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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 23:51

   Qu'il s'agisse de la série de crimes commis en France ces derniers temps -  l'assassinat de la petite Agnès par un adolescent en septembre 2011 et les meurtres à répétition par un forcené en mars 2012 - ou de la réaction légitime des forces de police ayant abouti à une exécution sommaire, l'actualité vient malheureusement de donner en France une illustration de la violence.

 

   "L'homme n'est ni ange, ni bête", écrivait Pascal au 17ème siècle ...Car l'homme, s'il a assurément le goût de la douceur et de la tendresse, a aussi celui de la violence, c'est-à-dire de la force exercée de façon abusive ...Et cette capacité lui est attribuée dès ses origines : il y avait des guerres de clans dès la Préhistoire, et l'Histoire elle-même comporte une interminable succession de luttes, de tortures et de massacres, le comble ayant été atteint - en dépit du progrès des connaissances, mais en partie aussi à cause de lui - par les horreurs du 20ème siècle, marquées par deux guerres mondiales, des génocides et la bombe atomique ...Une capacité de violence qui est d'ailleurs une spécificité de l'homme, car elle n'est pas un élément de la nature mais un comportement "conscient", ce qui n'est pas le cas des animaux qui n'agissent brutalement que par instinct, ...l'image de "l'homme qui est un loup pour l'homme" présentée par l'écrivain romain Plaute au 3ème siècle avant JC n'étant que l'anthropomorphisme...

 

   La violence n'est pas pour autant de la part de l'homme un comportement uniforme, et elle peut même prendre des aspects contradictoires, en ce sens qu'elle est considérée suivant les cas comme "légitime" ou "illégitime" :

   - La violence "collective" est la plus connue, car elle est le plus souvent "publique" ...C'est le cas de la violence "politique" consistant à imposer une autorité sur la société par tous les moyens de coercition : on parle de "dictature" ou de "tyrannie", soit de la part d'un groupe social s'attribuant tous les pouvoirs (ex: les seigneurs au Moyen-Age), soit de la part d'un individu confisquant l'autorité pour lui-seul (ex : Napoléon Bonaparte au seuil du 19ème siècle), souvent avec le prétexte de remettre de l'ordre dans un société en décomposition ...Mais la violence peut être aussi "économique", quand les biens sont accaparés par un minorité "capitaliste", ce qui justifie alors la révolte de la majorité de la population au nom du "socialisme", la forme la plus significative ayant été celui de Marx, prônant la "lutte des classes", c'est-à-dire la nécessité de la violence...

   - La violence "personnelle" est moins perceptible, parce qu'elle est le plus souvent "privée"...Elle existe notamment au sein des familles où un individu (généralement le père en raison de l'autorité que la tradition lui a confié) veut imposer une domination despotique, soit par la force physique (coups, viols,...), soit par une action morale (injures, harcèlements...) ...Elle peut alors aller jusqu'au crime  ...Néanmoins, il peut y avoir des comportements pathologiques résultant de l'égarement de la conscience individuelle : on parle de coup de folie, parfois passager ...Le sens commun parle alors d'un homme "qui a pété les plombs"...Mais il y a aussi la violence qu'un homme peut exercer sur lui-même : l'Eglise évoque des "saints" qui se sont imposé des restrictions ou des meurtrissrures au nom de leur foi  ...Et, à la limite extrême, il faut citer le suicide, qui est la violence ultime qu'un homme peut s'imposer à lui-même...

 

   Il est donc difficile de porter un jugement sur la violence, car celle-ci ne peut pas être nécessairement identifiée à un "acte du diable", et elle peut même être justifiée quand ele sert à combattre une violence inacceptable ...Ainsi la lutte contre le nazisme n'a pas pu se faire sans combat ...La violence contre la violence ...un cycle infernal  ...qui a pu justifier le recours à la "non-violence", qui n'est pas une simple  passivité devant la violence, mais une recherche pacifique des solutions en cas de crise ...Il y a eu des apôtres de la "non-violence" : on doit citer évidemment Jésus-Christ, dont le message essentiel est celui de la fraternité - "aimez-vous les uns les autres" - mais il a eu d'autres émules comme, au 20ème siècle, Gandhi et Martin-Luther King ...Il est vrai que ces apôtres sont morts par la violence ...Alors ?...

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Published by Jean Daumont - dans Morale
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commentaires

Jean Daumont 27/03/2012 15:11


Je remplace volontiers le mot "prôner" par "constater" ...Ce que je veux seulement souligner, c'est la place de la "violence" dans ce domaine comme dans d'autres...

Jacques Heurtault 27/03/2012 11:39


Marx n'a jamais prôné la lutte des classes. Il s'est contenté de constater qu'elle existait bel et bien et il a dit et écrit que cette lutte était le moteur de l'Histoire, c'est à dire la chose
qui permet à l'Histoire d'aller de l'avant (pas forcément d'une manière positive!).


Il est, par contre, bien établi que les tenants du pouvoir économique et politique ont tenté, souvent avec succès, de contrer ce mouvement en prônant la collaboration de classe, c'est à dire en
poussant les victimes de l'exploitation économique à accepter la situation qu'elles subissaient ... ("fatalité").


La force de l'Histoire étant ce qu'elle est, la lutte de classes repart, inexorablement ... (mouvement des indignés, par exemple...).