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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 23:34

   L'anecdote est célèbre, ...celle de ce communiqué de la BBC annonçant un matin de gros brouillard - le "Fog" - sur la Manche - le "Channel" - "Continent isolé" ...On ne pouvait mieux dire que l'Angleterre était dans l'Europe un pays entièrement à part, et non un pays européen à part entière ...Churchill l'avait d'ailleurs solennellement affirmé quand il avait déclaré après 1945 : "Si j'avais un jour à choisir entre l'Europe et le Grand Large, je choisirais le Grand Large" ...De Gaulle, qui connaissait bien l'Angleterre, s'était même opposé, après son retour au pouvoir en 1958, à son entrée dans le Marché Commun qu'elle risquait de faire éclater par sa volonté de "libre-échange" contraire aux règles communautaires ...Et quand l'Angleterre se résigna à entrer dans le Marché Commun en 1973, elle ne cessa d'en perturber l'évolution, le siège de Bruxelles ayant souvent retenti des difficultés suscitées par l'indomptable Margaret Thatcher ...L'Angleterre a-t-elle vraiment sa place dans ce qui est devenu l'Union Europénne, c'est-à-dire une Communauté s'étant élargie à 27 pays ...Le 1er Ministre anglais David Cameron vient lui-même de poser la question à son pays en évoquant la possibilité d'un référendum s'il est ré-élu en 2015...

 

   Une fois de plus, un éditorialiste du journal Ouest-France, Laurent Marchand, a développé une analyse intéressante dans le numéro du 24 janvier 2013 :

 

   Editorial

jeudi 24 janvier 2013

L'Europe à la roulette anglaise

Les pressions américaines ne l'ont pas dissuadé. Celles d'une partie du patronat anglais non plus. David Cameron, dans un discours qui fera date, a placé hier son pays au milieu d'un carrefour périlleux. S'il est réélu dans deux ans, les sujets de Sa Majesté auront droit à un référendum d'ici à 2017. Avec une question lapidaire : rester ou non dans l'Union européenne.

Jamais depuis l'adhésion de la Grande-Bretagne au Marché commun, en 1973, la question n'avait été posée de façon si radicale. Le locataire du 10, Downing Street donne un gage au courant le plus eurosceptique de son parti. Mais c'est aussi un véritable pavé qu'il lance sur le continent. Avec des risques difficilement calculables. Pour l'Europe, pour Londres. Pour Cameron lui-même.

Disons-le, la singularité britannique a toujours fait débat, des deux côtés de la Manche. Bruxelles, vue du sol anglais, a toujours été trop bureaucratique et envahissante. Londres, en retour, a toujours été perçue comme un obstacle structurel au processus d'intégration politique.

Aussi, à première vue, l'idée d'un moment de vérité est-elle séduisante pour beaucoup. Le recours au peuple n'est-il pas l'une des conditions de toute pratique démocratique ? La perspective du référendum tente naturellement les eurosceptiques de tous les horizons, galvanisés par la crise. Elle tente nombre de continentaux, lassés par l'attitude de Londres. Elle tente, en un mot, tous ceux qui n'ont pas oublié le style si souple, si entraînant et si sympathique de Margaret Thatcher...

Pour autant, si les visées électorales du Premier ministre anglais sont évidentes, ce qui s'est passé hier ne ressemble pas encore au moment de clarification si réclamé. Rien ne dit que Cameron sera réélu. Rien ne dit donc qu'il y aura bien référendum, même si le seul fait d'en avancer la perspective a suffi, hier, à provoquer une onde de choc.

Les turbulences provoquées s'expliquent aisément. Pour une question de calendrier tout d'abord. 2014, élections européennes. 2015, élections britanniques. 2017, éventuel référendum. À la table du Conseil européen, les Vingt-six ne vont pas savoir dans les deux prochaines années qui occupe le siège britannique : le futur fossoyeur de l'aventure européenne de Londres ou le futur perdant des législatives. Dans les deux cas, la méfiance, déjà perceptible, va l'emporter. Et cela risque de creuser un peu plus le fossé entre les 17 pays de la zone euro et les autres.

D'autant plus que cela pose une question plus substantielle sur la nature du projet européen. La crise a contraint les pays de la zone euro à travailler sur une meilleure intégration qui, fatalement, s'éloigne du projet de simple zone de libre-échange, caressé depuis toujours outre-Manche. Mais Londres veut rapatrier certaines compétences et menace de quitter le navire, au moment même où Paris et Berlin annoncent un effort commun pour souder davantage les membres de l'Union. Nul ne veut vraiment d'un nouveau traité, et Cameron en fait presque une condition.

