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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 23:33

   Comme les rythmes scolaires, la notation est dans l'enseignement français une "vieille lune" récurrente, ...et il a suffi qu'un Ministre de l'Education attaché à la tradition doctrinaire du socialisme - Vincent Peillon - manifeste son intention de "faire évoluer la notation pour qu'elle ne soit pas perçue comme une sanction par les élèves" ...pour que le carnaval recommence dans l'opinion publique, chaque journal et chaque chaîne de télévision y allant de leur documentaire ...Comme disait déjà Shakespeare en 1600 ..."beaucoup de bruit pour rien ...ou du moins ...pas grand-chose !...

 

   La notation ...Qu'est-ce, au juste ?... Certainement pas une "fin en soi" pouvant mettre en cause tout le système éducatif ...Ce n'est qu'un instrument de mesure pouvant servir de référence pour chaque élève ...ainsi que pour tous ceux qui - maîtres, parents, conseillers divers - ont besoin d'éléments d'évaluation pour suivre son cas ...Il s'est trouvé qu'en France l'évaluation s'est faite, lors de la mise en place de l'instruction primaire par Jules Ferry en 1881-1882, par une notation chiffrée de 0 à 10, qui a été le plus souvent affinée de 0 à 20 ...D'autre pays ont utilisé des méthodes différentes, comme les lettres - ABCDE - auxquelles la France elle-même a eu recours en 1969 avec le Ministre Edgar Faure, qui avait invité les enseignants "à abandonner sans regret la notation chiffrée" ...Réforme sans lendemain, dans la mesure où elle ne fut appliquée qu'irrégulièrement et où ses utilisateurs prirent souvent l'habitude d'apporter des précisions du genre A+, B-, C+, etc...Pendant qu'on y était, on aurait pu tout aussi bien (ou mal...) utiliser les 26 lettres de l'alphabet ...En fait, on n'était pas habitué à ces complications ...Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? ...Et la simplicité restait l'usage de la notation chiffrée...

 

   Et la simplicité était aussi ce que demandent les élèves ...Interrogés sur la notation, ils manifestent essentiellement le souci qu'elle soit compréhensible et juste ...Etant le plus souvent bons juges de leur propre valeur, ils admettent en effet la "sanction" - positive ou négative - si elle leur paraît "équitable" ...Combien d'élèves ont pu s'exclamer : "C'est pas juste" quand ils ont l'impression que la note ne correspond pas à leur travail ...à fortiori si, dans certains cas, le maître donne une note "punitive" - "tu auras zéro" - ou s'il fait intervenir la "conduite" dans une évaluation ne devant être que "pédagogique"...Mais dans l'ensemble, les élèves acceptent les règles, et respectent l'autorité de leurs maîtres, si celle-ci est exercée avec intelligence et clairvoyance... N'en déplaise aux "apprentis-sorciers" qui prônent la primauté de "l'enfant-roi" ne devant surtout pas être "traumatisé", la notation est utile, et il n'y a pas de raison "psychologique de la suppprimer ...

 

   Par contre, il est inutile et même répréhensible de se livrer à des classements qui poussent évidemment à comparer les élèves entre eux, alors que chaque élève doit être comparé  seulement par rapport à lui-même ...Car chaque élève a ses propres aptitudes et son propre rythme d'acquisition des connaissances ..Il peut être "bon" dans certaines disciplines et "mauvais" dans d'autres ...Il peut "apprendre vite" ou, au contraire avoir "besoin de temps" ...C'est pourquoi, d'ailleurs, les "palmarès des établissements"  que des officines s'obstinent à livrer régulièrement à l'opinion - à l'occasion des "diplômes" et notamment du baccalauréat - sont condamnables, car ils ne peuvent qu'engendrer des discriminations pour l'inscription ...alors que, souvent, un établissement situé dans un secteur réputé difficile - comme les banlieues de villes où les jeunes sont parfois livrés à eux-mêmes - peut avoir plus de mérite qu'un établissement plus "huppé" d'un quartier "chic"...

 

   En conclusion, oui au maintien de la notation ...et non à sa suppression sous prétexte qu'elle ne serait que "sanction" ...Ce n'est pas le moment de rajouter une réforme "contre-productive" alors que, pour d'autres raisons - dont celle de la formation des maîtres, le système éducatif français, naguère considéré comme ujn modèle, n'a cessé de reculer depuis un demi-siècle ...dans la notation internationale...

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Published by Jean Daumont - dans Education
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