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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 15:53

   "Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur", disait déjà Beaumarchais au 18ème siècle dans le "Mariage de Figaro" ...En l'occurence, il y aurait beaucoup à dire, en matière de blâme ou d'éloge, de la politique menée successivement par la "droite" - plus tournée vers les mesures économiques - et la "gauche" - plus orientée vers les mesures sociales - pour lutter contre le chômage, puisque celui-ci, à quelques variantes près, n'a cessé d'augmenter depuis la fin des "Trente Glorieuses" vers 1980 ...Comme s'il s'agissait d'un mal inexorable et incurable...

 

   Le Président François Hollande, alors candidat, avait manifesté sa volonté de combattre le chômage dans son opuscule "Le changement, c'est maintenant" (Page 24 - Engagements 33 à 35), et il avait prévu que "5 milliards d'€ seraient destinés à soutenir l'emploi des jeunes (Note complémentaire - les chiffres - page 41) ...Il ne pouvait qu'être attendu dans ce domaine, où ses prédécesseurs avaient échoué malgré une panoplie de "contrats aidés", ...et ceci d'autant plus qu'un certain nombres d'autres engagements (réforme fiscale, réforme des retraites, banque d'investissement...) sont encore actuellement lettre morte ou à peine amorcés en raison des difficultés d'une concertation avec les "forces vives" du pays (patronat, syndicats, associations diverses)...

 

   Aussi la présentation du "contrat de génération" par le gouvernement le 12 décembre 2012, en vue d'une discussion devant l'Assemblée Nationale en janvier 2013, revêt une importance considérable. Car elle apparaît comme une solution originale, à la différence des mesures antérieures prises contre le chômage, celle de faire face à un double défi : aider au recrutement des jeunes en contrat à durée indéterminée en assurant dans le même temps le maintien de "seniors" dans l'emploi ...Il ne s'agit donc plus de remplacer un "senior" expérimenté par un jeune "novice", ce qui, dans de nombreux cas, était une hérésie économique peu acceptable par les entreprises soucieuses de rentabilité et d'efficacité dans une conjoncture concurrentielle ...Il s'agit, par un "tutorat", conformément à la promesse de François Hollande, de "préserver des savoir-faire et d'intégrer durablement des jeunes dans la vie professionnelle" ...Une telle intention ne peut, à priori, que susciter un éloge, sans vaine flatterie...

 

   Néanmoins, une telle mesure suscite déjà un certain scepticisme, même si celui-ci ne va pas jusqu'au blâme ...Le reproche principal est qu'en dépit de son volontarisme ce dispositif ne parviendra pas à favoriser une "pérennisation" de l'emploi des jeunes, ...autrement dit que les jeunes risquent fort de ne pas conserver ou de ne pas trouver un emploi permanent au terme d'une période probatoire ...Et, à ce titre, les licenciements, même avec compensation financière, qui défraient actuellement la chronique, comme Mittal..., retentissent comme des signes de mauvais augure... Car l'économie se rappelle à son bon - ou plutôt à son mauvais - souvenir, et il y a tout lieu de craindre qu'elle freine, voire qu'elle compromette l'opération, si du moins elle se maintient au rythme insuffisant de 1 à 2 % de croissance, et à fortiori si celui-ci diminue ...Or, si ce rythme n'augmente pas, en dépit de la volonté manifestée par le Président Hollande au niveau national comme au niveau européen, où ira-t-il chercher les ressources nécessaires ?...Il a promis 5 milliards d'€ pour la législature, c'est-àdire 1  milliard d'€ par an d'ici 2017 ...Comment les trouvera-t-il ?...Bien sûr, il compte sur la solidarité des Français - ce qui est légitime - mais, comme la taxation des plus riches ne peut pas suffire, l'essentiel des ressources ne pourra venir que de la classe moyenne ...Or le débat acuel sur la pauvreté révèle que cette classe moyenne se paupérise de plus en plus, au point de devoir parfois vendre ses biens ...Alors, il, faudra emprunter, ...mais François Hollande a promis de réduire le déficit public à 3% du PIB en 2013 ...et de rétablir l'équilibre budgétaire au plus tard pour la fin de son mandat en 2017... C'est l'impasse ...Déjà, la revue "Le Nouvel Observateur" - qui n'est pas réputée pour être de "droite" - titre dans son n° du 13 au 19 décembre 2012 : " Le désaveu" ...On peut, avec plus d'indulgence, affirmer - une citation finale chassant la citation initiale - "qu'à l'impossible, nul n'est tenu" !...

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Published by Jean Daumont - dans Economie et Société
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commentaires

Jacques Heurtault 17/12/2012 14:18


Je tiens d'un membre de ma famille, agent immobilier d'entreprise (il travaille sur le créneau des achats et des ventes de locaux commerciaux et industriels), que la reprise se dessine car sa
propre activité repart nettement.


Il est bien clair que le volume des transactions sur ce marché est un bon indicateur du niveau de confiance des entreprises face aux perspectives économiques.

Loubomyr 17/12/2012 10:26


D'ailleurs la devise du Figarôôôôôô est maintenant :


"Sans la liberté de blamer ... la gauche, il n'est point d'éloge flatteur .... pour le droite !!!

Jean Daumont 16/12/2012 15:17


   Je ne me laisserai pas pièger dans une comparaison hasardeuse entre Sarkozy et Hollande, et ceci d'autant moins que je n'ai jamais été une émule de l'un ni un fan de l'autre ...Au
nom d'une objectivité que, comme ancien historien, je sais difficile, sinon impossible ("A l'impssible, nul n'est tenu"), je vous ferai simplement remarquer que mon article n'est pas critique
contre Hollande, qu'il prend acte de la bonne intention des contrats de génération, ceux-ci étant malheureusement, comme les investissements de son prédécesseur, condamnés à rester vains, si le
taux de croissance, nonobstant la crise économique, n'augmente pas...

Jacques 16/12/2012 12:22


"Mon allusion au fait de "casquer" signifie simplement que rien ne va changer, que ce soit la la "gauche" ou la "droite".


Je pense que tout un chacun savait avant même les élections qu'il allait falloir enfin rembourser les dépenses extravagantes du sortant !


Lui même avait donc été obligé de commencer à augmenter les impôts.


C'est donc un peu fort de café de faire semblant de reprocher à la gauche d'éponger les dettes du précédent !!!


Surtout lorsqu'on a rien dit lorsque celui-ci jetait l'argent par les fenêtres !


Exemple, il a dépensé UN million d'€ PAR JOUR pendant ses six mois de présidence européenne !!!


 


jf.


 

Jean Daumont 16/12/2012 10:39


A JF


Je vous concède que la Banque d'investissement sur les rails, même s'il n'y a pas encore de trains, faute d'électricité pour les faire marcher...


 


Je suis également d'accord sur la nécessité d'attendre la fin du mandat de François Hollande pour faire le bilan d'une action qu'il a lui-même placé dans le cadre de la législature


 


Quant aux impôts, du moins sur les revenus (pour les retraités, ceux-ci ne sont pourtant qu'une restitution des prélèvements du temps de l'activité suivant le principe de répartition dans le
domaine public), je les ai toujours payés comme tout le monde ...c'est-à-dire environ seulement la moitié des français qui y sont astreints ...Mon allusion au fait de "casquer" signifie
simplement que rien ne va changer, que ce soit la la "gauche" ou la "droite"


 


 A Lyd.


 Comme d'habitude, je ne vous suis pas dans votre excès "sémantique",  mais je reconnais qu'un certain nombre de "bobos" socialistes n'ont pas de leçons de civisme à donner...