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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 14:43

   Avant la fin de l'année 2013, que le Président Hollande avait fixée comme échéance pour sa promesse d'inversion de la courbe du chômage, il faut malheureusement constater que celle-ci ne s'est pas inversée, ...au contraire , puisqu'apès une baisse modeste mais incontestable en Octobre, surtout grâce aux "emplois aidés" (- 20.500), cette courbe est repartie à la hausse en novembre (+17.800) ...Mais la réalité n'est pas simple, au point même de devenir incompréhensible, à en juger par un éditorial du Figaro du 26 décembre 2013 :

 

Le chômage repart à la hausse en novembre

Une douche froide. En novembre, le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi en catégorie A (celle regroupant les inscrits n'ayant exercé aucune activité) a augmenté de 17.800 personnes, annulant quasiment la baisse d'octobre (-20.500). Or c'est sur cette catégorie que le gouvernement a fondé sa promesse d'inversion de la courbe du chômage d'ici la fin de l'année... Pire, le chômage des jeunes, dont François Hollande a fait sa priorité, est lui aussi reparti à la hausse en novembre en catégorie A (+2300).

Pour faire bonne figure, le ministère du Travail préfère communiquer sur des tendances sur plusieurs mois. «Sur les deux premiers mois du quatrième trimestre, soit octobre et novembre, l'évolution est à la baisse, de 1350 en moyenne par mois» lit-on dans le communiqué. Factuellement, cela est vrai. Mais le ministère en tire une conclusion pour le moins optimiste en déclarant que «l'inversion de la courbe du chômage est donc bel et bien engagée en ce quatrième trimestre de 2013» !

En réalité, la hausse du chômage, après avoir ralenti tout au long de 2013, semble avoir atteint un palier. Un palier où les mois de hausses et de baisses s'enchaînent. D'ailleurs en novembre, le nombre de chômeurs ayant exercé une activité réduite (catégorie B et C) a baissé, tandis qu'il avait augmenté en octobre. Mais il est trop tôt pour parler d'inversion. D'ailleurs l'Insee voit le taux de chômage continuer à progresser, passant de 10,9% au troisième trimestre 2013 à 11% à la mi-2014.

 

    On savait déjà que les chiffres annoncés chaque mois sont inférieurs aux chiffres réels, dans la mesure où beaucoup de personnes en âge d'activité ont renoncé depuis longtemps à émarger à Pôle Emploi et vivent de "petits boulots " le plus souvent "au noir", avec la complicité d'employeurs échappant ainsi aux charges sociales ...Mais, pour autant, comment le Président Hollande peu-il justifier sans une véritable acrobatie qu'il a réussi son pari ?...Et si on lui fait le crédit de dire vrai en cette fin de décembre 2013, comment peut-on envisager l'avenir pour 2014 et, à fortiori, pour les années suivantes ? ...A cet égard, Yves Morvan, Professeur des Universités, apporte une analyse intéressante dans son "Point de vue" paru dans le journal Ouest-France du 26 décembre 2013 :

 

   L'Ouest, la croissance et le chômage

   Les récentes publications révèlent que la fameuse "diminution" du taux de chômage d'octobre de la catégorie A a été plus nette en Normandie et en Bretagne(-1,2%) ou dans les Pays de Loire (-1,6 %) qu'au niveau national (-0,6 %) ...De là, on est tenté de déduire que si les destructions d'emplois ont été moins fortes chez nous, c'est que la production y a connu un moindre recul. En sens inverse, on est aussi tenté d'avancer que toute reprise future devrait suffire à règler les problèmes de chômage ? Or rien n'est si simple.

   D'abord, parce qu'on sait depuis longtemps qu'on peut produire sans nécessairement embaucher plus : ainsi bon nombre d'entreprises possèdent encore des réserves de productivité de leur main d'oeuvre ; en outre, il est courant qu'un accroissement de production s'accompagne d'un remplacement plus ou moins brutal de l'homme par des machines ; une étude au sein d'une région de l'Ouest a montré que le progrès technique était, à lui seul, responsable de 40 % du chômage constaté depuis 5 ans. Pire : la désindustrialisation à l'oeuvre, ainsi que la croissance continue de la population active désireuse de travailler n'arrangent rien à l'affaire.

   Ensuite, pour que la croissance produise de réels effets positifs sur l'emploi, il faudrait savoir sur quelles activités elle repose. Chance : les actvités dominantes dans l'Ouest sont plutôt demandeuses de beaucoup d'emplois. Il faudrait surtout qu'elle atteigne des des taux suffisamment élevés - de 4 à 5 % au moins - pour réduire durablement le chômage structurel. Or ceci se révèle pratiquement impensable de nos jours : les opportunités offertes par les impressionnantes innovations de la dernière "révolution industrielle" peinent encore à ouvrir d'importants marchés rentables. Souvent faute de demande solvable.

   Conséquence : Il faudra donc chercher ailleurs que dans une hypothétique croissance effrénée les solutions pour renouer avec l'emploi ...Non, tout n'a pas encore été - suffisamment - essayé. Certes, bien des séries de mesures providentielles ont djà été mises en place, avec des succès inégaux. Mais des voies restent à explorer plus en avant au niveau national, surtout quand on constate que l'idée de l'emploi à durée indéterminée, mono-employeur et à temps plein est souvent dépassée : promotion d'une politique de flexi-sécurité "à la française", baisse de la durée effective du travail...

   Au niveau des régions, surtout, des marges de manoeuvre subsistent : réduction des empilements de structures chargées d'orienter l'emploi, développement plus poussé des politiques d'alternances et d'apprentissage, implication plus grande des partenaires sociaux, facilitation des mobilités professionnelles et géographiques. Et, surtout, politiques de développement des compétences et des qualifications, en relation avec les orgabnismes locaux de formation, passant nécessairement par un travail au sein des entreprises elles-mêmes : la réforme récente de la formation professionnelle constitue-t-elle vraiment ce bouclier des plus efficaces contre la poursuite d'un d'un sous-emploi lancinant ?

 

   De quoi réfléchir !...Et qui en aura le courage ?...

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Published by Jean Daumont - dans Politique Intérieure
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commentaires

Jean Daumont 01/01/2014 09:57


Tpoujpurs les mêmes problèmes, et j'ai la même attitude que vous ...Je suis tenté par un vote pour le Front National en dépit des réserves qu'il peut susciter, faute d'une disponibilité de
bulletins blancs dans les bureaux de vote et de leur comptabilité particulière...

Jacques Heurtault 29/12/2013 16:03


J'ai désormais une idée et une seule (sur ce sujet!) : PARTAGE DU TEMPS DE TRAVAIL! Financement de ce partage par la mise à contribution de tous les revenus et de tous les patrimoines ...


Quant à mon vote en Mars et en Juin prochain : ce sera un vote de protestation! CLAIR, SANS EQUIVOQUE ... Selon toute vraisemblance, un bulletin FRONT NATIONAL rendu nul par des ratures en Mars
et, si rien ne se passe d'ici Juin, un VRAI bulletin Front national (bien qu'étant profondément convaincu de la profonde stupidité des "solutions" proposées par Marine Le Pen)!


Que cet avertissement puisse être lu par ceux qui ont à craindre ce type de réaction! JE NE PLAISANTE PAS!