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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 23:54

   La France traverse actuellement, comme les autres pays occidentaux, une crise économique qui se traduit par des fermetures ou des restructurations industrielles affectant non seulement les grandes entreprises (PSA, Sanofi, Doux, Pétroplus, Fralib...), mais aussi beaucoup de PME obligées de restreindre, voire d'arrêter leur activité ...Et cette crise économique engendre une crise sociale en raison des licenciements - même aménagés - et des restrictions de recrutement - notamment pour les jeunes - expliquant la remontée du chômage au delà de 3.000.000 personnes déclarées, en fait beaucoup plus...

 

   Ce n'est certes pas la 1ère fois que la France connaît une crise économique, qui s'est déjà produite à plusieurs reprises depuis le 19ème siècle, en particulier en 1929 ...Mais il s'agissait de crises de croissance, qui n'avaient pas empêché une augmentation du niveau de vie et avaient même permis un épanouissement de valeurs comme la solidarité et le loisir, à l'image du Front Populaire de 1936... Tel n'est pas le cas de la crise actuelle qui, au delà des problèmes matériels, se traduit, au contraire, par un trouble des valeurs, comme si la France se laissait aller vers un avenir plutôt sombre...

 

   Ce trouble se traduit par des manifestations diverses :


   - Il y a d'abord des violences de plus en plus nombreuses ne se limitant pas à des milieux dits défavorisés comme les banlieues des grandes villes ...puisqu'elles se répandent aussi dans le milieu scolaire, où elles ne sont pas seulement le fait de bagarres d'élèves mais aussi celui d'agissements de parents à l'encontre des personnels de l'éducation...


    - Il y a aussi l'attitude de plus en plus ingrate envers les "vieux", d'autant plus surprenante que - peut-être à cause de cela - leur nombre est est de plus en plus important dans la population en raison des progrès de la médecine et du niveau global de vie ...Ainsi arrive-t-il que des médecins de famille conseillent à leurs parents de ne pas révéler leur âge, en cas d'appel d'urgence à un hôpital, pour ne pas s'exposer à un refus d'accueil ...ou encore que certains médecins - désavoués, il est vrai par le Conseil de l'Ordre au nom du serment d'Hippocrate - envisagent de fixer un tarif supérieur de consultation des personnes âgées sous prétexte qu'il faut leur consacrer plus de temps ...D'autre part, le gouvernement prétend maintenant  leur imposer une contribution supplémentaire  sur une pension qui n'est pas un "revenu", mais la juste contrepartie des prélèvements sur le salaire de leur temps d'activité ...

 

   - Il y a encore une manifestation plus subtile, et donc plus pernicieuse, qui est le changement d'attitude devant la mort ...Des sondages d'opinion révèlent que le rejet de la peine de mort recule, certainement en rapport avec la recrudescence des violences ...Et d'autre part, l'euthanasie - qui avait été interdite à partir de la Loi Léonetti (2005) ayant le mérite, en dépit de ses insuffisances, de proposer des règles en matière de soins palliatifs et d'acharnement thérapeutique - fait à nouveau l'objet d'un débat, alors que la proposition présentée le 24 novembre 2009 par le député socialiste Manuel Valls de la légaliser dans certaines conditions avait été rejetée ...Et le philosophe Jacques Ricot (*) s'inquiète de l'intention "d'assurer une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité", en soulignant que "l'euthanasie ne complète pas les soins palliatifs, elle les interrompt ....Elle ne couronne pas l'accompagnement, elle l'arrête ...Elle ne soulage pas le patient, elle l'élimine"...

 

