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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 10:38

   Ainsi donc, il y a une crise économique, et cette crise n'affecte pas seulement la France ...Elle ne se limite même pas à l'Europe ...Il s'agit d'une crise mondiale ...à en croire le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, dans son intervention télévisée du 27 octobre 2011 ...Certes, le Président est dans son rôle, consistant  - conformément à l'article 5 de la Constitution de 1958 - à assurer la continuité de l'Etat , et il a lui-même rappelé qu'il avait le devoir de prendre les mesures nécessaires pour faire face à une crise pouvant mettre en cause le fonctionnement de l'économie française, notamment la santé des entreprises et le travail des salariés ...Sage précaution correspondant au vieux dicton populaire : "Mieux vaut prévenir que guérir"...

 

   Néanmoins cette analyse ne fait pas l'unanimité dans l'opinion ...Valéry  Giscard d'Estaing qui, en qualité d'ancien ministre des Finances puis de Président de la République de 1974 à 1981, a une compétence incontestable, a parlé d'une "grande exagération" et fait valoir que le Produit Intérieur Brut (PIB) de l'Europe  est encore trois fois supérieur à celui de la Chine à laquelle le Président Sarkozy croit utile de faire appel et que l'économie française n'est pas au bord du gouffre ...Et le Président du groupe socialiste de l'Assemblée Nationale, Jean-Marc Ayrault, a beau jeu de souligner "qu'une nouvelle fois Nicolas Sarkozy nous a ressorti sa panoplie de Superman, sauveur de la France, de l'Europe et du monde ...C'est lui qui a évité la catastrophe ...C'est lui qui a tout vu et tout compris de la folie des banques et des marchés ...C'est lui qui a trouvé les solutions miracles !" ...Même dans son parti de l'UMP, des murmures s'élèvent ...

 

   Assurément, il y a des difficultés latentes dans l'économie mondiale - et la France et l'Europe n'y échappent pas, d'une part en raison de l'accroissement de la dette publique dans la plupart des pays développés - en pourcentage du PIB, 82,4 en Allemagne, 84,7 en France, 112 en Irlande, 120,3 en Italie, 157,7 en Grèce ! - et d'autre part à cause de la montée du chômage, y compris dans les pays émergents, surtout depuis 2009 ...Mais cette situation de crise n'est pas nouvelle en soi, car elle est une manifestation récurrente de crises s'étant déjà produites à de nombreuses reprises, soit dans des pays en particulier (ex : crise russe en 1998 ou crise turque en 2002), soit plus largement à l'échelle de l'Europe ou du monde ...Naguère, dans une écon omie restée surtout agricole pendant des siècles, il y avait des crises de "subsistances" - non sans lien avec des troubles sociaux, voire des révolutions comme en 1789 ou 1848 - auxquelles les émeutes actuelles de la faim dans le sud méditerranéen font écho ...Mais à partir du 20ème siècle, dans l'économie développée des pays occidentaux apparaissent des crises "structurelles" liées à l'extension de l'industrie et du commerce et engendrant la formation d'une masse ouvrière et une défense de leurs droits sous la forme du socialisme ... Et ces crises reviennent de façon cyclique, sans que les "économistes" puissent en donner une  explication cohérente, étant plus habiles à les justifier après coup qu'à les prévoir ...Les justifications peuvent être une erreur gouvernementale ( ex: une dévaluation inappopriée), un problème de production (excès ou insuffisance pesant sur les prix à la consommation), des difficultés sociales entraînant une fuite des capitaux, ...mais la justification laé plus courante est encore la spéculation donnant à des produits ou à des marchés - pour des motifs souvent irraisonnés - une valeur fictive dépassant largement la valeur réelle : c'est le cas pour la crise de 1929 ("la Grande Dépression") à l'origine de troubles sociaux comme les émeutes de 1934 en France ...et, beaucoup plus grave de la montée de l'hitlérisme en Allemagne ...Entre 1973 et 1979, il y a eu la crise déclenchée par le "choc pétrolier" exploitée de façon éhontée par les principales sociétés internationales ...En 1993, se produit la crise du "système monétaire international" résultant de la discordance et donc de la manipulation entre les monnaies nationales ...et aboutissant ultérieurement à la création de l'Euro... Et, en 2007, éclate aux Etats-Unis la crise de "subprimes" qui, en raison du rôle directeur du dollar - à défaut d'une monnaie mondiale - se propage pratiquement à l'ensemble du monde, saut ...une exception notable et lourde de conséquences, celle de la Chine en plein "boom" économique et devenant ainsi la créancière de nombreux pays, notamment des ...Etats-Unis ...

