Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Convergences
  • : Réflexions sur l'actualité en tous genres.
  • Contact

Recherche

Archives

14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 08:59

   Tous les "médias" - presse, radio, télévision, internet - commémorent actuellement le "cinquantenaire" des Accords d'Evian du 18 mars 1962 ayant mis fin aux hostilités entre la France et le GPRA (1) et permis la proclamation de l'indépendance de l'Algérie ...Il a donc fallu 50 ans pour que l'opinion française - qui aime pourtant les anniversaires - évoque le souvenir de cet évènement resté jusqu'alors dans l'ombre, ...et ce n'est pas un hasard, car il ne s'agit pas d'un souvenir heureux, à l'image de l'armistice du 11 novembre 1918 mettant fin à la 1ère guerre mondiale et de l'armistice du 8 mai 1945 clôturant la 2ème guerre mondiale en Europe, ...mais au contraire d'un "déchirement", voire pour certains Français d'une "honte", dans la mesure où la France s'était opposée à la "libération d'un peuple" à une époque marquée par la "décolonisation" dans une grande partie du monde ...D'ailleurs, il faudra attendre octobre 1999 pour que le gouvernement français, avec le Président Jacques Chirac, reconnaisse qu'il y avait eu une "guerre d'Algérie" et non pas seulement des "opérations militaires de maintien de l'ordre" ...Et, de leur côté, les soldats du contingent y ayant participé n'ont pas le plus souvent été reconnus comme "anciens combattants", ...et ne l'ont pas demandé, ayant tiré un trait après cet épidode de leur vie...

 

   Une fois n'est pas coutume - puisque mes articles se veulent "objectifs - , j'interviens personnellement , et donc "subjectivement", dans cette évocation, car l'Algérie a marqué ma jeunesse, et je peux apporter mon témoignage direct, même s'il est  partiel et modeste ...Ce pays, je le découvre une première fois à l'occasion d'une invitation par une famille de "Pieds Noirs"(2) au printemps 1954, donc peu avant la "Toussaint rouge" du 1er novembre 1954 ...A postériori, j'ai considéré avoir été insouciant, car l'étudiant d'histoire que j'étais aurait dû savoir alors que les relations entre la France et l'Algérie avaient été marqués par de nombreux conflits : après les raids des "Barbaresques" sur la côte méditerranéenne depuis le Moyen-Age, il y avait eu la "conquête française" de 1830 à 1871 - ou s'illustrèrent d'un côté le Général Bugeaud et de l'autre l'Emir Abd-el-Kader - puis, après 1871, une série de révoltes des "indigènes" qui n'avaient aucun droit, à l'inverse des colons européens (Français, Espagnols, Maltais...) installés de force dans les terres les plus riches (la Mitidja...), ...sauf ...celui d'être enrôlés dans des troupes "de choc" (ex : les Spahis) au cours des 2 guerres mondiales ...Et c'est pourquoi, leurs espoirs d'accession à la citoyenneté française - ne serait-ce que par gratitude - ayant été déçus, ils s'étaient révoltés et avaient fait l'objet d'une répression brutale en 1946 ...Fehrat Abbas, le chef de leur Union Démocratique, avait pourtant, en qualité de député à l'Assemblée Nationale,  proposé le 2 août 1946: "La République Algérienne sera membre de l'Union Française  ...Ses relations diplomatiques et sa défense seront communes avec celles de la République Française ...Tous les habitants de l'Algérie seront déclarés citoyens algériens et proclamés égaux"...Occasion ratée ...Etait-ce vraiment trop tôt ?...

 

   ...J'avais été d'autant plus insouciant qu'après avoir traversé en train l'Est de l'Algérie et admiré les steppes montagneuses de l'Aurès, j'avais assisté à Constantine , du haut d'une chambre d'hôtel, à  ....une "ratonnade" d'indigènes en "djellabah" fuyant sous les coups de matraque de la police, ce qui révélait déjà de graves difficultés et avait justifié qu'on me déconseille la visite de la "casbah" ... car le feu couvait sous la cendre ...Il est vrai que j'étais alors un étudiant "progressiste", me faisant même mal voir de mon entourage ne comprenant pas que je ne ne sois pas heureux de voir la couleur rose de l'Empire français sur les cartes mondiales de l'époque...

 

