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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 10:01

 

   L'euthanasie revient d'actualité en raison de l'intention du nouveau Président François Hollande de donner suite à l'engagement 21 de sa campagne électorale proposant "que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité" ...Certes, cet engagement est entouré de réserves, et il n'est pas encore appliqué, - sa mise en oeuvre devant faire l'objet d'un débat préalable, une mission ayant été confiée en ce but au Professeur Didier Sicard qui a entrepris une vaste consultation dans diverses villes de France pour rendre son rapport à la mi-décembre 2012 ... Mais le problème de l'euthanasie n'en est pas moins à nouveau posé avec insistance, alors qu'il avait déjà fait l'objet en 2005 d'une Loi connue sous le nom de son rapporteur Jean Léonetti et élaborée à la suite de diverses affaires ayant alors défrayé la chronique...

   Il est donc du plus grand intérêt de prendre connaissance de l'entretien que Jean Léonetti vient d'accorder sur ce sujet au Journal Ouest-France du 5 octobre 2012, entretien d'ailleurs relayé par de nombreux organes de presse ou de télévision :

 

           Jean Léonetti prêt à amender la loi sur la fin de vie

 

OF : Le débat sur l'euthanasie est relancé. La mission Sicard donne la parole aux citoyens sur le sujet. La loi de 2005 est-elle toujours d'actualité ?

JL : On me demande toujours si cette loi est parfaite .Non. Un texte ne peut codifier de façon immuable notre fin de vie. La preuve : en 2008, nous l'avons modifié. Je ne vois pas la mission Sicard comme une agression contre la loi actuelle. Hélas, je crains qu'on lui ait donné peu de moyens et peu de temps pour instaurer un vrai débat. Sur ce sujet, il faut sortir des sondages et des caricatures.

OF : Vous fixez au préalable un cadre éthique : le non à l'euthanasie.

JL : Je le fais de'autant plus facilement que François Hollande, après des propos ambigus, s'est lui-même exprimé contre l'euthanasie. Je suis contre le fait de donner volontairement la mort à un patient atteint d'une maladie incurable, à sa demande. Je m'oppose également au suicide assisté tel qu'il se pratique en Belgique ou en Suisse. Mais si l'on reste dans la philosophie de la loi - je ne t'abandonnerai pas, je ne te laisserai pas souffrir - il existe des choses à améliorer au sein du texte actuel.

OF : Quelles ouvertures suggérez-vous ?

JL : La première est la sédation terminale : endormir le patient lorsque sa souffrance physique et psychique est telle qu'elle ne peut plus être assumée par des traitements adaptés et par l'entourage. On n'y a pas assez recours. Et elle correspond à une demande de malades en fin de vie, qui disent : "Maintenant, je veux m'endormir et ne pas me réveiller".

OF : N'y-a-t-il pas là une forme d'hypocrisie par rapport à l'euthanasie ?

JL : Appelons les choses par leur nom. A-t-on le droit de tuer le malade ? La réponse est non. Mais on doit aller au bout des possibilités dans l'intention de le soulager et de l'empêcher de souffrir.

OF : Vous souhaitez étendre cette pratique aux nourrissons prématurés en souffrance ?

JL : En France, la norme est de ré-animer les grands prématurés et de dresser ensuite un bilan des fonctions vitales. Si on aboutit à, un état végétatif ou à une atteinte cérébrale majeure, il faut alors accepter que l'arrêt des traitements s'accompagne d'une sédation terminale et que cela devienne la norme. On ne doit pas prolonger une vie dont on sait qu'elle n'aura ni pensées, ni mouvements.

OF : Vous êtes également favorable à la directive anticipée ?

JL : Le citoyen peut prévoir et donner des indications sur la façon dont il souhaite ou pas bénéficierde la médecine lorsqu'il sera inconscient. Ces directives ne sont, pour l'instant, pas très utilisées car les patients ont le sentiment que les médecins ne les suivront pas. Il faut désormais les rendre opposables au médecin. Celui-ci pourra avoir un recours en saisissant un comité d'éthique.

 

   Cet entretien est complété par un article de Bernard Le Solleu,  Journaliste d'Ouest-France, relatif aux soins palliatifs :

 

       Un manque criant d'unités de soins palliatifs en France

 

   "Une loi méconnue. Des régions entières privées de soins palliatifs... Sept ans après sa promulgation, les partisans de la Loi Léonetti le déplorent : l'accès à ces unités de soins reste "largement insuffisant".

   Hier, à Paris, dans le cadre de la mission Sicard, la Société Française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) a dressé un bilan et proposé des améliorations à la loi actuelle. Son Président, le Docteur Vincent Morel, l'affirme : "Lorsqu'un patient qui demande à mourir est pris en charge par une équipe compétente, la demande d'euthanasie disparaît". Et si certains persistent dans leur demande et souhaitent anticiper leur mort, "le débat, dit-il, ne relève plus des soins palliatifs, mais de savoir s'il faut , ou non, dépénaliser le suicide assisté". Donner la mort, "ce n'est pas la vocation des soignants".