   Car la dette de nombreux pays s'est en effet aggravée ...Est-ce à dire pour autant que le monde est ébranlé, et qu'il court à la catastrophe ?...Certainement pas ...car l'appel au crédit, et donc l'endettement, sont souvent "l'interface" du développement, les entreprises devant souvent anticiper et donc trouver des crédits pour investir en vue d'améliorer leur production ..., le problème étant évidemment de le faire à bon escient ...D'où l'utilité des banques, et, au niveau mondial, de celle du Fonds Monétaire International (FMI) dont la fonction est de "réguler" autant que possible le développement de l'économie de la planète et d'apporter, si besoin est, une aide à des pays en difficulté ...Dans le cas de l'Europe, il y a la Banque Centrale Européenne (BCE), qui joue un rôle semblable, et on peut d'ailleurs s'étonner qu'elle ne soit pas intervenue en temps utile et de façon efficace dans le cas de la Grèce, dont les difficultés - dues surtout à une mauvaise gestion - pouvaient effectivement menacer l'équilibre de la "zone euro"...Ainsi apparaît une autre notion, qui est celle de la "gouvernance", car il faudrait que "l'Union Européenne" ait un "exécutif" fort - au moins dans le domaine économique - qui puisse imposer des règles communes et empêcher que les 17 pays actuellement membres (en attendant d'autres...) ne tirent à "hue" et à "dia"..., notamment pour leur dette publique...Autrement dit, l'institution d'une "règle d'or" imposant des budgets en équilibre apparaît nécessaire...

 

   Pour arriver à ce résultat, il faut évidemment faire des efforts, ce qui ne signifie pas nécessairement pratiquer une politique de rigueur ...Dans le cas de la France, il conviendrait de remédier d'abord à des abus manifestes dans le domaine de la fiscalité, qui grèvent son budget pour le seul bénéfice d'une minorité : il est aberrant , par exemple, qu'il y ait 125 Milliards d'euros de "niches fiscales", dont de surcroît 50 milliards sont inefficaces ...Et il est choquant que le taux d'imposition soit moins important en pourcentage pour les grandes entreprises que pour les petites et moyennes entreprises (PME), alors que celles-ci constituent l'essentiel du tissu économique, comme il est socialement immoral que les dividendes soient distribués aux actionnaires sans commune mesure avec les salariés qui les font fonctionner ...Mais pour autant, la France n'est pas encore réduite à la mendicité et elle reste même un des pays les plus riches du monde, même si cette richesse est trop inégalement répartie, qu'il s'agisse de ses réserves d'or - s'élevant à environ 2700 tonnes, soit 43 milliards d'euros - de l'importance de son agriculture, de ses industries de transformation, de la qualité de sa "matière grise" en matière de recherche et du produit de son commerce et de ses placements à l'étranger ...Que la prévision de croissance doive être réduite de 2,5 à 1 %  en raison de la conjoncture est une chose, mais affirmer comme l'ex-ministre Eric Woerth que "la France est au bord du gouffre" relève d'un catastrophisme borné... et il est surprenant que le Président Sarkozy ait pu y faire écho ...Il est vrai que, déjà, se profile la prochaine élection présidentielle de mai 2012, et qu'une stature de défenseur de l'économie française évitant une baisse des salaires peut être efficace, surtout en soulignant que le projet de création de 60.000 postes d'enseignants de son concurrent socialiste François Hollande ne pourrait pas être financé ...Déjà, un sondage paru dans le journal  Le Figaro du 31 Octobre 2011 révèle qu'il aurait convaincu une majorité de Français...

  

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Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
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commentaires

Jean Daumont 06/11/2011 16:51



 Bien d'accord avec vous sur la relativité des sondages ...et vous n'ignorez pas la versatilité des français !...



Jacques 06/11/2011 12:37



 


« Déjà, un sondage paru dans le journal  Le Figaro du 31 Octobre 2011 révèle qu'il aurait convaincu
une majorité de Français...« 


 


En même temps qu'un autre sondage disait l'inverse : Pour TNS Sofres, 56%… des Français ne l’ont pas été !


 


jf.



Loubomyr 01/11/2011 12:39



Oui, il y a bien une crise .... mais cela fait trente ans qu'elle dure !!!! C'est en fait la crise de l'impossible cohérance entre la vie économique et la vie politique; Ces deux paramètres ont
bien sûr une influence sur notre vie privée personnelle, Mais le problème, c'est qu'ils ne vont pas à la même vitesse. Alors depuis trente ans nos politiciens (qui sont loin de se comporter en
tant qu'hommes politiques) financent leurs promesses électoralistes soit avec l'inflation, soit avec l'endettement en nous disant "Dormez braves gens, on s'occupe de tout, profitez de la vie, les
problèmes, c'est pour plus tard et puis de toutes façons la Croissance et le Progrès nous apporteront les solutions". Voilà la berceuse des illusions qu'on nous a serriné à droite comme à gauche,
avec parfois des fulgurances civilisationnelles comme au début de l'ère Mitterand mais avec un singulier manque de vision et d'ambition depuis. Alors, à force de vivre à crédit, il faut bien
payer, à un moment à un autre, les échéances : intérèt et capital et là cela fait mal, très mal. La solution? C'est une vraie intégration des politiques européennes, c'est de faire une vraie
Europe des Peuples, c'est que nos dirigeants se comportent enfin en Churchill, c'est qu'ils cherchent enfin à agir pour le bien commun et non pas pour les intérets bien compris de quelques uns en
visant la pérénité du fauteuil et des pantoufles au sein des palais de nos républiques.


La loi de Pareto  (loi des 80/20) ne s'applique pas qu'aux entreprises, elle s'applique aussi aux peuples et quand la cheville bascule, quand la minorité dominante change, ce n'est jamais
agréable pour tous ceux qui passent de cette minortité à la majorité qui subit : voilà où nous en sommes !!!