   Mais l'Histoire continue à se dérouler et, revenu en France, je ne fais rien de particulier pendant plusieurs années, occupé à préparer les concours du professorat ...Je n'en approuve pas moins le Général De Gaulle qui, après avoir proclamé en 1960 que "la France n'abandonnera(it) pas l'Algérie" - reprenant sur ce point l'affirmation de François Mitterrand qui avait déclaré comme Ministre de l'Intérieur en 1954 : "L'Algérie, c'est la France" - ...s'était résolu, après plusieurs étapes (référendum sur l'auto-détermination, Algérie algérienne"...) à son indépendance ...Mais, entre-temps, après avoir fait 18 mois de service militaire en France de janvier 1959 à Juin 1960, je suis "maintenu sous les drapeaux" et envoyé pour 10 mois ...en Algérie ...En fait, après avoir séjourné à Aïn Sefra, au sud de la frontière marocaine, et connu la peur d'expéditions dans les "djebels", avec leur cortège d'horreurs (3), ...je me retrouve par le hasard d'affectations militaires dans le Sahara, à Reggane, où je vois exploser la 1ère bombe atomique française (à 25 kms tout de même), ce qui n'était pas tout à fait le danger attendu ...Il est vrai que j'avais eu de nouveau l'occasion de traverser l'Algérie par le train - cette fois à l'ouest - et j'ai gardé le souvenir d'enfants misérables se précipitant aux arrêts pour quémander des vivres aux soldats qui leur jetaient leurs rations (notamment des boîtes de pâté de porc ...pour des musulmans ?!...) ...Je me rappelle aussi que, de leur côté, les soldats avaient sollicité de l'eau, au voisinage d'une oasis, à des "Français de souche" qui la leur avaient fait payer, avant que des "indigènes" ne les accueillent en leur proposant des petits verres de thé chaud - remplis en faisant couler de haut l'eau de leurs théières - ...et en arrêtant le "crin-crin" de leur gramophone pour le remplacer par ...la Marseillaise ...Cela ne s'oublie pas !...

 

   C'était le temps où co-habitaient encore - sans souvent vivre ensemble - les "Français" et les "Algériens" ...Le temps où 1.750.000 militaires français ont été envoyés en Algérie - dont 407.000 d'active - et eurent 25.000 tués, les pertes des musulmans étant estimés à 250.000 (non compris les civils) ...Néanmoins, une "paix des braves" aurait pu s'instaurer après les accords d'Evian, conformément aux dispositions prévues (Article 2 : interdiction de tout recours à la violence) si, des deux côtés, la raison l'avait emporté ...Ce ne fut pas le cas, car la haine fut la plus forte : les combattants du FLN se livrèrent à de mutiples exactions, notamment vis-à-vis des 'harkis" - supplétifs musulmans de l'armée française  - exécutés de façon effroyable en raison de la passivité de celle-ci, qui n'en ramena en France qu'un petit nombre dans des camps de transit qui s'éternisèrent...Et, de leur côté, les "Pieds-Noirs", après s'être accrochés dans un mouvement également violent, l'OAS (organisation de l'Armée Secrète) - qui pratiqua la "terre brûlée" et fomenta des attentats en Algérie et en France (Attentat du Petit-Clamart contre le Général De Gaulle 22 août 1962) - finirent par revenir (et pour beaucoup venir pour la 1ère fois) dans le "froid" pays de France métropolitaine , qu'il firent d'ailleurs bénéficier de leur esprit d'entreprise ... Ainsi, comme en 1946, une  occasion d'entente était manquée après 1962 ...

 

   Et pourtant, les liens n'ont pas été rompus ...D'abord, la plupart des Algériens ont continué à parler français, malgré les tentatives "d'arabisation" dans les écoles, ...Et beaucoup ont émigré en France depuis 50 ans pour y trouver du travail - sans y être bien logés (problème des banlieues...) ni souvent bien acceptés par des "nationalistes" ...Et nombreux sont ceux qui acquièrent la nationalité française et vont même jusqu'à "franciser" leur nom et prénom ...L'accueil triomphal du Président français Jacques Chirac en visite officielle à Alger le 3 mars 2003 fut même tout un symbole...Et on peut se souvenir du propos tenu alors dans un documentaire par un vieillard ridé et enturbanné : "Et pourquoi t'es parti, dis ! ..."

 

(1) Gouvernement Provisoire de la République Algérienne

(2) Sobriquet d'origine incertaine, attribué à l'ancienne immigration juive

(3) Référence aux massacres de Palestro (18 mai 1956) et Mélouza (28 mai 1957)

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Daumont - dans Polit. internationale
commenter cet article

commentaires

Jacques Heurtault 20/03/2012 12:33


Puisqu'on en est aux souvenirs, je vais raconter brièvemen tce dont je me souviens de la période 1958/1962.


En 1958, j'avais 9 ans (né en décembre 1949). Je n'ai aucun souvenir des évènements d'Alger qui ont amené de Gaulle au pouvoir. Par contre, je me souviens mieux de ce qui se passait à la maison,
dans les années qui ont immédiatement suivi. J'ai un frère, né en 1944, qui allait donc avoir 18 ans en 1962 et être mobilisable ... Mon père était extrêmement tendu. Il était farouchement pour
la paix, pour l'Algérie aux Algériens, seul véritable moyen pour que son fils ne parte pas en Algérie pendant son service militaire. 30.000 appelés y ont laissé leur vie en 8 ans (à comparer avec
la moins de une centaine morts en Afghanistan en 10 ans).


Je me souviens aussi de l'atmosphère tendue au lycée pendant la période du putsch. Il y avait des "énervés" pro-Algérie française qui faisaient un peu de raffut. l'un d'eux était en classe de
Troisième ou Seconde ... Il s'appelait Piété! Ca ne s'invente pas! Piété pour l'Algérie Française ... Merde! Faut le faire ...


