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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 09:11

   Le monde dit "occidental" connaît depuis 2007 une crise économique résultant de la spéculation effrénée qui a gonflé auparavant la consommation largement au delà de la croissance, ...et cette crise a suscité un accroissement considérable de la dette publique dans tous les pays  :Economie-de-l-Europe.jpg

      Après la crise de 1929 et les conséquences incalculables de la 2ème guerre mondiale, le monde occidental s'était pourtant doté des institutions nécessaires à une régulation de l'économie, en particulier la Banque Centrale Européenne (BCE)qui possédait des moyens suffisants pour venir an aide aux pays en difficulté puisqu'elle avait déjà prêté entre 1980 et 2000 environ mille milliards d'euros aux banques ...Qui pourra croire qu'elle ne pouvait y voir venir une crise ?... Comme dit le dicton traduisant la sagesse populaire, "il n'est pire sourd que celui (ou celle) qui ne veut entendre" !...

 

   Certes, la crise ne revêt pas la même importance suivant les pays, comme montre le tableau comparatif des "fondamentaux économiques de l'Europe" (cf:ci-dessus)* ...En effet ce tableau fait apparaître une grande inégalité des situations qui n'est manifestement pas liée aux différences de ressources naturelles mais à la variété des politiques menées par les gouvernements ...Il est notoire que les pays les moins affectés sont les pays les moins ...pourvus de ressources naturelles, comme les pays scandinaves, la Pologne, le Royaume-Uni et surtout l'Allemagne - autrement dit les "Pays du Nord" - qui n'ont pas hésité à appliquer une forte rigueur budgétaire, même si elle était "impopulaire" ...Et inversement, les "pays du Sud" à priori plus favorisés comme l'Italie et l'Espagne ont rejoint le Portugal et la Grèce , plus pauvres, dans une politique de facilité, en distribuant des faveurs sociales - parfois "clientèlistes" - qui, en approfondissant leur dette publique, les ont enfoncés dans la crise ...Cette fois, ce sont donc certains gouvernements qui sont restés sourds ...et - il faut le répéter - "il n'est pire sourd que celui (ou celle) qui ne veut entendre"...

 

   Et la France dans tout cela ?...Elle est - comme chacun sait - entre le "Nord" et le "Sud" par la géographie ...Mais il apparaît aussi qu'en l'occurrence elle l'est aussi par le comportement de ses responsables politiques, en raison de la campagne électorale qui conduit ceux-ci à élaborer leur programme dans une sorte de "déni" de la crise ...Etant à peu près à égalité dans les sondages (entre 25 et 30%), les deux principaux "challengers" se gardent de proposer des solutions énergiques - et donc impopulaires - pour faire face à la crise : d'un côté, Nicolas Sarkozy a certes eu le mérite, comme Président en exercice de la République Française et Président de l'Union Européenne en 2008, d'en limiter les effets, et il a eu par ailleurs le courage de s'atteler à des réformes difficiles comme la retraite ou l'université, mais il a déçu une opinion - d'abord favorable - en raison de la versatilité de son action,inefficace pour enrayer le développement du chômage et de la précarité alors que des faveurs ont d'abord été accordées aux plus "riches", comme le "bouclier fiscal" ...Mais, de l'autre côté, François Hollande, en dépit de la situation plus commode d'opposition, peine à se faire entendre, car ses propositions "populaires" de création de 60.000 postes dans l'enseignement, la construction de 2.500.000 logements ou la suppression des cotisations sociales dans des contrats de génération pour les jeunes ...sont contradictoires avec la promesse de rétablissement des comptes publics au plus tard en 2017...

 

  Car les Français ne sont pas dupes, et on ne leur fera pas ...entendre n'importe quoi ...du moins à ceux qui sont assujettis à l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire seulement 52 % des "foyers fiscaux" ...Car ces derniers savent bien que le redressement financier ne pourra pas se faire uniquement par un réduction des dépenses - comme la diminution du nombre des fonctionnaires ...ou celle plus symbolique du salaire du Président de la République ! - ...et qu'il faudra augmenter les recettes : taxer, s'ils sont accessibles, les bénéfices "hors investissement" des grandes entreprises comme Total ou LVMH, ...bien sûr, mais cela ne sera pas grand chose ...comme sera également limitée la taxation des familles les plus riches (environ 400.000 gagnant plus de 1 million d'euros par mois) ...Non !...L'essentiel sera demandé à la classe moyenne, en faisant valoir qu'elle est "riche" à partir de 3000 euros par mois ...Mais de cela, on ne parle pas ...car, avant des élections, ..."il n'est pire sourd que celui (ou celle) qui ne veut entendre !"...

 

* Journal La Croix du mardi 17 Avril 2012

 

  

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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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Jacques 19/04/2012 18:12


Les mérites de M. Sarkozy sont surtout ceux d'avoir accru notre dette de 600 milliards d'euros en cinq ans dont seulement 110 milliards sont imputables à la crise...


Au titre de ses mérites on peut effectivement mettre la "réforme des retraites" qui n'est même pas financée...


Au titre de ses mérites on peut encore signaler sa démolition ( commencée par Raffarin) du Fonds de Réserve pour les Retraites.


Raffarin se contentait de ne plus abonder ce Fonds ( contrairement à la loi) mais Sarkozy a changé cette loi et a ponctionné allègrement des millions d'euros de ce Fonds pour d'autres objets que
la mission impartie à ce Fonds.


Quant à l'autonomie des Universités, je ne suis pas un expert, mais j'ai déjà lu de nombreux articles faisaint état d'un bilan particulièrement mitigé de cette "réforme".


jf.