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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 10:51

   Depuis déjà un demi-siècle, les élèves ont été admis à participer aux divers conseils des établissements secondaires, et ils y ont souvent apporté des avis pertinents, sortant du cadre ancien de la soumission de "l'enseigné" par rapport à "l'enseignant"...

 

   Il est donc intéressant de relayer le témoignage apporté dans le journal Le Figaro du 1er novembre 2012 , par le jeune Jean-Baptiste Lucq, élève de Terminale "L" au Lycée Saint-Jacques de Compostelle de Dax, sur l'enseignement de l'Histoire ...Il s'agit d'une "libre opinion", et l'appartenance de cet élève à un établissement privé comme la parution de son témoignage dans le journal Le Figaro n'ont aucune signification politique...

 

   "L'Histoire à l'école fait débat: Historiens, penseurs de renom et politiques se sont exprimés sur le sujet, mais jamais les principales victimes. Aujourd'hui, simple représentant d'une jeunesse désenchantée, je considère que la bêtise de son enseignement est idéologique.  Notre histoire subit une épuration scandaleuse et inacceptable. Exemple : Napoléon. Le perdant qui a su sublimer son histoire pour devenir un mythe victorieux, le fondateur de la France moderne, l'homme du Code Civil, de la Banque de France, de la Légion d'Honneur, des Préfets, de la Cour des Comptes, la légende qui marqua la littérature du 19ème siècle et dont les récits et les exploits formèrent le livre de chevet du jeune Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir, le génie militaire qui remporta presque toutes ses "40 batailles rangées", n'est réduit qu'au rôle de simple tyran esclavagiste et sanguinaire  ...ne représentant qu'une partie optionnelle de nos programmes. L'hécatombe est immense : Louis XIV, Clovis, Louis IX, François 1er, Jeanne d'Arc, Charles Martel, Richelieu et bien d'autres voient leur tête tomber sous le couperet de la sacro-sainte pensée unique . Mais si les personnages souffrent, que dire des évènements ? Tandis qu'on s'étend sur les empires africains, on oublie le Moyen-Age et le génocide vendéen. Mais la plus grande victime reste la guerre. Elle n'est enseignée que de notre point de vue moderne, pacifiste et antimilitariste, sous l'angle de la violence, de la déshumanisation, des massacres de civils et des génocides. On en oublie les grandes batailles et les armées. Pour la 1ère Guerre mondiale, on évoque succinctement Verdun. Les maréchaux passent à la trappe, ainsi que la Marne, la Somme et le Chemin des Dames. Quant à la 2nde Guerre mondiale, hormis Stalingrad, adieu la Blitzkrieg, la bataille de Moscou, El-Alamein, Bir-Hakeim, Koursk, la bataille de Normandie, la bataille des Ardennes, Okinawa, l'Afrika-Korps ou la bataille de Berlin !

 

   Dans un pays en pleine crise identitaire, il est criminel de couper un peuple de son histoire. Les évènements ne sont plus remis dans leur contexte. L'Histoire de résume ainsi à une auto-censure ciblant les erreurs que la France a pu commettre envers certaines minorités mises en avant par le politiquement correct.

 

   Or, pour que cette matière soit attractive, il faut la rendre vivante. Par ailleurs, les méthodes de travail de l'historienne peuvent être adaptées à notre jeunesse. Quand l'historien doit penser, l'élève, lui, doit connaître. Grosse différence ! En ce moment, dans mon lycée, nous étudions les mémoires de la 2nde Guerre mondiale. On demande à des élèves qui, pour la plupart, n'ont pas acquis les fondamentaux de la guerre, d'étudier et d'analyser les mémoires (notion complexe) des différents courants de pensé et partis politiques d'après-guerre? C'est comme demander à un maçon de faire une maison sans brique ni ciment !

 

   Il est fait quasiment abstraction de la chronologie qui est la base de l'histoire et de sa compréhension. L'Histoire est une chaîne dans laquelle chacun des maillons est lié. Sans causes, pas de conséquences ; sans Révolution, pas de Napoléon ; sans Napoléon, pas de Restauration, ni de 1830 ou de Louis-Philippe et donc pas de 1848 ni de 2nde République, de Send Empire, de Sedan, de 3ème République, de 14-18, etc ...Est-il possible comprendre un roman en sautant des chapitres ?

 

   C'est justement ce grand roman national qu'il faut ressusciter. Revenons à Malet, à Isaac et à Bainville.  C'est la meilleure façon de connaître et de faire aimer l'Histoire. L'un des plus beaux exemples du succès de "l'Histoire-roman", c'est Max Gallo et ses livres qui nous l'offrent . Parce qu'il nous met au plus près des personnages, nous raconte une histoire fascinante, de César à la 2nde Guerre mondiale en passant par De Gaulle.

 

   Cessons de vilipender nore Histoire. Ne rouvrons pas les vieilles blessures. Voyons-y plutôt une chance. Notre héritage historique est-il à ce point lourd qu'il faille en occulter certaines pages ? Que dire alors du passé de l'Allemagne ou de la Russie ? Leur Histoire n'est-elle pas plus tragique que la nôtre ? Oui, mais les petits Allemands et les petits Russes apprennent leur Histoire telle quelle, car, même si elle n'est guère plaisante, elle est constitutive de leur identité. Notre Histoire doit être un puissant levier de cette unité dont notre peuple désorienté a besoin. Au lieu de répondre aux débats actuels par le matraquage de nore passé, servons-nous de celui-ci, et des personnages qui l'ont bâti, comme d'un exemple. Napoléon ne pourrait-il pas être un modèle pour les jeunes de nos banlieues, qui ne se sentent pas Français ?

