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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 16:14

   Ainsi donc, le Président de la République Française François Hollande a décidé de procéder à une réforme des retraites ...Ce n'est pas un évènement - au sens d'un fait exceptionnel - car la retraite n'a pratiquement jamais cessé d'être réformée dès qu'elle a été instituée...

 

   Et elle a été instituée depuis longtemps, en raison du besoin légitime que les hommes ont toujours éprouvé de préserver leurs "vieux jours" ...A l'origine, le problème était le plus souvent naturellement résolu par une solidarité des générations, les "vieux" continuant à vivre avec leurs enfants devenus adultes ...Mais les "Etats", en se constituant, ont pris progressivement en charge les besoins de la société, et en l'occurrence se sont soucié d'organiser la retraite des vieux ...En France, une ordonnance du 7 janvier 1407 donne au roi Charles VI - qui n'était pas fou, du moins pas encore - la possibilité de donner une pension à "ceux qui l'avaient bien servi" ...Colbert crée une pension de retraite en 1673 pour la marine militaire ...Louis-Napoléon Bonaparte - qui n'est pas encore Napoléon III - crée en 1850 la première "Caisse de retraite", sur la base de versements volontaires, c'est-à-dire l'amorce d'une retraite par capitalisation ...Il faut ensuite attendre la loi du 5 avril 1910 pour que soit institué un système de retraite obligatoire pour les salariés suivant le principe de la répartition, où le paiement des pensions aux retraités est financé par les cotisations retenues sur les salaires des actifs ...Evolution dont la lenteur relative s'explique par la montée progressive de l'espérance de vie, la nécessité de financer les retraites étant évidemment moins importante quand la majorité des habitants mourait en moyenne avant 60 ans ...On était d'ailleurs alors "vieux" beaucoup plus tôt, la "Femme de trente ans" du roman d'Honoré de Balzac étant déjà une "vieille fille" ...Ce n'est plus le cas en ce début du 21ème siècle, où l'on se veut encore jeune entre 60 et 80 ans ...Il est intéressant de savoir qu'il y a actuellement 13.700.000 retraités pour 18.000.000 actifs, et que le nombre des retraités rejoindra celui des actifs avec 18.500.000 en 2030, pour le dépasser avc 21.900.000 contre 18.800.000 en 2050...

 

   En la circonstance, le financement des retraites n'est donc pas une application généreuse d'un programme social d'un Président de la République et de son  gouvernement , ...il s'impose à lui, comme il s'était imposé aux prédécesseurs ...Mitterrand (loi Auroux 1982), Balladur (Réforme 1993), Ch irac (Plan Juppé 1995), Sarkozy (Réforme Fillon 2003) ...Malheureusement, chaque refonte - même si elle représentait un progrès - n'a pas réussi à rétablir durablement l'équilibre entre les cotisations des actifs et les pensions des retraités ...Et le Conseil d'orientation des retraites prévoit actuellement que le déficit atteindra 20 milliards d'€ en 2020 ...Comme il est hors de question de "refiler l'ardoise" aux générations suivantes - alors que la génération actuelle des actifs a tout de même vécu globalement à l'aise, en dépit de des écarts de revenus et de difficultés diverses - il faut donc trouver des solutions, en sachant que, dans tous les cas, il y aura des mécontents pouvant aller, comme toujours en France, jusqu'à manifester ou faire grève :

 

  - Allonger la durée des cotisations, autrement dit la période d'activité : naguère fixée à 37 années 1/2 dans le domaine public, et déjà remontée à 40 ou  41 ans, elle pourrait atteindre 43, voire 44 ans ...Comme le dit Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales, "Quand on vit plus longtemps, on peut travailler plus longtemps"...Et l'âge légal pour partir à la retraite à taux plein, pourrait monter à 62 ans, revenant ainsi sur la conquête sociale des "60 ans" du temps de Mitterrand...

   - Augmenter les cotisations des actifs pour la retraite, c'est-à-dire demander aux actifs de rembourser d'avance le déficit actuel du système, et ceci alors que les salaires seraient bloqués...ou aménagés de diverses façons en fonction des fluctuations de l'économie ...

   - Modifier le mode de calcul des pensions, en passant par exemple  des 6 derniers mois d'activité à plusieurs années ou en ne comptant pas la dernière année si elle n'est pas complèten ...ce qui revient à un abaissement de fait des pensions, les salaires étant plus élevés en principe en fin de carrière (dans la fonction publique, promotions accordées juste avant le départ à la retraite )...

   - Faire payer un supplément d'impôt sur les revenus aux retraités eux-mêmes, et comme il est exclu de taxer les petites retraites, cela reviendra à faire retomber le poids de ce supplément  sur les retraités" considérés comme "les plus riches", et ceci alors que, le plus souvent, ils ont "mérité" une pension plus importante par le sacrifice initial d'études difficiles non rétribuées et par les services rendus à la collectivité...

 

   Assurément le problème est difficile, et il l'est d'autant plus qu'il se complique avec toutes sortes d'inégalités : discrimination entre les hommes et les femmes moins payées à travail égal dans le domaine privé, temps partiel souvent imposé, pré-retraite non souhaitée, multiplicité des régimes (public, privé, "spéciaux" comme celui - très généreux - des parlementaires, etc...), et bien entendu  chômage non pris en compte...

 

   Il y a néanmoins des pistes de réflexion pour une solution possible sortant du carcan de la législation actuelle ...comme celle suggérée par l'économiste Robert Rochefort, député européen ayant l'expérience des régimes sociaux d'autres pays :

   "Nous devons mettre en place un système par points ou par comptes notionnels. De quoi s'agit-il ? De rendre sumplement additives toutes les cotisations existantes dans la diversité des régimes. Chaque période d'activité dans le secteur privé, dans une administration, à son compte comme entrepreneur, donne droit à des points qui s'accumulent sur un compte consultable à tout moment. Le moment du départ à la retraite doit être librement choisi par chacun, une fois atteint un âge qui n'a pas besoin d'être repoussé. Ce choix, et c'est un grand changement, doit être neutre "actuariellement", c'est-à-dire qu'il n'y a pas lieu de pénaliser ceux qui veulent partir tôt, ni de surbonifier ceux qui veulent prolonger leur activité. Seule l'espérance de vie au moment du départ suffit à convertir les points en droits à pension. Cotiser plus longtemps pour une retraite "pleine" - bien que cette notion ne soit plus qu'indicative - est contrebalancé par une transparence totale, par un accès à l'information permanente, par une liberté accrue et par des droits nouveaux : les périodes dans les emplois pénibles donnent des points supplémentaires, une personne à temps partiel peut acquérir le même nombre de points que si elle restait à temps complet, moyennant une cotisation supplémentaire, certaines missions d'intérêt général ou de volontariat donnent droit à des points gratuits, comme jadis avec le service militaire. D'une façon générale, chacun peut acheter des points à tout moment, y compris après son départ à la retraite. Voilà de quoi concilier répartition, solidarités intra et inter-générationnelles et liberté individuelle"...

 

   Pourquoi pas ?...

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Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
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