Je n'y comprenais pas grand chose... A 12 ans, il ne peut pas en être raisonnablement autrement! Sauf que c'était la guerre et que mon frère pouvait y aller si ça continuait ...


J'ai un souvenir plus précis de la visite de de Gaulle à Lamballe! Mais oui ... 5.000 habitants. Nous avions une parentèle qui tenait un magasin de modiste (les chapeaux de femme) sur la place du
marché. Nous étions installés à l'étage, à 20 mètres de la tribune ... de Gaulle arrivant par la rue Bario, la place du marché noire de monde ... Même mon père, quoique anti-gaulliste (il était
pour Antoine Mazier, le député maire de Saint Brieuc, du PSU, dissident de la SFIO à cause de l'Algérie), était venu et avait applaudi ... Ma mère criant "Vive de Gaulle" ... Moi, ne disant rien
car je n'avais pas de conscience politique mais tout de même content de pouvoir voir de Gaulle d'assez près ... C'était tôt le matin, vers 8H00, "Il" venait de Saint Brieuc, à 20 km ... Quel
évènement! Plus jamais un Président de la République n'est venu à Lamballe.

Jean Daumont 17/03/2012 09:55


Réponse :


1997 - 2002 : la Troisième cohabitation[modifier]


Articles détaillés : Troisième cohabitation et Gouvernement Lionel Jospin.


La Troisième cohabitation est bien plus longue que les précédentes, puisqu'elle dure cinq
ans. Le président et le Premier ministre tentent de parler d'une seule voix dans le cadre de l'Union européenne ou de la politique étrangère, se rendant ensemble aux sommets
européens (comme lors des deux autres cohabitations), même si on y assiste parfois à des passes d'armes verbales entre les deux hommes.


C'est à cette époque qu'éclatent les affaires politico-financières au sujet du RPR et de la mairie de Paris (voir ci-dessous). À l'initiative d'un député socialiste, Arnaud
Montebourg, trente députés (dix-neuf PS, quatre « verts », quatre radicaux, deux PCF et un MDC) déposent une
motion demandant la traduction de Jacques Chirac devant la Haute cour. La motion est rejetée. Dans une décision du 22 janvier 19992, leConseil
constitutionnel, présidé alors par Roland Dumas, confirme au président son immunité telle qu'elle est définie dans la constitution.


Le gouvernement Jospin connaît une popularité importante, marquée par la loi
des 35
heures, la baisse du chômage et la reprise économique mondiale de la fin du siècle. Partant favori, le Premier ministre décide de rétablir le calendrier initial des élections (la présidentielle
avant les législatives) et surtout obtient du président (et pressé également par l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing)
d'abord très réticent, qu'il propose la modification de la Constitution pour transformer le septennat en quinquennat. Le 24 septembre 2000 la réduction du
mandat présidentiel de 7 à 5 ans est adoptée par un référendum marqué par une abstention record. (30,19% de participation, 73,21% de oui 26,79% de non).

Jacques 16/03/2012 23:57


 


"D'ailleurs, il faudra attendre octobre 1999 pour que le gouvernement français, avec le Président Jacques Chirac, reconnaisse qu'il y avait eu une "guerre
d'Algérie" et non pas seulement des "opérations militaires de maintien de l'ordre""


 


Il s'agissait de quel gouvernement ???


 


jf.

Jacques 15/03/2012 18:50


Votre sujet me trotte dans la tête....


Sans doute pour me rajeunir ....


Du coup m'est revenu un autre souvenir.


Les journaux qui paraissaient avec des emplacements entièrement blancs car les articles correspondants avaient été censurés au préalable.


Mais évidemment, je ne comprenais pas....


Cependant, je ne me souviens plus si c'était sous la IVè ou après le retour de "Mon Général". Ou les deux à la fois.


Peut-être que oui, après tout puisque, d'après Wikipédia, la loi de 1955 autorisant cette censure est toujours en vigueur.....aujourd'hui !


 


jf.


 


NB. Pour les figurines, il vous suffit de cliquer sur le petit bonhomme jaune (dénommé smiley) ci-dessus et de choisir celle qui vous convient.


 


 

Jean Daumont 15/03/2012 18:11


A Loubomyr, bonjour


Ce n'est pas moi qui suis prudent ...Je fais justement un travail correct d'historien en soulignant que cette guerre bien réelle (j'y ai - un peu - participé) a été qualifiée officiellement
"d'évènements" avant d''être reconnue comme "Guerre d'Algérie" par Chirac en 1999...


A JF, bonsoir (vu l'heure de la reprise du présent commentaire)


Sens unique ? J'ai dit Sens Unique ...Bizarre !  Comme c'est bizarre !! ...Je n'allais quand même pas dire que votre commentaire n'avait aucun sens ...(rire)


NB. Comment vous faîtes pour mettre des figurines ?... Où les pêcher pour un commentaires ?...Je précise que j'écris en "ordinaire, pas en "premium".