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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 22:57

   L'économie a toujours été une activité fondamentale des hommes, puisqu'elle est indispensable à leur vie ...Mais elle a évolué au cours des temps, passant de la simple recherche de la "subsistance" de l'époque préhistorique à un système complexe d'équilibre entre la "production" et la "consommation", cette évolution étant d'ailleurs encore très inégalement réalisée selon les régions du monde, où des formes primitives (ex:Amazonie) subsistent à côté de formes très développées (ex:Amérique du Nord)...

 

   Cette disparité s'explique par le fait que l'élévation du "niveau de vie" des hommes est relativement récent, ce niveau étant resté stationnaire de l'Antiquité jusqu'au 18ème siècle, les historiens précisant qu'en fait il y a eu une certaine irrégularité entre des périodes de "progrès" (Empire Romain) et des périodes de "recul" (Haut Moyen-Age autour de l'an 1000) ...Le progrès n'a été important et même exponentiel qu'à partir du 19ème siècle en Occident, notamment en raison de la découverte et de l'exploitation des ressources naturelles jusque là peu utilisées, permettant le développement de l'industrie et l'expansion commerciale à travers le monde ...Ainsi est apparue la notion de "croissance" désignant "la variation positive de la production de biens et de services dans une période donnée" : elle est mesurée par les experts sous la forme du "Produit Intérieur Brut" (PIB), qui est une mesure du "volume" de la production de la région considérée (pays, fédération, continent...) ...Cette mesure n'a de valeur que si la croissance est supérieure à la croissance de la population et n'est pas sa simple traduction économique, ...et elle reste relative ...car elle prend en compte seulement la production publique - certes la plus importante - mais ignore la production "domestique" (ex:jardin ou artisanat) et la production "informelle" (transactions et spéculations), et elle n'est, en tout état de cause, qu'une mesure "économique"...

 

   En effet, la croissance ainsi définie ne concerne que les progrès "matériels", et ceux-ci ne s'accompagnent pas nécessairement d'un "progrès social" ...Certes, dans certains pays comme ceux de l'Occident où la croissance est plus ancienne, il y a eu une élévation incontestable du niveau de vie, se traduisant par le développement d'une "classe moyenne", mais, d'une part, cette élévation est loin de s'être étendue à l'ensemble  du monde (il y a encore des "pays de la faim", notamment en Afrique et en Amérique du Sud) et, d'autre part, même dans les "pays développés", il y a une disparité entre une minorité de "riches" et un majorité de gens "modestes", voire pauvres, l'écart ayant même tendance à se creuser, notamment depuis la crise de 2007 ...Dans le cas de la France, le PIB est passé - en "dollars constants" (seule référence utilisable en l'absence de monnaie mondiale) - de 3485 dollars en 1913 à 19558 dollars en 1998, soit environ un sextuplement ...Progrès économique considérable ...mais il est évident que les personnes âgées ayant connu sinon 1913, du moins l'avant-guerre de 1939 et notamment le "Front Populaire" de 1936, n'ont pas connu une progression comparable de leur niveau de vie ...Elles ont même le plus souvent l'impression du contraire, certaines en étant même réduites à vivre chichement d'une "allocation vieillesse"...

 

   Il est donc nécessaire de rechercher pourquoi il y a ainsi un tel décalage entre la "crossance économique" et la "croissance sociale" ... Les théories n'ont pas manqué pour trouver les moyens de traduire la "richesse de l'économie" en "bonheur social", qu'il s'agisse en France des "physiocrates" dès le 18ème siècle ou du "socialisme"  dit "utopique" au 19ème siècle (Proud'hon, Fourier, Saint-Simon) ...ou du "socialisme" dit "scientifique" de Marx et Engels qui inspirera la Révolution de 1917 en Russie ...Il s'agissait de remédier aux excès du "libéralisme" engendrant un accaparement  des profits par une minorité de "capitalistes" (les "200 familles" en France...) au dépens d'un "prolétariat" misérable ...ce qui apparaissait alors comme possible par une action "dirigiste" de l'Etat ...Un siècle plus tard, en ce début du 21ème siècle, il faut bien reconnaître que cet espoir a été largement décu, soit parce que les régimes "socialistes" ont échoué - à l'image du "communisme" dans l'URSS et les "Pays de l'Est" - soit parce qu'un "socialisme modéré" s'est accommodé du maintien du "marché" ...Finalement le "libéralisme" apparaît comme le seul moyen compatible avec la "croissance", le cas de l'ex-URSS étant particulièrement frappant puisque la Russie est repassée depuis 1989 d'un "collectivisme" radical à un "capitalisme forcené" dont les anciens membres de "l'intelligentsia" sont souvent les promoteurs ...Alors, comment parvenir à une "croissance juste", où les progrès seraient partagés équitablement par tous les hommes ?...Comme l'écrit l'économiste français Serge Latouche (*) : "Si la croissance est faite pour le bonheur des gens, ...après deux siècles de croissance et une multiplication colossale de la production, nous devrions nager dans le bonheur !" ...Ce n'est pas le cas ...Pourquoi ?...

 

   Il faut reconnaître que les hommes font souvent obstacle eux-mêmes au bonheur collectif ...en raison de leur ...individualisme . Rares sont ceux qui se contentent du nécessaire, et plus rares encore ceux qui se soucient de partager, ...car le plus grand nombre cultive encore le "toujours plus" naguère évoqué par le journaliste François de Closets ...Et les gouvernements ont leur part de responsabilité, quelle que soit leur orientation , dans la mesure où, au lieu de rechercher un consensus - même difficile - pour le bien commun, ils préférent s'en tenir à leurs programmes, ce qui, en France, a pu conduire le parti socialiste à imposer brutalement les "35 heures" au mépris du "progrès économique" et, plus tard, l''UMP à créer un "bouclier fiscal" contraire à "l'harmonie sociale" ...De même, il est regrettable, au niveau international,  que les Etats soient incapables d'harmoniser leur politique , comme dans l'Union Européenne, où l'Allemagne consacre 43,7 % de son PIB à la dépense publique tandis que la France y consacre 52,3 % avec des performances le plus souvent inférieures, comme pour l'Education (professeurs moins bien payés) ou la santé (372  € de plus par habitant et par an, alors que la population y est plus jeune :20 % de seniors en moins) ...Et faut-il insister sur le fait qu'en dépit de la mise en place d'organismes mondiaux (ONU, UNESCO, UNICEF, OMS,OIT,OMC, etc), il n'a pas encore été possible une gestion satisfaisante des ressources de la planète, par exemple pour le bois (forêt d'Amazonie) ou l'énergie atomique (catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima), mettant ainsi en danger les générations à venir...

 

   Y a-t-il une solution ?... Certainement, si enfin les hommes consentent à faire d'une "croissance solidaire" leur objectif commun ...Déjà, le sage hindou Gandhi disait : " Il y a suffisamment de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de tous, mais il n'y en a pas assez s'il s'agit de satisfaire le désir de possession, l'avidité, la cupidité , fût-ce de quelques-uns" ...Et l'économiste américain Easterlin lui fait écho en rappelant que "c'est une loi de l'univers que l'on ne peut pas faire notre bonheur sans faire celui des autres"...Cela signifie que tous les pays doivent s'entendre pour rendre le monde plus "équitable" - notamment par une aide aux "pays pauvres" - comme ils doivent agir pour assurer à l'avenir ce qui est fort justement appelé un "développement durable" ...Ce serait l'honneur des générations actuelles d'y parvenir ...En sont-elles capables ?...

 

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Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
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