   La loi Léonetti serait donc quasi-parfaite. "C'est une très bonne loi", affirme la SFAP qui regroupe 5000 soignants et 200 associations de bénévoles. Plusieurs pays s'en sont inspirés : la Suède, l'Allemagne, l'Italie ...Malheureusement, elle est très mal appliquée en France.
   Moind de 3 % des médecins généralistes ont reçu une formation à la prise en charge des fins de vie. 68 % des Français ignorent qu'une loi interdit l'acharnement thérapeutique. La plupart des malades connaissent leurs droits (celui de ne pas souffrir, notamment). Et 150.000 personnes par an, qui devraient bénéficier de ces soins, en sont privés.

   L'inégalité des patients est d'abord territoriale. 5 régions concentrent 70 % des lits d'unités de soins. La Bretagne en compte 11, la Basse-Normandie 1, les Pays de Loire 2.

   Des équipes mobiles existent, mais elles n'interviennent le plus souvent que dans l'ultime semaine de vie des patients. Ces soins à domicile doivent être renforcés. Et globalement, trop peu de soignants sont réellement formés à l'accompagnement des mourants."

 

   En conclusion, on ne peut que savoir gré au Président François Hollande d'avoir relancé le débat sur "l'assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité", mais il conviendra qu'en fonction du rapport de la mission Sicard, il ne se contente pas d'une incantation et joigne les actes aux paroles, notamment pour donner des moyens nécessaires à la solution de ce problème prioritaire ...De même, il lui faudra tenir sa promesse de condamnation de l'euthanasie, alors que certains pays comme ceux du Bénélux et la Suisse l'ont légalisée (*) ...et que, naguère, le socialiste Dominique Strauss-Kahn avait proclamé la nécessité de l'euthanasie pour des raisons économiques ...Car l'euthanasie pose un problème fondamental d'éthique et ne peut pas être résolu par une décision gouvernementale ...En fait, le problème est insoluble (**)...

 

(*) http://www.touteleurope.eu/fr/actions/social/sante-publique/presentation/comparatif-l-euthanasie-en-europe.html

 

(**) Voir article du 25 mars 2007 - Accueil/Colonne gauche/recherche/euthanasie/ok

 ou  catégories/médecine


 

 




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Published by Jean Daumont - dans Médecine
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commentaires

Jean Daumont 03/11/2012 10:16


  Je ne suis souvent pas d'accord avec Lydihaut, mais sur ce point j'approuve son analyse ...Nul ne doit donner la mort à d'autres, quelles qu'en soient les raisons éventuelles ...Mais
chacun est libre de se la donner, et nul n'a alors le droit d'en juger...

Lydihaut 02/11/2012 16:42


Monsieur j.f. est un rigolo de la pire des espèces, il nous dit :"Pourquoi le principe qui est le vôtre doit-il être IMPOSE à d'autres ????" Et il est d'accord avec les limaces socialistes pour
AUTORISER PAR LA LOI l'euthanasie. C'est à dire que les limaces sont contre la peine de mort mais pour l'avortement et l'euthanasie imposés aux médecins par la loi. Pour ma part si quelqu'un veut
mourir qu'il ai le courage de le faire tout seul en se suicidant et qu'il ne mêle pas les autres à son crime. Je pense que c'est la pire des lâchetés!!!! Il ya cent façons de se suicider
proprement. Dans une pharmacie, on trouve les médicaments nécessaires. Et puis si on est chasseur, une bonne balle dans la tête lors d'une promenade en forêt quand on sait que sa maladie est sans
espoir de guérison, et on en parle plus. Pourquoi foutre ça sur la conscience d'un médecin ou d'une infirmière qui n'a rien demandé ???? Tous ces ...... me dégoûtent, la vie et la mort ne sont
pas de la responsabilité de la loi ou de son voisin ... Comme dit Montaigne dans "ESSAI sur L'ART D'ETRE HEUREUX"


"Le sage ne sacrifie point le don de l'existence, et c'est en apprenant à vivre qu'il s'instruit à mourir. Il faut quelque fois envisager la mort pour juger comment on soutiendra son approche."


On ne met ni sa vie ni sa mort dans les mains des autres et surtout pas par la loi!!!!

Jacques 02/11/2012 11:11


Vous "copié/collé" l'intégralité de l'adresse donnée dans la case recherche de votre moteur.


Vous allez voir, si ça ne marche pas.....


 


jf.

Jean Daumont 02/11/2012 11:00


Réponse de l'ordinateur à votre indication de "lire" : page non trouvée ...

Jean Daumont 02/11/2012 10:57


 Je n'impose rien à d'autres, puisque je dis que je comprends que d'autres ne soient pas de mon avis et, donc, ne s'nterdisent pas l'euthanasie...