On touche là au paradoxe de sa proposition. Il se présente comme un précurseur d'un débat nécessaire tout en étant le membre qui fait le moins de propositions pour porter le projet européen. Comme s'il venait de poser sur la table des Vingt-sept un pistolet chargé d'une seule balle. Dirigé a priori contre l'avenir de l'Union. À moins que le coup ne parte à l'envers.

Laurent MARCHAND.
   Effectivement, il s'agit bien de savoir à qui perd gagne dans cette affaire ...Comme disait déjà Hamlet  .."That is the question" !...

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Published by Jean Daumont - dans Polit. internationale
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commentaires

Lydihaut 28/01/2013 10:16


L'Angleterre est libre comme le pays de l'oncle Sam, où l'on respecte l'homme et sa liberté individuelle et sa force de décision et son courage de gagner ou de perdre et d'en assumer les
conséquences dans la souffrance, en s'en prenant qu'à soi même sans rejeter la faute sur la société ou le temps qu'il fait. Notre pays d'assistés sous ponction et perfusion est amenée à
disparaître, le vrai changement est là. Laissons l'homme s'enrichir ou crever de sa bêtise. Que la nature reprenne ses droits, et que la sélection naturelle se fasse sans entrave. Vive Rudyard
Kipling et le livre de la jungle, la nature ne fait pas de cadeaux et c'est très bien comme ça. L'aide ne doit être apporté que pour de bonnes raisons et pour les miséreux qui le sont de la faute
des salauds  qui sont très souvent de gauche. C'est tout!!!!!

Loubomyr 27/01/2013 17:24


L'angleterre ne pose pas de problèmes à l'Europe, telle que la voient les dirigeants et élus européens convertis au néolibéralisme débridé. Par contre Albion EST un problème pour les peuples
euro^pées qui souhaitent que ça change!!!

Jacques Heurtault 26/01/2013 11:50


Il y a une deuxième façon de voir le "problème" posé par l'Angleterre ... Il s'agirait d'une pure opération de politique intérieure.


1. Cameron ne propose pas - curieusement - un référendum dans l'immédiat. Pourtant, rien, absolument rien ne l'en empêche!


2. Il dit en substance : "Réélisez-moi! Si vous me réélisez, je vous promets que j'organiserais un référendum. Moi-même, pendant la campagne électorale de ce référendum à venir, je préconiserai
le OUI au maintien dans l'Union.


 


Avec une telle astuce, Cameron dit en substance aux "euro-sceptiques" (qui sont en réalité des "euro-hostiles") : "Votez pour moi!" ... Il a bien compris que la plupart de ces euro-sceptiques
sont des gens de droite nationalistes voire des gens de gauche qui pourraient se laisser tenter par un vote conservateur puisqu'il y a l'espérance d'un référendum au bout.


Le vrai but serait, selon cette hypothèse, de gagner les élections, pas de quitter l'Union Européenne!

Loubomyr 26/01/2013 10:43


Monsieur Heurtault : bien d'accord avec vous en ce qui concerne l'attitude des Anglais (ou tout du moins de leurs leaders) mais votre "presque" est de trop : les anglais ont systématiquement
détricoté l'esprit européen pour le réduire à l'organisation d'une zone de libre échange dans laquelle la concurrence débridée mène des ravages parmi les populations. Je suis loin d'être gauliste
mais le grand Charles avait bien raison lorsquil n'en voulait pas dans l'espace européen. N'oublions pas non plus que Churchill déclarait qu'entre le continent et le grand large, la Grande
Bretagne choisirait toujours le grand large. En fait la présence anglaise dans l'Europe c'est un ver dans le fruit avec le but d'empécher la constitution d'une fédération (ou d'une confédération)
politique qui détronnerait les USA de leur première place mondiale. Oui, l'Europe sans les grands bretons serait certainement plus belle mais malgré les rodomontades de Cameron, ils ne partiront
pas ......

Jacques Heurtault 25/01/2013 18:02


"Messieurs les Anglais, tirez-vous les premiers!". Que les Anglais s'en aillent! Cela fait trop longtemps qu'ils nous emmerdent avec la transgression systématique ou presque de l'esprit
communanutaire ...