   - Mais il est un autre domaine où un dérèglement moral peut se produire, celui de la sexualité ...Le rapport sexuel est une expression de la nature, et il n'y a pas lieu d'en discuter les formes : même si l'hétérosexualité est la forme la plus courante en raison de la complémentarité de l'homme et de la femme, l'homosexualité entre individus du même sexe est certainement aussi ancienne que l'humanité ...La restriction sociale est venue avec l'institution du mariage, d'abord religieux puis civil,  qui a consacré l'union - pérenne ou non - d'un homme et d'une femme en vue d'une procréation protégée d'enfants, union qui n'était pas nécessairement le résultat d'une attirance puisque longtemps et souvent même encore le mariage est "arrangé" pour d'autres raisons ...Le problème n'est apparu qu'avec la volonté d'instituer un "mariage homosexuel" : il est manifestement inutile d'utiliser le mot "mariage" réservé par l'usage à l'union d'un homme et d'une femme, s'il s'agit seulement de cautionner une attirance entre individus du même sexe, dans la mesure où l'institution du Pacs apporte une caution suffisante, complétée, s'il y a lieu, par des dispositions matérielles (donation, succession) ...Et il devient inacceptable, s'il est accompagné de l'adoption d'un enfant, car il impose une situation difficile pour celui-ci, qui a besoin, pour se structurer, d'assimiler la différence des sexes : d'une part, il ne doit pas imaginer qu'il est né de l'union de deux personnes du même sexe, et, d'autre part, il a besoin, pour son éducation, à la fois "d'autorité", assurée le plus souvent par le "père", et de "douceur" assurée généralement par la "mère" (**)...Il est d'ailleurs surprenant qu'on puisse encourager l'adoption d'un enfant par un couple homosexuel, alors que de nombreux couples hétérosexuels stériles n'y parviennent pas, ...comme on peut s'étonner de la volonté "d'élargir le mariage" de la part d'un couple non marié au plus haut niveau ...

 

   Le nouveau Président Hollande avait promis dans sa campagne électorale de "ré-enchanter" le pays ...Le chômage et les impôts en hausse, et le moral en berne ...La France est "désenchantée"...

 

(*) Jacques Ricot  - "Ethique du soin ultime" - Ed. Presses de l'EHESP

 

(**) Le texte de ce paragraphe a été modifié en fonction des remarques des deux premiers commentateurs - Ci-dessous le texte initial :

  "Le problème n'est apparu qu'avec la volonté d'instituer un "mariage homosexuel" : il est manifestement inutile d'utiliser le mot "mariage" réservé par l'usage à l'union d'un homme et d'une femme, s'il s'agit seulement de cautionner une attirance entre individus du même sexe, l'institution du Pacs suffisant pour sauvegarder des intérêts éventuels (donation, succession) ...Et il devient inacceptable, s'il est accompagné de l'adoption d'un enfant, car il impose une situation difficile pour celui-ci, qui a besoin, pour se structurer, d'assimiler la différence des sexes : d'une part, il ne doit pas imaginer qu'il est né de l'union de deux personnes du même sexe, et, d'autre part, il a besoin, pour son éducation, à la fois de "l'autorité d'un père" et de la "douceur de la mère"...

  

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Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
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commentaires

Jacques 07/10/2012 15:57


En complément de votre modification sur le Pacs, je rappelle quand même ceci:


Les partenaires d’un Pacs ne sont pas héritiers l’un de l’autre.


Ce qui veut dire que le pacsé survivant doit payer des droits de succession contrairement au conjoint survivant.


 


jf.

Jean Daumont 07/10/2012 15:28


Correction opérée dans l'article, le texte initial étant pour référence reporté en note.

Jean Daumont 07/10/2012 14:46


  Je ne suis pas surpris par vos commentaires sur un sujet "sensible" qui prête à toutes les interprétations :


  - Pour le Pacs, j'ai effectivement "oublié la leçon" et je suis d'autant moins excusable que j'ai négligé de vérifier dans ma documentation comme je le fais généralement avant la rédaction
de mes articles. Je corrige mon texte en conséquence.


  - Pour le comportement des parents, je me suis contenté de "guillemets" pour marquer la relativité de l'attitude respective du père et de la mère ...Bien sûr, il y a des "papas-poules" et
des "mères-folcoches' à la Clavel...Et il y a aussi le cas de deux parents trop "sévères" et celui de deux parents trop "coulants"...


 


   Ah! ...les nuances !...

Loubomyr 07/10/2012 14:13


pourquoi écrire de façon aussi péremptoire qu'un enfant "a besoin, pour son éducation, à la fois de "l'autorité d'un père" et de la "douceur de la mère"? Alors
qu'il existe des pères doux et attentionnés et des mères brutales? et surtout parce que les psychiatres s'étripent sur le sujet. Alors le mieux serait peut-être de donner la parole aux premiers
concerné comme c'est le cas sur le site du monde actuellement et surtout attendre les résultats d'enquêtes de grande envergure avant d'affirmer ce qui risque d'être une contre
vérité.http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/09/25/parents-homos-ce-qu-en-disent-les-enfants_1765370_3224.html .

Jacques 07/10/2012 10:54


Je vois que vous n'avez tenu AUCUN COMPTE de mon commentaire du 23 septembre dernier sur le PACS !!!


Dommage.....


jf.