 

   Il faut raconter notre Histoire avec fierté et amour. Ce roman doit être facteur d'assimilation et non de division. Ernest Lavisse avait très bien résumé les choses sur la couverture de son fameux manuel : "Enfant, tu dois aimer la France parce que la nature l'a faite belle et parce que son Histoire l'a faite grande !"...

 

   Evidemment, on entend déjà les esprits forts "philosopher" sur la guerre, un peu trop donnée en exemple dans ce témoignage, "crier" à propos de l'identié nationale, ...ou "rigoler" de l'évocation de Lavisse en pensant aux élèves d'origine étrangère à qui on ferait ânonner : "Autrefois, notre pays s'appelait la Gaule, et ses habitants les Gaulois "...Mais ce témoignage aura au moins le mérite de faire réfléchir sur l'Histoire, qui n'a pas de caractère rétro-actif, et dont le passé ne peut pas être considéré avec les critères actuels, qui n'auront qu'un temps ...

 

  

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Published by Jean Daumont - dans L'Histoire
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commentaires

Loubomyr 08/11/2012 22:19


Méditer sur l'histoire pour mieux vivre au présent ne peut avoir aucune signification pour toute une génération qui depuis 25 ans crie "No Future" ou vit maintenant dans cette impossibilté à se
projeter dans l'avenir. Alors, les cranes d'oeufs de l'Education Nationale aurront beau concocter toutes les réformes susceptibles de faire briller pendant un temps le nom de leur ministre, cela
ne servira à rien pour des mômes qui se demandent quel deal ils vont pouvoir monter pour se payer la dernière paire d'Adidas, le dernier blouson Redskin ou le top du top des I Pod en se fichant
pas mal de ce qu'ils feront après avoir sacrifié à ces icones modernes du veau d'or.

Jacques 07/11/2012 11:58


M'en apercevant trop tard de cette fôte de frappe, j'en ai rigolé moi-même, ne doutant pas un instant que vous la remarqueriez vous aussi....et que vous m'en taquineriez....


 


jf.

Jean Daumont 07/11/2012 10:20


Mercdi pour ces précisions et corrections ...Mais je me suis amusé au passage que JF corrige un nom en faisant une faute pour le prénom ...Ah !...tous ces dactylographes amateurs !...

Jacques 07/11/2012 09:35


A propos du second livre on peut également lire ceci:


 


 


 



Le Figaro Magazine. - Quel est, selon vous, le symptôme le plus marquant de la dégradation de l'enseignement de
l'histoire?


Laurent Wetzel. - C'est la disparition, à partir de cette rentrée scolaire, de l'histoire et de la géographie comme disciplines obligatoires en terminale scientifique. Avec des
conséquences désastreuses sur les programmes: désormais, les élèves de la série scientifique n'auront plus étudié au lycée ni la France depuis 1962, ni l'affirmation de l'islamisme depuis la
fin des années 1970. Ils auront seulement survolé en troisième les cinquante dernières années de l'histoire de notre pays.


Qui est responsable de ce recul?


La quasi-suppression de l'histoire-géo en terminale S avait été conseillée à Luc Chatel par feu Richard Descoings, et Nicolas Sarkozy y tenait dur comme fer. Les nouveaux programmes du lycée
ont été signés, pour Luc Chatel, par le directeur général de l'enseignement scolaire, Jean-Michel Blanquer, qui postule aujourd'hui à la direction de Sciences-Po. C'est un groupe d'«experts»
présidé par Laurent Wirth, doyen des inspecteurs généraux d'histoire-géographie, qui les a élaborés. Laurent Wirth a osé prétendre que «le nouveau programme d'histoire de première L-ES-S va
jusqu'à nos jours afin que les élèves aient la compréhension du monde actuel» (L'Histoire, avril 2012), alors qu'il ne retient de la Ve République que ses quatre premières années et
exclut l'islamisme.


Quelle première mesure pourrait être prise afin d'inverser la tendance?


M. Peillon s'est engagé à rendre de nouveau obligatoire l'histoire-géo en terminale S. Mais ce n'est pas suffisant. Les programmes d'histoire actuels sont trop ambitieux et très émiettés, au
collège comme au lycée. Le programme de cinquième, qui va de Mahomet à Louis XIV en passant par Luther et le Monomotapa cher à La Fontaine - mais en oubliant l'humanisme à côté de la
Renaissance - ne peut être traité à raison d'une heure par semaine. Le programme de seconde, qui va de l'installation des Celtes en Europe aux révolutions de 1848, ne peut être traité à raison
d'une heure et demie par semaine. Le programme de terminale L-ES, qui va de la vieille ville de Jérusalem à la gouvernance économique mondiale depuis 1944, en passant par le syndicalisme en
Allemagne depuis 1875 et les rapports religion-société aux États-Unis depuis les années 1890, ne peut être traité à raison de deux heures par semaine. Les programmes doivent être allégés et
recentrés, pour partie sur l'histoire de la France. Il faut apprendre moins pour apprendre mieux.


Ils ont tué l'histoire-géo, de Laurent Wetzel, François Bourin Editeur, 256 p., 16 €


 


jf.

Jacques 07/11/2012 09:30


Il faut lire Vibcent Badré pour le 1er livre....


 


jf.