excès de relance de la consommation ne peut produire qu'à une hausse des mportations de produits de pays à monnaie faible, au déséquilibre de la balance commerciale
et donc creuser le déficit!!!!


Alors? Que faut il faire? Il est grand temps que les politiques fassent de la Politique et non plus des mesurettes sensées faire risette aux banksters mondiaux. Il est grand temps qu'ils
s'occupent du bonheur de leurs peuples et non pas de la bonne santé des institutions financières. Les solutions : une europe fédérale dans laquelle l'intégration politique et sociale commanderait
l'intégration fiscale, financière et économique. L'Europe avec une monnaie forte pour les pays à forte productivité et une monnaie nationale pour les pays à plus faible productivité pourait ainsi
jouer de tous les leviers disponibles pour la compétitivité mondiale et deviendrait alors alors la première société civilisée dans laquelle le politique (et pas le politicien) aurrait pris le pas
sur l'économique; L'économie doit être au service de l'homme ; celui ci ne peut continuer à être l'esclave de celle-là. Celà demande beaucoup de courage (résister aux lobbies financiers),
d'alterité (essayer autre chose que ce qu'ils ont appris) et d'humilité (reconnaïtre que ce qu'ils font depuis trente ans, ça ne marche pas) et tout cela, il n'y a que nous, le peuple, qui
pouvons leur insuffler par l'ampleur de notre colère!!!!


couple Merkholland** : si le fameux couple France Allemagne ne fonctionne plus, il serait peut être judicieux d'essayer une alliance des pays latins.


Zone Mark*** : force est de reconnaitre que la parité Euro Dollar est plus proche de la parité Mark Dollar que la moyenne des parités entre anciennes monnaies européennes et ce fameux Dollar.